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 Réflexions sur le sionisme.

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yous_f



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MessageSujet: Réflexions sur le sionisme.   Dim 9 Fév 2014 - 0:24

Conférence mémorable de Youssef BOUSSOUMAH :

Le sionisme, une idéologie européenne : genèse, idéologie et réalisations jusqu’en 1945



Dernière édition par yous_f le Mar 10 Juin 2014 - 10:25, édité 2 fois
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yous_f



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MessageSujet: Re: Réflexions sur le sionisme.   Lun 9 Juin 2014 - 22:11

Citation :
Sionisme et antisémitisme

Une géographie déplacée de l’antisémitisme : une réflexion politique sur le sionisme à partir de Joseph A. Massad

Publié le 4 février 2014 par Selim NADI, Membre du PIR


Alors qu’actuellement le terme « sionisme » est utilisé à toutes les sauces, et qu’il apparaît soit comme une sorte de complot menaçant la France, dans une veine très patriotique, soit comme la solution à la question Juive, il est important de redéfinir ce que signifie réellement le sionisme et comment celui-ci questionne le colonialisme et le racisme européen. En effet, lorsque l’on entend interroger la réalité engendrée par le sionisme, il est primordial aujourd’hui de lire un petit essai écrit par Joseph A. Massad : La persistance de la question palestinienne.



« Les antisionistes ont interprété le projet sioniste ; il s’agit désormais de le défaire. »

Joseph A. Massad, XIème thèse sur le sionisme (1)  –

S’il est bien un reproche que l’on peut faire à la lecture hégémonique – en Europe – de la question palestinienne, c’est que celle-ci est sans cesse lue à la lumière de l’histoire européenne. En effet, comme l’a récemment écrit la revue américaine Jacobin :

« Bâtir un État européen hors d’Europe impliquait la destruction, l’expulsion ou l’assimilation des indigènes, ce que l’historien Patrick Wolf a appelé la « logique de l’élimination ».  Cette logique fut par la suite rationalisée en tant que réparation pour les horreurs infligées aux Juifs européens – même si cela retomba sur les Palestiniens qui n’étaient en rien responsables de ces horreurs.2 »

Finalement, alors qu’actuellement le terme « sionisme » est utilisé à toutes les sauces, et qu’il apparaît soit comme une sorte de complot menaçant la France, dans une veine très patriotique, soit comme la solution à la question Juive, il est important de redéfinir ce que signifie réellement le sionisme et comment celui-ci questionne le colonialisme et le racisme européen. En effet, lorsque l’on entend interroger la réalité engendrée par le sionisme, il est primordial aujourd’hui de lire un petit essai écrit par Joseph A. Massad : La persistance de la question palestinienne. J. Massad est un ancien élève d’Edward Saïd, Palestinien, né en Jordanie en 1963, arrivé aux États-Unis au début des années 1980. En 2001, il publie l’ouvrage, inspiré de sa thèse de doctorat, Colonial Effects : The Making of National Identity in Jordan dans lequel il s’intéresse à la construction d’une identité jordanienne à travers l’évolution des institutions ; il s’intéresse notamment à l’armée et au droit, à propos desquels il écrit dans son introduction que ces deux institutions, toutes deux créations du colonialisme, demeurent centrales dans la Jordanie postcoloniale. Massad analyse ainsi, dans cet ouvrage, le rôle de ces deux institutions dans la construction de l’État-Nation jordanien.

Mais c’est seulement en 2009 que Massad est traduit en langue française à l’occasion de la parution de La persistance de la question palestinienne (La fabrique)3 qui réunit deux articles sur le sionisme et la Palestine. En effet, dans cet ouvrage, Massad refuse de séparer question juive et question palestinienne mais pas de la manière habituelle, puisqu’il affirme qu’il existe en effet un lien entre Israël et l’antisémitisme. Cependant, l’antisémitisme, dans ce texte, ne vient pas de là où l’on croit puisque la thèse de l’ouvrage tend à démontrer que c’est en voulant devenir des Européens blancs que les sionistes durent faire des Palestiniens des nouveaux juifs. Ici, nous nous intéresserons principalement à la première partie de l’ouvrage de Massad, concernant la persistance de la question palestinienne.

Massad se questionne dès le début de son texte sur les raisons qui font que la question palestinienne demeure un élément central dans les débats politiques après toutes ces années. Il se demande ainsi pourquoi celle-ci est toujours aussi tenace qu’au moment de la déclaration Balfour en 1917, qui scella un accord entre le ministre des affaires étrangères d’alors, A.J. Balfour, et le président de la fédération sioniste Chaïm Weizmann (qui deviendra par la suite, le premier président d’Israël en 1948), en vue de la création d’un foyer national de peuplement juif (à l’époque il ne s’agissait pas encore d’un État). Cependant, dans l’abstraction théorique de cette déclaration, l’établissement d’un foyer juif en Palestine ne devait pas« porter atteinte ni aux droits civiques et religieux des collectivités non juives existant en Palestine, ni aux droits et au statut politique dont les Juifs jouissent dans tout autre pays ».

Le sionisme : véritable projet assimilationniste

Massad questionne le rôle de l’antisémitisme dans la situation actuelle des Palestiniens, afin de montrer de quelle manière le sionisme fait largement écho au racisme européen. Massad envisage ainsi à juste titre l’antisémitisme comme un « spectaculaire édifice idéologique d’altérisation4 ». Il revient donc sur les tentatives européennes d’appréhension de la question juive (et notamment le sentiment anti-juif) et par là, l’antisémitisme. Massad dresse donc un rapide panorama des débats intellectuels européens à travers Marx, Freud, Arendt, Adorno, Horkheimer, I.Deutscher, A.Léon et Sartre. Ceci dit, il passe très rapidement sur ces divers auteurs et préfère analyser l’antisémitisme à partir du reflet que lui procure le colonialisme européen. Il met ainsi en lumière les liens entre l’altérisation du colonisé et l’altérisation du Juif :

« Alors que le colonialisme commençait à régenter des peuples et des cultures en les altérisant a priori, les Juifs vivant en Europe avaient déjà une expérience déjà longue quoique intermittente, de cette altérisation.5 »

En effet, si la figure du Juif fut haïe en Europe c’est justement parce que celui-ci était considéré comme non-européen. Ainsi, dans une Europe en plein processus de construction d’États-Nations, les Juifs étaient considérés comme apatrides – rappelons que si Hitler pensait que la lutte des races biologiques était le moteur qui faisait progresser l’histoire, les Juifs n’avaient, selon lui, pas la même place que les autres « peuples » dans cette lutte puisqu’ils n’avaient pas de patrie. Ainsi, si les Juifs subissaient l’antisémitisme, ce fut en premier lieu parce que considérés comme étrangers, parasites de l’Europe blanche. Massad montre par là de quelle manière l’assimilation apparut comme une réponse à l’antisémitisme. Il fait notamment référence au XVIIIe siècle qui vit naître la Haskala, (que l’on traduit souvent par « Lumières juives »), un mouvement qui entendait minimiser les différences (culturelles notamment) entre les Juifs et les Gentils (non-juifs). Afin de détruire l’antisémitisme, il fallait donc détruire le Juif, l’assimiler, le fondre dans les sociétés européennes : « Le rejet de ce qui est juif en faveur de ce qui est européen allait définir une part considérable du projet de la Haskala, qui voyait dans l’assimilation l’intégration définitive d’une judaïcité altérisée au sein de la nouvelle identité européenne.6 ». Ainsi, la Haskala utilisait les mêmes références que les Lumières – qui pensaient les Juifs comme non-européens – afin de juger de la question juive, ce qui n’est pas réellement étonnant. Cependant, Massad montre que ce fut également le cas du sionisme, lorsque celui-ci se théorisa réellement à la fin du XIXe siècle, ce qui pourrait apparemment sembler contradictoire avec le projet sioniste initial de bâtir un État-Nation hors d’Europe. Massad a dès lors le mérite de clairement montrer la complicité entre l’antisémitisme européen et le sionisme :

« Ce n’était pas tant que les antisémites eussent tort, de l’avis de Herzl qui trouvait par exemple que les Juifs français avaient en effet  »de gros nez difformes, des regards rusés et fuyants » et qu’ils parlaient un allemand dégradé, « les langues clandestines des prisonniers », comme il l’écrit dans L’État juif. Le problème était plutôt que les antisémites ne proposaient pas de solution à cette vile condition juive. Le sionisme épousait cette vision des Juifs tout en étant conscient de son pedigree antisémite ; il voulait seulement débarrasser les Juifs de ces traits et leur apprendre à être des Européens.7 »

Alors que l’Europe considérait qu’il existait une « anomalie Juive », les sionistes entendaient donc combattre cette « anomalie » eux-aussi. Il était donc vain – selon les sionistes – de combattre l’antisémitisme, mais ceux-ci allaient encore plus loin en affirmant la nécessité d’établir un Judenstaat (littéralement : un État des Juifs et non pas un État Juif) afin de détruire cette image du Juif apatride, victime de l’antisémitisme. Ainsi, comme l’écrit Amnon Raz-Krakotzkin :

« Les victimes de l’antisémitisme européen ont repris intégralement à leur compte les principes mêmes qui fondent l’antisémitisme et le colonialisme.8 »

Les sionistes s’en prirent donc brutalement à la diaspora juive souhaitant combattre l’antisémitisme en Europe, et l’on vit, dès lors, antisémites et sionistes s’engager dans la même direction. La plupart des leaders sionistes reprirent d’ailleurs la rhétorique antisémite à leur compte afin de démontrer que les Juifs n’avaient rien à faire en Europe. C’est notamment le cas d’Aharon-David Gordon, l’un des principaux membres du mouvements socialisant Hapoel Hatzaïr, dont la pensée fut à l’origine des premiers Kibboutz écrivait en 1911 :

« Nous sommes un peuple parasite : nous n’avons aucune racine dans la terre, aucun sol sous nos pieds. Nous ne sommes pas uniquement des parasites économiques, mais aussi des saprophytes de la culture des autres, de leur poésie, de leur littérature et même de leurs valeurs et de leurs idéaux. Tout courant de leur vie nous entraîne, toute brise soufflant dans leurs régions nous porte. Faut-il alors s’étonner de n’être rien aux yeux des autres peuples ? (…) ce n’est pas de notre faute si nous en sommes là, mais telle est la réalité, telle est la diaspora.9 »

Massad rappelle que ce que le sionisme reprochait à l’antisémitisme n’était pas sa lutte contre les Juifs, mais plutôt le fait que l’antisémitisme n’offrait aucune chance aux Juifs de montrer qu’ils pouvaient eux-mêmes devenir des Européens, et donc détruire « le Juif intérieur ». Le sionisme qui se présente souvent aujourd’hui comme un argument de lutte contre l’antisémitisme apparaît donc initialement dans la même logique que celui-ci. L’antisémitisme était selon les sionistes une haine justifiée mais abstraite, tant celle-ci manquait de solution :

« La colonie de peuplement serait le lieu de la transformation des Juifs. Pour devenir européens, les Juifs devaient quitter l’Europe. Ils pourraient y revenir et en faire partie intégrante à condition d’en imiter la culture à distance géographique. Les Juifs avaient été asiatiques en Europe, ils deviendraient européens en Asie.10 »

À ce moment de notre lecture du texte de Massad, on peut se poser la question de la place des Palestiniens dans ce désir d’européanisation des Juifs par le sionisme. Ce lien avec les Palestiniens, premières victimes du projet colonial sioniste, se fait pourtant assez logiquement, car si Massad débute son ouvrage par le projet sioniste de transformation du Juif en Européen, c’est pour montrer que ce projet va nécessairement de paire avec celui de la transformation du Palestinien en juif :

« En cherchant à métamorphoser les Juifs en Européens, le sionisme déclencha un processus de métamorphose des Arabes palestiniens en Juifs, dans une géographie déplacée de l’antisémitisme.11 »

C’est cette « géographie déplacée de l’antisémitisme » qui donne sa force politique au texte de Massad, puisque pour prouver qu’ils étaient devenus des Européens, les sionistes firent du Juif un antisémite. Dans l’idéologie sioniste, les Juifs ne pouvaient donc pas devenir européens sans s’insérer dans la normalité raciste de la plupart des États-Européens :

« le projet du sionisme se révéla double : pour transformer le Juif en antisémite (ou « antijuif », suivant la formulation du psychologue clinicien Benjamin Beit-Hallahmi) il fallut faire de l’Arabe palestinien un Juif européen en voie de disparition.12 »

Colonialisme de peuplement

Afin de devenir Européens et, dans la même logique, de poursuivre la « mission civilisatrice » de la colonisation, les sionistes durent donc faire de la Palestine une terre européenne et légitime. Ainsi, comme le rappelle Massad, la construction de la légitimité juive sur la Palestine passa par un travail archéologique important visant à mettre en lumière le passé hébreu des Juifs. La colonisation de la Palestine par les sionistes passa donc premièrement par la biologisation et la nationalisation des Juifs, faisant fi de toutes les distinctions géographiques, entre Juifs européens et arabes par exemple : « Le sionisme comprenait que pour devenir européens, le Juifs ne pouvaient plus s’identifier en termes tribaux ou religieux ; il leur fallait désormais le faire en terme de races et de nationalité.13 »

Par ailleurs, Massad montre bien que ce projet d’homogénéisation des Juifs passa logiquement par les évolutions scientifiques du début du siècle, appareils mis au service du racisme eugéniste de l’Europe. L’auteur de La question palestinienne prend ainsi l’exemple de Arthur Ruppin, économiste et sociologue, qui dirigea le bureau des statistiques juives de Berlin entre 1902 et 1907, et dont l’objectif était de faire des Juifs, un Volk (peuple) à une période où les mouvements aryens völkisch14 entendaient donner aux Allemands une homogénéité historique et raciale (biologiquement). Si le mouvement sioniste fut donc particulièrement influencé par le nationalisme européen (qui fut pourtant à l’origine de l’antisémitisme moderne), Massad montre que ce sont ces mêmes principes qui guidèrent la colonisation de la Palestine par les sionistes. En effet, les sionistes entendirent faire de la terre « ancestrale des Hébreux » une terre européenne et ainsi faire fleurir le « désert asiatique ». Pour devenir Européens, les sionistes proposèrent donc à ce nouveau Volk juif de continuer la « mission civilisatrice » que s’était donnée le colonialisme européen  :

« L’image même du Juif comme vecteur de la civilisation européenne des Gentils dans une géographie barbare est constitutive de l’argumentaire politique sioniste.15 »

Massad cite ainsi Chaïm Weizmann : « Nous souhaitons épargner aux Arabes autant que possible les souffrances que subit toute race arriérée à l’arrivée d’une autre nation, plus avancée. ». Ainsi, la colonisation de la Palestine – motivée comme nous l’avons vu par une volonté de normalisation, donc d’européanisation, des Juifs – fut en toute logique portée par les arguments classiques du colonialisme civilisateur. Par ailleurs, l’homogénéisation du Volk juif par un retour aux sources hébraïques impliquait dans le même temps une légitimité des Arabes palestiniens à revendiquer cette terre. C’est d’ailleurs ce qu’écrit Massad dans sa Ve thèse sur le sionisme :

« Les sionistes européens et euro-américains, aussi bien juifs que chrétiens, ne considèrent pas comme controversé que les Égyptiens modernes prétendent descendre des Égyptiens anciens et des pharaons, ni ne jugent cette pratique controversée lorsque les Irakiens modernes prétendent descendre des Babyloniens, ou lorsque les Libanais prétendent descendre des Phéniciens, ou lorsque les Jordaniens prétendent descendre des Nabatéens. La seule controverse concerne la revendication des Palestiniens selon laquelle ils sont les descendants des Hébreux anciens.

Dans le même temps, il demeure tout à fait incontestable que les juifs européens modernes, qui sont des descendants de convertis européens au judaïsme, qui étaient et sont étrangers à la géographie de la Palestine, affirment au contraire que eux, et non les Palestiniens autochtones, sont les véritables descendants des Hébreux anciens.16 »

L’anéantissement de la résistance palestinienne fut donc une obligation pour la création d’une terre fertile par les sionistes et ainsi la création d’un nouveau pays européen. Massad rappelle ainsi dans son ouvrage le rôle de la destruction culturelle des Palestiniens, la négation même d’une quelconque identité nationale palestinienne afin de délégitimer leur présence sur cette terre :

« La Cisjordanie porte toujours ses noms sionistes exhumés, « Judée et Samarie », des noms utilisés dans le parler gouvernemental et journalistique, non seulement par les dirigeants et les partisans du Likoud, mais aussi par ceux du Parti travailliste.

[…]

Depuis 1948, l’implantation coloniale sioniste a transformé le territoire palestinien en érigeant de nouveaux bourgs et de nouvelles villes sur les ruines et les traces des vies palestiniennes.17  »

En effet, pour que le Judenstaat soit légitime, il fallait créer un lien entre cette terre et le « peuple » juif. La légitimation des Juifs sur la terre palestinienne passa donc logiquement par son reflet : la dé-légitimation des Palestiniens sur cette même terre et, par là même, le refus de toute revendication palestinienne. Les sionistes tentèrent de s’homogénéiser en tant que Volk à travers la construction d’un attachement historique fantasmé entre des juifs européens – principalement convertis donc – et la Palestine. Ces mutations et changements provoqués par le sionisme en Palestine participent ainsi totalement de cette création des Juifs en Européens et des Arabes palestiniens en Juifs. Massad cite assez justement Tom Segev :

« Des hommes libres, les Arabes, partirent en exil comme de misérables réfugiés ; et des misérables réfugiés, les Juifs, s’emparèrent des maisons des exilés pour commencer leur nouvelle vie d’hommes libres.18 »

Les sionistes bâtirent ainsi des villes sur le modèle européen, tout en revendiquant un héritage hébraïque et par là, se fixèrent à l’héritage Grec de l’Europe. Les Juifs devinrent pleinement européens et européanisèrent de la même manière les racines arabes et hébraïques de l’histoire de la Palestine :

« C’est dans cet esprit que la division schismatique entre les éthiques juive et chrétienne fut colmatée après la Seconde Guerre mondiale sous l’appellation d’héritage « judéo-chrétien » commun à tous les civilisés.19 »

Israël est donc évidemment considéré comme un « refuge » face à l’antisémitisme. Cependant, cet État apparaît également comme une solution pour créer et homogénéiser l’identité juive. En effet, il ne faut pas perdre de vue que tous les courants sionistes n’envisageaient pas comme première « option » la Palestine, ainsi certains sionistes laïcs pensaient à d’autres terres (mais toujours dans le monde non-occidental). L’Ouganda fut par exemple sérieusement envisagé comme refuge en 1903, mais cette solution suscita une virulente opposition, comme l’explique Amnon Raz-Krakotzkin :

« Le projet Ouganda a suscité une vive opposition chez la majorité des militants du mouvement sioniste d’Europe orientale pour lesquels « il n’y a pas de sionisme sans Sion », slogan qui affirme clairement la primauté de la terre d’Israël sur l’idée de refuge. (…) L’année qui suit l’affaire de l’Ouganda et la mort de Herzl voit débuter ce qu’on appelle la « deuxième alya », la deuxième vague d’immigration : les candidats de 1904 au départ pour la Palestine sont majoritairement des sionistes issus des milieux socialistes. Cette émigration en Palestine marque la victoire de l’idée qu’il n’y a pas de sionisme sans Sion – pas de sionisme en dehors de la Palestine. (…) Le refus du projet Ouganda (…) signifie la consécration du mythe du retour et sa primauté sur l’idée de refuge.20 »

Ainsi, ce paradoxe apparent à la fois d’un devenir européen des Juifs (donc de la suppression du « Juif intérieur ») mais également d’un « retour à l’histoire » et donc de l’homogénéisation d’un Volk Juif, légitime sur la terre de Palestine, participa d’une double transformation : une déconstruction des Juifs européens et, parallèlement, la construction de la question palestinienne pour prendre le relai de la question juive, donc de la fabrication de l’Arabe palestinien comme nouveau Juif. Mais Massad ne s’arrête pas seulement à une description de la transformation qu’a subi la Palestine avec la colonisation ; il lie directement ce processus à la résistance palestinienne et donne ainsi un élément de réponse à la persistance de la question palestinienne, c’est là que son texte dépasse la simple pertinence historique pour poser clairement la question de la résistance à la domination sioniste :

« (…) de même que la colonisation sioniste, la résistance palestinienne se poursuit. La question palestinienne dure donc aussi longtemps que dure l’aventure coloniale sioniste.21 »


Racisme

Cependant, garantir sa légitimité sur une « nouvelle terre européenne » n’était pas suffisant au projet colonial sioniste qui entendait garantir son européanité à travers la transformation des Palestiniens en nouveaux Juifs. En effet, si Israël se voulait dès l’origine un Judenstaat, il se voulait surtout un État blanc-européen :

« Comme l’a montré Ella Shohat, l’anxiété suscitée par les Juifs arabes était aussi forte que celle causée par les Palestiniens, auxquels s’ajoutaient les « hordes » d’Arabes qui entouraient cette oasis de culture européenne – ce que les Juifs israéliens appellent aujourd’hui leur « quartier difficile ».22 »

Massad met ainsi en évidence la manière dont les Palestiniens furent transformés en parasites, illégitimes sur une terre prétendument juive. En effet, au-delà de la légitimation historique, le Judenstaat devait se justifier par son caractère juif justement, et donc avoir une majorité de Juifs. Cela signifiait de la même manière avoir une minorité d’Arabes, ce qui ne pouvait aller sans chasser ces derniers et en faire une nouvelle diaspora, un nouveau peuple errant :

« Le mécanisme d’expulsion permet de faire en un éclair du Palestinien, dont le mode de vie est lié à la terre, ce Juif diasporique errant sans terre, pour qui le sionisme n’a que mépris. (…) l’expulsion physique devint le principal instrument à disposition du sionisme et d’Israël pour l’effectuation de cette métamorphose.23  »

Mais que faire des Palestiniens que le sionisme n’a pas réussi à expulser ? Et bien la même chose que l’Europe antisémite a fait aux Juifs, c’est-à-dire en faire des étrangers dont la place dans la société repose sur un système raciste. Cette totale négation des rapports de force raciaux engendrés par l’antisémitisme en Europe a ainsi amené le sionisme à recréer un système de séparation raciale, d’apartheid, sur la terre de Palestine. Si Massad utilise donc pour sa démonstration l’analogie avec la situation des Juifs de l’Europe antisémite, nous pourrions ici reprendre le terme d’apartheid : car c’est bien cela qui fut engendré par la transformation du Palestinien arabe en Juif. La convention contre l’apartheid définit – dans son art. 2 – en 1973, le crime d’apartheid comme « englobant les politiques et pratiques semblables de ségrégation et de discriminations raciales, telles qu’elles sont pratiquées en Afrique australe », complétant cette définition par « les actes inhumains (…) commis en vue d’instituer ou d’entretenir la domination d’un groupe racial d’êtres humains sur n’importe quel autre groupe racial d’êtres humains et d’opprimer systématiquement celui-ci. ». La convention dresse également une liste de ces « actes inhumains » : le meurtre, la torture, les traitements inhumains et l’arrestation arbitraire de membres d’un groupe racial ; l’imposition délibérée à un groupe racial de conditions de vie destinées à entrainer leur destruction physique, les mesures législatives destinées à empêcher un groupe racial de participer à la vie politique, sociale, économique et culturelle ; les mesures visant à diviser la population selon des critères raciaux ; l’interdiction des mariages entre personnes appartenant à des groupes raciaux différents ; et la persécution des personnes qui s’opposent à l’apartheid.

Mais, au-delà de l’aspect juridique, il nous semble important ici d’utiliser le terme d’apartheid par analogie avec l’Afrique du Sud – sa définition restant valable pour d’autres États que l’Afrique du Sud qui institutionnalisent les discriminations ; discriminations qui sont inhérentes au principe même du sionisme et de la constitution d’un Judenstaat. Car c’est un fait : bâtir un tel État dans une région majoritairement peuplée de non-Juifs implique que tant que l’ensemble des résidents indigènes n’ont pas quitté la Palestine, ils constitueront des citoyens de seconde classe. Par ailleurs, Massad va jusqu’à utiliser le terme Palästinenser-rein (littéralement : « épuré des Palestiniens ») pour définir le projet sioniste, qui passe par cette double transformation (du Juif européen et du Palestinien) :

« À l’évidence, ce désir sioniste de pureté nationale, raciale et religieuse préservée de toute contamination se distingue à peine de ses antécédents nationalistes et antisémites européens.24 »

Face au risque que constituait les Juifs arabes face à l’identité européenne des sionistes, David Ben-Gourion déclara par exemple :

« Nous ne voulons pas que les Israéliens deviennent des Arabes. Nous sommes tenus de lutter contre l’esprit du Levant25 qui corrompt les individus et les sociétés, et de préserver les valeurs juives authentiques telles qu’elles se sont cristallisées dans le Diaspora (européenne).26 »

Massad s’appuie ainsi sur l’ouvrage The Aryanization of the Jewish State (1967) de Michael Selzer afin de montrer le déplacement de la haine des Juifs occidentaux pour les Juifs les plus « orientalisés » :

« L’antisémitisme allemand considérait les Juifs allemands comme sales et fourbes, médiévaux et efféminés. Les Juifs d’Europe occidentale avaient projeté ces images sur les Ostjuden – les Juifs d’Europe orientale – dans nombre de leurs descriptions. C’était à présent au tour des Ostjuden d’utiliser les mêmes adjectifs pour décrire les Juifs arabes. Selzer ne pousse pas son argument suffisamment loin pour inclure les Palestiniens.27 »

C’est là l’objet du travail de Massad : montrer ce glissement de l’antisémitisme vers les « moins européens », jusqu’à faire des Palestiniens des intrus sur leur propre terre :

« Dans la colonie de peuplement, la population juive, quelle que soit son origine ethnique, avait intériorisé l’épistémologie antisémite dans sa description des Palestiniens.28 »

Massad pousse même l’analogie entre le racisme européen et le sionisme jusqu’à faire du nazisme un « modèle pédagogique » pour l’administration coloniale sioniste à travers l’exemple des camps de détention israéliens qui, depuis 2002, inscrivent des numéros sur les bras des Palestiniens. C’est par ailleurs une idée parfaitement illustré dans Le nazi et le barbier, roman de Edgar Hilsenrath, qui décrit l’évolution de Max Schulz, aryen, servant dans la S.A. (Sections d’Assaut) pendant la Seconde Guerre Mondiale et se vantant des massacres auquel il participe. Pourtant, alors que Schulz affirme être un antisémite authentique, il gagne Israël afin d’échapper à son sort après la Seconde Guerre Mondiale et se fond parfaitement dans le paysage jusqu’à devenir un sioniste tout aussi authentique. Le racisme inhérent au projet sioniste découle ainsi bien d’un déplacement de l’antisémitisme européen. D’où l’idée centrale de cet ouvrage, selon laquelle, on ne peut séparer la question palestinienne de la question juive. C’est à travers la première que subsiste la seconde.

Le nationalisme

Ainsi, l’antisémitisme porté par le sionisme est (logiquement) lié au nationalisme inhérent de ce projet, d’où la nécessité de marquer une frontière nette entre soi et l’autre. Ce processus d’altérisation, par lequel Massad définissait l’antisémitisme au début de son essai est donc un élément primordial du colonialisme-nationaliste israélien. Massad s’appuie par ailleurs sur la citation suivante de Max Nordau, médecin sioniste dont le titre de l’œuvre principale, Dégénérescence, en dit long sur son projet :

« Nous ne deviendrons pas des Asiatiques là-bas (en Palestine), pour ce qui est de l’infériorité anthropologique et culturelle, pas plus que les Anglo-Saxons ne sont devenus des Indiens en Amérique du Nord, des Hottentos en Afrique du Sud ou des membres des tribus papoues en Australie.29 »

Cette volonté de supprimer le « Juif errant » passait ainsi par une continuation du projet colonial européen, qui se trouvait ébranlé par les révolutions coloniales et les diverses indépendances du Tiers-Monde des années post-1945. Le nationalisme animant Israël repose donc sur un besoin de conforter sa place dans le théâtre des Nations. L’ironie que pointe Massad est que, puisque l’antisémitisme est la conséquence logique du nationalisme israélien, la résistance palestinienne, que l’on caricature souvent comme étant un « monstre antisémite », représente l’opposition authentique à l’antisémitisme. C’est cela le message politique de Massad : la résolution de la question juive passera nécessairement par la résolution de la question palestinienne, donc par le soutien à la résistance :

« Ce n’est pas pour se voir défait par les « nouveaux Juifs » que le sionisme s’est acharné durant un siècle à transformer le Juif en antisémite et à s’intégrer ainsi à l’Europe. Sa persistance à opprimer les Palestiniens est précisément persistance à réprimer le Juif intérieur. Les engagements antisémites américain et européen à soutenir les Juifs déjudaïsés en Israël sont au cœur de la question palestinienne. La persistance de la question palestinienne est donc persistance de la question juive.30 »

L’intérêt de l’article formant la première partie de l’ouvrage de Massad est de revenir à la définition initiale du sionisme comme un projet colonial, inscrit dans le maintien de l’hégémonie occidentale et de ce que Sadri Khiari analyse en terme de « pouvoir blanc » à l’échelle internationale31. Le texte de Massad apparaît ainsi comme un texte hautement politique puisqu’il ne nie pas le lien entre l’histoire européenne et la question palestinienne, mais il fait ce lien en partant de la situation des Palestiniens eux-mêmes. Le sionisme participe ainsi de la continuation de cet antisémitisme européen. Les antisémites des temps modernes, comme on le voit, ne sont pas forcément ceux que l’on pointe constamment du doigt, mais bien plutôt les sionistes à travers leur entreprise d’européanisation des Juifs et de redéfinition de l’antisémitisme. L’antisionisme n’est donc pas un combat patriotique, ni un travestissement de l’antisémitisme, mais bien plutôt un questionnement des rapports de force découlant du colonialisme sioniste et interrogeant par là directement l’Europe et les relations de pouvoir qui la constituent. Ainsi, une fois le sionisme replacé dans son contexte européen et raciste de production on ne peut que constater que l’antisionisme est le plus légitime des combats antiracistes et anticolonialistes.

Selim Nadi, Membre du PIR






1 Joseph A. Massad, Thèses sur le sionisme


2 « Palestine and the Left », Jacobin



3 http://lafabrique.fr/catalogue.php?idArt=426


4 Joseph A. Massad, La persistance de la question palestinienne, La Fabrique, Paris, 2009.


5 Ibid.


6 Joseph A. Massad, La persistance de la question palestinienne, op. cit.


7 Ibid.


8 Amnon Raz-Krakotzkin, Exil et souveraineté. Judaisme, sionisme et pensée binationale, La Fabrique, Paris, 2007.


9 Cité in : Zeev Sternhell, Aux origines d’Israël. Entre nationalisme et socialisme, Gallimard, Paris, 2004.


10 Joseph A. Massad, La persistance de la question palestinienne, op. cit.


11 Ibid.


12 Ibid.


13 Ibid.


14 Mouvements racistes du début du XXe siècle en Allemagne.


15 Ibid.


16 Joseph A. Massad, Thèses sur le sionisme, op. cit.


17 Joseph A. Massad, La persistance de la question palestinienne, op. cit.


18 Cité in : Ibid.


19 Ibid.


20 Amnon Raz-Krakotzkin, op. cit.


21 Joseph A. Massad, La persistance de la question palestinienne, op. cit.


22 Ibid.


23 Ibid


24 Ibid.


25 Le terme « Levant » renvoie à ce que certains nomme aujourd’hui « Moyen-Orient ».


26 Cité in : Joseph A. Massad, La persistance de la question palestinienne, op. cit.


27 Ibid.


28 Ibid.


29 Cité in : Ibid.


30 Ibid.


31 Voir Sadri Khiari, La Contre-révolution coloniale en France, La fabrique, 2009


Source:  http://indigenes-republique.fr/une-geographie-deplacee-de-lantisemitisme-une-reflexion-politique-sur-le-sionisme-a-partir-de-joseph-a-massad-2/
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MessageSujet: Re: Réflexions sur le sionisme.   Lun 9 Juin 2014 - 23:05

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MessageSujet: Re: Réflexions sur le sionisme.   Mar 10 Juin 2014 - 10:15

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MessageSujet: Re: Réflexions sur le sionisme.   Mar 10 Juin 2014 - 12:38

Il faudrait déjà que cette vidéo existe.
Que trouves tu gênant ses propos ou quelle soit l'épouse de  
Youssef Boussoumah

Pour moi "les indigènes de la république" qui avec ses 400 membres,ne sont que le prolongement de sos racisme mais avec les revendications communautaires.
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MessageSujet: Re: Réflexions sur le sionisme.   Mar 10 Juin 2014 - 12:47

laloy, il va falloir qu'un jour tu arrêtes ta mauvaise foi crasse et que tu ouvres un peu les yeux.

1/ la personne dans la vidéo parle de "souchiens" issu de "français de souche" d'ailleurs elle prononce "de souche" rapidement, et pas de "sous-chiens" comme le titre de la vidéo l'indique.

2/ cette déclaration de Jean-Marie Le Pen existe, à peu près tout le monde en France est au courant à part de toi. Partant de là, je te conseille de te documenter un peu sur les gens pour qui tu votes.

Edit :

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MessageSujet: Re: Réflexions sur le sionisme.   Mer 11 Juin 2014 - 6:30

Je n'ai jamais votée Lepen de ma vie .
Aussi bien  pour les municipales, que les européennes.

Mais, sans état d'âme en 2017 comme une majorité de Français, je voterai MARINE .
Maintenant si tout les propos émis par les politiques étaient diffusés il y aurait  pléthore venant des politiques. 
Critiquer lepen c'est le faire en procès d'intention puisque le seule pouvoir qu'il a eu est juste dans son parti

Qui se souvient "des bruits et des odeurs" "des blancos" des "Israël est plus important pour moi que la retraite des Français" etc.
Par des gens ayant l'exécutif en main.
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MessageSujet: Re: Réflexions sur le sionisme.   Mer 11 Juin 2014 - 10:48

Et sinon, un avis,une réflexion sur le sionisme?
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MessageSujet: Re: Réflexions sur le sionisme.   Mer 11 Juin 2014 - 11:57

Que c'est un nationalisme, au même titre que tout nationalisme.

Ce qui veut pour le nationalisme français vaut pour le nationalisme israélien, ou chinois, ou allemand, ou américain, ou canadien, etc. En clair, très certainement une accointance avec l'extrême droite.

A ce propos ne pas confondre patriotisme et nationalisme.
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MessageSujet: Re: Réflexions sur le sionisme.   Mer 11 Juin 2014 - 12:13

Aegis a écrit:
 

A ce propos ne pas confondre patriotisme et nationalisme.


Pour une fois je suis d'accord avec toi.
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MessageSujet: Re: Réflexions sur le sionisme.   Mer 11 Juin 2014 - 18:09

Est-ce de la rhétorique visant à légitimer l'épuration ethnique de la Palestine?
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MessageSujet: Re: Réflexions sur le sionisme.   Mer 11 Juin 2014 - 18:30

Vidéo: antisémite, la dernière pub de Nike ?

La toute dernière pub de Nike, un « bijou en termes de publicité » selon les spectateurs, a été « mal pris », par la Fédération Sioniste Mondiale qui se demande si la vidéo ne présente pas un arrière goût antisémite.


LE dessin animé présente un monde futuriste ou une équipe de robots méchants, qui portent comme logo un ballon dont la forme ressemble (vraiment!) à une étoile de Davi, prend le pouvoir face aux vraies stars du foot comme Ibramahimovic et Ronaldo.

elon le quotidien israélien Maariv, Yaakov Hagoel (responsable de la lutte contre l’antisémitisme à la Fédération Sioniste), a reçu des dizaines de plaintes de colère au sujet de la vidéo depuis son lancement il y a deux jours.

« Nous serions heureux de travailler avec vous en Nike, afin de comprendre le vrai sens de ces symboles et de résoudre le problème, » a écrit Hagoel au Président de Nike.


Il est intéressant de noter que le dessin animé commence par une représentation de la statue du Christ Rédempteur à Rio de Janeiro et est intitulé « Le dernier match », qui pourrait être une référence à la dernière Cène.

La bande dessinée a été regardé par plus de 16 millions de personnes en seulement deux jours.

Malgré toute la polémique, une dizaine de personnes interrogées par JSSNews affirment que « la polémique n’a pas lieu d’être » et que « il est fort peu probable que ce soit un message subliminal à caractère antisémite. »

Par Arutz 7 – JSSNews

http://jssnews.com/2014/06/11/video-antisemite-la-derniere-pub-de-nike/
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MessageSujet: Re: Réflexions sur le sionisme.   Mer 11 Juin 2014 - 23:39

L'étoile de David ?

Je pensais que c'était le logo de l'Empire dans Star Wars moi... A moins bien entendu que l'Empire qui est d'inspiration nazie dans le film soit aussi une critique des juifs ? Je ne sais pas. Vous en savez quelque chose vous ?

Ou alors je suis vraiment un grand naïf et je ne sais pas voir ce qui est la représentation ordinaire d'un boulon ou autre engrenage.

La paranoïa c'est mal, surtout dans les média.
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MessageSujet: Re: Réflexions sur le sionisme.   Mer 18 Juin 2014 - 19:11

Citation :
Comment Paris favorise le départ des juifs français vers Israël

lundi 16 juin 2014, par Alain Gresh

« Afin de développer son activité, de mieux profiter des synergies existantes et de faciliter l’intégration professionnelle et sociale des Français en Israël, la gestion de l’Antenne Emploi-Formation a été confiée en 2008 à l’association AMI dans le cadre d’une convention annuelle passée avec le Consulat général de France à Tel-Aviv. »

Qu’est-ce que donc que cette AMI, avec laquelle le gouvernement français a signé une convention, c’est-à-dire que Paris a payée avec les deniers publics ? L’association « Alya et meilleure intégration ». Pour ceux qui ne le savent pas, Alya (« la montée ») désigne le départ des juifs vers Israël. Ce départ a toujours été au centre des préoccupations des organisations sionistes avant 1948 et du gouvernement israélien depuis.

Le site de l’association proclame : « C’est décidé, je fais mon Alya ! C’est décidé, cette année, je monte en Israël ! Mazal Tov, nous vous attendons ! Comme vous le savez, il n’y a pas d’âge pour faire son Alya : Que vous soyez jeune, en famille ou retraité, AMI vous donne toutes les clés pour mener à bien la préparation pratique des étapes nécessaires à l’accomplissement de votre Alya. »

Ce site — dont un des partenaires est le ministère des affaires étrangères français ! — propose d’aider à l’installation des arrivants dans différentes villes, dont, par exemple, Har Homa, une colonie israélienne située en territoire palestinien occupé. Rappelons que, toutes les semaines, ce même ministère condamne la colonisation — qui est, selon les statuts de la Cour pénale internationale (CPI), un crime de guerre.

Mais il y a loin de la parole aux actes et la France est devenue un allié stratégique d’Israël, comme en a témoigné la visite de François Hollande en novembre 2013. Comme en témoigne aussi le fait que, au moment où Paris dénonce les djihadistes partant se battre en Syrie, il ne prend aucune mesure contre les milliers de Français qui servent dans l’armée israélienne, notamment dans les territoires occupés, et violent ainsi le droit international ainsi que la politique officielle de la France (lire Marc Cher-Leparrain, « Ces Français volontaires dans l’armée israélienne », OrientXXI, 18 mars 2014).

Plus encore, l’ambassadeur de France en Israël Patrick Maisonnave reçoit des soldats israéliens, comme l’écrit l’édition française du Jerusalem Post le 14 janvier 2014 : « Ce sont dix soldats “seuls”, enrôlés dans Tsahal alors que leurs parents sont restés en France, qui sont arrivés jeudi 9 janvier à Yaffo pour rencontrer l’ambassadeur de France. » Patrick Maisonnave s’est félicité de « l’engagement courageux » de ces soldats dans une armée d’occupation dont les crimes sont documentés tous les jours par les organisations de défense des droits humains. Mais pour le représentant de la République, les Palestiniens ne sont sans doute pas des êtres humains. Pour les Français qui servent dans cette armée non plus : il faut notamment lire dans cet article les propos hallucinants de cette soldate qui déplore que pendant l’opération « piliers de défense » contre Gaza en novembre 2012, son kibboutz a été bombardé, oubliant ainsi les milliers de victimes palestiniennes… Ce ne sont pas des êtres humains, on vous dit.

Le site de l’AMI précise aux jeunes, ceux qui sont « aidés » par le consulat, qu’ils devront faire leur service militaire :

« En Israël, l’armée est obligatoire et constitue une période déterminante dans le processus d’intégration. Sauf dérogation donc, les jeunes olim devront faire leur service militaire. Le temps d’incorporation dépend de l’âge que vous aurez au moment de votre arrivée en Israël. »

On se souvient du scandale qu’avaient provoqué en 2004 les appels du premier ministre israélien de l’époque, Ariel Sharon, enjoignant aux juifs de France d’émigrer en Israël (« Ariel Sharon appelle les juifs à quitter la France », Nouvelobs.com, 19 juillet 2004). On ignorait que le gouvernement français participait à cette entreprise.


Source: http://blog.mondediplo.net/2014-06-16-Comment-Paris-favorise-le-depart-des-juifs
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MessageSujet: Re: Réflexions sur le sionisme.   Mer 18 Juin 2014 - 19:46

18 juin 2014

 

Dieudonné : contre la pensée dominante !

 
Dieudonné humoriste subversif ? retour sur une polémique.

Les différents textes que j’ai écrits sur ce qu’il est convenu d’appeler l’affaire Dieudonné ont suscité des réserves, des incompréhensions, voire des rejets. Dans le petit monde des échanges virtuels, il est monnaie courante de disqualifier les propos de l’adversaire en les tronquant ou en les déformant. Les réactions à mes analyses du "phénomène Dieudonné" n’ont pas dérogé à cette règle : des accusations, des invectives et, au bout du compte, peu d’avis constructifs. Une mise au point s’impose donc, et celle-ci doit prendre en compte deux données fondamentales sans lesquelles l’analyse ne peut qu’être lacunaire et schématique.


La "dynamique Dieudonné"

Le phénomène Dieudonné est mouvant. Au fil de l’actualité, les multiples péripéties de ses démêlés avec l’appareil d’État ont modifié la vision initiale que l’on pouvait avoir du personnage. Ce que fait l’humoriste de ce qu’on a fait de lui nous en apprend beaucoup sur lui-même, les épreuves qu’on lui impose rendant manifestes des facettes de sa personnalité jusque-là restées latentes. D’où la nécessité de ce recul historique qui permet une vision globale de Dieudonné, notamment de sa capacité hors du commun à résister au feu des attaques politico-médiatiques et judiciaires dont il est régulièrement l’objet, vision que l’on appauvrirait considérablement en se focalisant sur un moment unique de sa trajectoire. C’est pourtant ce que font les médias en réduisant ses interventions à quelques situations-clés (Faurisson sur scène, Cohen et les « chambres à gaz », les attaques jugées racistes contre Taubira, son "soutien" à Youssouf Fofana, son rapprochement de Jean-Marie Le Pen, etc.) sans les resituer dans la dynamique des échanges avec « l’adversaire » qui seule peut leur donner tout leur sens. Des « instantanés » ne livrent qu’une information tronquée – partielle et partiale – seul le film complet peut restituer les tenants et les aboutissants de la « controverse » et de ses multiples péripéties.

Pourquoi tant de haine ?

Une analyse renvoie à la position de celui qui la produit et doit être rapportée à celle-ci. Il faut préciser « d’où l’on parle » sous peine de ne pas être compris. Universitaire et spécialiste des questions de sécurité et de contrôle social, auteur d’un livre sur l’histoire des politiques pénales sécuritaires, je ne pouvais pas rester indifférent à l’affaire Dieudonné et à ses aspects politiques et juridiques : la volonté de l’État de réduire la liberté d’expression, la « jurisprudence Dieudonné » lourde de conséquences pour les libertés publiques – notamment celle de réunion –, la cabale politico-médiatique insensée dirigée contre un seul homme pris pour bouc émissaire, la libération de la parole raciste à l’occasion de cette « campagne ». Travaillant spécifiquement sur la réponse de l’État aux illégalismes – ce que l’on nomme couramment la "réaction sociale" – j’ai choisi de focaliser mon étude sur le versant politico-étatique (en gros : Valls, le gouvernement et les medias dominants, caisses de résonance des deux premiers), beaucoup moins sur celui de Dieudonné et de ses « dérapages » – ce qui m’a évidemment été reproché, cette « neutralité de principe » (ne pas juger mais comprendre) pouvant être rapidement, et à tort, assimilée à une complaisance à l’égard de l’humoriste. Il n’en est rien. Dans l’analyse qui est la mienne, l’antisémitisme supposé de Dieudonné ne peut avoir de pertinence et d’intérêt que dans la mesure où il est prétexte à un renforcement du contrôle social sur la parole publique, pouvant déclencher la sanction pénale ou la censure. Cette position de principe invite aussi à ne pas céder à l’idéologie dominante, et à ne pas prendre pour argent comptant ce que disent les medias à propos de l’antisémitisme de Dieudonné. Cette question reste intacte et deux éléments nous conduisent même à y répondre par la négative. Examinons-les successivement.

La mauvaise foi, chose la mieux partagée par les medias dominants

Il est abusif d’assimiler la parole d’un humoriste à une quelconque prise de position politique. Dans ses sketchs, Dieudonné met en scène des personnages et des situations, il ne livre pas le fond de sa pensée. Ce que l’on reconnaît pour d’autres – quand Gaspard Proust se moque des palestiniens ou Pierre Desproges des juifs, il ne viendrait à l’idée de personne de penser qu’ils expriment là leurs opinions personnelles – doit valoir logiquement aussi pour lui. Son antisémitisme supposé n’est donc pas démontrable par ce procédé, à moins de faire preuve de mauvaise foi.

L’est-il autrement ? il est vrai que Dieudonné a été condamné à de multiples reprises, sous la pression de différentes associations de l’antiracisme institutionnel – mais ici encore ces verdicts sont à resituer dans les rapports de force politiques nettement défavorables à l’humoriste. De plus, une question se pose alors : pourquoi vouloir interdire préventivement les spectacles de l’humoriste, ce que permet la circulaire Valls, si le droit pénal est suffisant pour sanctionner les dérapages de l’humoriste ? et il l’est, comme l’expérience nous le montre. Autrement dit, que motive finalement la cabale politico-médiatique à l’encontre de l’humoriste si la loi Fabius-Gayssot permet de faire appliquer le droit républicain dans toute sa rigueur ?

La réponse s’impose alors par se logique : si la classe politico-médiatique s’acharne à ce point sur Dieudonné alors que les outils juridiques sont suffisants pour sanctionner ses dérapages jugés antisémites, c’est qu’elle lui reproche autre chose. Une chose contre laquelle le droit pénal est impuissant. Pour savoir précisément quoi, il est nécessaire de se reporter au premier acte de la polémique, précisément en décembre 2003 lors de l’émission animée par Marc-Olivier Fogiel On ne peut pas plaire à tout le monde. L’objet du délit ? un sketch inattaquable mettant en scène un colon israélien – assez drôle et à peine caricaturé. Nul dérapage antisémite – comme on peut le vérifier ici – mais une critique acide de la politique coloniale israélienne et de la complaisance étasunienne vis-à-vis de celle-ci. Quand on considère les réactions hystériques provoquées par ce sketch – à peine moins fortes que celles d’aujourd’hui – on voit que c’est bien l’antisionisme le coupable, la dénonciation que fait Dieudonné de l’apartheid israélien pourtant dans le droit fil de son combat antiraciste des années 1990, et plus généralement sa critique radicale du colonialisme et de l’impérialisme.

Le rire de Yannick Noah, la colère de Philippe Tesson

Dieudonné subversif ? ce n’est évidemment pas l’image que nous en renvoient les medias qui ont choisi de l’enfermer dans la posture de l’antisémite révisionniste et fascisant, mais c’est une piste qui vaut la peine d’être suivie hors des sentiers battus et à contre-courant de la pensée dominante. C’est notamment celle que prend Vincent Gouysse, militant communiste marxiste-léniniste, dans ses réflexions sur l’affaire Dieudonné. Pour ma part, marxiste engagé, adepte de la pensée critique et ennemi du sens commun et du conformisme intellectuel, je ne pouvais rester indifférent à cette hypothèse paradoxale qui a le mérite de creuser le sillon sur des terres encore vierges… mais fertiles si l’on prend la peine de considérer la richesse du répertoire de l’humoriste. On pourra ainsi comprendre le rire de Yannick Noah. Dieudonné contre la pensée dominante : sa dénonciation du racisme, de la guerre impérialiste, des atrocités commises à Gaza, de George Bush, du néocolonialisme, de la Françafrique ou du mépris patronal sont autant de piques lancées dans le corps de la classe médiatico-politique, beaucoup plus représentatives de son travail, à mon sens, que ses outrances provocatrices dont les medias font leurs choux gras. Ce sont elles qui lui ont valu la fureur de Philippe Tesson et la répression brutale d’un système aux abois fragilisé par la crise du capitalisme, la montée en force de la contestation sociale et du mépris pour les politiques.

La démesure de l’affaire Dieudonné invite à chercher la vérité ailleurs que dans la version officielle : le droit suffit amplement pour sanctionner les paroles ou les écrits antisémites, nul besoin de mobiliser toute une classe politico-médiatique. Cette contradiction manifeste nous rappelle qu’il ne faut jamais prendre pour argent comptant la parole dominante. C’est ce doute salutaire qui guide mon travail de chercheur, c’est aussi lui qui a aiguillonné l’analyse que j’ai faite de cette affaire. Ces grandes crises politiques où tout avis nuancé est assimilé de facto à une forme déguisée de complaisance, et où toute complaisance vaut excommunication, nous en apprend finalement beaucoup plus sur l’état de notre société que le fonctionnement routinier de nos institutions. Ce pouvoir révélateur n’est pas le moindre intérêt de l’affaire Dieudonné.

Nicolas Bourgoin, Paris, le 17 juin 2014.
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MessageSujet: Re: Réflexions sur le sionisme.   Mer 18 Juin 2014 - 19:50

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MessageSujet: Re: Réflexions sur le sionisme.   Mer 18 Juin 2014 - 20:48

yous_f a écrit:
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Non le sujet est:"réflexions sur le sionisme" s'en est une.
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MessageSujet: Re: Réflexions sur le sionisme.   Mer 18 Juin 2014 - 21:21

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MessageSujet: Re: Réflexions sur le sionisme.   Mar 24 Juin 2014 - 15:15

Suite de la conférence de Youssef BOUSSOUMAH :

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