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 Venezuela: coup de projecteur sur les zones d´ombre médiatiques

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orné

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Masculin Gémeaux Buffle
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MessageSujet: Venezuela: coup de projecteur sur les zones d´ombre médiatiques   Mer 19 Fév 2014 - 14:03

Venezuela: coup de projecteur sur les zones d´ombre médiatiques



Nous assistons actuellement à 3 tentatives de coup d'état (sans parler de la Syrie): Ukraine, Bosnie et Venezuela le tout à vitesse grand V. Evo Morales indique que le même coup de poker a été tenté en Bolivie en 2008 et que ce sont les Etats-Unis qui sont à l'oeuvre. Il parle du Venezuela mais c'est le cas dans chacun des conflits. On dirait que l'empire US a décidé de faire tomber les dernières têtes avant le grand plongeon. Rappelons également que l'opposition c'est déjà illustrée l'année dernière avec le même type d'actions violentes suite à leur défaite aux élections.


Le gouvernement vénézuélien a dévoilé une conversation entre deux militants de l'opposition qui anticipent le pillage de magasins et l'intensification des manifestations violentes, notamment à Caracas, la capitale. À un moment de la conversation, un des hommes déclare que la droite aurait un fond de 120 000 millions de bolivars (environ 20 000 millions de dollars) pour payer des tueurs à gages. L'article qui suit confirme d'ailleurs que certains manifestants ont bien été assassinés pendant les manifestations. Il montre également à quel point l'opposition use et abuse des réseaux sociaux pour tromper les citoyens et servir leur propagande contre le gouvernement, quitte à monter de toute pièces des images provenant pourtant d'autres pays. Les réseaux sociaux peuvent se révéler être un cadeau empoisonné et une fois encore, le chaos est programmé et orchestré en haut lieu. Fawkes


A lire les médias internationaux en ce mois de février 2014, on pourrait croire que le Venezuela est –de nouveau- à feu et à sang. Le coupable désigné par les grandes entreprises de communication est toujours le même depuis maintenant 15 ans: le gouvernement bolivarien massacrerait –de nouveau- son peuple comme s´il s´agissait du passe temps favori des élites politiques révolutionnaires depuis l´accession d´Hugo Chavez à la présidence de la République. Oubliés les onze chavistes assassinés au lendemain de la victoire électorale de Nicolas Maduro en avril 2013, passée sous silence la large victoire du camps bolivarien aux municipales de décembre 2013, gommé le soutien populaire dont bénéficie la Révolution, les vénézuéliens seraient désormais face à un « régime » qu´ils réprouvent et qui n´hésite pas á faire feu contre ses compatriotes. Un retour sur les derniers événements qui ont secoué le Venezuela est donc nécessaire pour prendre la mesure de ce qui se déroule en ce moment au pays de Bolivar et de Chavez. Retour d´autant plus nécessaire pour capter, après la Libye, la Syrie ou les derniers événements ukrainiens à quel point l´Empire fait preuve d´un cynisme sanguinaire pour éliminer les gouvernements qui ne s´alignent pas sur ses intérêts.

Guerre interne dans l´opposition

L´opposition vénézuélienne n´est pas un bloc monolithique. Même si tous les partis partagent un programme commun (1) , les stratégies de prises de pouvoir et surtout les ambitions personnelles ne manquent jamais de raviver les tensions au sein de la contrerévolution, Or le leadership qu´Henrique Capriles s´était construit depuis sa victoire aux primaires de la plateforme unitaire de l´opposition (Mesa de Unidad Démocratica -MUD) en février 2012 s´est quelque peu érodé au fil des quatre défaites électorales (2) . Lors des élections municipales de décembre 2013, le parti de Leopoldo Lopez, Voluntad Popular a même remporté plus de mairies que Primero Justicia, le parti de Capriles.

Le questionnement interne suite aux défaites dans les urnes a ravivé les vieux démons d´une opposition prête à considérer légitime tous les chemins possibles pour conquérir le pouvoir.

Profitant d´un mécontentement compréhensible d´une partie de la population face à une guerre économique qui affecte quotidiennement les vénézuéliens (3) , le secteur le plus extrême de l´opposition a décidé de passer à l´attaque.

Dés les premiers jours de l´année 2014, Leopoldo Lopez, Maria Corina Machado ou Antonio Ledezma appelaient au "soulèvement" comme moyen "démocratique" pour chasser le gouvernement (4) . Les vrais démocrates apprécieront l´oxymore. Rappelons que l´unique moyen démocratique pour changer de gouvernement est la convocation d´un référendum révocatoire à mi-mandat, c´est à dire à partir d´avril 2016.

Leopoldo Lopez ne s´arrêtera pas là. Au cours d´un meeting, le 2 février 2014, il lance à ses partisans : "les problèmes dont souffre le peuple ont un coupable. Ce coupable est le pouvoir national (…) nous ne pouvons plus dire que le problème c´est seulement Nicolas Maduro. Le problème ce sont tous les pouvoirs publics nationaux"(5) . Coup d´Etat, vous avez dit coup d´Etat ?

Au cours du même meeting, Maria Corina Machado affirmera que "la seule réponse possible, c´est la rébellion (…). Certains disent qu´il faut attendre les élections dans je-ne-sais-trop combien d´années (…) Le Venezuela ne peut plus attendre" (6) . Le message de confrontation est lancé au gouvernement mais aussi à la MUD et à Capriles. La tentative de mainmise sur l´opposition par les secteurs les plus anti-démocratiques de l´antichavisme est confirmé par Leopoldo Lopez lorsqu´il convoque une manifestation pour le 12 février 2014 : "Notre lutte passe par la rue (…) je suis sûr que ce 12 février, nous verrons Henrique Capriles dans la rue. Je lance un appel [à tous les dirigeants de l´opposition] mais surtout à Henrique, qui a une très grande responsabilité, pour qu´il nous rejoigne dans cette clameur de changement" (7) . Les urnes ou le putsch. Les leaders de l´opposition ont les cartes en mains…

Ce qui fut annoncé arriva

Le 12 février la manifestation convoquée se dirigeât vers le siège du pouvoir judiciaire (Ministerio Publico) situé dans le centre populaire de la capitale. La plupart des dirigeants de l´opposition, dont Capriles Radonski, était aux abonnés absents. Le faible cortège était surtout composé d´étudiants des classes moyennes supérieures provenant des universités privées. Sur place, Leopoldo Lopez et Maria Corina Machado haranguaient la foule dans des termes similaires à ceux proférés quelques jours plus tôt, avant d´abandonner la manifestation sans prendre le soin de lancer le mot d´ordre de la dispersion de la manifestation. Alors que la majorité des étudiants quittait les lieux sans heurt, des groupes de choc prenaient le relais. Les pancartes pacifistes laissaient place aux jets de pierre et autres cocktails Molotov. Et tout bascula.

Au milieu des affrontements, des coups de feu furent tirés. Juan "Juancho" Montoya, un militant chaviste présent sur les lieux et Basil Da Costa un étudiant d´opposition mourraient tous deux assassinés d´une balle dans la tête. La police nationale réussit à repousser les fauteurs de trouble qui se replièrent à Chacao, arrondissement huppé de Caracas, dont le maire, Ramon Muchacho est membre du parti Primero Justicia. Quelques heures plus tard et alors que les affrontements s´étaient déplacés dans cette zone de la ville, Roberto Redman, un militant de l´opposition, qui avait porté le cadavre du jeune Basil, était à son tour assassiné. La machine médiatique internationale s´emballa. Le gouvernement fut accusé de sanglantes répressions alors que les forces de maintien de l´ordre n´utilisent aucune arme létale pour faire face aux groupuscules armés de l´opposition (8) .

Les entreprises de communication privées dénoncèrent la censure gouvernementale après qu´une chaîne câblée colombienne, NTN24, fut retirée de la programmation par les opérateurs de câble privés pour avoir enfreint la loi vénézuélienne de ne pas retransmettre en direct les images des violences de rue. Il ne s´agissait donc pas d´une censure opérée par le pouvoir, les media audiovisuels internationaux et nationaux ayant largement couvert la partie pacifique de la manifestation. En revanche, aucun média international ne s´est attardé à dénoncer les attaques à l´arme à feu contre le siège de la télévision publique VTV. Une employée de la chaîne ayant même reçu une balle dans les côtes. Liberté d´expression à deux vitesses ?

Au soir du 12 février, on dénombrait en plus des trois morts, de nombreux blessés y compris chez les forces de l´ordre et les travailleurs du Metro de Caracas, pris d´assaut par les groupes de choc de l´opposition, 6 voitures de police incendiées, des sièges d´institutions publiques détruits, sans compter les nombreux dommages collatéraux dont ont souffert les habitants de Caracas.

Des critiques se firent entendre au sein même de l´opposition. Une journaliste du journal antichaviste El Universal, dénonça l´irresponsabilité et le manque de leadership de Leopoldo Lopez qui abandonna les étudiants lorsque les affrontements eurent commencé (9) . Le maire de Chacao publia un tweet cinglant : "nous reconnaissons le manque de leadership de l´opposition. Seul l´anarchie règne. C´est ce que nous voulons ?" (10) . Dans un premier temps, Capriles Radonski se fit écho de "la mainmise de groupes violents sur une manifestation pacifique" (11) .

L´enquête démontrera, comme l´a indiqué le Ministre de l´intérieur et de la justice, Miguel Rodriguez Torres, que les deux personnes assassinées prés du Ministerio Publico le furent avec la même arme à feu, renforçant ainsi la thèse de l´infiltration de mercenaires paramilitaires d´opposition dans l´objectif de créer le chaos, et d´enflammer les tensions entre vénézuéliens. Un scénario similaire à celui vécu lors du coup d´Etat du 11 avril 2002 (12) . Les plus vulnérables à cette stratégie sont malheureusement les jeunes étudiants qui croient pouvoir renverser un gouvernement appuyé par la majorité du peuple et par l´armée.

Comme dans n´importe quel pays démocratique, la justice recherche désormais le principal responsable de ces violences, Leopoldo Lopez, pour le mettre en examen. Nous n´osons imaginer ce qu´il se serait passé si de tels événements avaient eu lieu dans n´importe quel pays occidental. Qu´aurait fait le pouvoir français si la manifestation Jour de Colère (qui comme la manifestation de Leopoldo Lopez n´avait de mot d´ordre commun que la chute d´un gouvernement élu) s´était soldé par trois assassinats et de nombreux blessés chez les forces de l´ordre. Il y a fort à parier que ses organisateurs seraient aujourd´hui sous les verrous sans que cela n´émeuve personne ni qu´aucun parti politique, pas même le Front National, n´en vienne à les défendre.

Mais s´il s´agit du Venezuela, les média y décèlent une persécution politique. Capriles Radonski, quand à lui s´est solidarisé avec Leopoldo Lopez, tout en insistant sur les différentes stratégies qui l´opposent á son ancien comparse (13) . L´ancien candidat à la présidentielle a même appelé à une manifestation contre la violence et le paramilitarisme (sic), espérant ainsi récupérer à son compte les manifestants de ces derniers jours. Comble de l´ironie pour celui qui devrait assumer la responsabilité intellectuelle de l´assassinat de 11 militants chavistes au lendemain de sa défaite électorale aux élections présidentielles d´avril 2013 (14) .


La main de l´Empire américain n´est pas une chimère


Alors que Nicolas Maduro a reçu des messages de solidarité et de condamnation des violences de l´opposition de la part de nombreux gouvernements et partis politiques de par le monde et de l´Union des Nations Sud-américaines (Unasur), le gouvernement des Etats-Unis prenait un ton menaçant. Lors d´une allocution télévisuelle, le président Maduro dénonçait que le sous-secrétaire d´Etat adjoint pour l’Amérique latine, Alex Lee, avait émis une série d´exigences (libération des responsables des violences, arrêt des poursuites contre Leopoldo Lopez, dialogue immédiat avec l´opposition) sous peine de "générer des conséquences négatives au niveau international" (15) .

Cette menace à peine voilée est en fait le résultat de la participation active des Etats Unis dans les récents événements qui secouent le Venezuela. Soulignons une fois, pour les éternels sceptiques, que la déstabilisation du gouvernement bolivarien n´aura de cesse que lorsque les Etats-Unis reprendront le contrôle du maniement de l´industrie pétrolière comme dans le passé.

En réponse, le président Maduro a décidé d´expulser du pays trois citoyens étasuniens pour leur récente participation active dans la formation et le financement d´étudiants aux techniques de coup d´Etat soft (16) .

Dans la nébuleuse d´informations sur la situation actuelle au Venezuela, de grossières manipulations médiatiques tentent de légitimer le discours de l´opposition qui dénonce la torture et la répression sanglante du gouvernement. Cette cyber-attaque est surtout un moyen de décrédibiliser le Venezuela au niveau international et de chauffer les esprits des partisans de l´opposition afin de générer une situation d´ingouvernabilité à l´instar des événements actuels en Ukraine.

Rappelons que le Venezuela est le cinquième pays au monde qui se sert le plus de Twitter (17) . Ce réseau social, abondamment utilisé dans les autoproclamées "Révolutions" arabes, est devenu une arme de premier choix dans la déstabilisation du gouvernement bolivarien. Ainsi, des photos de répressions et de tortures, reflétant des réalités étrangères, sont envoyées massivement aux jeunes vénézuéliens leur faisant croire que les scènes se déroulent dans leur pays (18) . De retweet en retweet en passant par de nombreux hastags, un nombre non négligeable de jeunes opposants à la Révolution est ainsi manipulé.

Sur la photo suivante nous pouvons voir comment une manifestation à Sao Paulo devient une manifestation à Caracas



Sur la photo ci dessous une image aérienne d´un pèlerinage religieux se transforme en une manifestation massive de l´opposition qui n´a pourtant jamais eu lieu



Les étudiants chiliens doivent sauter au plafond en voyant leurs camarades utilisés par l´extrême droite vénézuélienne




Un cas de torture dans le royaume d´Espagne devient un argument pour la droite vénézuélienne



Qui se doutait que les policiers égyptiens réprimaient des citoyens vénézuéliens ?



Rien n´arrête le cynisme de l´opposition. Les morts du conflit syrien sont transférés au Venezuela dans la ville de Maracay



Même le pauvre Loukanikos, icône animale de la révolte grecque, n´est pas épargné. Que fait la SPA ?



Le camp bolivarien doit donc une fois de plus faire face aux tentatives de déstabilisation de la contrerévolution au moment précis où le gouvernement prend des mesures radicales pour lutter contre la guerre économique et contre l´insécurité.

Même si le Peuple, l´armée et la police défendent les institutions démocratiques, la vigilance est de mise. Face à la désinformation des entreprises privées de communication, la solidarité internationale est plus que jamais de vigueur afin de déjouer la propagande médiatique contre la Révolution Bolivarienne. A un an de la disparition physique du Comandante Chávez, son Peuple est bien décidé à perpétuer son héritage révolutionnaire.



Notes:

(1) Voir Romain Migus, El programa de la MUD, Caracas, ed. Barrio Alerta, 2012, disponible sur http://albaciudad.org/wp/wp-content/uploads/2012/09/libro_el_programa_de_la_mud.pdf

(2) Élections présidentielles du 7 octobre 2012 et du 13 avril 2013, élections régionales du 16 décembre 2012, élections municipales du 8 décembre 2013 (91% des états régionaux et 75% des mairies gagnés par le chavisme).

(3) La guerre économique et les réponses gouvernementales ne sont pas le sujet de cet article. Mais il est indéniable que la spéculation contre le bolívar, les ruptures de stock organisées, et la contrebande de produits de première nécessité vers la Colombie ont des conséquences immédiates sur la vie quotidienne. Pour un approfondissement de ce sujet, voir jacques Sapir, « La situation économique au Venezuela », Russeurope, 17/02/2014, http://russeurope.hypotheses.org/2001

(4) Voir “¡LaSalida es la calle! ¡#LaSalida es la calle!”, Youtube, 25/01/2014, http://www.youtube.com/watch?v=MZBiTc6Z4Os (traduction de l´auteur).

(5) Voir “Protestas en Venezuela, 2 de Feberero de 2014 #LaSalida“, Youtube, 03/02/2014, http://www.youtube.com/watch?v=hyh3AEf5JDA (traduction de l´auteur).

(6) Ibid.

(7) Voir “Leopoldo López El 12F vamos a la calle con la consigna justicia y cárcel para los corruptos“, Youtube, 09/02/2014,http://www.youtube.com/watch?v=f9X67Jvw5Lk (traduction de l´auteur).

(8) Pour être plus précis nous soulignons que les forces de police utilisent des bombes lacrymogènes et des cartouches de gros sel, et un usage très limité de la force si l´on compare avec la répression des manifestations dans les pays européens.

(9) Testimonio de una periodista de El Universal: "Leopoldo no tuvo bolas. Le agarró la mano a su esposa, se fue y dejó a los carajitos alborotados", Aporrea, 13/02/2014. http://www.aporrea.org/oposicion/n245131.html

(10) “Vandalismo en Chacao: Ramón Muchacho se pregunta ¿quién asume la responsabilidad?”, Noticias24, 12/02/2014

http://www.noticias24.com/venezuela/noticia/222431/vandalismo-en-chacao-ramon-muchacho-se-pregunta-quien-asume-la-responsabilidad/

(11) “Capriles condena violencia en marcha estudiantil, Prensa Primero Justicia, 12/02/2014,http://www.primerojusticia.org.ve/cms/index.php?option=com_flexicontent&view=item&cid=158:en-la-prensa&id=13853:capriles-condena-violencia-en-marcha-estudiantil&Itemid=500

(12) Voir “Fallecidos el 12F fueron con la misma arma de fuego”, YVKE Mondial, 14/02/2014,http://www.radiomundial.com.ve/article/fallecidos-el-12-f-fueron-asesinados-con-la-misma-arma . Sur les assassinats similaires pendant le coup d´Etat d´avril 2002, voir l´excellent documentaire de Angel Palacios, “Puente llaguno: clave de una massacre”, http://www.youtube.com/watch?v=fkrAI72ct-I

(13) “Capriles llama a movilizaciones contra la violencia y el paramilitarismo”, El Universal, 16/02/2014, http://www.eluniversal.com/nacional-y-politica/140216/capriles-llama-a-movilizacion-contra-la-violencia-y-el-paramilitarismo

(14) Voir Romain Migus, “Nuit de cristal au Venezuela”, Venezuela en Vivo, 17/04/2013, http://www.romainmigus.com/2013/06/nuit-de-cristal-au-venezuela.html

(15) “Venezuela rechaza declaraciones de secretario estadounidense John Kerry”, Telesur, 16/02/2014, http://www.telesurtv.net/articulos/2014/02/16/venezuela-rechaza-declaraciones-de-secretario-estadounidense-john-kerry-2982.html

(16) “Funcionarios norteamericanos tienen 48 horas para salir de Venezuela”, Noticias24, 16/02/2014, http://www.noticias24.com/venezuela/noticia/222622/elias-jaua-funcionarios-norteamericanos-tienen-48-horas-para-salir-de-venezuela/

(17) “Venezuela: quinto país del mundo que más usa el twitter”. Ciudad CCS, 29/05/11, http://www.ciudadccs.info/?p=176192

(18) Telesur a réalisé une compilation de ces montages médiatiques. Voir: https://www.facebook.com/media/set/?set=a.10151869482281179.1073741986.186321186178&type=1


Source: Venezuela En Vivo

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luctix

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MessageSujet: Re: Venezuela: coup de projecteur sur les zones d´ombre médiatiques   Jeu 20 Fév 2014 - 15:25

une petite erreur à la première ligne : "Nous assistons actuellement à 3 tentatives de coup d'état (sans parler de la Syrie): Ukraine, Bosnie et Venezuela le tout à vitesse grand V."

il y aussi la thaïlande
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akasha

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Féminin Taureau Buffle
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MessageSujet: Re: Venezuela: coup de projecteur sur les zones d´ombre médiatiques   Lun 24 Fév 2014 - 4:18

Oui Luctix, vrais, on a posté pas mal sur ses pays, nous on les oublient pas, nous sommes solidaire avec tous nos frères !
on a notamment un sujet assez complet sujet à l' Ukraine, sinon voici d'autres images truqué par les merdias complice des américains qui cherchent à faire tomber Maduro après s'être "débarrassé" de Chavez....










photo prise à Singapour, et non au Venezuela....



Alors là, cela nous fait particulièrement marrer, vous savez pourquoi ? Parce-que Orné l'avait posté il y a quelques mois cette photo...ET ELLE A BIEN ÉTÉ PRISE EN BULGARIE !!!!!!



Morte de rire des chapeaux de fourrure au Venezuela !  Foutage de gueule intégrale .... Suspect 

Pou plus d'informations, vous pouvez aussi consulter ses liens; http://actualidad.rt.com/actualidad/view/120239-evo-morales-venezuela-eeuu-bolivia
http://actualidad.rt.com/actualidad/view/120174-grabacion-planes-desestabilizacion-venezuela

Et n'oublions pas que déjà l'année dernière, ils avaient essayé après la défaite de Capriles !! Donc voila.... No 
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akasha

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Féminin Taureau Buffle
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MessageSujet: Re: Venezuela: coup de projecteur sur les zones d´ombre médiatiques   Lun 24 Fév 2014 - 19:45

Après la désinformation évidente que subit ses trois pays. Voici un article qui explique les enjeux en marche pour la prise de ses trois pays, avec l'aide des mêmes techniques éprouvés...

Syrie, Ukraine, Venezuela : L'empire cherche à renverser trois gouvernements à la fois

Une démonstration de force de la part d'une superpuissance à l'agonie.La puissance d’un État se mesure à sa capacité à se défendre et à celle d’attaquer sur un ou plusieurs fronts.

Dans cette optique, Washington tente pour la première fois de montrer qu’il peut renverser trois gouvernements simultanément, en Syrie, en Ukraine et au Venezuela. S’il y parvenait personne ne serait plus en mesure de lui résister.



Washington, qui a échoué en 2011 à bombarder simultanément la Libye et la Syrie, est en train de tenter une nouvelle démonstration de sa force : organiser des changements de régime dans trois États à la fois, dans des régions du monde différentes : la Syrie (CentCom), l’Ukraine (EuCom) et le Venezuela (SouthCom).

Pour ce faire, le président Obama a mobilisé presque toute l’équipe de son Conseil de sécurité nationale.

D’abord la conseillère Susan Rice et l’ambassadrice à l’ONU, Samatha Power. Ces deux femmes sont des championnes du parler « démocratique ». Elles se sont fait une spécialité, depuis de nombreuses années, de préconiser l’ingérence dans les affaires intérieures des autres États sous prétexte de prévenir des génocides. Mais derrière ce discours généreux, elles se moquent des vies non-états-uniennes comme l’a montré Mme Power lors de la crise des armes chimiques de la ghoutta. L’ambassadrice, qui connaissait parfaitement l’innocence des autorités syriennes, était partie avec son époux assister en Europe à un festival de cinéma consacré à Charlie Chaplin, tandis que son gouvernement dénonçait un crime contre l’humanité dont il rendait responsable le président el-Assad.

Puis, les trois responsables régionaux : Philip Gordon (Proche-Orient et Afrique du Nord), Karen Donfried (Europe et Eurasie) et Ricardo Zuñiga (Amérique latine).

• Phil Gordon (ami personnel et traducteur de Nicolas Sarkozy) a organisé le sabotage de la Conférence de paix de Genève 2, tant que le dossier palestinien ne serait pas réglé à la manière US. Durant la seconde session de la conférence, alors que John Kerry parlait de paix, il réunissait à Washington les chefs des services secrets jordaniens, qataris, saoudiens et turcs pour préparer une énième attaque. Les comploteurs ont réuni une armée de 13 000 hommes, dont seul 1 000 ont reçu une brève formation militaire, pour conduire des blindés et prendre Damas. Le problème est que la colonne risque d’être détruite par l’Armée syrienne avant d’arriver sur la capitale. Mais ils ne parviennent pas à s’entendre sur la manière de la défendre sans distribuer des armes anti-aériennes qui puissent ultérieurement servir contre Israël.

• Karen Donfried est l’ancienne officier national de renseignement pour l’Europe. Elle a longtemps dirigé le German Marshall Fund à Berlin. Aujourd’hui, elle manipule l’Union européenne pour masquer l’interventionnisme de Washington en Ukraine. Malgré la fuite d’une conversation téléphonique de l’’ambassadrice Victoria Nuland, elle est parvenue à faire croire aux Européens que l’opposition à Kiev voulait les rejoindre et se battait pour la démocratie. Pourtant, plus de la moitié des émeutiers de la place Maidan sont membres de partis nazis et arborent des portraits du Collaborateur Stepan Bandera.

• Enfin Ricardo Zuñiga est le petit fils du président homonyme du Parti national du Honduras qui organisa les putschs de 1963 et de 1972 en faveur du général López Arellano. Il dirigea la station de la CIA à La Havane où il recruta des agents et les finança pour former l’opposition à Fidel Castro. Il a mobilisé l’extrême gauche trotskiste vénézuélienne pour renverser le président Nicolás Maduro, accusé d’être stalinien.

L’ensemble des opérations est médiatisé sous la houlette de Dan Rhodes. Ce spécialiste de la propagande a déjà écrit la version officielle du 11-Septembre 2001, en rédigeant le rapport de la commission d’enquête présidentielle. Il a réussi à faire disparaître toute trace du coup d’État militaire (le pouvoir a été retiré des mains de George W. Bush vers 10h du matin et ne lui a été restitué que le soir ; tous les membres de son cabinet et ceux du Congrès ont été placés dans des bunkers sécurisés pour « garantir leur sécurité ») pour que l’on ne se souvienne que des attentats.

Dans les trois cas, la narration US repose sur les mêmes principes : accuser les gouvernements d’avoir tué leurs propres citoyens, qualifier les opposants de « démocratiques », prendre des sanctions contre les « meurtriers », et en définitive opérer des coups d’État.

Chaque fois, le mouvement débute par une manifestation au cours de laquelle des opposants pacifiques sont tués, et où les deux camps s’accusent des violences. En réalité des forces spéciales US ou de l’Otan, placées sur les toits, tirent à la fois sur la foule et sur la police. Ce fut la cas à Deraa (Syrie) en 2011, à Kiev (Ukraine) et à Caracas (Venezuela) cette semaine. Manque de chance, les autopsies pratiquées au Venezuela montrent que deux victimes, un opposant et un pro-gouvernement, ont été tuées par la même arme.

Qualifier les opposants de démocratiques est un simple jeu rhétorique. En Syrie, ce sont des takfiristes soutenus par la pire dictature de la planète, l’Arabie saoudite ; en Ukraine quelques pro-européens sincères entourés de nombreux nazis ; au Venezuela de jeunes trotskistes de bonnes familles entourés de milices patronales. Partout le faux opposant US, John McCain, vient apporter son soutien aux vrais et faux opposants locaux.

Le soutien aux opposants incombe à la National Endowment for Democracy (NED). Cette agence du gouvernement états-unien se présente mensongèrement comme une ONG financée par le Congrès. Mais elle fut créée par le président Ronald Reagan, en association avec le Canada, le Royaume-Uni et l’Australie. Elle est dirigée par le néoconservateur Carl Gershman et la fille du général Alexander Haig (ancien suprême commandeur de l’Otan, puis secrétaire d’État), Barbara Haig. C’est la NED (en réalité le département d’État) qui emploie le sénateur d’« opposition » John McCain.

À ce dispositif, il faut ajouter l’Albert Einstein Institute, une « ONG » financée par l’Otan. Créé par Gene Sharp, il a formé des agitateurs professionnels à partir de deux bases, en Serbie (Canvas) et au Qatar (Academy of change).

Dans tous les cas Susan Rice et Samantha Power prennent des airs outragés avant d’arrêter des sanctions —bientôt relayées par l’Union européenne—, alors qu’elles sont les commanditaires des violences.

Reste à réussir les coups d’État. Et ce n’est pas gagné.

Washington tente ainsi de montrer au monde qu’il est toujours le maître. Pour être plus sûr de lui-même, il a lancé les opérations ukrainiennes et vénézuéliennes durant les Jeux Olympiques de Sotchi. Il était certain que la Russie ne bougerait pas de peur de voir sa fête troublée par des attentats islamistes. Mais Sotchi a pris fin ce week-end. C’est désormais au tour de Moscou de jouer.


http://www.voltairenet.org/article182258.html
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MessageSujet: Re: Venezuela: coup de projecteur sur les zones d´ombre médiatiques   Mar 25 Fév 2014 - 21:57

Même scénario au Vénézuela : désinformation, manipulations et exactions contre le pouvoir légal





Les seules choses qui semblent sûres dans ce monde, ce sont les coïncidences. Et elles auraient mêmes tendance à se multiplier ces dernières semaines. Après l'Ukraine, c'est le Venezuela qui se retrouve victime d'une tentative de déstabilisation. Une fois encore, des manifestations de l'opposition dégénèrent et attaquent les représentants et les symboles de l'Etat. Comparaison n'est certes pas raison, mais avec ce qui se passe actuellement à Kiev, l'étude des faits révèle une méthodologie en tout point identique, aux fameuses révolutions de couleur.


Les Etats-Unis qui agissent en coulisse, en ont fait une doctrine, du nom de son concepteur Gene Sharp, théorisant les coups d'états en douceur. C'est-à-dire avec un minimum de morts, mais des morts bien utiles tout de même, pour décrédibiliser toutes les réponses du gouvernement en place, devenu un régime contre la « libération » ou contre la « révolution ». Tout ou presque tout, sera ainsi surexploité médiatiquement en faveur de la révolte et donc en faveur d'un changement d'autorités, plus compatibles aux intérêts de la puissance atlantiste.

Le Venezuela, comme l'Ukraine d'ailleurs, n'est nullement la proie d'une "guerre civile généralisée", donc issue d'une majorité. Le Venezuela est la proie de troubles violents, localisés et parfaitement organisés, dont le but est uniquement de renverser le pouvoir légitime. Rappelons que le Président Nicolas Maduro a été élu démocratiquement en 2013, pour remplacer le défunt Hugo Chavez et que le parti Bolivarien a remporté, à une majorité écrasante les élections municipales dont le scrutin a été étroitement surveillés par des observateurs occidentaux. Ce qui cadre mal, vous en conviendrez, avec l'image d'un gouvernement impopulaire, et donc minoritaire, comme le serinent, à longueur de reportages, les médias d'opposition comme les médias occidentaux.

Ces médias vénézueliens soi-disant contrôlés, appartiennent à 90 % à des groupes privés, opposés au gouvernement, et n'ont jamais fait l'objet de la moindre censure, malgré leur participation au putsch de 2002. La seule censure au Venezuela provient des journalistes eux-mêmes, qui passent sous silence les manifestations massives de soutien au président Maduro ou les agressions sur ses partisans. Autre bobard médiatique de taille : la pénurie d'aliments qui serait la cause des violences. Alors comment expliquer que les secteurs populaires ne participent pas aux incendies et aux destructions et que l'épicentre des manifestations contre la "pénurie" soit la Plaza Altamira, coeur des résidences huppées ? Comment comprendre les chiffres de la FAO et de l'OMS qui confirment que le Venezuela a pratiquement éradiqué le problème de la faim ? Pas un mot dans les médias.

En revanche, on ne compte plus les reportages et les articles bidonnés qui reprennent des images détournées, provenant de manifestations en Egypte, en Espagne, au Brésil, en Syrie, en Bulgarie, au Chili, en Grèce et même de films pornographiques américains... pour soi-disant illustrer l'actualité Vénézuelienne et les atrocités commises par les forces de l'ordre. Une information frelatée, tirée des deux mamelles médiatiques occidentales que sont, l'inversion accusatoire et la manipulation des faits. Il n'y a de même aucune chance que ces journalistes, grassement rémunérés pour ne pas faire leur travail, ne relaient les déclarations des chefs d'Etat sud-américains qui condamnent unilatéralement, l'intervention extérieure américaine dans les affaires intérieures du Venezuela et la déstabilisation de la démocratie.

Alors, interrogeons-nous plutôt sur les raisons des troubles et leurs commanditaires. On sait que les Etats-Unis, fidèles à la doctrine Monroe (les américains sont très doctrinaires) ne tolèrent pas les élections de dirigeants échappant à leur hégémonie. En 2002 le Venezuela avait déjà été victime d'une tentative de coup d'état, pour tenter de renverser Hugo Chavez, rétabli dans ses fonctions par l'armée et la population, après 48 heures. Un reportage, intitulé "La révolution ne sera pas télévisée", que nous vous invitons à visionner, relate très bien cet épisode. Que reprochait donc la puissante caste américanisée, au Commandante ? Principalement d'avoir mis fin à une époque de chaos libéral et d'avoir replacé l'Etat au centre du pouvoir. Mais aussi d'avoir réduit ainsi l'influence des multinationales, en nationalisant les ressources naturelles, comme le pétrole, et en redistribuant les avoirs en priorité pour les plus démunis.

En digne successeur, Nicola Maduro poursuit la politique engagée par Hugo Chavez et s'oppose aux propriétaires des principaux groupes économiques et médiatiques qui participent à cette déstabilisation du pays, politiquement exploitée par l'opposition. Le Venezuela est actuellement en butte à une guerre économique, livrée par des spéculateurs contre lesquels le Gouvernement Bolivarien a pris récemment des mesures fermes, pour que les produits soient enfin vendus à la population, à leur juste prix. Et ces mesures commencent à porter leurs fruits. Autres données occultées, un chômage qui est tombé à 5,6 % et une augmentation de 10 % du salaire minimum.

Mais le Venezuela est surtout la première réserve de pétrole mondiale et le onzième pays exportateur. De quoi attirer biens des convoitises. Surtout dans la stratégie d'accaparement des ressources des continents sud-américain et africain, notamment depuis que le Venezuela est devenu l'un des principaux partenaires et fournisseur de pétrole de la Chine. Pékin lui a d'ailleurs alloué un crédit de 5 milliards de dollars, que Caracas destine au développement d'infrastructures, de constructions de logements et industriels, en échange de pétrole.
Des informations que vous ne trouverez pas non plus dans les principaux médias. Malraux reconnaissait mentir mais se justifiait en affirmant que ses mensonges devenaient des vérités. Tchekov lui, estimait que nulle raison ne pourrait justifier le mensonge. Il faut croire que les journalistes qui lisent encore, préfèrent Malraux à Tchekov. Mais il ne faut pas oublier que les révolutions de couleur trouvent d'abord leurs sources dans le noir des encriers, le vert du dollar et le rouge du sang des innocents.

Source :Prorussiatv
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MessageSujet: Re: Venezuela: coup de projecteur sur les zones d´ombre médiatiques   Mar 11 Mar 2014 - 9:45

États-Unis contre Venezuela : La Guerre froide devient chaude



Les analystes politiques sont attentifs à la synchronisation des efforts états-uniens pour changer les gouvernements du Venezuela, de l’Ukraine et de la Syrie. Washington veut ainsi prouver être une superpuissance encore capable de diriger le cours des événements dans différentes régions du monde à la fois et décourager ceux qui pensent lui échapper en nouant d’autres alliances. Dans cet article, Nil Nikandrov analyse la crise au Venezuela et remet les pendules à l’heure après les mensonges des médias occidentaux.




Au Venezuela, lors du récent carnaval, les poches isolées de manifestations étudiantes qui se sont tenues dans de grandes villes se sont éteintes comme par miracle. Ou, pour être plus précis, elles ont disparu dans les quartiers privilégiés de ces villes. Les organisateurs des manifestations anti-gouvernementales avaient déclaré que le carnaval n’aurait pas lieu, malgré la tradition de voyager vers les plages des Caraïbes, car « le mécontentement du peuple » avait atteint un point culminant. Juste un peu plus et le régime s’évanouirait, le président Nicolás Maduro et ses camarades s’enfuiraient à Cuba et le pays redeviendrait « une véritable démocratie ». Les manifestations ont été largement couvertes par les principaux canaux de télévision occidentaux. Puis, ce fut le silence complet. Les Vénézuéliens célébrèrent leur carnaval et se détendirent.

Le rôle majeur de guerre psychologique contre le Venezuela revient aux agences de renseignement états-uniennes. Durant toute la présidence d’Hugo Chávez, Washington a mené une intense guerre de l’information pour discréditer l’idée même d’un socialisme du 21e siècle. Chávez n’a jamais promis un succès rapide, mais sa politique sociale bien pensée a permis de réaliser beaucoup de choses. Selon les sondages d’opinion, les Vénézuéliens sont parmi les gens les plus heureux d’Amérique.

Les acquis de la révolution bolivarienne en termes de santé, d’éducation et de construction de logements à des prix abordables ont garanti à Chávez un soutien populaire. Ce front intérieur solide lui a permis de contrer avec succès les activités subversives des États-Unis, non seulement au Venezuela, mais dans l’arène internationale. L’un des points focaux de cette guerre de l’information a été la création de la chaîne de télévision Telesur avec le soutien de pays alliés d’Amérique latine, et la création subséquente de la station de radio RadioSur. Des réseaux de télévision et de radio locales ont été organisés dans tout le Venezuela, et un studio de cinéma national a été ouvert qui produit des longs métrages sur des thèmes patriotiques. Un nouveau film vénézuélien paraît sur les écrans presque chaque semaine, attirant dans le pays autant de téléspectateurs que les films d’action d’Hollywood. Des films documentaires sont également produits qui exposent la politique états-unienne en Amérique latine, y compris la saisie des champs pétroliers et l’élimination des politiciens que Washington désapprouve.

Après la mort de Chávez, la propagande de guerre contre son successeur —Nicolás Maduro— s’est intensifiée. Washington a décidé que le moment opportun était venu de renverser le régime. Il a mobilisé tout son arsenal de déstabilisation —des paramilitaires colombiens infiltrant le pays pour mener des attaques terroristes jusqu’au sabotage économique et financier et à l’utilisation de réseaux sociaux sur Internet—.

Prenant la parole à l’Onu, le ministre des Affaires étrangères du Venezuela, Elías Jaua, a déclaré que les médias d’opposition vénézuéliens et étrangers se sont engagés dans une campagne active pour renverser le président Maduro. Jaua a expliqué plus tard qu’il se référait « à des campagnes bien préparées qui ont été mises en œuvre par le biais de réseaux de télévision influents ». Il a observé que des personnalités aux États-Unis et des artistes européens « qui savent à peine où se trouve le Venezuela » étaient utilisés pour attaquer le gouvernement. Les récentes déclarations à la cérémonie de remise des Oscars en sont un exemple.

Il faisait en particulier allusion à la chaîne de télévisionCNN, qui est non seulement utilisée par la CIA pour propager de fausses informations, mais qui multiplie aussi des commentaires négatifs sur le gouvernement vénézuélien et le président Maduro. Il en fut ainsi avec la couverture biaisée des manifestations de rue, que CNN décrit comme paisibles, sans mentionner les groupes qui bloquaient les rues, mettaient le feu à des voitures, attaquaient des policiers et menaçaient des infrastructures urbaines, y compris le métro. Entre autres choses, les militants de l’opposition ont placé des herses métalliques munies de clous sur les routes, ce qui a provoqué une forte hausse des accidents de la circulation. Il y a eu aussi l’extension de cordes de nylon en travers des routes pour renverser les motorizados —les coursiers à moto qui fournissent des biens, des médicaments, acheminent la poste et ainsi de suite—. Ces motocyclistes sont généralement fidèles aux autorités, et sont donc considérées par l’opposition comme une force hostile.CNN, cependant, ignore ce genre de détails.

Les médias internationaux gardent également le silence sur les efforts du président Maduro pour établir un dialogue pacifique et rechercher une compréhension mutuelle avec l’opposition et les cercles oligarchiques qui ont organisé et qui financent une campagne prolongée de désobéissance civile. La tolérance des autorités vénézuéliennes est de plus en plus perçue comme une faiblesse.

À la suite de leur couverture biaisée, et parfois même incendiaire, des événements au Venezuela, les correspondants de CNN ont été expulsés du pays. Des journalistes d’Associated Press, de l’Agence France-Presse, de l’Agencia EFE, de Reuters et d’autres donnent également une interprétation biaisée des événements. Je ne peux pas penser à un moment où les journalistes occidentaux accrédités au Venezuela ont fait preuve de la moindre indépendance dans leur interprétation des événements. La quasi-totalité d’entre eux manifeste un alignement général sur la façon de penser de Washington lorsqu’il s’agit d’évaluer la politique internationale.

Le gouvernement Maduro fait tout son possible pour contrecarrer la propagande hostile avec laquelle Washington tente d’exacerber la situation, espérant obtenir ainsi un prétexte pour intervenir directement dans les affaires intérieures du pays. Le gouvernement vénézuélien a subi maintes fois des menaces et des avertissements de l’administration états-unienne, demandant que le gouvernement libère les étudiants arrêtés lors des manifestations de rue et s’assoie pour des entretiens avec l’opposition. Barack Obama l’a mentionné lors d’une réunion avec des collègues canadiens et mexicains, à Toluca, le 20 février 2014. Une déclaration du sénateur républicain John McCain ressemble à un ultimatum : « Nous devons être prêts à utiliser la force militaire pour entrer au Venezuela et établir la paix là-bas ». Le sénateur a souligné que l’opération pourrait impliquer des soldats colombiens, péruviens et chiliens. En outre, il a souligné que des leaders démocratiques sont entièrement prêts à assumer la responsabilité de gouverner le Venezuela avec le plein consentement de Washington et de lui « donner la liberté ». McCain a également expliqué exactement pourquoi les États-Unis ont besoin de « marionnettes démocrates » au Venezuela : il s’agit avant tout de garantir la livraison rapide d’hydrocarbures en Amérique du Nord. Les livraisons de pétrole en provenance d’Afrique du Nord et du Proche-Orient prennent généralement 45 jours, contre seulement environ 70 heures à partir de Venezuela.

Pour expliquer la situation dans le pays et la position du gouvernement vénézuélien, le ministre des Affaires étrangères, Elías Jaua, a entrepris une tournée des pays d’Amérique latine et d’Europe, tandis que le ministre de l’Énergie, Rafael Ramírez, a rencontré le président russe Vladimir Poutine et des membres du gouvernement chinois.

La présidente argentine Cristina Fernández de Kirchner a déclaré qu’il y a une menace réelle de « coup d’État en douceur » au Venezuela : « Je ne suis pas ici pour défendre le Venezuela, ou le président Nicolás Maduro. Je suis ici pour défendre le système démocratique d’un pays, tout comme nous l’avons fait avec la Bolivie, l’Équateur ou avec n’importe quel autre pays de la région, peu importe si ils sont de gauche ou de droite. La démocratie n’appartient pas à la droite ou à la gauche, la démocratie c’est montrer le respect de la volonté du peuple. Il serait fatal pour la région, pour les grands progrès d’intégration que l’Amérique latine a fait au cours des dernières années, si nous laissions des vents étrangers balayer nos pays et détruire notre fraternité ».

Cristina Fernández a également rappelé qu’il y a eu 19 élections au Venezuela au cours des 14 dernières années, dont une seule a été perdue par le parti au pouvoir. Conformément à la Constitution, un référendum révocatoire pourrait être réalisé en 2016. C’est le seul moyen légitime de changer le gouvernement. La grande majorité des dirigeants latino-américains partagent son opinion.

Les analystes politiques sont attentifs à la synchronisation des efforts de l’Empire pour remplacer les gouvernements du Venezuela, de l’Ukraine et de Syrie. Washington veut montrer au monde être une superpuissance encore capable de diriger le cours des événements dans différentes parties du monde à la fois. Barack Obama voudrait conclure sa présidence par des victoires spectaculaires en Europe de l’Est et en Amérique latine : transformer l’Ukraine en un État satellite permettrait d’assurer la présence militaire des États-Unis sur les frontières de la Russie, et effectuer un changement de régime au Venezuela mettrait un terme à tous les projets indépendants d’intégration latino-américaine...

Source : META TV
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MessageSujet: Re: Venezuela: coup de projecteur sur les zones d´ombre médiatiques   Ven 28 Mar 2014 - 18:28

Venezuela : La déroute des plans du Nouvel Ordre mondial continue

Bien moins médiatisée que la tentative de coup d'état Ukrainienne, une tentative similaire de déstabilisation du gouvernement Maduro - le successeur élu démocratiquement par les urnes - est en cours depuis plusieurs semaines. Hier, trois généraux soupçonnés de conspiration ont été arrêtés dans le cadre de cette tentative de coup d'état. En voici la description dans un article de almanar.com :




Trois généraux vénézuéliens soupçonnés d'avoir voulu « se soulever contre le gouvernement » ont été arrêtés, a annoncé mardi le président Nicolas Maduro, soumis à plus de six semaines de contestation dans la rue.

« Nous avons arrêté trois généraux de l'armée de l'Air qui faisaient l'objet d'une enquête (...) Trois généraux qui prétendaient se soulever contre un gouvernement légitimement constitué »

, a déclaré M. Maduro lors d'une réunion des ministres des Affaires étrangères de l'Union des nations sud-américaine (Unasur), à Caracas.
« Ces militaires ont des liens directs avec certains secteurs de l'opposition », a poursuivi le président socialiste.

Les trois hommes ont déjà été présentés devant un tribunal militaire, selon le président qui a ajouté que « la tentative de coup d'Etat » avait été découverte grâce « à la conscience d'officiers » venus « dénoncer un appel » à prendre les armes.
« Ce groupe arrêté a des liens directs avec des secteurs de l'opposition et disait que cette semaine serait la semaine décisive (...) C'est une guerre psychologique
»

, a dénoncé le successeur contesté du charismatique Hugo Chavez, décédé en mars 2013. M. Maduro s'exprimait devant les ministres de l'Unasur réunis pour tenter d'instaurer un dialogue entre le pouvoir et le reste de la société vénézuélienne afin d'en terminer avec les troubles fomentés par des groupes soutenus par les Etats-Unis.

Un mécanisme bien huilé...

La recette utilisée reste la même, identique à celle utilisée en Ukraine récemment, ce qui explique probablement aussi son échec. Des mercenaires armés et autres nationalistes à la solde des états mondialistes viennent rejoindre les rangs des plus farouches opposants au gouvernement en place, semant un désordre organisé, ouvrant ainsi la voie aux groupuscules extrémistes qui profitent de cette aubaine pour alimenter un mouvement révolutionnaire aux motifs plus que douteux.

Les motifs sont toujours géostratégiques et économiques, et les instigateurs de ce complot ont probablement et judicieusement estimés qu'il serait plus aisé de s'en prendre à Nicolas Maduro qu'à son prédécesseur, Hugo Chavez, personnage emblématique et populaire, décédé dans des circonstances douteuses en 2013. A ce propos, des ONG telles que Amnesty International (organisation de défense des droits humains) participent honteusement à la désinformation.

La banque des pays du BRICS concurrence la Banque Mondiale et le FMI

Discréditer et donc faire plier un pays dont le gouvernement s'affiche clairement comme étant anti-mondialiste est en soi profitable aux vautours pilotant le nouvel ordre mondial, mais ce prétexte à lui seul n'est pourtant que l'arbre qui cache la forêt. La vraie raison semble être la mise à sac des pays du groupe des BRICS qui menace sérieusement l'hégémonie du système économique déjà vacillant de l'empire, à savoir la banque mondiale, et le front monétaire international (FMI).

Le BRICS est un acronyme qui désigner un groupe de cinq pays qui se réunissent en sommet annuels, à savoir Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud. Les cinq pays composant le BRICS sont pour la plupart considérés comme des grandes puissances émergentes. Ils comptent 40% de la population mondiale et devraient assurer 61% de la croissance mondiale en 2015 (selon le FMI), et leur place dans l'économie mondiale croît fortement : 16% du PIB mondial en 2001, 27% en 2011 et d'après des estimations, 40% en 2025. En 2011, le BRICS totalisait un PIB de 11.221 milliards pour près de 3 milliards d'habitants !

Un rapport publié en 2003 par deux économistes de la banque d'investissement Goldman Sachs (sic) tendait à montrer que l'économie des pays du groupe BRIC allait rapidement se développer, et que le PIB total des BRIC devrait égaler en 2040 celui du G6 (États-Unis, Japon, Royaume-Uni, Allemagne, France et Italie). Ce même rapport annonce que, regroupés, les BRIC pourraient faire contrepoids au G8 (dont la Russie fait pourtant déjà partie, ce qui explique également pourquoi Poutine se moque de la récente sanction concernant sa présence à ce même sommet...).

Selon wikipédia, les pays composant le BRICS devraient dans un avenir proche renforcer davantage leurs coopérations économiques en échangeant les ressources naturelles et technologiques. Le Brésil et la Russie produisant du pétrole et du gaz naturel, tandis que la Chine et l'Inde sont en plein processus d'industrialisation qui nécessite beaucoup d'énergie. Pendant ce temps, l'Afrique du Sud, elle, extraira de ses mines des métaux et d'autres minéraux.

Un empire à bout de souffle

De leur coté, les Etats unis dont l'économie chancelante ne tient debout que grâce à des planches à billets qui tournent en boucle, va devoir faire face très prochainement à l'éclatement de bulle de schiste (gaz, pétrole) qui ne peut être que momentanément repoussée par de nouveaux accords énergétiques avec l'Europe, accords traités en ce moment dans le cadre du « traité transatlantique », et coïncidence inouïe, largement favorisés par les récentes « sanctions », elles mêmes largement médiatisées par les torchons habituels qui se veulent journalistiques.

Vous commencez à comprendre les réelles raisons de la tentative similaire de coup d'état en Ukraine ? D'une part la position géographiquement stratégique d'un pied a terre militaire américain en Crimée, et donc aux portes de l'ex URSS, et d'autre part un prétexte à des sanctions économiques envers une nation qui pèse lourd dans le système économique des BRICS : La Russie...

Ce qui est étonnant, ainsi que potentiellement révélateur, est la multiplication soudaine de ces tentatives de déstabilisation, alors que les Etats unis sont habituellement méthodiques dans leurs tentatives d'ingérence auprès des nations qu'ils veulent fédérer (Irak, Lybie, etc). Je peux me tromper, mais attaquer à visage découvert, et sur plusieurs fronts à la fois, tend pour moi à indiquer qu'ils savent leur fin proche et tentent désespérément dans un dernier soubresaut, de se défaire de leurs adversaires qui font désormais front au nouvel ordre mondial, et menacent de reléguer la suprématie américaine à de l'histoire ancienne !

La Russie vient très récemment de signer un accord avec la Chine pour la fourniture de gaz naturel par la société Gazprom, et a menacé les Etats unis de se désolidariser du dollar américain (chose qu'ils vont probablement et logiquement faire de toutes manières), alors que de son coté, Pékin se débarrasse massivement de son stock de dette américaine après avoir annoncé qu'elle allait cesser d'acheter du dollar américain. Donc, sans vouloir faire un mauvais jeu de mots, ça « sent le gaz » pour Obama !

La tentative Ukrainienne ayant été magistralement stoppée par Vladimir Poutine, et celle Vénézuélienne semblant prendre le même chemin, il faut s'attendre théoriquement à de nouvelles exactions de la part des Etats unis dans des pays membres de la BRICS, après tout, « jamais deux sans trois » non ? Oui mais voilà, ils prennent conscience que plus personne ne veut avaler leurs couleuvres depuis que leurs manipulations ont été mises au grand jour, et c'est la que la suite des évènements peut devenir dangereuse.

Dangereuse, à l'image d'un prédateur blessé se retrouvant acculé dos au mur, et qui est capable dans un élan d'agressivité, de sortir une dernière fois toutes ses griffes dans un baroud d'honneur suicidaire, et nous savons tous quels risques cela peut signifier...

Par Le Veilleur

Liens connexes :


• La nouvelle banque des pays du BRICS entre en concurrence contre la Banque Mondiale et le FMI

• Deux morts dont un soldat dans les manifestations au Venezuela

• Amnesty International, le Venezuela et les droits humains

• Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud (Wikipedia)

• Chine : La Banque Centrale annonce qu'elle va cesser d'acheter du dollar américain

Source :

• almanar.com.lb

• french.ruvr.ru

• courrierinternational.com

• BBC.com

• France24.com

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MessageSujet: Re: Venezuela: coup de projecteur sur les zones d´ombre médiatiques   Sam 31 Mai 2014 - 1:20

Bonsoir: Voila encore made in américa... Shocked  Je suppose que vous aurez compris le but de la manœuvre ? Qui pour moi est multiple...De un il reste le principale opposant anti américain de l'Amérique du sud avec l'Equateur. Sans compter qu'il traite avec les russes et les chinois surtout après l'annonce d'une alliance prochaine (cf eurasiatique). Et le Venezuela dans un tel cas de figure pourrait devenir leur principale fournisseur en pétrole..
Voici l'hisoire en exclusiviter pour  PlanèteR   foryou 


Venezuela : « C'est l'heure d'anéantir Maduro... », les preuves du complot impliquent les États-Unis

Alors que je relayais hier une information selon laquelle un complot contre le président Maduro avait été révélé au grand jour, aujourd'hui les preuves tombent, impliquant une fois de plus les Etats-Unis, ce qui je pense n'est une surprise pour personne... Le veilleur


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« Il faut nettoyer cette porcherie, en commençant par la tête, profiter du climat mondial avec l'Ukraine et maintenant la Thaïlande », ainsi s'exprime l'ex-députée Maria Corina Machado, héritière d'un grand groupe privé vénézuélien et dirigeante locale de l'extrême-droite, dans un des mails échangés en mai avec le politicien Diego Arria, l'avocat Gustavo Tarre et des fonctionnaires états-uniens, dont l'ambassadeur Kevin Whitaker, en poste à Bogota.

« C'est l'heure de faire des efforts, de procéder aux appels nécessaires et d'obtenir le financement pour anéantir Maduro, le reste tombera de son propre poids »
, ajoute Machado dans sa missive. Autre destinataire de ces courriels : le gouverneur de l'État de Carabobo, l'entrepreneur milliardaire Henrique Salas Römer :

« Cher ami, mon accueil au Canada fut merveilleux et le soutien plus encore, là-bas au mois il n'y a pas de sénatrice brésilienne chaviste », lit-on dans ce courriel du 12 mai 2014. « J'ai franchi quelques pas que d'autres n'ont pas osé faire ».
Ces échanges font partie d'une nouvelle série de preuves présentées mercredi lors d'une conférence de presse deJorge Rodriguez, maire de Caracas et dirigeant politique de la Révolution Bolivarienne, à propos du plan de magnicide contre le président Nicolas Maduro, dans lequel sont impliqués des agents nationaux et étrangers. Dès juin 2013, une conversation téléphonique dont Maria Corina Machado avait admis l'authenticité révélait ses contacts avec le gouvernement des États-Unis. On l'entend insister sur la nécessité d'organiser un nouveau coup d'État précédé de « confrontations non-dialogantes » (voir la vidéo).

Incapable de gagner des élections validées par les observateurs internationaux, la droite radicale a depuis plusieurs années tenté de renverser le gouvernement par la violence. Ce plan a connu plusieurs étapes comme le coup d'Etat d'avril 2002 contre Hugo Chavez ou plus récemment les foyers de violence (« guarimbas ») et la tentative de promouvoir un magnicide (1) avec l'appui du paramilitarisme d'Alvaro Uribe (2).

Face à l'érosion des foyers de violence, et le refus de la grande majorité de la population d'y participer, Machado considère comme urgent d'assassiner Maduro. Sur cette proposition, Diego Arria a consulté Pedro Mario Burelli, ex-directeur de Petroleos de Venezuela à l'époque où cette entreprise était aux mains de l'élite (et renationalisée depuis par la révolution bolivarienne), qui a qualifié de correcte la position assumée par Machado. « C'est ce qu'il faut faire » répond Burelli à Arria sur son compte pedro@burelli.com.




Rodriguez a fait part d'un autre message envoyé par Machado à l'avocat Gustavo Tarre Briceño, dans lequel il est révélé que la droite dispose à présent d'« un plus gros chéquier que le régime pour rompre la chaîne de sécurité internationale (du gouvernement) ». Enfin, dans le courrier envoyé à travers son compte 77gaia@gmail.com, Machado confirme la participation du gouvernement des Etats-Unis par l'intermédiaire de son nouvel Ambassadeur en Colombie, Kevin Whitaker, aux violences déclenchées en février dernier, et qui ont fait 42 morts et plus de 800 blessés.

« Je l'ai déjà décidé, cette lutte se poursuivra jusqu'à ce que le régime s'en aille et que nous respections nos amis dans le monde. Oui, je suis allée à San Cristobal et j'ai pris des risques à l'OEA (Organisation des Etats Américains), je n'ai peur de personne, déjà Kevin Whitaker m'a reconfirmé son soutien et il a indiqué les nouveaux pas à faire »
, écrit Machado. Dans la liste des financiers du coup d'Etat et du plan de magnicide apparaît par ailleurs Eligio Cedeño, un banquier qui a fui le pays à la suite de plusieurs affaires d'escroquerie.

« Eligio est clair en ce qui le concerne et m'a transmis un message d'absolue confiance dans notre capacité à organiser les autres phases dans lesquelles nous allons entrer pour lutter pour notre cher Venezuela. Ceci étant, avançons et continuons d'avancer, avec ces efforts, l'agitation de tous les jeunes et, en particulier, des étudiants »
, écrit Machado par voie électronique, le 1er mai dernier, à Henrique Salas Römer qui figure aussi comme financier par l'intermédiaire de l'organisation d'extrême droite Juventud Activa Venezuela Unida (JAVU). Machado a envoyé ce message à Salas Römer après avoir visité le Parlement européen et le Sénat nord-américain, dans le cadre de ses voyages pour promouvoir une intervention étrangère au Venezuela et l'approbation par Washington de sanctions.

Les messages électroniques échangés par les membres de l'extrême droite vénézuélienne révèlent que les plans pour perpétrer un magnicide contre le président Maduro datent d'avant le 8 décembre 2013, date des élections municipales au Venezuela.

« Ils avaient tout préparé, c'est pour cela que le 8 décembre, ils voulaient appeler au plébiscite », a dit le maire Jorge Rodriguez lors de la conférence de presse. « Je veux dire qu'ils avaient tout préparé pour installer les « guarimbas », les câbles tendus pour commettre des assassinats, brûler les unités du métro, brûler les cabines, assiéger San Cristobal (état de Tachira) et San Diego (état de Carabobo) »
, a-t-il ajouté, rappelant que c'est grâce à la volonté de la majorité des électeurs de soutenir les candidatures bolivariennes à la majorité des mairies le 8 décembre dernier (3) qu'on a pu arrêter le plan de déstabilisation.

« Le 23 janvier de cette année, ils ont réactivé le plan et le 12 février, déclenchant la phase des violences de rue. Qu'il soit bien clair que ce ne sont pas des protestations spontanées »
, a-t-il noté. Pour rappel, alors que la grande majorité de la population vénézuélienne a rejeté cette campagne de violences et d'assassinats, alors que seuls 7 % des personnes arrêtées pour meurtres ou violences sont des étudiants, et que les manifestations n'ont eu pour base que les quartiers riches ou la zone proche de la Colombie, la plupart des journalistes européens ont relayé aveuglément la version de la droite et des médias privés vénézuéliens d'une « révolte étudiante contre la vie chère » et de l'État vénézuélien comme « État répressif », Maria Corina Machado étant présentée comme une égérie de la « lutte pour la démocratie ».

Parmi les personnes impliquées :

• Pedro Mario Burelli, ex-directeur de Petróleos de Venezuela, entrepreneur vénézuélien résidant à Miami et principal financier de la « Fiesta Mexicana », nom de code du « Coup d'État mou » relancé au Venezuela à partir du 12 février 2014.

• Kevin Whitaker, nouvel ambassadeur des États-Unis en Colombie, lié à l'ex-députée Maria Corina Machado.

• María Corina Machado, ex-députée de la droite radicale, avait signé le décret du coup d'État de 2002 contre Hugo Chavez, décret qui supprimait le parlement, la constitution, et l'ensemble des institutions démocratiques.

• Diego Arrias, ex-représentant permanent du Venezuela à l'ONU. lié à Maria Corina Machado. Face aux nouvelles révélations l'impliquant dans la tentative de magnicide, il a affirmé le 28 mai qu'on lui avait « volé son I-Phone et hacké ses courriels, lui faisant dire des choses qu'il n'avait pas dites » (sic).

• Eligio Cedeño, banquier résidant à Miami, et qui a fui la justice vénézuélienne aprés avoir été mystérieusement blanchi de toutes les accusations d'escroquerie par la juge María Lourdes Afiuni.

• Henrique Salas Römer, ex-candidat présidentiel de la droite en 1998, ex-gouverneur de l'État de Carabobo; Après sa défaite électorale face au candidat Chàvez, a été impliqué dans plusieurs plans de déstabilisation depuis Panamà.

Source : AVN - vu sur Venezuelainfos Traduction Thierry Deronne et Françoise Lopez
Leveilleur. com

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MessageSujet: Re: Venezuela: coup de projecteur sur les zones d´ombre médiatiques   Mar 23 Sep 2014 - 8:26

Coucou mes loulous
Vous êtes au courant qu'en se moment il y a une épidémie inconue AU Venezuela ? Et Maduro pense comme moi A une attaque biologique....Car le timing est des plus singulier, cela intervient juste après les deux coups de état avorté ! Honnêtement on est en droit de se la poser la question...


Venezuela: arrivée d'experts en "guerre bactériologique" (président)




© REUTERS/ Miraflores Palace/Handout via Reuters
10:27 22/09/2014


MEXICO, 22 septembre - RIA Novosti

Des experts internationaux sont arrivés au Venezuela afin d'aider le pays dans la lutte contre une attaque bactériologique présumée, a annoncé dimanche le président vénézuélien Nicolas Maduro dans une interview accordée à la chaîne télévisée Noticias 24H.
"Une guerre internationale est en cours, camarades et compatriotes, menée par ceux qui veulent mettre le Venezuela à genoux. Une guerre bactériologique, psychologique, une guerre menée par les finances internationales, mais le Venezuela restera ferme, dans sa politique sociale, dans son économie et ses finances", a martelé le chef de l'Etat vénézuélien.
Selon lui, des médecins cubains figurent parmi les experts.
"On nous a dépêché des experts de la guerre bactériologique pour qu'ils puissent dire avec exactitude ce que la droite fasciste a essayé de faire dans l'Aragua", a indiqué le président vénézuélien.
Ces déclarations font suite à l'annonce de plusieurs décès provoqués par un virus inconnu dans un hôpital de Maracay, capitale de l'Etat d'Aragua. Selon les autorités vénézuéliennes, il pourrait s'agir de tentatives de l'opposition de déstabiliser le pays à l'aide d'un virus inconnu.


http://www.alterinfo.net/notes/Venezuela-arrivee-d-experts-en-guerre-bacteriologique-president_b7008893.html

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MessageSujet: Re: Venezuela: coup de projecteur sur les zones d´ombre médiatiques   Mar 23 Sep 2014 - 12:17

Merci Akasha, je n'étais même pas au courant de cette étrange épidémie au Venezuela, pourvue qu'elle reste cantonner la-bas en dehors des pays voisins. Je trouve que Nicolas Maduro prends les bonnes décisions et assez vite en faisant intervenir des experts en guerre bactériologique.
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akasha

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MessageSujet: Re: Venezuela: coup de projecteur sur les zones d´ombre médiatiques   Mar 10 Jan 2017 - 0:31

« Les 10 victoires du Président Nicolás Maduro en 2016 », par Ignacio Ramonet



Début 2016, tout semblait bien complexe pour les autorités de Caracas. Et cela principalement pour trois raisons : 1) L’opposition néolibérale avait remporté les élections législatives de décembre 2015 et contrôlait désormais l’Assemblée Nationale ; 2) La chute des prix du pétrole, la principale ressource du Venezuela, avait atteint son plus bas niveau dans les dernières décennies ; 3) Le président des Etat Unis, Barack Obama, avait signé un Ordre exécutif déclarant le Venezuela une « menace inhabituelle et extraordinaire pour la sécurité nationale et pour la politique extérieure des Etats-Unis »
C’est-à-dire, dans trois domaines décisifs – politique, économique et géopolitique – la Révolution bolivarienne semblait à la défensive. Tandis que la contrerévolution, autant intérieure qu’extérieure, pensait avoir enfin le pouvoir à portée de la main.

Le tout dans un contexte de guerre médiatique de longue durée contre Caracas, commencée avec l’arrivée à la Présidence d’Hugo Chávez en 1999, qui s’est intensifiée en avril 2013 et a atteint des niveaux inouïs de violence depuis l’élection du Président Nicolás Maduro.

Ce climat d’harcèlement médiatique agressif et permanent a produit une désinformation insidieuse sur le Venezuela, semant la confusion même chez de nombreux amis de la Révolution bolivarienne. En particulier car dans cette ère de la « post-vérité », la pratique du mensonge, de la fraude intellectuelle et de la tromperie manifeste n’est sanctionnée par aucune conséquence négative, ni sur la crédibilité, ni sur l’image.

Tout vaut, tout sert dans cette « ère du relativisme post-factuel », et même les faits ou les données les plus objectifs ne sont pas pris en considération. Même l’argument – si évident pour le Venezuela – du complot, de la conjuration, de la conspiration, n’est pas accepté. Le nouveau discours médiatique dominant dénonce et ridiculise d’avance « le prétendu complotisme » comme un argument inacceptable de « récits à l’ancienne », non recevable…

Tout, donc, au début de l’année 2016, semblait difficile pour le Président vénézuélien. A un point tel que le bancal opposant néolibéral Henry Ramos Allup, enivré pas sa majorité parlementaire, a osé assurer en janvier 2016, dans son premier discours comme Président de l’Assemblée Nationale, que « dans un délai de mois de six mois » il chasserait Nicolás Maduro du pouvoir. En s’inspirant sans doute du coup d’Etat institutionnel contre la Présidente Dilma Rousef, au Brésil, et misant sur la victoire dans un éventuel référendum révocatoire.


Ainsi allaient les choses quand le Président Maduro, dans une séquence magistrale que personne n’a vu venir dans le jeu d’échecs qui se déroulait – et conformément à la Constitution – a surpris tout le monde. Il a renouvelé, comme il en avait le droit, les membres du Tribunal Suprême de Justice (TSJ), instance supérieure du pouvoir judiciaire, dont la Salle Constitutionnelle a le dernier mot en matière d’interprétation de la Constitution.

L’opposition, imbue de sa superbe, a commis alors deux erreurs majeures :

1) Elle a décidé d’ignorer les avertissements du TSJ et a admis en séance trois députés de l’état d’Amazonas dont l’élection en décembre 2015 était l’objet de suspension pour irrégularités. Devant cet affront, le TSJ a évidemment proclamé la non validité des décisions de l’Assemblée Nationale en raison de la présence en séance de trois députés « non élus régulièrement » . En fait, le TSJ a déclaré l’Assemblée en désobéissance (desacato) et en conséquence, a décidé que « toutes ses décisions seraient considérées nulles». Ainsi, par ses propres erreurs, l’Assemblée non seulement n’a pas réussi à légiférer ni à contrôler le Gouvernement, mais bien au contraire, comme l’ont reconnu des spécialistes renommés en droit constitutionnel, elle s’est annulée elle-même, a dilapidé son pouvoir est s’est auto-dissoute. Cela a été la première grande victoire de Nicolás Maduro en 2016.

2) Dans son obsession de renverser le Président, l’opposition anti-chaviste a également décidé d’ignorer ce que stipule la loi (article 72 de la Constitution) sur les étapes indispensables et les exigences juridiques pour la tenue d’un référendum révocatoire en 2016. L’opposition a également connu un important échec sur ce point. Et ce fut une autre grande victoire de Nicolás Maduro.

Malgré cela, vers mars-avril 2016, tout est devenu de plus en plus complexe. Car aux offensives habituelles des forces hostiles à la révolution bolivarienne est venue s’ajouter une sécheresse impressionnante, la deuxième en importance depuis 1950, et une canicule, résultat du phénomène El Niño. Or au Venezuela 70% de l’énergie provient des centrales hydroélectriques, dont la principale dépend du barrage El Guri. Et avec l’absence de pluies, les niveaux de ce barrage ont diminué jusqu’à atteindre presque le niveau minimum.

La contre-révolution a tenté de profiter de ces circonstances pour multiplier les sabotages électriques, cherchant à créer un chaos énergétique, la colère sociale et des manifestations. Le danger a été grand, car au problème électrique s’ajoutait le manque d’eau potable, conséquence de la sécheresse persistante, ….

Mais une fois de plus le Président Maduro a réagi rapidement en prenant des mesures radicales : il a décidé le remplacement de millions d’ampoules à incandescence par des ampoules à faible consommation d’énergie ; il a ordonné le remplacement des vieux climatiseurs par d’autres moins gourmands en énergie ; il a décrété la demi journée de travail dans l’administration publique et mis en œuvre un plan national spécial de consommation d’électricité et d’eau.

Grâce à ces mesures audacieuses, le Président a réussi à éviter l’effondrement énergétique. Et obtenu une de ses victoires les plus populaires de l’année 2016.
Un autre des problèmes importants que le Gouvernement a du affronter (peut-être le plus grave) – conséquence en partie de la guerre économique contre la révolution bolivarienne – est l’approvisionnement alimentaire. Il faut rappeler qu’avant 1999, 65% des vénézuéliens vivaient en situation de pauvreté et seulement 35% pouvaient bénéficier d’une bonne qualité de vie. C’est-à-dire, sur 10 vénézuéliens, seulement 3 mangeaient régulièrement de la viande, du poulet, du café, du maïs, du lait, du sucre… Tandis que pendant les 17 dernières années la consommation alimentaire (grâce à l’investissement social massif de la Révolution) a augmenté de 80%.

Ce changement structurel explique par lui-même pourquoi subitement la production nationale d’aliments, bien plus importante qu’on ne le croit, est devenue insuffisante.

Avec l’augmentation massive de la demande, la spéculation a explosé. Devant une offre structurellement limitée, les prix se sont envolés vertigineusement. Et le phénomène du marché noir ou « bachaqueo » s’est propagé : acheter les produits subventionnés par le Gouvernement à des prix inférieurs à ceux du marché pour les revendre à des prix supérieurs à ceux du marché. Ou les « exporter » massivement aux pays voisins (Colombie, Brésil) pour les revendre au double ou au triple du prix subventionné. Ainsi le Venezuela se « vidait » de ses dollars – de moins en moins nombreux en raison de l’effondrement des prix du pétrole – pour nourrir les « vampires » qui dépouillent les plus humbles des produits de base pour s’enrichir de façon spectaculaire.

Une telle immoralité ne pouvait continuer. Une fois de plus, le Président Maduro agit avec fermeté. D’abord – très important – il a changé la philosophie de l’aide sociale. Et il a rectifié une erreur majeure commise par le Venezuela depuis des décennies. Il a décidé que l’Etat, au lieu de subventionner les produits, devait subventionner les personnes. Pour que seulement les pauvres, ceux qui en ont réellement besoin, puissent avoir accès aux produits subventionnés par le Gouvernement. Pour tous les autres, les prix des produits sont les prix justes fixés par le marché. Ce qui évite la spéculation et le bachaqueo.

Et la deuxième mesure décisive: le Président a annoncé que désormais le Gouvernement orienterait tous ses efforts vers le changement du modèle économique du pays, passant d’un « modèle rentier » à un « modèle productif ». Et le Président a défini ce qu’il appela les « quinze moteurs » pour dynamiser l’activité économique tant du secteur privé que du secteur publique et de l’économie communale.

Ces deux décisions essentielles ont convergé dans une création originale, imaginée par le Président Maduro: les CLAP (Comités Locaux d’Approvisionnement et de Production) qui constituent une nouvelle forme d’organisation populaire. Foyer après foyer, les représentants des communautés organisées remettent des sacs pleins d’aliments à un prix régulé. Beaucoup de ces aliments viennent d’ailleurs de la nouvelle production nationale. Les CLAP devraient approvisionner pendant les prochains mois de 2017 environ quatre millions de familles à revenus modestes. Garantissant ainsi l’alimentation du peuple. Et signant donc une nouvelle grande victoire du Président Maduro.

Une autre victoire non moins importante en cette difficile année 2016 est le taux record des investissements sociaux, qui représentent 71,4% du budget national. C’est un record mondial. Aucun autre Etat au monde ne consacre presque les trois quarts de son budget à l’investissement social.

En matière de santé, par exemple, le nombre d’hôpitaux a été multiplié par 3,5 depuis 1999. Et le montant des investissements dans un nouveau modèle humain de santé publique a été multiplié par dix.

Dans le cadre de la Misión Barrio Adentro, dont l’objectif est l’accès aux soins des malades des zones urbaines les plus modestes du pays, ont eu lieu presque 800 millions de consultations et on a sauvé la vie de presque 1.400.000 personnes. Les facultés de médecine ont formé 27.000 médecins et 30.000 autres doivent obtenir leur diplôme en 2017. Huit états du Venezuela sont couverts à 100% par la Mission Barrio Adentro, alors que l’objectif fixé était de six états.

Une autre victoire sociale fondamentale, non mentionnée par les grands média dominants, concerne les retraites. Avant la révolution, seulement 19% des personnes en âge d’être retraitées recevaient une pension, le reste subsistait souvent dans la misère ou à la charge de leur famille. En 2016, 90% des personnes en âge d’être retraités reçoivent une pension, et cela même s’ils n’ont pas pu cotiser à la Sécurité Sociale pendant leur vie active. Un record en Amérique du Sud.

Une autre victoire spectaculaire – une fois de plus non mentionnée par les média dominants- est celle de la Misión Vivienda, dont le but est de construire des logements sociaux à prix régulé pour les familles les plus modestes.

En 2016, cette Mission a remis 359.000 logements (à titre de comparaison, un pays développé comme la France a construit à peine 109.000 logements sociaux en 2015). Il faut y ajouter les 335.000 logements rénovés dans le cadre de la belle Misión Barrio Nuevo, Barrio Tricolor. Mission qui a reçu les éloges du génie de l’architecture Frank Gehry, créateur du Musée Guggenheim de Bilbao et du Musée Louis Vuitton à Paris, qui a affirmé vouloir y participer. Nous parlons donc de presque 700.000 logements sociaux en 2016. Un chiffre sans équivalent dans le monde.

Depuis le début de son mandat, en 2013, le Président Maduro a déjà remis à des familles modestes presque un million et demi de logements. Un record mondial passé sous silence par des média hostiles à la Révolution bolivarienne. Et que même ses amis négligent parfois de mentionner.
Pour finir, rappelons quelques unes des victoires éclatantes obtenues dans le domaine géopolitique. Par exemple, avoir empêché l’Organisation des Etats Américains (OEA), contrôlée par Washington, de condamner le Venezuela, comme le voulait le Secrétaire général de l’Organisation, Luis Almagro, en invoquant la Charte Démocratique contre le Venezuela.

Ou le succès du 27ème Sommet du Mouvement des Pays Non Alignés (MNOAL), qui s’est tenu en septembre 2016 au Centre de Conventiond Hugo Chávez, dans l’île de Margarita, en présence de nombreux Chefs d’Etat et de Gouvernement et de représentants de cent vingt pays qui ont manifesté leur solidarité avec le Venezuela.

Mais la principale victoire du Président Maduro en ce domaine a été la réussite inouïe de l’accord entre les Pays OPEP et NON OPEP pour une réduction concertée des exportations de pétrole, fruits de nombreux voyages du Président en quête de cet objectif.
Cet accord historique, signé en novembre 2016, a immédiatement freiné la chute du prix des hydrocarbures, qui s’effondrait depuis le milieu de l’année 2014, quand le prix dépassait 100 dollars le baril.
Grâce à cette victoire capitale, le prix du pétrole, qui était de 24 dollars en janvier, dépassait 45 dollars fin décembre 2016.

Ainsi, pendant l’année la plus dure et la plus longue, pendant laquelle nombreux ont été ceux qui ont misé sur son échec, le Président Nicolás Maduro, déjouant tous les pièges et toutes les difficultés, a montré sa taille exceptionnelle d’homme d’Etat. Et de leader indestructible de la Révolution bolivarienne

Ignacio Ramonet

Source:
Telesur http://www.telesurtv.net/opinion/Las-10-victorias-del-presidente-Maduro-en-2016-20161231-0028.html

URL de cet article : http://wp.me/p2ahp2-2n5

Mais au dernières nouvelles de se lundi :

Le parlement vénézuélien vote une motion contre le président Maduro

Ce lundi, le parlement vénézuélien vote une motion contre le président Nicolas Maduro. La décision a été votée par la plupart des députés de l’Assemblée nationale (parlement monocaméral), composée en majorité de forces d’opposition.



Les législateurs de l'opposition vénézuélienne ont adopté lundi une motion contre le président Nicolas Maduro dans le but de forcer des élections anticipées dans ce pays en proie à une crise profonde. Julio Borges, le président de l'Assemblée nationale dominée par l'opposition, a déclaré avoir approuvé une déclaration selon laquelle le président socialiste avait effectivement « abandonné son poste » en ne parvenant pas à endiguer la crise.

Début octobre, l'opposition vénézuélienne a annoncé que le Conseil national électoral (CNE) avait validé 1,3 million de signatures en faveur de la tenue d'un référendum sur la destitution de Nicolas Maduro. Mais sept États du Venezuela ont ensuite annulé les résultats de la première étape de la collecte des signatures, ce qui empêche de lancer la deuxième étape.

L'opposition œuvre pour organiser le référendum d'ici le 10 janvier 2017 pour garantir la tenue de la présidentielle anticipée conformément à la constitution. Si le référendum se tient après le 10 janvier, le vice-président succédera à Nicolas Maduro et remplira les fonctions de président pendant deux ans, même si les habitants du pays votent pour le départ de M. Maduro. Le Venezuela est en proie à de graves pénuries, sur fond d'inflation galopante et de dégringolade des revenus publics occasionnée par la baisse du prix de pétrole et une crise institutionnelle entre le président et le nouveau parlement contrôlé par l'opposition.

https://fr.sputniknews.com/international/201701091029511444-parlement-venezuela-president-maduro/
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MessageSujet: Re: Venezuela: coup de projecteur sur les zones d´ombre médiatiques   Ven 12 Mai 2017 - 23:42

Le Département d’Etat USA finance les fausses informations contre le Venezuela



L’establishment des Etats-Unis finance constamment des médias de presse et des journalistes étrangers en fonction de leurs plans d’intervention dans des pays essentiels pour leur contrôle politique mondial, comme le Venezuela.

Des organes du gouvernement comme le département d’Etat, le département de la Défense, l’USAID et la NED finançaient le « développement des médias » dans plus de 70 pays en 2008, en particulier des organisations non gouvernementales étrangères (ONG), des associations de journalistes, des médias d’information et des espaces d’enseignement du journalisme.

Les corporations et leurs gouvernements (ces « corporations » ont-elles plusieurs gouvernements?)ont besoin que l’exercice de la propagande soit secret grâce à des esthétiques et à des langages apparemment neutres avec des éléments de rapidité et de réactivité. Ainsi, celui qui reçoit l’information peut considérer comme raisonnable que le message se répande partout, sans voir l’intention ou les intérêts qui sont derrière les données fournies, laissant leur fibre émotionnelle et sentimentale être le seul intermédiaire entre la « vérité » et sa consommation.

Des dollars pour un environnement opérationnel provocateur



La tâche de financer la confusion, en faveur d’une situation de guerre non conventionnelle contre le Venezuela, est dirigée par le département d’Etat. C’est ce que montre la Justification Budgétaire du Congrès (Congressional Budget Justification or CBJ), un rapport annuel fait au Congrès des Etats-Unis par cet organisme sur ses opérations à l’étranger.

En finançant les médias vénézuéliens, les Etats-Unis renforcent l’une des armes les plus puissantes contre le chavisme. Mark Weisbrot, un économiste du Centre de Recherche Économique et Politique (Center for Economic and Policy Research), un think-tank de Washington, a affirmé que « dans un certain nombre de pays, y compris le Venezuela et la Bolivie, l’USAID agit plus comme une agence impliquée dans des actions secrètes, comme la CIA, que comme une agence d’aide ou de développement. »

Les noms des organisations étrangères spécifiques qui reçoivent ces fonds sont des secrets d’Etat, exactement comme dans le cas de la CIA. Quand on demande des informations sur les organisations réceptrices, l’USAID répond qu’elle ne peut « confirmer ou nier l’existence d’antécédents ».

Des réseaux croisés, un financement efficace et direct



Entre 2007 et 2009, le département d’Etat a destiné au moins 4 millions de dollars à des journalistes en Bolivie, au Nicaragua et au Venezuela, par l’intermédiaire de la fondation Panaméricaine pour le Développement (Fupad, or PADF) qui a son siège à Washington et a été créée par le Département d’Etat en 1962 et « affiliée » à l’OEA.

Selon le journaliste Jeremy Bigwood, ce montant a été concentré sur le paiement du meilleur des médias d’information du Venezuela et sur le recrutement de jeunes journalistes. Les découvertes de Bigwood ont compris un document du département d’Etat intitulé « conditions » qui est toujours inaccessible en ligne. Là, on appelle les ONG Espace Public et Institut Presse et Société (IPYS).

Un rapport publié en mai 2014 par le think-tank européen de centre-droite Fride (également retiré du site web peu après sa publication) a révélé le financement par les Etats-Unis du journalisme vénézuélien. Depuis 2002, les Etats-Unis ont investi entre 3 et 6 millions de dollars par an dans « de petits projets avec des partis politiques et des ONG. »

Selon un rapport encore inachevé de l’USAID, le financement des ONG, des partis et des médias vénézuéliens est passé de 14 millions en 2009 à 5,1 millions de dollars en 2016, 4 de ces derniers étant destinés à la gouvernance et 1 à d’autres. Ce montant représente un peu plus de la moitié de la moyenne de ce qui a été versé pendant ces 15 dernières années (ce montant représente un peu plus de la moitié de ce qui a été versé en moyenne pendant ces 15 dernières années). Ces fonds, qui ont certainement été dilapidés par la classe politique de l’opposition, ont été centrés sur l’attaque médiatique, celle qui a donné le plus de résultats.


Mensonges renforcés et grossis



L’un des objectifs, en 2016, selon le CBJ, a été de financer « des médias indépendants, libres et professionnels, renforcés et augmentés. » Pendant cette année et l’année précédente, l’apparition de nouveaux médias digitaux a été aussi importante que le renforcement d’autres déjà existants, dont le développement continue à être important et en augmentation dans les réseaux sociaux, comme El Pitazo, Caraota Digital, Efecto Cocuyo et El Estímulo. Tous, dans un plus ou moins grande mesure, utilisent l’alibi d’être « des médias indépendants. »

Le département d’Etat affirme que ses activités au Venezuela cherchent « de façon non partisane » à promouvoir les valeurs de la démocratie représentative et les droits de l’homme et à les défendre en améliorant l’accès du public à l’information. Comme nous le verrons plus loin, ces médias produisent de fausses informations (ou fake news).

Le circuit d’élaboration de la fausse information commence avec la déformation d’un fait, immédiatement reprise par les médias internationaux. La note est effacée en 1 à 4 heures mais l’information continue à tourner sur les réseaux sociaux. Quand on connaît la version réelle, aucun média international ne corrige l’information, tout au moins pas avec la même véhémence. C’est ce qui s’est passé avec plusieurs morts survenues pendant les guarimbas, encore en cours, attribuées à « des collectifs chavistes » (appelés « paramilitaires » par les agents politiques).

Le département d’Etat a défini la ligne éditoriale des fausses informations : constituer un dossier de terrorisme d’Etat et de crimes contre l’humanité contre le Gouvernement vénézuélien (en faisant usage de la notion de « collectifs paramilitaires ») pour, de cette façon, aiguiser le siège diplomatique et financier contre lui. Comme cela a été fait contre le Nicaragua, Haïti, la Syrie et la Libye.



Titre : « Des collectifs (chavistes) sont accusés d’être responsables
de l’assassinat d’une manifestante à San Cristobal

Le ministre de l’Intérieur, de la Justice et de la Paix a déclaré que responsable de cette mort a été un militant de Vente Venezuela, du nom d’Iván Alexis Pernía Pérez. Ce parti politique d’opposition est dirigé par María Corina Machado. La jeune femme ne participait pas aux manifestations comme a tenté de l’affirmer Efecto Cocuyo.

Le Journal El Pitazo n’a pas été en reste et, dans le cadre de l’opération de propagande, y a ajouté l’intérêt malsain qu’espérait tant son auditoire.


Titre : Des collectifs (chavistes) ont volé, persécuté et tiré sur Paola Ramirez

Dans le cas de Roberto Enríquez, tous les médias ont construit la fausse nouvelle de son arrestation alors qu’il est actuellement clandestin et demande l’asile politique à l’ambassade du Chili à Caracas parce qu’il est impliqué dans la préparation d’actes terroristes.

De même, dans le contexte des protestations violentes qui se sont déroulées à El Valle le 20 avril dernier, après une convocation de la MUD, ces mêmes médias[/url ont [url=http://sumarium.com/allanamientos-en-el-valle-para-buscar-falsos-testimonios-contra-guerra-y-guanipa/]cherché à blanchir les groupes violents qui ont provoqué le chaos et surtout ses artisans politiques.

Un autre aspect tout aussi efficace concerne le traitement et le positionnement d’images d’autres lieux, sites ou dates, dans le but d’annuler la capacité de réflexion des lecteurs. Il s’agit de leur faire peur et de provoquer un lavage de cerveau médiatique. On pourra prendre l’exemple de Caraota Digital qui, afin de rendre compte de la « répression » à Paraíso…


Attention ! Des collectifs (chavistes) provoquent des dégâts
dans la voie rapide Prados del Este

…a repris la même photo qu’avait utilisée Dollar Today afin d’accuser les « collectifs » d’être responsables des dégâts causés à Prados del Este, où des groupes violents identifiés comme faisant partie de l’opposition étaient présents depuis la veille au soir.

L’instrumentalisation des fausses informations comme arme d’une guerre psychologique et médiatique leur a servi, entre autres, à provoquer des scénarios d’intervention contre la Lybie et la Syrie. On pourra prendre comme exemple le supposé bombardement de la Place Verte à Tripoli en 2011, ou « l’attaque chimique » du gouvernement syrien la même année. Les mêmes méthodes sont utilisées au Venezuela avec l’obtention des mêmes résultats comme objectif.



Traduit de l’espagnol par Françoise Lopez pour Bolivar Infos. Relecture par Investig’Action



Source : Investig'Action
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MessageSujet: Re: Venezuela: coup de projecteur sur les zones d´ombre médiatiques   Lun 29 Mai 2017 - 9:15

Assemblée Constituante, opportunité pour la paix et la révolution



Les temps sont agités au Venezuela. L’opposition jette ses dernières forces dans l’espoir d’un coup d’État en douce, leur dernière carte étant de semer la violence et la mort dans les rues. Le chavisme, malgré la crise des dernières années, pour que la révolution soit défendue. Le 1er mai dernier, l’appel de Maduro à une Assemblée constituante a pris tout le monde par surprise. Afin de comprendre ce processus, les risques et les opportunités qu’il implique, nous nous sommes entretenus avec Misión Verdad, l’une des sources les plus fiables au Venezuela.

Dans quel contexte cet appel pour une Assemblée constituante par le gouvernement bolivarien a-t-il lieu ?

Cet appel intervient après plusieurs semaines de manifestations de l’opposition, qui prennent la forme d’un coup d’État coloré (et non d’une révolution colorée), après une polémique sur les pouvoirs de l’État. C’est une décision qui vient du pouvoir judiciaire, lequel a été forcé d’assumer certaines tâches et fonctions de l’appareil législatif à cause de la paralysie politique du pays. Suite à cela, les factions anti-politiques de la supposée « opposition » ont vu dans cet appel le déclencheur des actions qu’il mène à ce jour.

Ensuite, le 1er mai, Fête du travail, le président Nicolas Maduro a décidé de convoquer le « Pouvoir constituant originaire » en vertu de la pleine autorité constitutionnelle du pouvoir exécutif (article 348. Cela a permis d’ouvrir et d’élargir un scénario profondément politique. Cette décision arrive dans un climat de confrontation ouverte, dans lequel une résolution politique du conflit est clairement écartée. À travers des mécanismes de guerre hybride, l’opposition cherche à atteindre de nouveaux stades dans la violence afin d’obtenir soit un changement de régime, soit une guerre civile.



Comment l’opposition a-t-elle réagi à cet appel ?

De manière désorientée, dans un premier temps. Ce processus a complètement rebattu les cartes, il impose de nouvelles réalités politiques en forçant tout le monde à choisir son camp. Mais il révèle également toute l’hypocrisie des éléments les plus radicaux de l’opposition, puisque cela fait des années qu’ils réclament une Assemblée constituante.

Désormais, ils se refusent même à assister aux réunions organisées par le gouvernement. Il y a deux principaux aspects qui se dégagent. Le premier, c’est que toute activité politique formelle de l’opposition n’est rien d’autre que des instruments futiles et opportunistes pour atteindre des « objectifs plus grands ». Le deuxième, c’est que l’opposition n’a jamais eu intérêt à ce qu’une solution soit trouvée, leur unique fin est de soumettre le pays aux pouvoirs du courtage financier globalisé, c’est à dire de l’empire.

Cela nous amène, et on en revient à la première question également, à considérer la situation dans un cadre plus global. Depuis que le président Nicolas Maduro a gagné les élections en 2013, il a constamment appelé au dialogue politique afin d’éviter la confrontation et d’envisager des moyens pour solutionner les problèmes existants, et de négocier ce qui pouvait être négocié. Il a même proposé des concessions quand cela était nécessaire.

Si l’on garde cela à l’esprit, la décision d’invoquer le Pouvoir constituant originaire (qui est un processus continu, comme aimait à le dire Chávez) est une conséquence directe de la volonté des dirigeants de l’opposition de paralyser, de provoquer la confrontation et de faire fi des processus politiques.

Après avoir passé quatre ans à réclamer le dialogue, parfois même avec l’aide du Vatican, ces dirigeants se sont eux-même disqualifiés en tant qu’acteurs politiques valables. Cela a obligé le gouvernement à maintenir le dialogue, mais cette fois avec des interlocuteurs plus légitimes, plus valables et plus efficaces pour résoudre la situation dans laquelle se trouve le pays. La main à l’opposition est toujours tendue si elle souhaite intégrer ce processus de rénovation.



Au cas où l’opposition maintiendrait ses velléités de violence, pensez-vous que la stratégie du gouvernement fonctionnerait quand même ?

C’est difficile à dire. Nous sommes face à un affrontement entre des éléments du pouvoir local (le gouvernement bolivarien et la base chaviste) et des structures globales, liquides, qui ont leur propre agenda, et dans lesquels les acteurs du pays ne sont que de vulgaires intermédiaires qui soumettent même leur logique d’import/export à la politique.

C’est en ça que résident, en partie, le courage ainsi que le danger de cette décision. Si l‘on comprend cela en des termes gramsciens « l’optimisme de la volonté et le pessimisme de la raison », nous entrons dans un scénario sans précédent, inconnu et puissant. Et d’un autre côté, nous avons un éventail de scénarios possible dont nous avons été témoins ces dernières années dans des pays comme la Syrie, l’Ukraine et la Libye. Après tout, ce sont les mêmes méthodes qui sont utilisées depuis la fin de l’année 2012.



Dans ce contexte, le nouveau processus constituant pourrait-il être synonyme d’un approfondissement des réussites sociales de la révolution ?

Oui, et à tous les points de vue. En termes légaux et formels, ainsi que du point de vue des structures politiques du pays. L’Assemblée nationale constituante de 1999 et la Constitution adoptée à l’époque étaient limitées par les bases structurelles de la Constitution de 1961. En effet, celles-ci ne prenaient en compte ni les instruments constitutionnels ni les lois organiques qui ont été mis en place avec la Constitution de la Cinquième république en presque 20 ans.

En partant de là, il reste encore beaucoup à faire pour consolider nombre de domaines qui méritent déjà d’avoir une base constitutionnelle, comme les missions sociales ou la nécessité que le budget national soit essentiellement destiné au social (ce qui est le cas aujourd’hui, à hauteur de 71%). Cela permettrait aussi de jeter les bases d’une interprétation de la politique économique en accord avec cette vision et dont les acteurs du dialogue pourront être les protagonistes.



Traduit par Rémi Gromelle pour Investig’Action

Source: Investig'Action



« Le Monde » lâché par la BBC : Stephen Sackur démasque la droite vénézuélienne et ses rêves de coup d’État



Dès les premiers jours de l’insurrection de la droite vénézuélienne, Paulo Paranagua (du journal français « Le Monde ») avait tenté de donner un visage humain aux « enfants de Pinochet ». Le 14 avril 2017, une interview complaisante nous campe Julio Borges, un des leaders de l’extrême droite, en sympathique combattant pour la démocratie qui ne rêve que d’« élections libres » et, la main sur le cœur, jure ne pas vouloir de coup d’Etat.

Un double mensonge pourtant facile à démonter. En ce qui concerne les élections, le Venezuela va vivre d’ici mars 2018 pas moins de trois scrutins majeurs : celui de l’Assemblée Constituante en juillet, celui des gouverneurs et parlements régionaux en décembre et last but not least, la présidentielle de mars 2018, sans assurance de victoire pour les chavistes. (1)

Quant au serment de Julio Borges de ne pas vouloir de putsch, rappelons qu’il fut un des acteurs publics du coup d’État sanglant mené en avril 2002 contre le président Chavez, avec la complicité du MEDEF local et de militaires formés à la School of Americas. Un coup d’État déjoué en 48 heures par un soulèvement conjoint de la population et de militaires loyalistes. Dans les années qui ont suivi, Wikileaks a révélé les liens de Borges avec le Département d’Etat et le versement de millions de dollars à son parti à travers des ONG financées par les États-Unis au Venezuela. (2)


Julio Borges (à gauche) avec la crème de l’extrême droite et du patronat, lors du coup d’État appuyé par les télévisions privées contre le président Chávez en avril 2002.

Mais la honte pour le « journaliste » du « Monde » est que ce mensonge a été démonté par… Julio Borges lui-même, désarçonné le 19 mai par le célèbre journaliste et présentateur britannique Stephen Sackur, lors du programme non complaisant HardTalk de BBC World. (3)

Publier de larges extraits de cette interview nous semble important dans la mesure où il est très rare que des questions gênantes soient posées en France à l’opposition vénézuélienne.

Dans cette interview, Borges nie toute responsabilité dans la mort des plus de 60 personnes provoquée par les violentes manifestations que lui et son parti ont dirigées au Venezuela. Il admet ouvertement qu’il appelle les Forces Armées à refuser d’obéir aux ordres de leur Commandant en chef, et qualifie de « propagande » les accusations de soutien à la tentative de coup d’Etat contre Hugo Chavez en 2002, les liens de son parti avec les États-Unis et les millions de dollars qui lui sont parvenus par la voie d’ONG financées par ce pays. Il affirme que lors de la réunion avec le Vice président des États-Unis, Mike Pence et avec le conseiller à la Sécurité Nationale de ce pays, H.R. McMaster il n’a fait que « demander leur soutien ».

Extrait de l’interview.

Stephen Sackur : (…) En tant que leader politique responsable (vous êtes le Président de l’Assemblée Nationale et un des dirigeants du parti Primera Justicia) , n’avez-vous pas une certaine responsabilité ? Quand on voit l’effusion de sang, et – comme vous le faites remarquer vous même- le fait que de nombreuses victimes sont des étudiants et des gens très jeunes, n’avez-vous pas la responsabilité de dire aux manifestants de votre Parti et des autres formations que cela suffit, que l’effusion de sang et le prix à payer sont trop élevés ?

Julio Borges : Oui, mais notre responsabilité, Stephen, c’est d’apporter la démocratie, la paix et la liberté au pays. Nous vivons dans un Venezuela qui n’est qu’une mauvaise copie de Cuba ; il n’y a pas de droits au Venezuela, il n’y a pas de nourriture, il n’y a pas de médicaments, il n’y a pas d’opportunités. Des milliers de jeunes quittent le Venezuela pour chercher un avenir dans d’autres pays. Il ne s’agit pas seulement d’un conflit politique au Venezuela mais d’un affrontement vital, existentiel et de valeurs. Parmi les gens qui participent aux marches dans la rue, on retrouve des personnes de tous horizons : des jeunes, des vieux, des politiques, des activistes, des chômeurs, absolument de tous horizons. C’est donc tout le peuple qui est contre Maduro ; ce n’est pas un simple affrontement politique.

SS. Oui, mais pensez vous réellement que ces protestations vont faire partir Maduro du pouvoir ? C’est ce que demandent les manifestants –« Maduro doit partir » – clament-ils – mais il n’y a aucun signe du départ de Maduro.

JB. Nous luttons pour une série de valeurs, nous n’avons pas le temps et nous n’avons pas d’autre façon de lutter pour la liberté, la justice, la démocratie. Vous devez vous rappeler, Stephen, que c’est le coup d’Etat réalisé par Maduro contre le Parlement qui est à l’origine de tout cela. Il est presque parvenu à annuler le Parlement, mais tout le monde est descendu dans la rue pour défendre la démocratie, défendre la séparation des pouvoirs, le système de contrôles et d’équilibres, défendre le droit de vote, le droit à une économie libre ; c’est pour cela que nous sommes dans une lutte très profonde au Venezuela, avec un gouvernement qui n’a pas la moindre intention de proposer un calendrier démocratique ; pour le peuple vénézuélien il n’existe pas d’autre voie que la lutte dans les rues, et le peuple est prêt à lutter pour son pays.

SS. Mais les vénézuéliens ont aussi le sens de l’histoire, et ils se rappellent qu’en 2014, des centaines de milliers de personnes sont descendues dans la rue pour essayer de lui faire quitter le pouvoir, en disant que ces élections avaient été truquées. Mais Maduro a fait face aux manifestants et est sorti vainqueur. On peut aussi rappeler les événements de l’année dernière, quand vous et beaucoup de vos camarades avez réclamé un référendum révocatoire ; vous croyiez que vous pourriez faire tomber Maduro, mais une fois de plus il s’est maintenu, et moi je vous dis une fois de plus que selon toute probabilité cette fois encore Maduro se maintiendra.

JB. Oui, mais nous avons un atout. La communauté internationale sait parfaitement que le gouvernement de Maduro est une dictature, et que le peuple vénézuélien est en position de force, ce n’est pas une minorité, mais une majorité énorme. Presque 80 ou 85% du peuple est convaincu que Maduro doit quitter le pouvoir, car il a perpétré un coup d’Etat au Venezuela.

SS. Mais Julio Borges, vous savez qu’en démocratie on ne gère pas le gouvernement par des enquêtes mais par des élections. Il ne faut pas oublier, que cela vous plaise ou non, que Nicolas Maduro a un mandat électoral, il a gagné les élections présidentielles après le décès de Chavez en 2013, et son mandat est prévu jusqu’en 2018 : c’est ce qui est prévu.

JB. Oui mais regardez, on doit gouverner en respectant la Constitution, et la Constitution stipule que l’an dernier nous aurions dû organiser des élections pour les gouverneurs, et Maduro a refusé. Nous aurions dû avoir un référendum révocatoire et Maduro l’a empêché ; nous aurions dû avoir des élections régionales et Maduro les a empêchées. Alors il ne peut pas y avoir une Constitution pour Nicolas Maduro et aucune Constitution pour le peuple vénézuélien. C’est là que se trouve le nœud du problème.

Au Venezuela nous n’avons aucune Constitution, il n’y a que la volonté de Maduro, et c’est lui qui décide si nous avons ou non des élections. Ce n’est pas juste, ce n’est pas cela la démocratie. Et nous luttons précisément pour une voie démocratique au Venezuela.Nous luttons pour apporter la Constitution dans la vie politique, alors que Maduro lutte en dehors du cadre de laConstitution,. Nous nous luttons à l’intérieur de la Constitution. C’est une différence énorme, nous luttons pour la démocratie, Maduro lutte pour la violence.

SS. Bien, mais Maduro dit que vous (et il vous a nommé, vous, Julio Borges en personne) êtes l’auteur intellectuel des coups d’Etat ; que ce que vous voulez en fait c’est un coup d’Etat, et je dois dire qu’un de vos commentaires récents stipule : « il est temps que les hommes en vert, c’est-à-dire les Forces Armées, sortent de leur silence ». Est-ce que cela signifie que vous voulez dire, implicitement, que vous souhaitez une situation où les forces de sécurité vénézuéliennes, et les Forces Armées en particulier refusent d’obéir aux ordres ?

JB. Ce que nous demandons aux Forces Armées du Venezuela c’est justement qu’elles aident le peuple vénézuélien, pas l’opposition, mais le peuple, pour garantir l’ordre constitutionnel et démocratique au Venezuela.

SS. Excusez-moi mais les Forces Armées au Venezuela doivent obéir aux ordres du Commandant en Chef, le Président du pays. Je ne comprends pas en quoi suggérer que vous souhaitez une mutinerie de toutes les Forces Armées du Venezuela puisse être constitutionnel.

JB. Non, parce qu’il existe une différence énorme entre un Commandant en Chef qui agit en tant que chef du gouvernement vénézuélien et Maduro, qui agit et donne des ordres aux Forces Armées en tant que chef d’un parti politique. Ce que nous ne voulons pas c’est une Force Armée avec une couleur politique, qui soit à l’intérieur d’un parti politique, c’est là que se trouve le vrai problème. Nous voulons une Force Armée constitutionnelle et indépendante. C’est là que se trouve le fond du problème. Nous n’appelons pas les Forces Armées à entrer dans l’opposition, mais nous voulons qu’elles répondent aux institutions démocratiques au Venezuela et non aux partis politiques ; c’est Maduro qui a montré sa couleur politique au Venezuela.

SS. Une question très simple, à laquelle il faut répondre par oui ou non. Vous appelez bien les Forces Armées dans la rue, celles là même qui ont contrôlé les manifestations en ouvrant le feu parfois contre les manifestants, à refuser d’obéir aux ordres ?

JB. Oui, tout à fait. Je pense que chaque agent qui viole les Droits de l’Homme au Venezuela doit réfléchir avec sa conscience, il n’est pas supportable qu’un gouvernement non démocratique puisse donner des ordres contre les gens, surtout quand les protestations ont lieu de façon aussi pacifique, simplement pour demander des élections. C’est complètement disproportionné que les jeunes qui manifestent pour une solution pacifique, à savoir un vote, doivent faire face à la répression du gouvernement qui nie les Droits de l’Homme, allant même jusqu’à les faire comparaître devant la juridiction des Forces Armées, ce qui est contraire à la Constitution et contraire aux Droits de l’Homme. Nous devons donc faire appel à la conscience et lutter pour une solution qui respecte des Droits de l’Homme au Venezuela et non pour la répression

SS. D’accord, mais le problème c’est que vous avez des antécédents. – comme Maduro et ceux du gouvernement le rappellent souvent- à savoir que vous avez soutenu la tentative de coup d’Etat militaire contre Hugo Chavez en 2002. Et grâce aux informations publiées par Wikileaks dans les années qui ont suivi, nous savons que votre parti a des liens avec les États-Unis et que des milliers, voire même des millions de dollars ont été versés à votre parti à travers des ONG financées par les États-Unis. Et par conséquent, beaucoup à l’intérieur du régime disent que vous n’êtes qu’un agent des États-Unis, c’est-à-dire de la puissance impériale.

JB. Tout ceci n’est que de la propagande, et il existe une façon très facile de le vérifier : entrons dans un processus électoral pour que le peuple décide si je suis ou non un agent de la puissance impérialiste, ou si je suis à même de diriger le Venezuela. Nous devons laisser le peuple décider, par la voie des élections, quel futur il veut pour le Venezuela. Et je suis convaincu que le mouvement politique que nous avons créé avec tant de jeunes dirigeants, est aujourd’hui même le choix et l’avenir que le Venezuela veut pour que le pays soit un pays moderne. C’est très facile : permettez au peuple de voter, et laissez- le décider quel type de Venezuela il veut. C’est Maduro qui refuse cette solution.

SS. Le 5 mai, me semble-t-il, vous avez rencontré le Vice-président (des États Unis) Mike Pence et le conseiller de la Sécurité Nationale, H.R. McMaster. Vous avez bien demandé à ces deux messieurs une aide nord-américaine, et vous leur avez demandé d’aller au-delà de sanctions individuelles, et vous leur avez bien demandé des sanctions économiques contre le pays en tant qu’entité n’est-ce pas ?

JB. Bien sûr que non. Impossible. Nous sommes en train de mettre au point dans toute l’Amérique, et surtout en Amérique Latine, un groupe ou une équipe de pays qui pourraient aider le Venezuela. Nous avons parlé avec les présidents du Panama, du Pérou, de l’Argentine, du Brésil, du Chili, du Mexique et ils sont tous très inquiets pour le Venezuela car ce pays ne représente pas seulement un problème local, mais un problème régional. Nous demandons l’appui de la communauté internationale et de la communauté latino-américaine pour proposer un programme démocratique ici au Venezuela, et l’objectif de ce programme c’est de permettre au peuple de voter. C’est très clair, seul le vote peut apporter une solution.

SS. Mais le problème c’est que, tout au long de cet entretien, vous avez parlé comme si l’opposition était unie, alors que l’opposition est très loin d’être unie. Il existe 21 partis politiques. Par exemple, vous, en tant qu’individu, vous avez un passé de divisions et de disputes avec des dirigeants de l’opposition, et franchement, la plupart du temps, les membres de l’opposition vénézuélienne se sont battus dans leur propre camp, comme des rats dans un sac. Pour quelles raisons les gens à l’extérieur, sans parler des vénézuéliens, croiraient, que s’il y avait des élections, et si vous parveniez à les gagner, vous pourriez gouverner de façon cohérente, dans la mesure où vous êtes divisés ?

JB Excuse moi, Stephen, mais ce n’est pas vrai. Je suis le Président du Parlement, et Président d’un Parlement qui compte 14 partis politiques dans sa coalition, et nous sommes très fiers de ce que nous avons construit ensemble. Il n’y a pas eu une seule élection où nous ayons présenté plus d’un candidat présidentiel. Il n’y a eu que deux candidats aux élections : un candidat de l’opposition et un candidat du Gouvernement. Nous avons une plate-forme unique, avec un seul message pour la campagne. Nous avons un système de règles pour les élections au travers du référendum et des élections primaires, et une seule position.

(…)

SS. Si vous le permettez, je suis allé au Venezuela, comme vous devez le savoir, j’ai parlé avec toute sorte de gens dans différentes parties du pays, des gens de conditions économiques différentes, depuis les quartiers aisés où vous vivez, jusqu’aux quartiers les plus pauvres, où vivent les chavistes les plus loyaux et les plus radicaux. L’impression que j’ai eue c’est que beaucoup de gens en veulent à Maduro, mais qu’il existe encore un noyau central qui appuie le socialisme et la Révolution Bolivarienne, et il me semble que si vous parvenez à faire partir Maduro, vous courez le risque de déclencher un conflit, et même une guerre civile au Venezuela. Êtes vous prêt à courir ce risque ?

JB. Je ne suis pas d’accord avec cette vision. D’abord parce que les chavistes habitent dans certaines des parties les plus riches de la ville.

SS. Je ne parle pas des membres du Gouvernement, mais des gens du peuple, et certains pensent que c’est grâce à Hugo Chavez qu’ils peuvent avoir une maison, un emploi et une situation économique meilleure que celle qu’ils avaient avant, quand votre classe, M. Borges, était au pouvoir au Venezuela dans les années 80 et au début des années 90.

JB. A cette époque, excusez–moi je n’avais que 20 ans. Mais ce que je peux dire, c’est que maintenant, ces gens savent que Maduro a détruit ce que Chavez avait construit, et à l’heure actuelle, les bases chavistes et pro-Maduro ne représentent que 10 ou 12% de la population, et nous savons que nous pouvons avoir un futur gouvernement qui intègre ces personnes dans un nouveau Venezuela ; un Venezuela uni. Donc je ne vois pas où est le problème ni les raisons pour un affrontement, puisque qu’il n’existe pas de position symétrique entre les deux parties, mais une situation très claire : l’opposition contre Maduro. Nous parlons de 90% de la population qui est contre Maduro, pas de la moitié de la population, c’est pourquoi je ne vois aucun risque à poursuivre la voie de la démocratie et du rassemblement (en cela vous avez raison), un discours politique très rassembleur pour unifier tout le pays.

[b]Traduction : Pascale Mantel

Source : http://albaciudad.org/2017/05/julio-borges-bbc-world-stephen-sackur-hardtalk
Vu sur Le Grand Soir[//b]
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MessageSujet: Re: Venezuela: coup de projecteur sur les zones d´ombre médiatiques   Lun 29 Mai 2017 - 11:46

Merçi Orné, j'étais sur le point de poster cette interview Julio Borges, chef de file de l'opposition qui veut organiser un coup d'état avec l'aide des États-Unis en l'encontre de Maduro, exactement comme sous Chavez.
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akasha

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Féminin Taureau Buffle
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MessageSujet: Re: Venezuela: coup de projecteur sur les zones d´ombre médiatiques   Sam 3 Juin 2017 - 1:37

Marche ou crève : le bras de fer de l’oligarchie financière américaine. ...



Le Venezuela est un pays d’Amérique du sud qui possède des gisements de pétrole d’environ 300 milliards de barils, ce qui le place avant l’Arabie Saoudite qui est elle-même considérée comme la station-essence du monde. Du fait de cette richesse, rien ne devrait gêner l’aisance des 30 millions de Vénézuéliens ! – Mais c’est loin d’être le cas ! Economiquement le Venezuela est dans une situation catastrophique. Souvent les gens ne peuvent même pas acheter le pain pour survivre. Par conséquent le pays en vient à la violence. A cause de la misère, cette violence a pris des proportions jamais atteintes dans ce pays sud-américain. Les instances officielles du Venezuela ont informé récemment que 12 personnes ont été tuées lors de pillages dans la capitale. Il y a eu d’autres morts à El Valle, où selon l’information de l’opposition 13 personnes ont été mortellement blessées, lorsqu’elles avaient essayé de piller une boulangerie protégée par une clôture électrique.


Selon un rapport du site internet konjunktion.info la population du Venezuela lutte pour sa survie. L’an dernier 74% des Vénézuéliens auraient perdu en moyenne 20% de leur poids. Et tout cela bien que dans le sous-sol du Venezuela il y ait plus de réserves de pétrole que chez les Saoudiens, ce qui devrait permettre en fait un avenir bien meilleur au pays. Comment est-ce conciliable ?
Dire en faite en non fai


Une analyse détaillée de toutes les relations de cause à effet de cette catastrophe sortirait du cadre de cette émission. Mais une grande relation, un fil rouge, s’affirme très nettement :
Jusqu’à la découverte de « l’or noir » au début du 20e siècle, le Venezuela comptait parmi les pays les plus pauvres d’Amérique latine et des Caraïbes. Dans les années vingt, a commencé un processus de modernisation rapide qui a bénéficié surtout à la classe supérieure, et pas à toute la population. Parmi la population pauvre l’idée s’est alors formée que le devoir prioritaire du gouvernement serait de les faire participer à l’extraction des réserves presque illimitées de la matière première. L’avant-dernier président du Venezuela, Hugo Chávez, avait reconnu les attentes des couches les plus pauvres de la population et il a pu les satisfaire un temps.
Le gouvernement s’est concentré sur l’exportation du pétrole nationalisé et sur la distribution des rentrées d’argent. Tout comme au Brésil pour la nationalisation des forages de pétrole, au Venezuela il a fallu également faire barrage à la liquidation de la matière première par des grands consortiums américains. Le slogan « Aujourd’hui le Venezuela appartient à tous » reflète le but visé par cette politique.

Mais de la même façon que l’ancienne présidente Dilma Roussef a été exposée à des attaques permanentes venant d’une opposition proche des grands consortiums américains, il en a été de même pour l’ancien président du Venezuela Hugo Chávez et aussi pour son successeur le président en exercice Nicolás Maduro. Finalement la présidente du Brésil Dilma Roussef a été relevée de ses fonctions par une procédure de destitution illégale et sans preuve d’une culpabilité quelconque et ses fonctions ont été transmises à Michel Temer, un politicien proche des Etats-Unis. Nous en avons parlé dans nos émissions « La procédure de destitution contre Dilma Rousseff – fait-elle partie d’un plan pour la prédominance globale ? » et (seulement en allemand) « La procédure de destitution contre Dilma Rousseff – est-elle un putsch commandé par des Etats-Unis ? »

Une énorme pression a également été exercée sur le président du Venezuela. L’ancien président des Etats-Unis Barack Obama avait décrété des sanctions économiques. Le constructeur automobile General Motors a suspendu toute son activité au Venezuela. Le gouvernement du Venezuela reproche aux Etats-Unis leur « pression belliqueuse ». Car la baisse du prix du pétrole sur le marché mondial fait diminuer les gains que le Venezuela tire de l’exportation de son pétrole ; et le pays ne peut pas compenser cette diminution par des rentrées d’argent provenant d’autres branches de l’économie.

Les médias occidentaux d’autre part insinuent que la situation du Venezuela est due au « dictateur » sans scrupule, violent et incompétent qu’est Nicolás Maduro. Et ceci seulement parce qu’il continue la nationalisation des exportations de la matière première dans la ligne de son prédécesseur Hugo Chávez, ce qui profite à la population.

Depuis que le Venezuela a annoncé son retrait de l’organisation des Etats Américains, l’OEA, Mark Toner, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères des Etats-Unis, fait encore plus fortement pression pour un changement de gouvernement au Venezuela. Le jeudi 27 avril 2017, il a souligné qu’un « successeur du président Nicolás Maduro devrait prendre la décision finale du retrait du Venezuela de l’OEA ». Voilà pourquoi il semble que le rêve des Vénézuéliens, « Aujourd’hui le Venezuela appartient à tous » est terminé pour l’instant. Avec un taux d’inflation d’environ 600%, la banqueroute de l’Etat est imminente. Et à sa suite immédiate les oligarques financiers des Etats-Unis vont aussi mettre une fin rapide à la nationalisation de l’extraction du pétrole. Cela se passe aussi brutalement que ça : « Marche ou crève ».





de hm
Sources / Liens :
https://www.konjunktion.info/2017/04/venezuela-wenn-menschen-fuer-einen-laib-brot-sterben-muessen/

http://nuso.org/articulo/venezuela-das-olland-in-der-wirtschaftskrise/

https://einarschlereth.blogspot.de/2017/04/venezuela-leitet-austritt-aus.html#more
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akasha

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MessageSujet: Re: Venezuela: coup de projecteur sur les zones d´ombre médiatiques   Mer 7 Juin 2017 - 23:12

L’assemblée constituante, un visage nouveau pour la république du Venezuela

Par Observatorio de Coyuntura
Mondialisation.ca, 07 juin 2017
celah.org 29 mai 2017




Regain d’activité politique au Venezuela où trois grands scrutins sont prévus d’ici le début de 2018 : le premier en juillet pour choisir les députés à l’Assemblée Constituante – la population sera ensuite consultée par référendum sur le nouveau texte. En décembre la population élira les gouverneurs et des assemblées législatives pour chacun des 24 états. En 2018, l’élection présidentielle permettra aux citoyens de choisir entre retour au néolibéralisme ou poursuite du socialisme bolivarien.

On mesure le pouvoir d’un champ médiatique abandonné par la gauche aux grands groupes privés quand on voit qu’un pays qui a mené plus de scrutins que tout autre processus progressiste dans le continent latino-américain, qui dispose de ce que Jimmy Carter appelait dès 2012 « le meilleur système électoral du monde » et dont la majorité de l’économie et des médias sont privés et d’opposition, soit perçu comme « une dictature ». Les grands médias n’ont pas seulement transformé une insurrection de droite en « révolte populaire », un État qui se défend en État « répressif », une guerre économique en « pénuries dues au modèle socialiste ». Ils ont invisibilisé 18 ans de démocratie participative, en occultant ces mouvements sociaux qui aujourd’hui discutent des points de la nouvelle constitution : égalité de genre, mariage homosexuel, droit à l’avortement et droits de la femme en général, écosocialisme et protection de l’environnement, nouveaux mécanismes de pouvoir citoyen, droits culturels nouveaux…

La présidente du Conseil National Électoral Tibisay Lucena a fait part de sa surprise face au nombre élevé de postulations citoyennes (où de nombreux opposants se sont inscrits, désobéissant au consignes publiques des partis de droite). Au total 55.314 personnes se sont postulées, 19.876 par territoire et 35.438 pour le secteur social, représenté par une majorité de femmes (62 %) issues des secteurs des paysan(ne)s, pêcheur(se)s, conseils communaux, communes, entrepreneurs, étudiant(e)s, pensionné(e)s, personnes handicapées. Le 6 juin a commencé la collecte de signatures pour valider les postulations et choisir in fine 364 députés constituants « territoriaux » et 181 « sectoriels ».


Dans un contexte de conflits et de violence croissante générés par des secteurs de l’opposition qui ne reconnaissent pas le gouvernement élu, Nicolas Maduro a convoqué cette Assemblée Nationale Constituante (ANC) comme la constitution lui en donne le droit (articles 348 et 349 ), et comme stratégie pour rétablir la paix et consolider le processus de transformation du pays (1).

Par définition, une Assemblée Constituante a pour objectif de modifier l’ordre établi. Au cours des dernières décennies, le Venezuela, la Bolivie et l’Équateur ont utilisé ce mécanisme afin de remanier la totalité de leurs constitutions, refondant leurs États sur de nouveaux principes et objectifs.

Ces États ont donné une leçon de démocratie de la plus haute importance : les lois ne sont pas gravées dans le marbre, elles doivent répondre aux besoins et aux caractéristiques des peuples et non l’inverse.

Les décrets 2830 et 2831 (2), émis le 1er mai dernier par l’exécutif vénézuélien, ouvrent la voie à une nouvelle Constitution et à la convocation d’élections des membres de l’Assemblée. Le décret 2830 prévoit d’inclure les objectifs suivants dans la nouvelle Constitution :

1 Rétablir une collaboration entre les pouvoirs publics pour assurer le bon fonctionnement d’un État démocratique, social, de droit et de justice, ainsi que de remédier à l’impunité.
2 Améliorer le système économique post-pétrolier, mixte, productif, diversifié et intégrateur en créant des outils qui permettront de dynamiser le développement des forces productives, ainsi qu’un nouveau modèle de distribution transparent et satisfaisant l’ensemble des besoins alimentaires de la population.
3 Constitutionnaliser les Missions et les Grandes Missions Socialistes.
4 Élargir les compétences du système judiciaire afin d’éliminer l’impunité des délits contre les personnes, la patrie et la société (corruption, contrebande de produits d’extraction, spéculation, terrorisme, narcotrafic, incitation à la haine sociale et à une intervention étrangère).
5 Constitutionnaliser les Communes et les Conseils communaux, les conseils de travailleurs et de travailleuses, et toute autre organisation sociale ou de base territoriale pour en faire de nouvelles structures démocratiques.
6 Défendre la souveraineté et l’intégrité de la Nation et protéger le pays contre l’interventionnisme étranger en renforçant les pouvoirs de l’État.
7 Revendiquer la pluri-culturalité en vue d’une coexistence pacifique permettant d éliminer la haine sociale et raciale ancrée dans une minorité de la société.
8 Reconnaître les droits des jeunes (travail digne, protection des jeunes mères, logement, respect de leurs idées)
9 Préserver la biodiversité et développer l’écosocialisme.



Le décret 2831 a nommé une commission présidentielle qui élaboré les bases électorales définissant la répartition des députés de l’Assemblée par territoire, la forme que prendront les élections et les conditions requises pour être candidat à l’Assemblée.

Le décret 2878 (3) publié dans le journal officiel du 25 mai dernier a établi que la future Assemblée Constituante comptera 540 membres chargés de rédiger un nouveau texte constitutionnel et répartis de la manière suivante : 364 constituants territoriaux et 181 par secteurs. Au niveau sectoriel, des représentants des secteurs indigènes (8), étudiants (24), paysans et pêcheurs (8), entrepreneurs (5), handicapés (5), retraités (28), conseils communaux (24) et travailleurs (79) seront élus par vote universel, direct et secret.

Le décret 2878 précise aussi que les candidatures peuvent être présentées

• Sur initiative personnelle

• Sur l’initiative de groupes nécessitant le soutien de 3% des listes électorales pour pouvoir s’inscrire

• Sur initiative sectorielle nécessitant le soutien de 3% du secteur concerné, la candidature de personnes appartenant à la fonction publique ne pouvant être présentée que si elles renoncent à leur charge avant de s’inscrire.

Le Décret précise en outre que le premier acte administratif de la future Assemblée devra établir ses statuts de fonctionnement en concordance avec la législation nationale et internationale.

Le registre des candidats potentiels a été établi entre le 31 mai et le 1er juin. Ils devront collecter les formulaires de recueil des soutiens pour leur candidature sur la page web autorisée du Centre National Électoral http://www.cne.gob.ve/web/index.php (4).

L’Assemblée Nationale, dont la majorité est opposée au gouvernement, a déclaré nulle la convocation à une assemblée nationale constituante le 10 mai dernier, prétendant qu’il s’agirait d’une stratégie du Président pour « éviter des élections » (5). Face à cette prise de position, le mandataire a engagé l’opposition à venir vérifier la légalité de la convocation auprès de la Salle constitutionnelle, qui a finalement tranché en faveur de la constitutionnalité du processus.

De son côté, le Conseil National Électoral poursuit la procédure de convocation ; le déroulement de l’élection des membres de l’assemblée est prévue pour fin juillet (6). Le CNE a également spécifié que les élections régionales (gouverneurs et conseils législatifs régionaux) auront lieu le 10 décembre 2017.

Les secteurs de l’opposition devront préciser s’ils comptent persister dans leur stratégie de violence de rue et dans leur non-reconnaissance des institutions ou s’ils choisissent de s’engager dans des voies démocratiques pour résoudre le conflit politique, aussi bien dans le cadre de la Constituante que lors des prochaines élections. Pour cela, ils devront proposer à la population un projet de gouvernement alternatif susceptible de recueillir des appuis électoraux, ce en quoi ils ont échoué systématiquement depuis 2006, pris dans un va-et-vient entre politique et violence.


Traduction de la vidéo réalisée par Katrina Kozarek pour Venezuelanalysis.com (23 mai 2017)

« Introduction : ces dernières semaines au Venezuela, malgré les violences des secteurs radicaux de l’opposition, différentes organisations de base organisent des assemblées pour mettre au point les propositions destinées à nourrir les débats de l’Assemblée Constituante qui pourra modifier profondément le texte actuel et la structure de l’État.

« Participant 1 : je pense que c’est une occasion de rénover et de rediscuter pour que cette assemblée constituante ne soit pas un coup dans l’eau et ne génère pas plus de mécontents. Pendant 15 ans, quand Chavez était vivant, les vénézuéliens ont opté pour un processus pacifique. Cette participation politique a été assurée par la première constitution bolivarienne, une des plus avancées que nous ayons eue, y compris au plan international, et qui nous a donné un grand nombre de droits. Mais nous ne nous étions jamais demandé quels étaient nos devoirs pour continuer à construire la révolution. Ce processus permet aussi de rassembler et remettre en ordre des idées pour construire une nouvelle pensée, une nouvelle venezolanité.

« Participant 2 : Je partage les points proposés par le collectif national, l’appel à la paix, la création de ponts pour le dialogue comme alternative à l’escalade de la violence, la nécessité de perfectionner notre système économique pour sortir d’une économie trop basée sur la rente pétrolière, et développer ce que Chavez appelait le développement endogène en consultant les potentialités existantes dans nos populations, dans nos communautés. Constitutionnaliser les missions sociales est aussi important, rappelons que l’Assemblée Nationale actuellement dominée par la droite, et présidée par un personnage qui en avril 2002 a coorganisé le coup d’État qui supprima tous les pouvoirs publics, s’est fixée pour objectif de supprimer ces conquêtes sociales.

« Participant 3 : en tant que secteur étudiant et mouvement de jeunesse, nous nous sentons partie prenante de ce processus constituant qui est un processus de repolitisation, c’est une occasion de participer au destin de notre République Bolivarienne, la jeunesse représente plus du tiers de la population et les deux tiers de la population active. C’est pourquoi nous appelons chacun à prendre part à ce processus, à discuter avec toute la complexité, l’analyse nécessaire, la volonté et l’amour pour construire ce que nous appelons la patrie nécessaire.

« Participante 4 : face au blocage du dialogue politique, le président Maduro a lancé le processus de l’Assemblée Constituante, et nous pensons qu’il ne s’agit pas seulement de blinder les conquêtes inscrites dans l’actuelle constitution mais de la révolutionner. En tant que mouvement de femmes, nous demandons depuis des années qu’on dépénalise l’avortement, nous souhaitons que soient garantis les droits du mariage égalitaire, de la communauté LGBT, de la transversalité du genre dans les pouvoirs publics, car on ne peut réduire la question de la femme a un seul ministère, quand on voit que les tribunaux ou le Parquet national n’agissent pas en fonction des lois créées par la révolution. Ce nouveau texte doit aussi embrasser la structure communale du pouvoir, cesser de tourner le dos à cet héritage du commandant Chavez et son « la commune ou rien ».

« Participant 5 : en tant que collectif Alexis Vive, nous sommes d’accord avec la stratégie et l’appel du président à rejeter la violence de rue et à reprendre le débat politique, nous appelons la population à se joindre a ce débat pour approfondir les thèmes inscrits dans la constitution bolivarienne discutée en 1999, cette assemblée constituante doit être un moyen d’accumuler du pouvoir citoyen, de faire que les communes soient réellement autogestionnaires, de prendre appui sur les expériences d’auto-gouvernement, d’autonomie, d’autogestion, l’assemblée constituante doit être productive, communarde et féministe.

« Participant 2, reprenant la parole : le chavisme est passé par un processus de décantation, par exemple quand Chavez a parlé de socialisme en 2004 et 2005, des secteurs se sont éloignés. Actuellement comme nous sommes en train de discuter de la nécessité d’une démocratie communale et d’un État communal, cela va sans doute entrer en conflit avec les institutions existantes et nous arriverons à de nouvelle prises de position et à de nouvelles décantations. C’est un processus contradictoire, dialectique, de radicalisation, de recherche des racines, nous sommes en présence de deux projets antagoniques, celui de l’opposition est néolibéral, aligné sur les positions de l’empire, alors que le nôtre est celui d’un peuple qui lutte pour sa dignité. Nous pouvons arriver à nous mettre d’accord sur certains points, mais nous ne pouvons oublier les racines historiques de ces deux projets. Selon des sondages de la firme privée Hinterlaces, 74 % des vénézuéliens ont confiance dans la sortie de crise et 82 % rejettent les violences. L’analyse de ces chiffres indique l’importance de l’espoir collectif et nous donne l’énergie nécessaire pour parier sur cette assemblée constituante et sur un processus pacifique. »



Article en espagnol :: http://www.celag.org/venezuela-camino-a-la-constituyente-informe/

Traduction : Frédérique Buhl et Thierry Deronne, http://wp.me/p2ahp2-2Gh

Notes :

http://www.celag.org/convocatoria-a-asamblea-constituyente-en-venezuela/
Décrets présidentiels N°2830 et 2831, Journal Officiel du Venezuela du 1er mai2017. Caracas-Venezuela. http://www.mp.gob.ve/c/documentlibrary/getfile?p_l_id=1451149§folderd=16268491§name=DLFE-15160.pdf
Décret présidentiel n°2878. Journal Officiel du Venezuela du 23 mai 2017. Caracas-Venezuela. Source : http://mp.gob.ve/c/document_library/get_file?p_l_id=14851149§folderld=1 6268491§name=DLFE-15259.pdf
L’inscription des candidats à l’ANC s’effectuera sur le portail web http://www.cne.gob.ve/web/index.php Source : http://correodelorinoco.gob.ve/inscripcion-de-los-candidatos-a-la-anc-serealizara-el-proximo-miercoles-y-jueves-en-portal-web/
» L’Assemblée Nationale approuve la nullité du décret de la Constituante. Source: http://www.eluniversal.com/noticias/politica/aprobo-acuerdosobre-nulidad-del-decreto-constituyente_651917. « L’Assemblée vénézuélienne approuve l’accord de nullité du décret de la Constituante ». Source : http://www.diariolasamericas.com/america-latina/asambleavenezolana-aprueba-acuerdo-nulidad-del-decreto-constituyente-n4121584
Le Conseil National Électoral a reçu les bases officielles de l’élection de l’Assemblée Nationale Constituante. Source : http://www.cne.gob.ve/web/sala_prensa/noticia_detallada.php?id=3505

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MessageSujet: Re: Venezuela: coup de projecteur sur les zones d´ombre médiatiques   Mar 4 Juil 2017 - 23:45

Venezuela : Tout comprendre sur l’inflation et les pénuries

Citation :
Un autre regard sur le Venezuela, à prendre, comme toujours, avec recul et esprit critique…

Source : Venezuela info, 26-05-2017

Dans deux récents articles nous avons étudié comment « Le Monde » d’avril et mai 2017 a fait passer une insurrection de l’extrême droite au Venezuela pour une « révolte populaire » et imputé à ce qu’il appelle un « régime » les assassinats commis par la droite (1). Ce média use de ce procédé depuis le début des tentatives de déstabilisation en 2013. Le mensonge corollaire, tout aussi gros, que propage « Le Monde » à l’unisson de la Sainte Alliance médiatique, c’est la « crise-humanitaire-comme-faillite-de-la révolution-bolivarienne ».


La méthode est simple : faire passer les effets pour les causes. Les images de files d’attente interminables, de rayons vides dans les supermarchés, de manque de médicaments, d’inflation galopante, de marché noir endémique… qui servent à la droite locale et internationale de justification à une intervention extérieure ne sont pas, en effet, la « faillite d’un modèle socialiste » mais la conséquence d’une guerre ouverte du secteur privé – 80 % de l’économie – contre la révolution bolivarienne. Une déstabilisation sociale, économique et politique savamment orchestrée que le Chili de Salvador Allende a subie en 1973, et face à laquelle le Président Nicolas Maduro a décrété l’état d’urgence économique en mai 2016, comme le prévoit la Constitution.

A rebours de l’effet-pour-la-cause et des « décryptages » superficiels repris en boucle par les médias occidentaux, nous proposons une synthèse de l’analyse détaillée sur les causes des difficultés économiques et sociales auxquelles le Venezuela Bolivarien est confronté depuis 2003, réalisée par Pasqualina Curcio Curcio, professeure de sciences économiques à l’Université Simon Bolivar, et publiée dans un document intitulé « Pénuries et inflation au Venezuela » (20/12/2015). Précisons que depuis cette publication, la tendance est à l’amélioration progressive de l’approvisionnement, bien que les prix des denrées restent élevés. Cette hausse constante des prix par le secteur privé est contrée de diverses manières par le gouvernement : par la hausse à répétition du salaire minimum légal, un effort de productivité nationale dans l’agriculture et la distribution massive d’aliments hautement subventionnés aux secteurs populaires à travers le réseau national des CLAP (Comités Locaux d’Approvisionnement et de Production).


L’économiste Pascualina Curcio Curcio

LES PENURIES AU VENEZUELA : MYTHES ET REALITE

Pasqualina Curcio Curcio


Pour le dire simplement, la théorie économique admet qu’une pénurie survient lorsque l’offre se contracte et n’arrive plus à faire face à la demande ou bien lorsque la demande augmente mais l’offre n’arrive pas à suivre ou pire encore lorsqu’on observe simultanément une contraction de l’offre et une augmentation de la demande.

Une contraction de l’offre au Venezuela ?

En théorie, une contraction de l’offre peut s’expliquer tant par une baisse de la production nationale que par une baisse des importations des biens que l’économie nationale n’est pas en mesure de produire ; les deux facteurs peuvent là encore se combiner. Les pénuries recensées au Venezuela peuvent-elles s’expliquer par ces facteurs ?

Entre 2003 et 2013, le pays connaît une période de croissance économique et de baisse du taux de chômage (passant de 18% à 8%).

On ne peut en outre établir aucun lien de corrélation entre l’évolution du PIB et le niveau de pénuries puisqu’à titre d’exemple, on observe une forte hausse des pénuries sur la période 2006-2007 bien que la production augmentait sur cette même période et, au contraire, on note une diminution des pénuries entre 2008 et 2011 alors même que la production chutait (période de récession mondiale). Les pénuries étant principalement alimentaires, on ne peut cependant établir aucun lien empirique entre Produit Intérieur Brut Agricole et le niveau de pénurie puisque le PIBA est soit à la hausse soit stable sur la période observée.

A ce stade, on peut donc dire que ce n’est pas une chute de la production vénézuélienne qui explique les pénuries qui affligent le peuple et l’économie du Venezuela. Les causes de ces pénuries seraient donc peut-être à chercher du côté des importations… Le Venezuela n’ayant pas encore atteint l’autosuffisance dans de nombreux domaines, il importe un grand nombre de biens et services. Mais là encore, l’indice des importations exprimé en dollars US est en forte augmentation entre 2003 et 2013 et aucun lien de corrélation ne peut être établi avec le niveau de pénurie. Par exemple, entre 2006 et 2007, on observe une hausse de 25% de l’indice de pénurie concomitante avec une hausse de 39% des importations ! Entre 2008 et 2009, une forte chute des importations coïncide en revanche avec une baisse des pénuries…


Concernant les produits alimentaires importés, on obtient un résultat surprenant d’un point de vue théorique : on enregistre au même moment une augmentation des pénuries et une augmentation des importations de produits alimentaires (exprimés en dollars US) et lorsque les importations baissent, les pénuries baissent ! Les pénuries des produits tant alimentaires que non-alimentaires ne sont donc pas non plus liées à une baisse des importations !

Étant données ses caractéristiques de pays mono-exportateur de pétrole, l’octroi de devises étrangères de la part de l’État au secteur privé importateur est une nécessité.

Une partie de l’opposition vénézuélienne reproche au gouvernement vénézuélien de ne pas mettre à disposition assez de devises étrangères aux entreprises privées importatrices. Or, entre 2003 et 2013, c’est une augmentation de plus de 440% du nombre de devises étrangères mises à disposition par l’État.

Sur l’ensemble de la période étudiée (2003-2013) et en dépit de la forte diminution entre 2009 et 2010 (récession mondiale), la mise à disposition de devises étrangères au secteur privé n’a jamais été inférieure à son niveau de 2004. Il est important de le relever puisque 2004 correspond à l’année où l’on enregistre le niveau de pénurie le plus bas sur l’ensemble de la période 2003-2013 !

Les pénuries n’ont donc pas grand-chose à voir non plus avec une mise à disposition insuffisante de devises étrangères au secteur privé importateur de la part de l’État.

A ce stade, voici ce que l’on observe :


– Les niveaux de production mesurés par le PIB et le PIBA, ont augmenté en moyenne de 75% et 25% respectivement entre 2003 et 2013 ;

– Le total des importations exprimées en dollars US et, plus spécifiquement, les importations de denrées alimentaires ont augmenté en moyenne d’un peu moins de 390% et d’un peu plus de 570% respectivement entre 2003 et 2013 ;

– Le nombre de devises étrangères attribuées au secteur privé importateur a augmenté en moyenne d’un peu plus de 440% entre 2003 et 2013 ;

– L’indice de pénurie, quant à lui, a pourtant augmenté en moyenne de 38% sur la même période.


Ce n’est donc pas du côté de la contraction de l’offre que l’on peut expliquer les problèmes de pénurie auxquels le monde du travail vénézuélien est confronté.

Une explosion de la demande que l’offre n’arrive pas à juguler ?

L’autre piste à étudier est donc l’hypothèse d’une explosion de la demande que l’offre ne serait pas en mesure de satisfaire. Il faudrait, pour confirmer cette hypothèse, vérifier une hausse de la consommation finale des ménages et de l’État plus forte que la hausse de la production et des importations. Nous observons bien une hausse de la consommation tant intermédiaire que finale entre 2003 et 2013 mais le taux de croissance moyen de l’indice de consommation reste toujours inférieur au taux de croissance moyen de la production et des importations.


Mais même lors du pic de pénurie en 2006, la production et les importations augmentent plus vite que la consommation. Les pénuries ne trouvent manifestement pas leurs origines ici non plus.

A ce stade, il n’est pas possible d’établir de lien entre le niveau de pénurie, le niveau de production et des importations et l’indice de consommation au Venezuela. La question demeure entière : comment se fait-il que les biens produits au Venezuela ou importés ne finissent pas dans les rayons des supermarchés vénézuéliens ? On comprend dès lors que les pénuries qu’endure un grand nombre de Vénézuéliens s’expliquent par d’autres facteurs.

Accaparement, importations fantômes et contrebande : les vraies causes des pénuries

Une analyse plus fine des importations au Venezuela nous montre très nettement une augmentation des importations exprimées en dollars US bien plus forte que l’augmentation des importations exprimées en kilogrammes bruts à partir de 2003. Entre 2003 et 2013, le Venezuela importe moins de biens et services malgré un plus grand nombre de devises étrangères mises à dispositions du secteur privé par l’État pour l’import.


On observe d’ailleurs le même phénomène concernant les seules importations de denrées alimentaires…

Si cet octroi croissant de devises étrangères au secteur privé importateur ne sert donc pas à importer davantage de biens et services et satisfaire la demande, où ces devises s’évaporent-elles ?

Comme on l’a vu, le secteur privé importateur dispose de toujours plus de devises étrangères pour importer et qu’il importe toujours moins de biens et services, il est intéressant de confronter ce phénomène à l’évolution des stocks de numéraire et dépôts à l’étranger du secteur.

On observe bien une augmentation de plus de 230% du stock de numéraire et dépôts détenus à l’étranger par le secteur privé vénézuélien entre 2003 et 2013.

On comprend qu’une part croissante des devises étrangères accordées par l’État pour l’import est en réalité directement placée à l’étranger. On parle notamment d’importations « fantômes ». Fausses factures, transfert d’argent liquide non déclaré aux douanes et autres combines plus ou moins élaborées ne manquent pas. C’est une véritable fuite de capitaux !

Mais le placement à l’étranger d’une partie des devises étrangères destinées à l’import ne peut expliquer pas à lui seul, les pénuries. Certains secteurs privés se livrent en effet à un véritable accaparement, c’est-à-dire qu’ils accumulent et stockent massivement des marchandises de même espèce en vue de provoquer leur raréfaction artificielle.

D’ailleurs, les caractéristiques des biens pour lesquels on recense les principales pénuries ne trompent pas : les pénuries concernent principalement des biens et non des services ; Biens facilement stockables et non périssables : denrées alimentaires (pâtes, lait en poudre, sucres, …), produits d’hygiène personnel, produits d’hygiène, etc ; Biens de première nécessité pour les foyers (de nombreuses pénuries recensées parmi les 20 aliments les plus consommés par le Venezuela) et biens intermédiaires indispensables pour la production de biens et services (pièces de rechange, moteurs de voiture, etc.) ; Biens principalement produits, importés ou distribués par des monopoles et oligopoles privés : farine de maïs, farine de blé, sucre, huile, … Pénuries recensées principalement dans le commerce de détail : un restaurateur se procurera plus facilement de la farine de blé qu’un consommateur final.

Les biens accaparés par ces oligopoles et monopoles privés sont ensuite déversés sur des marchés parallèles : marché noir local et surtout commerce de contrebande à la frontière avec la Colombie.

Les pénuries ne sont donc pas le résultat d’un effondrement de la production nationale et/ou d’une baisse des importations consécutive à une baisse des devises étrangères accordées par l’État

Les causes réelles des pénuries recensées au Venezuela sont donc dans l’ordre :

– Importations « fantômes » : Diminution des importations malgré un octroi croissant de devises étrangères au secteur privé importateur qui place à l’étranger une part des devises attribuées pour l’import

– Accaparement sélectif de biens de première nécessité

Commerce de contrebande


Les acteurs économiques qui se livrent à ce genre de pratiques frauduleuses poursuivent bien entendu des intérêts économiques puisqu’ils réalisent de juteux profits mais l’appât du gain n’est pas la motivation principale : ce sont des intérêts principalement politiques qui sont poursuivis. En effet, force est de constater que les pics de pénuries coïncident avec des événements politiques majeurs tels que des rendez-vous électoraux et des épisodes de forte tension politique : « coup d’état pétrolier » (2003), référendum constitutionnel (2007), campagne et élection présidentielles (2012-2013).

Les biens qui sont l’objet de pénuries ne sont d’ailleurs pas choisis au hasard comme on l’a vu, il s’agit de produits de première nécessité : médicaments, aliments de base, pièces de rechange, produits d’hygiène…

Cette déstabilisation socio-économique qui se traduit par une déstabilisation sociale, vise le monde du travail, cœur de l’électorat chaviste alors que les classes aisées sont épargnées (http://www.telesurtv.net/opinion/Ejecutivo-vasco-muestra-supermercados-de-la-clase-alta-en-Caracas-no-falta-nada-20160529-0004.html). Les manifestations les plus visibles de cette déstabilisation sont bien entendu les files d’attente à l’abord des supermarchés vénézuéliens à l’effet médiatique et psychologique dévastateur ; les images étant abondamment diffusées par les médias et les réseaux sociaux du monde entier.

Toutes les composantes de l’opposition sont d’ailleurs mobilisées puisque les médias d’opposition tant locaux (majoritaires au Venezuela) qu’internationaux participent également à l’opération de déstabilisation en mettant en place de vastes campagnes médiatiques destinées à générer une psychose et une peur de manquer au sein de la population. A l’image de ce qui s’est passé en France lors de la grève des raffineries de pétrole contre la Loi « Travail » (mai 2015), certaines pénuries sont le résultat de pics de demande momentanés consécutifs à la psychose et la peur de manquer générées par les médias.

Au Venezuela, ce sont notamment les couche-culotte et le lait en poudre qui en ont fait les frais. Ces pénuries très ciblées ne sont donc pas le résultat d’une soi-disant « faillite» du modèle économique vénézuélien. Ces pénuries sont l’instrument et le résultat d’opérations savamment orchestrées de déstabilisation économique et sociale motivés par des intérêts essentiellement politiques.


LA MANIPULATION DE LA MONNAIE, LEVIER PRINCIPAL DE LA GUERRE ÉCONOMIQUE

Dollar parallèle et inflation


Le deuxième problème qui mine l’économie du pays est le taux d’inflation. L’indice des prix à la consommation révèle deux points d’inflexion en 2007 puis en 2012 pendant lesquels l’augmentation de l’indice des prix s’envole (prix de base 1997) :

La théorie économique admet que l’indice des prix dépend du total de la demande : une augmentation de la demande a pour conséquence une inflation des prix. Les monétaristes retiennent, en revanche, que l’inflation dépend de la masse de liquidité monétaire en circulation : une plus grande masse de liquidité monétaire stimulera la demande surtout sur le court terme, ce qui engendrera une hausse des prix.


Cependant, au Venezuela, la fixation des prix n’est pas simplement déterminée par le niveau de la demande et la masse des liquidités en circulation car il existe une variable additionnelle qui rentre en ligne de mire: le taux de change du marché « parallèle » des devises. Pasqualina Curcio-Curcio établit grâce à ses calculs que l’indice des prix est déterminé à hauteur de 70% par le dollar parallèle et par le niveau de la demande à hauteur de 30% seulement.

Le taux de change parallèle sert donc non seulement de base de référence pour la fixation des prix du marché souterrain (ou « noir » si l’on préfère) mais également pour la fixation des prix dans l’économie « réelle » par un effet-en-chaîne : il suffit de quelques secteurs établissent leur prix en fonction du taux de change du dollar parallèle pour que l’ensemble des secteurs suivent le pas.

Ce taux de change parallèle fait office de base de référence pour l’ensemble des agents économiques, y compris les agents économiques qui n’ont pas de pouvoir de marché et qui ne peuvent se constituer en monopole ou oligopole : petites entreprises, petites exploitations agriculteurs, petits commerçants, etc…


Une manipulation délibérée de la monnaie

Pasqualina Curio-Curio démontre que les critères de calcul du taux de change n’obéissent à aucune règle logique connue et que par conséquent, la valeur du dollar parallèle est tout à fait fictive. Le taux de change du dollar parallèle, publié quotidiennement sur internet, est fixé arbitrairement


Cette fixation arbitraire du dollar parallèle correspond donc à une manipulation du taux de change de la monnaie qui constitue le principal levier de la guerre économique livrée au Venezuela. D’abord, l’inflation induite a pour conséquence directe une perte du pouvoir d’achat du monde du travail qui les contraint à une recomposition du panier des dépenses donnant la priorité aux biens de première nécessité, au transport et à la santé. L’effet en chaîne est la baisse de la demande des biens et services de « seconde nécessité », ce qui provoque une baisse de la production et une montée du chômage. Par ailleurs, le marché parallèle du dollar constitue une incitation aux « importations fantômes » avec les conséquences économiques et sociales que l’on sait : des pénuries source douloureuses pour la population. En effet, l’échange de devises sur le marché parallèle est plus rentable que l’importation de biens et services.

Dès lors, un cercle vicieux entre inflation/pénurie /maximisation des profits du secteur importateur s’installe : le financement de la guerre économique revient moins cher aux importateurs et la guerre économique s’avère être pour eux une affaire plus juteuse que d’importer.

Publié le 26 Mai 2017 par Bolivar Infos

Traduction : Françoise Lopez

Notes :


(1) Voir « Comment « Le Monde » invente « la répression » au Venezuela, https://venezuelainfos.wordpress.com/2017/05/20/comment-le-monde-invente-la-repression-au-venezuela/

et « Le Monde » lâché par la BBC : Stephen Sackur démasque la droite vénézuélienne et ses rêves de coup d’état, https://venezuelainfos.wordpress.com/2017/05/25/le-monde-lache-par-la-bbc-la-droite-venezuelienne-revele-son-objectif-dun-coup-detat/


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MessageSujet: Re: Venezuela: coup de projecteur sur les zones d´ombre médiatiques   Lun 31 Juil 2017 - 9:20

Bonjour,
Voici les dernières nouvelles sur la crise vénézuélienne avec les infos dont les médias maintream ne veut peut pas vous donnez. Vous allez donc découvrir toute la vérité et l'ingérence américaine au sain des élections en court dans le pays. Ensuite je vous proposes un reportage sur place de Abby Martin, cette courageuse journaliste qui n'hésite pas au péril de sa vie de nous livrer les infos en direct et non comme nos médias qui de leur bureaux nous mentent.
Orné


Depuis Caracas: L’exemple du Venezuela pour le monde



L´actuelle offensive médiatique, économique et politique lancée contre le Venezuela indique que le droit national et international, et en particulier la bourgeoisie commerciale aigrie et irritable, sont vraiment préoccupés par la consolidation des changements socio-politiques et culturels qu’a généré et continue de générer la Révolution bolivarienne au Venezuela.


Le chavisme (Ndlr: Pour Hugo Chavez) est une idéologie de transformation qui inspire un mode de vie communautaire fondé sur la propriété sociale et ses relations avec les moyens de production. L’un des principaux objectifs est de créer une société organisée en réseaux d’action horizontaux et un pouvoir politique, social et économique sous la direction du pouvoir populaire, à savoir, un pouvoir d’origine constituante, qui, par mandat constitutionnel appartient au peuple.

Cette définition n’est pas une proposition théorique, il s´agit d´une réalité concrète révélée à la suite des attaques perverses que les bandes terroristes, financées par la dénommée MUD (Ndlr: Mouvement politique d´opposition, abréviation de Table de l´Unité), dirigent contre la société vénézuélienne, y compris antichavistes. L´importance des changements survenus dans la société vénézuélienne montre que pas même une intervention militaire extérieure, comme dans les cas de la Syrie et de l’Irak pourrait garantir à la droite de jouir d’une victoire facile.

La tentative nihiliste de la droite terroriste, soutenue par l’OEA (Ndlr: Organisation des Etats Américains, basée à Washington et dominée par les USA), tente de prendre d´assaut le pouvoir par la destruction systématique de la structure matérielle de l’état révolutionnaire en utilisant, comme les nazis, le feu comme principe ésotérique purificateur de la vie. L’action de brûler des biens, les bibliothèques, les hôpitaux, les universités, les centres de santé, les archives, les bus, les voitures, des réservoirs plein d’essence, l’utilisation de bombes molotov pour brûler les policiers et les gardes nationaux, le lynchage et l’assassinat de ceux qui ne pensent pas comme les terroristes de la MUD, l’utilisation systématique du mensonge médiatique comme arme de propagande, nous rappellent crûment la montée du fascisme nazi en Allemagne en 1933.

De même, l’utilisation de bandes de délinquants et de paramilitaires colombiens payés par la droite vénézuélienne pour agir comme des troupes de choc, nous rappelle les bandes de vulgaires meurtriers que le nazisme a organisé comme troupes de choc ou « sturm abtailung », la SA, pour matraquer et terroriser les ennemis du fascisme. Une fois que Hitler prit le pouvoir en Allemagne, il dût liquider physiquement les bandes SA qui étaient devenues un danger mortel pour la vie de l’Etat fasciste, en utilisant à cet effet la naissante SS (Schutzstaffel), les troupes d’assaut très disciplinées et idéologisées sous le contrôle militaire de la Wehrmacht, l’armée nazie.


Bien qu’il y ait des foyers de terreur fasciste dispersées dans d’autres régions du pays, le principal et le plus virulent foyer du terrorisme d’extrême droite se trouve dans les quartiers des classes aisées de Caracas, centre de terreur fasciste limitée à une superficie d’environ 12 kilomètres carré, la municipalité de Chacao, sorte de grand plateau pour les médias, sous la protection du Sturmführer Ramon Muchacho, maire de la municipalité. Pour fabriquer les mensonges médiatiques, le terrorisme utilise les rues de la municipalité comme une scène de théâtre pour présenter son scénario virtuel au sujet d’un présumé mouvement de manifestation pacifique, appuyé par des dizaines de caméramans et de photographes qui construisent une version médiatique pour l’exportation internationale.

Une vidéo diffusée à la télévision publique, peut-être filmée par un cameraman infiltré, montre l’épouse ineffable de Leopoldo López (Ndlr: Politique d´opposition détenu et jugé pour incitation à la violence avec un bilan de plus de 40 morts en 2014), Lilian Tintori avec le visage couvert d´un masque à gaz tenant dans ses bras un jeune homme, théoriquement asphyxié par les gaz lacrymogènes utilisés par la police. Pour cette séquence tournée comme une preuve de la répression de l´Etat, Mme Tintori enlève son masque et le place sur le visage du jeune homme qu´elle regarde tendrement. A la voix de “Coupez!” indiquant la fin de la séquence, le jeune se lève et la Tintori quitte la scène.

Tout cela nous rappelle le sujet de l´extraordinaire film Wag the Dog, réalisé par Barry Levinson. Pour masquer le fait qu’un président des États-Unis avait eu des rapports sexuels illicites avec une jeune femme à la Maison Blanche, la CIA avait engagé un cinéaste pour réaliser un court-métrage diffusé par la télévision où s´inventait une fausse guerre en Albanie, pays lointain que personne ne connaissait aux Etats-Unis, impliquant de faux « marines » qui finalement gagnaient cette guerre. Ce mensonge médiatique réussit à dissimuler l´écart du président peu avant les présidentielles.

Par la suite, la CIA assassina le producteur de la fausse nouvelle pour l’empêcher de se vanter de son succès médiatique et de révéler la fausse nature de la prétendue guerre. Dans le cas réel du Venezuela, les terroristes des médias ont également obtenu la complicité de personnes comme le procureur général de la République, un célèbre directeur de l’Orchestre symphonique de la jeunesse et un troupeau de faux chavistes qui jour après jour dénigrent la vérité et l’honnêteté du peuple vénézuélien.


Toute cette offensive médiatique multimillionnaire (en US $) tente également de fabriquer un écran de fumée sur la réalité démocratique et la justice sociale que la révolution bolivarienne construit au Venezuela, malgré la guerre ouvertement déclarée par le « cœur du gouvernement» des États Unis. La réponse révolutionnaire à cette guerre de cinquième génération a mis en relief le degré d’organisation sociale, politique et économique populaire qu’a réussi à créer la Révolution, défendue et renforcée par l’existence d’un système civique militaire soutenu par les forces armées bolivariennes et les milices populaires.

Pour l’instant, la force de l’organisation populaire vient seulement de montrer ses crocs. La droite terroriste la craint parce qu’elle sait que sans un soutien militaire réel, sa conspiration médiatique et sa violence de rue n´ont pas d´avenir. Chaque jour qui passe, sans parvenir à quoi que ce soit de concret, lui retire le soutien des vénézuéliens de droite, en particulier des commerçants mafieux qui ont déjà investi environ 100.000 millions de bolivars (Ndlr: Monnaie vénézuélienne) pour financer un mouvement subversif qui les conduira, pensent-ils, de retour au pouvoir et au contrôle des revenus pétroliers du Venezuela.

Des pays comme la Colombie, le Mexique, l’Argentine et le Brésil, les États-Unis, l’Espagne, la France et l’Angleterre, entre autres, confrontés à des problèmes sociaux et politiques internes, aimeraient voir disparaître le « mauvais exemple » de la révolution bolivarienne.



Mario Sanoja Obediente : Chercheur vénézuélien, scientifique émérite du Ministère de la culture, Docteur en anthropologie, Professeur de l’Université centrale du Venezuela et de l’Académie nationale de la culture, Mario Sanoja est auteur de nombreux articles et livres.

Iraida Vargas-Arenas : Vénézuélienne. Docteur en anthropologie, histoire et géographie, Université Complutense de Madrid, Professeur à l’Université Centrale du Venezuela et Cum Laude. Elle a complété des études supérieures à l’Institut des hautes études, l’Université de la Sorbonne, l’Institut de minéralogie, la Smithsonian Institution, et le Musée d’histoire naturelle de Washington. Iraida Vargas est l’auteur de plus de 100 articles et de plus de 20 ouvrages scientifiques.



Traduit de l’espagnol par La Pluma

Source : Investig'ActionInvestig’Action/La Pluma

Lire aussi : Le compte à rebours de la guerre contre le Venezuela a commencé

Venezuela : à la rencontre de « l'opposition » (Abby Martin, Empire Files - 1/2) *



Venezuela : à la rencontre de « l'opposition » (Abby Martin, Empire Files - 2/2) *



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akasha

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MessageSujet: Re: Venezuela: coup de projecteur sur les zones d´ombre médiatiques   Jeu 3 Aoû 2017 - 0:09

Venezuela : la grande manip

Par josefort / Lundi, 31 Juillet, 2017 - 19:17

Un peu plus de 8 millions de Vénézuéliens ont voté dimanche en faveur d’une Assemblée constituante  malgré la violence déclenchée par une opposition puissante disposant de moyens considérables financiers et médiatiques soutenue par le gouvernement des Etats-Unis et la CIA. Un succès pour le mouvement populaire et progressiste vénézuélien


En France et plus généralement en Europe, la tendance médiatique est à l’acharnement contre le pouvoir en place à Caracas en procédant à une manipulation de l’information. Les images des manifestations de la dite « opposition » qui se traduisent généralement par des scènes de guerre sont largement diffusées alors que les rassemblements chavistes sont passés sous silence. On évoque plus de cent morts depuis le début des affrontements en oubliant de préciser que des candidats à la constituante et des militants chavistes ont été assassinés tandis que les forces de l’ordre ont enregistré nombre de morts et de blessés. Les médias des Bolloré, Drahi, Lagardère et ceux du « service public » ont choisi leur camp : celui de l’extrême droite vénézuélienne.
Ils rejoignent ainsi les pires forces réactionnaires du continent latino américain dans des pays qui osent remettre en cause le verdict des urnes vénézuéliennes alors que ces mêmes pays se distinguent par la corruption, le népotisme et les atteintes aux droits de l’homme. Je veux parler du Mexique, du Pérou, de Panama, de l’Argentine et de la Colombie.

Ce n’est pas au Venezuela que 45 étudiants ont été assassinés sans aucune suite judiciaire, que les fosses communes débordent d’hommes et de femmes martyrisés, que la misère et l’analphabétisme sévit dans tout le pays, mais au Mexique.

Ce n’est pas au Venezuela que le rapport 2017 d’Amnesty relève la multiplication de violences contre les femmes et les populations indigènes, que l’armée et la police s’illustrent par des opérations répressives dans le villages éloignés de la capitale, mais au Pérou.

Ce n’est pas au Venezuela que la finance internationale camoufle ses méfaits, mais au Panama.

Ce n’est pas au Venezuela que le pouvoir s’attaque aux grands mères des disparus durant la dictature, que la répression s’abat sur le mouvement ouvrier mais en Argentine.

Ce n’est pas au Venezuela que des centaines d’opposants politique restent toujours emprisonnés malgré des « accords de paix », que des militants de gauche sont assassinés mais en Colombie.

Le Venezuela n’a pas de leçon à recevoir de ces régimes corrompus et fascisants. Son peuple doit dans la paix enfin retrouvée surmonter lui et lui seul l’épreuve en cours.

Source : Hunalité.fr

La sale guerre du gouvernement espagnol contre la démocratie vénézuélienne



Jusqu’il y a peu, le problème vénézuélien faisait partie de la politique intérieure du pays. Le show électoral espagnol a influé sur l’ordre du jour de tous les partis politiques de l’éventail aussi bien de droite que de gauche. Mais en ce moment, il y a des éléments qui indiquent que le gouvernement espagnol a joué un rôle plus actif dans la guerre sale contre le Venezuela, comme il l’a fait en son temps contre Cuba pour influencer les gouvernements européens.


La politique espagnole est toujours pleine de paradoxes, de simulacres et d’actions excessives. Beaucoup d’entre elles sont mises en scène pour essayer de convaincre les Espagnols qu’en plus d’utiliser leurs fonctions pour s’enrichir, ils font quelque chose qui ressemble à ce que, sous d’autres cieux, on appelle « gérer les affaires publiques et défendre les intérêts du pays. »

Mais quand on analyse, même superficiellement, la politique étrangère concernant le Venezuela, on trouve tellement d’incohérences et de non-sens qu’on ne peut que penser qu’il y a un scénario écrit et/ou dirigé de l’étranger ou, ce qui revient au même, que notre politique étrangère est subordonnée aux intérêts de l’empire états-unien.

Comment expliquer sinon que le ministre des Affaires Etrangères ait validé un plébiscite organisé par l’opposition vénézuélienne, sans aucune garantie et sans le soutien du Conseil National Electoral, à l’issue duquel on a brûlé les bulletins de vote, avec des observateurs qui reconnaissent avoir été payés par les organisateurs, etc… alors que le gouvernement espagnol déclare illégale la consultation organisée en Catalogne ?

Comment expliquer que le gouvernement vénézuélien et son Président étant reconnus comme légitimes par l’Etat espagnol, M. Dastis, ministre des Affaires Etrangères, déclare que « ce n’est pas une démocratie » ? Comment interpréter qu’après une rencontre avec son homologue états-unien, Rex Tillerson, il affirme « qu’il faut continuer à augmenter la pression pour que le Venezuela redevienne une démocratie ? »

Toute personne sensée pourrait se poser une simple question qui l’aiderait à comprendre qu’au Venezuela, se livre l’une des batailles les plus importantes d’une guerre mondiale dirigée par les Etats-Unis et que le gouvernement espagnol n’est rien d’autre qu’un vassal servile au service de la logique impérialiste. Sans doute, il faudrait tout d’abord faire un effort de désintoxication de l’information pour que ce qui est évident ne soit pas neutralisé par la propagande des médias que nous ingérons quotidiennement. Mais en réalité, il suffirait d’appliquer aux médias de masse les mêmes critères et les mêmes soupçons que nous avons quand ils nous donnent des informations sur notre propre pays. Voyons quelles seraient ces questions :

A quoi est dû le fait que la puissance de guerre la plus importante du monde (800 bases militaires dispersées dans le monde entier, le budget militaire le plus élevé de la planète, 200.000 soldats déployés dans 100 pays) déclare, par un décret exécutif, que le Venezuela est une « menace inhabituelle et extraordinaire », un pays qui n’a pas de bases militaires à l’étranger et dont l’armée est à la 52° place au classement mondial ?

Quelles ressources naturelles et morales le Venezuela possède-t-il qui en fassent une menace pour l’Empire et ses alliés ?

Si le Venezuela est une dictature, comment se fait-il que depuis que Chávez a été élu Président (1999), plus de 20 élections aient été organisées, que le Centre états-unien Carter, qui agit en tant qu’observateur des élections, ait reconnu son système électoral comme l’un des plus clairs et transparents du monde, que le gouvernement bolivarien de Nicolás Maduro occupe un poste important dans les principales commissions des Nations Unies où on a besoin d’être élu (le Venezuela a simultanément un mandat dans 7 commissions, y compris la présidence du Conseil des Droits de l’Homme de l’ONU jusqu’en 2018.)

Rien qu’en janvier 2017, on a enregistré au Mexique 1.938 homicides, de mars 2016 à mars 2017, 156 dirigeants sociaux et défenseurs des Droits de l’Homme ont été assassinés en Colombie, d’où vient alors que les médias de masse ne parlent que de la violence au Venezuela et que le ministre des Affaires Etrangères espagnol dise que la situation au Venezuela est insoutenable ?

Si la situation au Venezuela est tellement insoutenable, comment se fait-il que son taux d’émigration soit le plus bas de l’Amérique Latine (0,4% contre 11,8% pour le Mexique par exemple) ? Comment expliquer que son taux de chômage soit de 6% (en Espagne, il est de 20,9%) et, qu’avec Cuba, le Venezuela soit le pays du continent dans lequel il y a le moins d’inégalités (l’Espagne est la pays de l’ OCDE où il y a le plus d’inégalités) et qu’il n’y ait pas de malnutrition (en Espagne, la population en danger de pauvreté est de 28,3%) ? Comment se fait-il que la mortalité infantile soit en-dessous de la moyenne régionale et qu’il n’y ait ni journalistes assassinés ni disparitions forcées ?

Quand nous essayons de répondre à ces 5 questions, la première conclusion est que les attaques actuelles du gouvernement espagnol contre le Venezuela ont d’autres raisons que celles invoquées publiquement et ne proviennent pas de son souci pour la paix ou l’amélioration des conditions de vie du peuple vénézuélien.

Jusqu’il y a peu, le problème vénézuélien faisait partie de la politique intérieure du pays. Le show électoral espagnol a influé sur l’ordre du jour de tous les partis politiques de l’éventail aussi bien de droite que de gauche. Ainsi, une fois consolidée la criminalisation médiatique, le Venezuela a été une arme de jet pour accuser Podemos de populisme, de radicalisme et d’autoritarisme, mais il a été aussi pour eux un obstacle gênant qu’il fallait constamment contourner, pour une raison morale douteuse. La plupart des partis politiques du pays ont pris position, ouvertement ou timidement, activement ou passivement, dans la logique de guerre sale contre le gouvernement bolivarien.

Le double rôle consistant à mener les campagnes électorales tout en étant au service des Etats-Unis et donc en diffusant une image négative du Venezuela a été la ligne dominante de la politique espagnole.

Mais en ce moment, il y a des éléments qui indiquent que le gouvernement espagnol a joué un rôle plus actif dans la guerre sale contre le Venezuela, comme il l’a fait en son temps contre Cuba pour influencer les gouvernements européens. La fréquence des déclarations contre le gouvernement bolivarien a augmenté, le gouvernement a élevé le ton et est devenu le porte-parole des thèses putschistes de l’opposition vénézuélienne. Les médias espagnols ont radicalisé leur campagne empoisonnée et, en général, les uns et les autres reproduisent point par point la propagande états-unienne.

Tout montre que les principaux acteurs politiques espagnols exécutent une commande : créer les conditions pour qu’aussi bien l’opinion publique espagnole que l’opinion publique européenne soient favorables à une intervention armée. Les déclarations du démocrate douteux, l’ex-président Felipe González, affirmant qu’on ne doit pas organiser une Assemblée Nationale Constituante au Venezuela suffisent comme exemple. Un ex-président qui ne peut cacher ses excellentes relations et les intérêts qu’il partage avec l’oligarchie vénézuélienne et qui n’a pas hésité à faire cause commune avec l’ex-président Aznar contre le gouvernement bolivarien.

Dans le cas des Etats-Unis, il est évident que dans l’escalade de guerre actuelle, mettre à genoux le Venezuela est un objectif prioritaire si on envisage l’un des scénarios possibles prévus par les think tanks : un affrontement avec d’autres puissances à capacité militaire équivalente comme la Russie. Pour ce scénario, on présente comme nécessaire de récupérer des zones d’influence et le contrôle de sources d’énergie et d’approvisionnement, à savoir ce qui est considéré par les politiciens états-uniens comme « l’arrière-cour latino-américaine. »

Le Venezuela est une pièce clef dans cette perspective puisque la page officielle de la CIA signalait, en 2015, que le Venezuela était le pays qui avait les plus importantes réserves de pétrole prouvées du monde (18 % du total) et, évidemment, de grandes réserves de gaz, de ressources hydrauliques et de minerais rares.

Il y a un facteur important que nous ne verrons jamais dans les analyses des think tanks, c’est qu’au Venezuela se trouvent aujourd’hui d’importantes ressources morales : la défense de sa souveraineté et de son indépendance politique, l’intégration régionale basée sur des critères de coopération, le soutien aux causes justes comme la Palestine, un projet égalitaire et de justice sociale de caractère socialiste… Nous pourrions dire qu’après la résistance héroïque de Cuba, le flambeau est passé aux mains des Vénézuéliens.

Toutes les données objectives signalent que la guerre sale contre le Venezuela a été mise en marche depuis longtemps, qu’avec le président états-unien B. Obama, on a appuyé sur l’accélérateur et qu’avec Donald Trump se poursuit le plan d’intervention fixé. En avril de cette année, l’amiral états-unien chef du Commandement Sud, Kurt Tidd, a dit devant le Comité des Services Militaires du Sénat des États-Unis que la situation au Venezuela avait empiré et que cela pourrait déclencher une « crise humanitaire qui demande une intervention militaire au niveau régional. ». Ensuite, il a dû préciser qu’il ne parlait pas d’une intervention militaire, mais il n’y a aucun doute que ses paroles donnent un aval à ce que l’opposition appelle Heure Zéro au Venezuela.

La résistance du peuple vénézuélien qui défend sa démocratie malgré la guerre économique, le fait de ne pas avoir réussi à fissurer l’Alliance bolivarienne, les tentatives répétées du gouvernement de Nicolás Maduro pour ouvrir des canaux de dialogue et sa proposition d’Assemblée Nationale Constituante en tant que stratégie pour vaincre pacifiquement l’opposition putschiste ont accéléré la feuille de route de l’intervention qui répond, avec de grandes similitudes avec ce qui a été fait au Chili avant le coup d’Etat de Pinochet, à ces lignes :

-Augmenter le niveau de violence et de provocation aussi bien en s’opposant à l’Assemblée Nationale que grâce à des groupes paramilitaires qui agissent dans la rue.

-Former un gouvernement parallèle légitimé par des organismes internationaux contrôlés par les Etats-Unis et par des pays alliés.

-Obtenir une masse critique avec le plébiscite frauduleux du 16 juillet.

-Entraver et saboter l’administration publique pour faire s’effondrer la prestation de biens et de services.

-Augmenter la pression économique et financière jusqu’à faire éclater définitivement l’économie.

-Organiser des campagnes systématiques de désinformation, de post-vérité et de fake news.

-Préparer des grèves et des débrayages dans les services, le transport et dans le secteur pétrolier.

-Boycotter l’entrée dans le pays d’aliments et de médicaments, paralyser les importations.

-Augmenter la propagande sur les violations des droits de l’homme, la crise humanitaire, etc…

-Créer un gouvernement de transition avec la reconnaissance de l’OEA et de certains gouvernements européens, en particulier du gouvernement espagnol.


Il ne s’agit pas d’une nouvelle forme de guerre sale. Aussi bien la séquence des événements que le type d’actions ont déjà été appliqués souvent dans l’environnement latino-américain : coups d’Etat, interventions militaires, financement de paramilitaires, d’opposants comme de la contre-insurrection, guerre psychologique, coups d’Etat doux, intervention humanitaire… L’isolement, la diabolisation et l’intervention continuent à s’accomplir à différents niveaux de complexité. La différence est que la résistance du peuple vénézuélien oblige l’impérialisme à diversifier ses formes d’intervention et à les rendre plus complexes.

Si, dans le cas des Etats-Unis, les intérêts dissimulés et la raison de la priorité donnée à l’agression contre le Venezuela semblent clairs, qu’est-ce qui fait agir le gouvernement espagnol et se joindre si activement à ce plan de guerre ? Etant donné qu’en ce moment, il n’y a pas d’élections en vue, il faut chercher d’un autre côté.

Après l’entrée de l’Espagne dans l’OTAN en 1982, a été signé l’Accord de Coopération pour la Défense (1988) avec plusieurs ratifications et amendements qui ont débouché sur le Nouvel Ordre du Jour Transatlantique (1995). Le renforcement des relations bilatérales s’est produit à partir de 2001, lors de la signature avec la Secrétaire d’Etat nord-américaine, Madeleine Albright, d’une déclaration conjointe qui représenta un saut qualitatif dans les relations bilatérales, en renforçant notre dépendance envers les Etats-Unis (non seulement au niveau politique mais aussi dans le domaine de la défense et de la sécurité, en matière de coopération économique et financière, scientifique, industrielle, technologique et culturelle).

A partir de la présidence d’Obama et après un petit froid dû au retrait des troupes espagnoles d’Irak, les relations bilatérales avec les Etats-Unis se sont à nouveau renforcées. Il y a eu la rencontre de Rajoy et d’Obama à Washington (janvier 2014), des voyages continuels de divers ministres, le voyage officiel des souverains d’Espagne, la visite du secrétaire d’Etat John Kerry et du secrétaire à la Défense Ashton Carter en Espagne, etc…

Le ministère des Affaires Etrangères lui-même affirme sur son site que les Etats-Unis sont un allié avec lequel « peu de pays dans le monde ont des liens historiques, culturels et linguistiques aussi forts et avec lequel nous partageons les mêmes valeurs démocratiques et intérêts géostratégiques. » N’importe qui sachant lire entre les lignes verra que la relation entre un pays comme l’Espagne, sans ressources naturelles importantes, avec une dette extérieure qui dépasse son PIB, une forte dépendance envers les ressources énergétiques, etc… et les Etats-Unis ne peut être une relation entre égaux mais uniquement une relation de subordination et de dépendance.

Pour les Etats-Unis, en finir avec le gouvernement vénézuélien est une politique d’Etat et fait partie de la guerre mondiale que l’administration états-unienne appelle « défendre les intérêts nord-américains dans n’importe quelle partie du monde. » Un empire, si décadent soit-il, ou au pouvoir si diminué qu’il soit, ne peut rien faire d’autre qu’étendre la guerre pour conserver son hégémonie. D’un autre côté, l’impérialisme n’est que la forme qu’adopte l’expansion capitaliste et, en ce moment, le Venezuela constitue l’un de ses principaux obstacles. Le guerre qui se livre contre le Venezuela est donc une guerre qui nous concerne tous puisque c’est seulement une des parties les plus visibles de la Troisième Guerre mondiale qui est déjà en marche.

Dans le cas du gouvernement et de l’Etat espagnol, sa position active et belliciste en faveur de la feuille de route des Etats-Unis provient de la servilité, de l’incapacité et de la subordination de notre classe politique.

Dans cette guerre contre le peuple vénézuélien et son gouvernement, l’équidistance ne suffit pas, la neutralité ou les bonnes intentions non plus. Il faut seulement démasquer et dénoncer le rôle de l’Espagne et soutenir les efforts héroïques d’un pays pour défendre son indépendance et sa souveraineté, efforts qui, en ce moment, doivent être la bannière qui nous unit tous contre l’impérialisme.


Angeles Diez est Docteur en Sciences Politiques et en Sociologie, professeur à l’Université Complutense de Madrid, membre du Forum Contre la Guerre impérialiste et l’OTAN, juillet 2017.


Traduit de l’espagnol par Bolivar Infos, relecture par Investig'Action





Source : Plataforma contra las Guerras

Alire aussi :

Les 10 victoires du Président Maduro, par Ignacio Ramonet

Depuis l’arrivée au pouvoir de Hugo Chavez, le pays a dû affronter une série d’obstacles politiques, sociaux et économiques aussi bien internes qu’externes, qui se sont accentués lors de la présidence de Nicolas Maduro. Ignacio Ramonet analyse ici l’année 2016, l’année la plus compliquée de la révolution bolivarienne. (...) source

- Depuis Caracas: L’exemple du Venezuela pour le monde
- Venezuela : la rébellion des riches
- Le compte à rebours de la guerre contre le Venezuela a commencé
- Venezuela heure zéro : ont-ils la force suffisante ?
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MessageSujet: Re: Venezuela: coup de projecteur sur les zones d´ombre médiatiques   Sam 5 Aoû 2017 - 0:15

Venezuela : La grande manip, par José Fort

Source : Venezuela infos, Thierry Deronne, 02-08-2017


File d’électeurs populaires pour la Constituante, le 30 juillet, au Venezuela. Les huit millions d’électeurs (soit une participation de 41,5%) dépassent les 37,5% du précédent référendum constitutionnel, organisé en 1998 dans un contexte pacifique, sans menaces, attentats ni barrages routiers de la droite. Une partie du chavisme critique qui s’était abstenu aux législatives de 2015, favorisant une large victoire de la droite à l’Assemblée Nationale, s’est cette fois mobilisé. (NDLR)


(NDLR: ) Exemple typique de manipulation. Cette ITW d’une avocate d’une ONG de l’opposition et « en exil » est une opinion mille fois exprimée par la droite et ses médias (majoritaires, d’ailleurs) sur place au Venezuela. En réalité, les policiers qui ont désobéi et fait usage excessif de la force ont rapidement été arrêtés et jugés, fait plutôt rare dans le monde: https://venezuelainfos.wordpress.com/2017/07/17/droits-de-lhomme-au-venezuela-deux-poids-deux-mesures/. Libération continue à victimiser les « manifestants pacifiques » pour mieux occulter que la majorité des morts sont causées par leur violence raciste. Ce média passe sous silence la barbarie commise par ces « combattants de la liberté » – des fanatiques d’extrême droite – contre des militants sociaux, des chavistes de base, des paysans en lutte pour la terre, des citoyens de peau noire, etc… Voir https://venezuelainfos.wordpress.com/2017/07/27/sous-les-tropiques-les-apprentis-de-letat-islamique/ et https://venezuelainfos.wordpress.com/2017/07/24/le-venezuela-est-attaque-parce-que-pour-lui-aussi-la-vie-des-noirs-compte-truth-out/ .


La journaliste de Telesur Monica Vistali dénonce un autre exemple de désinformation. Pendant que « Libé » rediffuse l’opinion qu’une des nombreuses ONGs de « droits de l’homme » de l’opposition répand depuis des années sur « la torture au Venezuela » comme s’il s’agissait d’une information ou d’un élément nouveau, une autre « organisation de vénézuéliens à l’extérieur » propose une variante croustillante : Evo Morales a envoyé au Venezuela des « violeurs » et des « tortureurs » pour « augmenter la répression du régime » de Nicolas Maduro. « Plus c’est gros plus ça passe » disait Goebbels.


par José FORT *

Un peu plus de 8 millions de Vénézuéliens ont voté dimanche en faveur d’une Assemblée constituante malgré la violence déclenchée par une opposition puissante disposant de moyens considérables financiers et médiatiques soutenue par le gouvernement des Etats-Unis et la CIA. Un succès pour le mouvement populaire et progressiste vénézuélien.

En France et plus généralement en Europe, la tendance médiatique est à l’acharnement contre le pouvoir en place à Caracas en procédant à une manipulation de l’information. Les images des manifestations de la dite « opposition » qui se traduisent généralement par des scènes de guerre sont largement diffusées alors que les rassemblements chavistes sont passés sous silence. On évoque plus de cent morts depuis le début des affrontements en oubliant de préciser que des candidats à la constituante et des militants chavistes ont été assassinés tandis que les forces de l’ordre ont enregistré nombre de morts et de blessés. Les médias des Bolloré, Drahi, Lagardère et ceux du « service public » ont choisi leur camp : celui de l’extrême droite vénézuélienne.

Ils rejoignent ainsi les pires forces réactionnaires du continent latino américain dans des pays qui osent remettre en cause le verdict des urnes vénézuéliennes alors que ces mêmes pays se distinguent par la corruption, le népotisme et les atteintes aux droits de l’homme. Je veux parler du Mexique, du Pérou, de Panama, de l’Argentine et de la Colombie.

Ce n’est pas au Venezuela que 45 étudiants ont été assassinés sans aucune suite judiciaire, que les fosses communes débordent d’hommes et de femmes martyrisés, que la misère et l’analphabétisme sévit dans tout le pays, mais au Mexique.

Ce n’est pas au Venezuela que le rapport 2017 d’Amnesty relève la multiplication de violences contre les femmes et les populations indigènes, que l’armée et la police s’illustrent par des opérations répressives dans le villages éloignés de la capitale, mais au Pérou.

Ce n’est pas au Venezuela que la finance internationale camoufle ses méfaits, mais au Panama.

Ce n’est pas au Venezuela que le pouvoir s’attaque aux grands mères des disparus durant la dictature, que la répression s’abat sur le mouvement ouvrier mais en Argentine.

Ce n’est pas au Venezuela que des centaines d’opposants politique restent toujours emprisonnés malgré des « accords de paix », que des militants de gauche sont assassinés mais en Colombie.

Le Venezuela n’a pas de leçon à recevoir de ces régimes corrompus et fascisants. Son peuple doit dans la paix enfin retrouvée surmonter lui et lui seul l’épreuve en cours.


Militants de base avec leur député à la Constituante, engagés notamment dans la lutte pour l’écosocialisme et pour le renforcement de l’État communal (État de Lara).

* Journaliste, ancien chef du service Monde de l’Humanité.
URL de cet article : https://www.humanite.fr/blogs/venezuela-la-grande-manip-639577


Venezuela : Révolution bolivarienne de B à M #0, par Filip Fi



Citation :
Une synthèse par un petit jeune plein d’avenir
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MessageSujet: Re: Venezuela: coup de projecteur sur les zones d´ombre médiatiques   Sam 5 Aoû 2017 - 0:18

-----> Suite il y a eu un bug ? ?

l faut savoir un gré infini à @Filip__FI, ce lycéen de la France Insoumise, pour la leçon de journalisme qu’il nous donne depuis peu sur son Blog http://bit.ly/2wcvsiZ. Jean Lacouture définissait le journaliste comme « l’historien du présent » et c’est bien ce qui fait défaut à nos zombies des médias : aider le citoyen lecteur, auditeur ou téléspectateur à comprendre le présent à travers l’examen vivant du passé.[/b][/center]

Pour bien comprendre l’univocité scandaleuse des médias actuels contre un processus démocratique qui a vu une énorme participation populaire répondre pacifiquement à trois mois d’insurrection armée de la droite, et où des militants de tous bords veulent élargir les droits citoyens en portant leurs propositions à la discussion de la constituante, on doit prendre en compte la disparition du pluralisme suite au rachat généralisé par les milliardaires, l’inculture crasse des écoles de journalisme réduites à l’enseignement du formatage, l’alliance du carriérisme et du conformisme chez d’ex-pigistes, la peur de se retrouver seul et de perdre des lecteurs, la droitisation des sociétés européennes, etc… mais il y aussi l’histoire profonde d’une Europe encore prisonnière de son histoire de domination. Se rappeler par exemple qu’il y a 200 ans des gazettes et agents nord-américains traitaient déjà Bolivar de « César assoiffé de pouvoir ». Ou comprendre que la politique Sud-Sud du président Chavez, visant à unifier l’Amérique Latine et à la rapprocher de l’Afrique, souvent décriée à cause de rapports avec l’Iran ou la Libye, s’inspirait en réalité de la vision de Bolivar del « Equilibrio del mundo » et de la célèbre conférence de Bandoeng de 1955 où pour le dire avec Lacouture, « Les damnés de la terre réinvente le monde« . Cette conférence réunissait pas mal de tyrans aux côtés de chefs d’État plus démocrates du Tiers Monde mais nul historien ne conteste qu’elle marqua une étape décisive dans l’émancipation post-coloniale des peuples du Sud.

Thierry Deronne, Caracas, juillet 2017

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Source : Le Blog Mediapart, Filip Fi, 10-07-2017

Le Venezuela et sa révolution bolivarienne, c’est quoi au juste? Si vous vous posez cette question, vous êtes au bon endroit. Pour certains d’entre vous, vous en avez entendu parler à l’occasion des deux derniers scrutins électoraux avec la fameuse “Alliance bolivarienne”. Pour d’autres, vous connaissiez déjà ce pays et ce qui s’y passe mais des questions restent toujours en suspens. Dans les deux cas, cette série d’articles vous est destinée. En voici un avant-propos.



© Filip FI

Au-delà du seul Venezuela, l’étude de la révolution bolivarienne est d’autant plus intéressante, qu’elle a amorcé le passage à gauche de nombreux pays d’Amérique latine en ce début de XXIème siècle, occasionnant des changements profonds et inédits à travers le continent, avec plus ou moins de succès selon les cas.

Mais elle est également à l’origine d’un clivage profond de Caracas à Paris. A la fois un clivage classique des forces politiques antagoniques (gauche/droite au sens littéral des termes), mais également un clivage fratricide au sein de la gauche intellectuelle, accentué par la crise en cours dans le pays.

Ma démarche à travers cette série d’article est avant tout d’informer et de rétablir la vérité à propos de cette révolution. Mille et une choses ont été dites et répétées dans les médias “mainstream”, avec souvent une désinformation qui frise le ridicule. Et pourtant, l’acharnement est tel, que certains, y compris parmi les plus convaincus jusqu’ici, se mettent à douter des acquis de la révolution et se perdent dans la critique incessante qui lui est faite. Par conséquent, ma démarche sera essentiellement factuelle oui, mais je ne manquerais pas de prendre position et d’interpréter certains faits, si cela me semble nécessaire.

Enfin, je termine cet avant-propos avec quelques précisons quant à la forme et l’origine de cette série d’articles. En premier lieu, il faut savoir que l’ensemble est basé sur un devoir du baccalauréat (TPE) que j’ai réalisé l’année dernière. Ce devoir est matérialisé par un dossier de trente et une pages déjà bien remplies. Afin de ne pas partir de zéro, j’ai décidé de le reprendre, notamment à travers son organisation, dans

l’optique de rendre accessible au plus grand nombre des informations aussi fiables que possible sur la révolution.

Le choix du titre des articles n’est pas non plus anodin. J’ai choisi la formulation Révolution bolivarienne de B à M pour deux raisons. Tout d’abord pour montrer la logique chronologique de notre aventure, du B de Bolivar au M de Maduro, mais aussi pour préciser que je n’ai nullement la prétention de relater ici la vérité vrai sur le Venezuela, ni de tout dire de A à Z. Je m’y appliquerais mais, n’étant pas un surhomme, certaines choses m’échapperont, quand d’autres seront de trop.

L’objectif premier de cette série d’article est de faire en sorte que les mensonges répétés mille fois, ne finissent pas par devenir des vérités.
Les articles se suivent chronologiquement mais peuvent tout à fait se lire séparément. Cela permet le partage séparé des articles afin que l’on diffuse un maximum autour de nous des informations qui se font rares dans la presse.
En vous souhaitant une bonne lecture et en espérant que cette série vous plaira et vous sera utile.

Source : Le Blog Mediapart, Filip Fi, 10-07-2017

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Venezuela: Révolution bolivarienne de B à M #1

Source : Le Blog Mediapart, Filip Fi, 12-07-2017

Comme son nom l’indique de la manière la plus explicite qui soit, la révolution bolivarienne se réclame de la pensé d’une personne : Simon Bolivar, pourquoi ? Qui est cet Homme ? Quelle est donc sa pensée pour qu’elle soit reprise au XXIème siècle ? Et oui, on ne fait pas de politique sans histoire, alors rembobinons la cassette historique de deux cents ans, car c’est là qu’en réalité, tout a commencé.



© Filip FI

I. Qui est-il?

Né le 24 juillet 1783 à Caracas, Simon Bolivar, aussi appelé le Libertador (libérateur), fut un homme politique et leader militaire qui joua un rôle majeur dans la libération des peuples de l’Amérique du Sud.
Fils d’aristocrates espagnols, il grandit, contrairement à ce que l’on pourrait penser, dans un milieu privilégié. Il perd ses parents très jeunes (3 et 9 ans) mais deux personnes vont l’éduquer et forger sa pensé. Hipolita est sa nourrice noire et esclave de la famille, elle va le nourrir et s’occuper de lui comme son propre enfant (elle donnera d’ailleurs son nom à une des missions sociales de la future révolution). Bolivar la gardera toujours au plus près de son cœur.

Simon Rodriguez ou Robinson est peut-être celui qui a joué le plus grand rôle pour forger la pensée de Bolivar, c’est son mentor. C’est un lecteur de Rousseau qui va l’initier à la littérature classique et à la philosophie libérale jusqu’en 1798 (il a d’ailleurs sa place au Panthéon National et donnera lui aussi son nom à une mission sociale). A partir de cette date, Bolivar, poussé par son oncle, entame une carrière militaire et des voyages initiatiques en Europe qui vont compléter sa formation.

En 1799 il arrive en Espagne après une escale au Mexique et à Cuba, il y rencontre rapidement la belle espagnole Maria Teresa dont il tombe amoureux. Il veut fonder une famille et revenir au Venezuela mais son oncle lui conseille de voyager quelques temps en lui expliquant que c’était un peu prématuré. 1801, il se rend à Bilbao puis en France à Paris et Amiens avant de revenir à Madrid et épouser Maria Teresa. Bolivar et Maria Teresa vivent l’amour fou et voyagent au Venezuela jusqu’en janvier 1803 où Maria meurt de la fièvre jaune. Bolivar est bouleversé et anéanti, il repart en Europe pour s’installer à Paris au printemps 1804. Il va y vivre une vie sociale très intense avec tous les plaisirs que peut offrir la capitale française et va même avoir des amours furtifs, un signe évident de sa tourmente amoureuse après la mort de Maria. Bolivar va également y retrouver son maître et ami Simon Rodriguez et d’autres savants avec lesquels il va commencer à parler de l’indépendance latino-américaine.

Continuant ses voyages à travers l’Italie, la Hollande, l’Angleterre et les Etats-Unis, Bolivar s’aperçoit que le déclin de l’empire espagnol est inéluctable et jure à Rome de ne jamais laisser son âme, ni son bras en repos, tant que l’Amérique « espagnole » ne sera pas libre.


Statue de Simon Bolivar à Paris par Emmanuel Frémiet en 1930 © Jebulon

II. El Libertador

De retour au Venezuela, Bolivar entame le processus de libération de l’Amérique. Ne racontons pas toutes les batailles militaires mais allons directement aux dates clés de cette indépendance qui sera marquée et influencée par la mort de Bolivar.

- 5 juillet 1811 : Avec l’appui de Bolivar et Francisco de Miranda (un autre héros de l’indépendance), un congrès proclame l’indépendance et la Première République du Venezuela.
- Juin 1812 : Les troupes espagnoles reconquièrent le pays.
- Août 1813 : Après de nombreuses victoires militaires de Bolivar, la Deuxième République est proclamée. Le titre de « Libertador » lui est alors décerné par la municipalité de Caracas (future capitale) le 14 octobre de la même année.

Malgré tout, la république est proclamée mais différentes batailles continueront de sévirent avant la véritable indépendance, c’est-à-dire le retrait définitif des troupes espagnoles.

- 17 janvier 1819 : Sous l’impulsion de Bolivar et sa vision de l’union latino-américaine, la Grande Colombie est proclamée. Elle regroupe le Venezuela et la Colombie (incluant à l’époque le Panama). Plus tard, l’Equateur en fera partie à partir de 1822.
- 17 décembre 1830 : A l’âge de 47 ans, Bolivar, souffrant de graves problèmes de santé, s’éteint, et avec lui la Grande Colombie la même année. Sa mort reste tout de même mystérieuse, certains affirment qu’il a été assassiné.
- 1845 : Après des décennies d’obstination des espagnols pour ces territoires, la souveraineté est enfin reconnue et les troupes militaires espagnoles se retirent enfin.



Drapeau de la Grande Colombie de 1821 à 1831

III. Le bolivarisme

Sur le fond, quel est l’héritage idéologique laissé par Bolivar pour qu’il soit repris à travers tout un continent au XXIème siècle?
On note avant tout la nécessité d’une unité latino-américaine qui va de pair avec son indépendance. Les indépendances nationales doivent se consolider à travers un pouvoir central qui serait le garant de la stabilité du continent. La Grande Colombie en a été une expérience.
Bolivar est également le précurseur de l’anti-impérialisme sur le continent en prônant l’équilibre universel. Cette doctrine consiste à combattre sur le plan international, toute supériorité de nations sur d’autres. Elle s’applique tant à l’hégémonie européenne que celle des Etats-Unis. Et oui, en 1829, Bolivar disait déjà des Etats-Unis qu’ils semblaient “destinés par la Providence à attirer sur l’Amérique toutes les pires plaies au nom de la liberté”.
Mais Bolivar est par-dessus tout un humaniste convaincu. Il refuse l’esclavage et l’exploitation des indigènes, et prône liberté et justice. C’est également un pacifiste, l’armée ne servant à ses yeux qu’à libérer des territoires, en aucun cas les conquérir.

Cette période de l’histoire est extrêmement importante pour comprendre la révolution bolivarienne. Le chavisme fera constamment référence à ces héros de l’histoire vénézuélienne pour s’y identifier. Bien que Bolivar prendra le dessus pour la symbolique dont il est porteur, bien des noms reviendront sur la scène politique, de Sucre à Miranda, en passant par Robinson ou Hipolita.
Dans quel contexte reviendront-ils? La suite au prochain épisode…

Si vous voulez aller plus loin…

- …dans la pensée bolivariste, je vous conseille cet excellent texte d’Héctor Constant Rosales, professeur à l’Université centrale du Venezuela, qui détaille la pensée de Bolivar et son actualité au sein des relations internationales de l’Amérique latine:
Actualité de la pensée de Simon Bolivar dans les relations internationales du XXIe siècle
- …dans la biographie de Simon Bolivar lui-même, il est sortie en 2013 un film à très gros budget qui retrace justement sa vie à travers ses aventures américaines et extra-américaines:
Liberator

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MessageSujet: Re: Venezuela: coup de projecteur sur les zones d´ombre médiatiques   Dim 13 Aoû 2017 - 9:53

Le Venezuela d’aujourd’hui et de demain, par François Houtart


Citation :
Suite de notre série sur le Venezuela, avec différents articles visant à compléter la vision diffusée par les médias.

Rappelons que nous ne soutenons aucun camp là-bas, militons pour que le peuple vénézuelien choisisse librement et démocratiquement son avenir, et condamnons toutes les atteintes aux Droits de l’Homme des deux camps…

Un second son de cloche…


Source : Le Blog mediapart, Jean-Marc B, 07-06-2017

François Houtart, grand militant anti-impérialiste et de l’émancipation, est décédé à 92 ans hier à Quito (Equateur) où il vivait depuis 7 à 8 ans. Il avait écrit récemment l’article ci-dessous suite à sa dernière visite au Vénézuela.

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Après une visite à Caracas, j’aimerais faire quelques réflexions sur la situation du pays.

L’idée d’une révision de la Constitution sur des bases plus populaires est, en principe, bonne, mais implique un processus qui s’étend à moyen voir à long terme alors que les problèmes existants sont à court terme. Avant la fin du processus, les gens risquent de se fatiguer face aux difficultés de la vie quotidienne. Celles-ci proviennent évidement du boycott et de la spéculation de la part du capital local et de l’impérialisme, mais également de problèmes ordinaires en ces temps de pénuries : marché noir, accaparement de marchandises, changement dans la production en fonction de la loi du marché, des intermédiaires, mais également la corruption des agents de l’État.

Malgré tout, il y a un risque de “fétichisme” de la loi (ici de la Constitution) qui tend à confondre le texte juridique avec la réalité. C’est une tendance très latine dans le monde entier, depuis la Déclaration universelle des Droits Humains de la Révolution française. Karl Marx en parlait déjà dans son écrit sur la Question Juive. Sans compter qu’il ne sera pas facile de définir sur quelles bases vont se désigner les électeurs et cela également prendra du temps. Finalement, il y a un risque de non participation de l’opposition qui laissera alors le processus dans les seules mains des convaincus, sans parler d’un possible rejet de la part de la majorité de la population.





- Renégocier la dette extérieure qui extrait des milliers de millions de dollars du pays, alors qu’il existe des pénuries, en sachant qu’il y a évidemment le risque de faire monter l’inflation du pays déjà la plus haute du monde.
- Revoir la dette interne qui pour le moment revient à être un financement de l’opposition.
- Repenser la question de l’arc minier de l’Orénoque, qui, en voulant régler le problème des mines illégales, est également un retour au passé néolibéral, avec des concessions aux grandes multinationales et paiement de compensations pour les expulsions passées, du temps de Chavez.
- Agir sur le système de distribution des denrées encore toujours aux mains du capital local (il y a une dizaine de grandes entreprises qui manipulent et génèrent la pénurie) alors que la production et les importations ce sont relativement améliorées.
- Freiner la spéculation financière qui, avec l’hyperinflation, permettent à certains groupes d’engranger d’énormes fortunes sur le dos du bien public et d’augmenter la fuite des capitaux (qui est estimée à plus de 300.000 millions de dollars ).
- lutter contre la corruption interne (y compris de l’armée) qui empêche la distribution des biens que le gouvernement achète à l’extérieur.
- etc.



Un groupe se développe actuellement qui, bien qu’il soit contraire à l’opposition, critique certaines politiques du gouvernement. Il fait des propositions concrètes mais risque d’être identifié comme dangereux ou pour le moins utopiste dans ce climat de confrontations extrêmes, et non comme capable de proposer des alternatives dignes d’être prises en considération.

Évidemment, la chute du gouvernement de Maduro aurait comme résultat l’arrivée au pouvoir d’un Macri ou d’un Temer, c’est-à-dire d’un régime anti Populaire. C’est pourquoi il faut défendre sa légitimité jusqu’à la fin de son mandat. Il est important de rappeler ici que l’utilisation de la violence par l’opposition a pris des dimensions inédites, destruction d’édifices publics (un hôpital, un dépôt de l’aviation civile, entre autres), l’immolation d’un jeune homme, l’utilisation d’excréments humains, face à des forces de l’ordre qui ont reçu l’ordre de ne pas utiliser d’armes à feu.

Par essence même, les moyens de communication amplifient l’importance des actions violentes de la droite, ce qui donne l’impression d’un chaos généralisé alors que la vie quotidienne continue malgré les difficultés. Les services publics comme le transport, la collecte des déchets, le nettoyage des lieux publics, fonctionnent.

Il est certain que la pénurie dans un secteur comme la santé peut avoir des conséquences dramatiques et, à moyen terme, le manque de pièces détachées peut se répercuter sur la disponibilité de véhicules en état de rouler. Ce 21 mai, l’opposition a convoqué une grève générale et, à Caracas, la ville n’était pas paralysée et la vie a continué son cours.

Nonobstant, pour défendre sa légitimité, le gouvernement doit éviter des erreurs qui le mettent en doute et qui alimentent les campagnes de dénigrement menées par la majorité des médias nationaux et internationaux. On pourrait attendre de Nicolas Maduro qu’il adopte plus un discours de chef d’État que de militant de base, en se rappelant qu’il parle à toute la nation, à tout le continent latino-américain, ainsi qu’au reste du monde, et pas seulement aux membres de son parti.

Finalement, c’est surtout et premièrement une question de confrontation de Classes. Les manifestations de l’opposition le prouvent clairement, par le type de quartier où elles sont organisées et le public qui y participe. Une partie de la classe moyenne urbaine, dont le pouvoir d’achat a été très affecté par la chute de la rente pétrolière (aujourd’hui une importante pièce détachée de voiture coûte le même prix que 5 voitures il y a 4 ans), joue un rôle majeur de soutien aux classes les plus aisées qui veulent récupérer le pouvoir politique. Ces dernières s’unissent à des groupes violents (la majorité des victimes sont Chavistes). Mais il existe également un fort mécontentement dans les classes subalternes de la base du processus Bolivarien, en ce qui concerne la détérioration des “missions” par manque de financement et par la corruption (dans le secteur de la santé, de l’éducation, des marchés populaires, qui existent toujours structurellement mais avec moins de contenu réel).




La mortalité maternelle et infantile en augmentation est le résultat de différents facteurs combinés : la logique capitaliste de monopole mondial qui manipule les prix des produits de premières nécessités, le boycott interne par ceux qui ont toujours entre leurs mains le pouvoir économique et la grande distribution et finalement la corruption interne, il n’est pas certain que la meilleure réponse était de destituer la ministre de la Santé qui a révélé ces chiffres.

La grande difficulté est de combiner la vision à long terme avec celle à court terme. Álvaro García Linera a écrit qu’une révolution qui n’assure pas (pour quelle que raison que ce soit) la base matérielle de la vie de la population, n’a pas beaucoup de futur devant elle et ses adversaires le savent bien.

La Conférence épiscopale a choisi son camp (celui de l’opposition) et produit des textes d’une grande pauvreté intellectuelle, alors que le Pape n’a pas hésité à critiquer l’opposition pour son manque de volonté au dialogue.

Au Venezuela, comme dans tous les pays Post-néolibéraux d’Amérique Latine, la question est de refonder un projet de Gauche et non de l’adapter. C’est la seule manière d’être fidèle au postulat de base d’émancipation du peuple et de réorganisation de la société qui a généré tant d’espérances et d’admiration dans le monde entier et qui, au Venezuela, a toujours de bonnes bases au sein des initiatives Communales. C’est également le chemin pour sortir progressivement de la rente pétrolière ou minière, fruit d’une production hautement destructive de l’environnement et en contradiction totale avec un projet post capitaliste.

L’adoption d’une vision holistique de la réalité pour définir un nouveau paradigme de l’existence collective de l’humanité sur la planète, qui soit de vie et non de mort, comme l’est le capitalisme (mort de la Madre Tierra, la Terre Mère, et une économie qui sacrifie des Millions d’êtres humains) est une base nécessaire. Cela implique une autre relation avec la nature, une relation qui n’est pas basée sur l’exploitation mais sur le respect, la possibilité de régénération de celle-ci, qui ne s’appuie pas sur l’extractivisme, forme capitaliste de l’extraction et qui n’est pas construite sur la rente de produits hautement nocifs pour l’environnement et qui altèrent au final le climat de la planète.

Cette vision implique de privilégier la valeur utile sur la valeur monétaire (unique valeur existante pour le capital) avec toutes les conséquences que cela implique pour la propriété des moyens de production. Cela demande aussi une généralisation des processus démocratiques, pour construire le nouveau Sujet Historique, qui n’est plus seulement le prolétariat industriel du 19e siècle mais intègre également l’inter-culturalité et la fin d’une domination de la culture appelée occidentale, fruit du développement capitaliste, domination instrumental, morcelant le réel, individualiste, et qui exclut d’autres lectures et d’autres savoirs.

C’est ce que l’on pourrait appeler le Bien Commun de l’Humanité ou l’Écosocialisme ou n’importe quel autre nom qui permette de synthétiser ce contenu. La conquête de ces objectifs exige des moments de transition qui prendront du temps et qu’ en particulier les gouvernements du changement doivent définir, chacun à l’intérieur de ses frontières.

François Houtart, 25 mai 2017.
source en ESP : ALAI
Traduit par Alessandra Moonens
Illustrations : comando creativo
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MessageSujet: Re: Venezuela: coup de projecteur sur les zones d´ombre médiatiques   Mar 15 Aoû 2017 - 10:32





Citation :
Suite de notre série sur le Venezuela, avec différents articles visant à compléter la vision diffusée par les médias.

Rappelons que nous ne soutenons aucun camp là-bas, militons pour que le peuple vénézuelien choisisse librement et démocratiquement son avenir, et condamnons toutes les atteintes aux Droits de l’Homme des deux camps…

Pour changer, une vision critique venant de l’extrême-gauche

Source : Le Blog mediapart, Jean-Marc B, 21-05-2017

Le régime « chaviste », après avoir déréglé les mécanismes de l’économie de marché, sans leur substituer la logique d’une économie socialiste, ni d’un pouvoir des travailleurs, connait un effondrement économique sans précédent, et des affrontements croissants entre la nouvelle et la vieille bourgeoisie. La seule alternative est la construction d’un mouvement ouvrier et populaire indépendant.

Effondrement économique


Chavez a donné le change un moment avec de longs discours sur le « socialisme du XXIème siècle » et même l’écosocialisme. Mais les discours enflammés ont servi à maintenir une société toujours capitaliste, toujours autoritaire, sans démocratie des travailleurs, très dépendante du pétrole comme des multinationales et de la finance internationale. A aucun moment la bourgeoisie n’a été expropriée. A tel point qu’elle prospère politiquement, profitant de l’approfondissement sous Maduro de l’incohérence économique, de la corruption et du césarisme autoritaire.

Les produits pétroliers ont représenté environ 95 % des exportations en 2016 contre 69 % en 1998. Il n’y a pas eu de réinvestissement productif de la gigantesque rente que l’Etat vénézuélien a encaissé comme résultat de la montée des prix du pétrole dans les années 2000. Le Vénézuela n’est pas sorti du modèle du pétro-Etat corrompu et donc autoritaire, pas plus que le Nigeria ou l’Angola.

Pendant la présidence de Chavez (1999-2013), le cours du pétrole est passé de 8 à 150 dollars le baril, mais le régime de Chavez n’a pas réinvesti une partie de cette rente dans des projets productifs, ni même dans la production de pétrole. Celle-ci a chuté entre 1998 et 2016 de 3,2 à 2,2 millions de barils par jour. L’absence d’investissements a aussi fait reculer la quantité raffinée de plus de 1 million en 2005 à 830 000 baril par jour en 2015. Le Vénézuela vend de moins en moins de brut et doit maintenant importer des produits raffinés. Le pays importe désormais du sucre et du café et manque des devises nécessaires à l’achat de ses produits de base.

L’hyperinflation, selon les calculs du FMI, dépasse en Avril 2017 les 700% en rythme annuel. Le taux de croissance est fortement négatif depuis 2014. En 2016, l’État a payé plus de 60 milliards de dollars pour le remboursement de la dette publique externe, soit environ 15% du PIB, alors que les droits élémentaires comme la santé ou l’alimentation ne sont plus assurés. De nombreux médicaments allant de simples anti-inflammatoires aux traitements de chimiothérapie sont devenus inabordables pour la plupart des Vénézuéliens, à tel point que Maduro a demandé aux Nations Unies de l’aider.

L’émigration, pour la première fois, devient massive. La crise économique amplifie les recours à la violence. Selon un rapport de l’observatoire vénézuélien de la violence publié fin 2016, le Vénézuela serait le deuxième Etat le plus violent au monde après le Salvador avec un taux d’homicides estimé de 91,8 par an pour 100.000 habitants .

Le gouvernement cède enfin à l’extractivisme, avec son mégaprojet d’exploitation minière autour de la frange de l’Orénoque, sous contrôle des militaires et en alliance avec des multinationales, qui devrait concerner 12% du territoire national, au détriment de l’environnement, de la biodiversité exceptionnelle de cette zone et des nombreuses communautés indigènes. Il prévoit aussi de placer une grande partie du pays sous un régime de Zones économiques spéciales (ZES) où ne seront pas appliquées les lois fiscales, de protection sociale ou du travail.



Affrontement entre deux secteurs de la bourgeoisie

La crise économique s’est soldée par la victoire de l’opposition aux élections législatives de décembre 2015. L’opposition regroupées dans le MUD (Table de l’Unité Démocratique), coalition d’une vingtaine de partis, a alors remporté 99 sièges sur 167 au Parlement monocaréral, les chavistes n’en retenant plus que 46. C’est alors que le président Maduro a commencé à concentrer tous les pouvoirs dans l’exécutif. Il a d’abord a refusé de reconnaitre la victoire de l’opposition. Le Tribunal suprême de Justice, a accepté seulement 7 dénonciations pour fraude concernant 8 députés, dans trois Etats, mais a ordonné l’annulation des résultats. Puis début 2017, le Tribunal suprême s’est approprié les pouvoirs législatifs, remettant en cause en même temps l’immunité parlementaire. Mais face aux protestations internationales et nationales, y compris celle de Luisa Ortega, Procureure de la République, chaviste historique, Maduro a fait marche arrière.

En mai 2016 déjà, les tensions sur la frontière avec la Colombie ont été le prétexte de la déclaration de l’Etat d’exception et de l’Etat d’urgence. Puis Maduro a refusé de présenter le budget devant le Parlement, se contentant de le faire ratifier par le «parlement du peuple», à savoir son parti, le PSUV (Parti socialiste unifié du Venezuela).

L’opposition a lancé en 2016 le processus de récolte de signatures requis par la Constitution pour la tenue d’un référendum révocatoire du Président de la République. Cependant, le Conseil national électoral (CNE), a suspendu le processus le 20 octobre 2016, après que des tribunaux pénaux déclarent qu’il y avait fraude pour 1% des signatures. Le CNE a recueilli à nouveau le montant des signatures nécessaires, le CNE a communiqué à la population que le référendum était suspendu jusqu’à nouvel ordre, étant donné qu’en cette année 2017 il y avait des élections municipales.

Le président Maduro est confronté depuis le 1er avril à une vague de manifestations hostiles et de violences qui ont déjà fait des dizaines de morts, des centaines de blessés, des centaines d’arrestations, dont un grand nombre d’emprisonnés sur ordre de tribunaux militaires.

En réponse à cette situation, Maduro a annoncé le 1er Mai la convocation d’une assemblée constituante chargée de réformer le texte suprême datant de 1999 et qui serait conformée de 500 membres dont « 200 à 250 seront élus par la base de la classe ouvrière, des communes, des missions, des Indigènes, des paysans, des quartiers, des mouvements sociaux », l’autre moitié étant élue au scrutin direct « selon un système territorial » sur la base des circonscriptions municipales.

Les députés de l’opposition ont dénoncé le fait que« les constituants ne seront pas élus par des votes libres, secrets et universels » et que« le gouvernement obtiendrait le contrôle de tous les pouvoirs », y compris du Parlement, dont la majorité lui est opposée depuis les législatives de décembre 2015. Nicmer Evans, dirigeant de Marea Socialista, voit dans la décision de Maduro « un coup contre la Constitution promue par Hugo Chavez, la mort du projet chaviste décidée par le gouvernement ».

L’opposition continue à exiger des élections générales anticipées et rejette la convocation de cette assemblée constituante, affirmant qu’il s’agit d’une manoeuvre pour repousser le scrutin présidentiel prévu fin 2018 et s’accrocher au pouvoir. Elle redouble d’imagination chaque jour pour maintenir la pression dans les rues. Elle a ainsi fait manifester plusieurs milliers de grands-parents à Caracas, a organisé des cortèges de voitures, de motos, de vélos et même de chevaux à travers le pays. Elle a réuni une nouvelle manifestation à l’occasion de la fête des Mères, et le 20 mai environ 200 000 dans plusieurs ville, notamment à Caracas. L’opposition entend désormais rendre le Vénézuela « ingouvernable », y compris par le bloquage des autoroutes. Quelques jours avant, 2 600 militaires ont été déployés dans l’Etat de Tachira, à la frontière de la Colombie, après une série de pillages et d’attaques contre des installations de la police et de l’armée. Des troubles agitent aussi d’autres régions du pays.

Maduro affirme bénéficier de la «loyauté inconditionnelle» de l’armée, et accuse ses adversaires de mener une «insurrection armée» pour favoriser un coup d’État avec le soutien logistique et financier des États-Unis. “Nous ne pouvons pas parler de manifestations. Il s’agit d’actions subversives (…) qui virent déjà à l’insurrection armée”, a accusé le ministre de la Défense le général Padrino Lopez. “L’idée est de transformer le Venezuela en une Syrie et (l’Etat de) Tachira en un Alep ».

Dans le même temps, le régime s’est attaqué aux formations politiques jusque-là proches du « chavisme critique » et indépendantes du parti du régime (le Parti socialiste unifié du Venezuela -PSUV) comme Marea Socialista ou le PC Vénézuélien. Elle doivent désormais se plier à des conditions draconiennes pour tenter de conserver une existence légale. La plupart des entreprises publiques ont été militarisées, et les garanties constitutionnelles sont éliminées par l’Etat d’exception.

Isolement diplomatique

Hugo Chavez avait créé l’ ALBA (Alliance bolivarienne des peuples de notre Amérique, en français « Aube ») , une tentative de plus de la bourgeoisie latino-américaine pour avoir une politique plus indépendante de l’impérialisme. Elle est aujourd’hui agonisante du fait de l’isolement du Vénézuela et des reculs des gauches dites progressistes du sous-continent.

Les Etats-Unis et les régimes de droite ont profité de cette crise pour isoler le régime chaviste. Obama avait déclaré en 2015 que le Venezuela était une menace pour la sécurité nationale et la politique extérieure des Etats-Unis . Washington a depuis, tout en niant financer toute action violente au Venezuela, exprimé à plusieurs reprises son inquiétude quant à la situation du pays sud-américain, comme l’ont également fait l’ONU, l’Union européenne et l’Organisation des États américains (OEA). En réponse, Caracas a décidé de quitter l’OEA. Des pays de centre-gauche comme le Chili ou l’Uruguay font des pressions. Le régime de Maduro a aussi fait l’objet de condamnation de la part d’une quantité d’ONG, comme par exemple American Watch, Amnesty International ou Reporters sans Frontières. Le 17 mai, le Conseil de sécurité de l’ONU a abordé le sujet du Vénézuela pour la première fois, à la demande de Washington. Durant la réunion, les Etats-Unis ont affirmé le risque que cette crise « ne dégénère en un conflit d’envergure, similaire à la situation en Syrie ou au Soudan du Sud ».



« Union nationale » entre exploiteurs et prédateurs ?

La Déclaration récente de mouvements et organisations de gauche du Vénézuela parle de la dictature d’une « droite unifié (MUD-PSUV-militaires-Eglise catholique)…criminalisant toutes les positions dissidentes qui remettent en question leur actuel pacte bipartisan dont la trompeuse dispute vise non pas l’amélioration des conditions de vie dégradantes de la majorité de la population – qui vit exclusivement de son travail – mais l’administration de la rente pétrolière… ».

La constitution d’une « Union nationale » formalisant l’existence de cette « droite unifiée » serait peut-être la seule issue capable d’éviter une guerre civile à court terme. Elle demanderait une négociation sur les mécanismes institutionnels et la répartition du gâteau entre les deux secteurs bourgeois en conflit: la bourgeoisie classique, représentée grossièrement par les dirigeants du MUD, et la bourgeoisie émergente, dite « boli-bourgeoisie », qui dispose de l’Etat comme un levier d’«accumulation primitive».L’accumulation de la première repose sur l’exploitation directe du travail, celle de la seconde sur toutes les formes de prédation, notamment ici l’appropriation de la rente pétrolière et minière. La conclusion d’un accord est d’autant plus difficile que le MUD est lui même très divisé. Il réclame la démission de Maduro, mais n’a pas de programme commun.

Fort de ses services reconnus lors des négociations entre les Etats-Unis et Cuba, le Vatican a tenté une médiation entre les deux secteurs, mais celle n’a pas abouti, y compris faute de soutien de la Conférence Episcopale vénézuélienne.

Coup d’Etat militaire ?

C’est le moins probable, car l’armée gère déjà le pays. Un tiers des ministères et la moitié des gouverneurs sont aux mains des militaires. Ils se substituent même de plus en plus à la Justice. Ils sont placés à des postes clés de la gestion publique où les niveaux de corruption sont particulièrement importants: allocation des devises, ports, distribution alimentaire. Les militaires contrôlent la production et la distribution d’aliments de première nécessité, mais aussi une société pétrolière, une télévision, une banque, une usine d’assemblage automobile et une entreprise de construction.

Toutefois les militaires ont manifesté plus de soutien à Chavez qu’à Maduro. Ce dernier, visiblement inquiet, vient de demander aux militaires de faire des propositions afin de renforcer « l’union de l’armée avec le peuple bolivien ». Précédemment, il avait écarté des cadres et renforcé les privilèges de l’Etat major. Depuis décembre ces dépenses ne sont plus contrôlées par des cours de justice de la République…



Invasion impérialiste ?

Alors que en 2015 Obama avait déclaré le Vénézuela une menace pour la sécurité des Etats-Unis, le Vénézuela est sans doute devenu deux ans plus tard une menace secondaire, pour trois raisons: les Etats-Unis disposent de « meilleurs ennemis » au Moyen-Orient, le Venezuela a perdu tout le poids gagné sur le continent à l’époque de Chavez, et les Etats-Unis sont devenus autosuffisants en pétrole. Mais la rupture du Venezuela avec l’OEA, et la personnalité de Trump ne peuvent exclure une invasion militaire, notamment en cas de guerre civile. Le risque existe donc que les Etats-Unis attendent que le fruit mûrisse pour donner le « coup de pouce », avec ou sans l’appui de l’OEA.



Une issue progessiste ?

La situation des classes populaires est dramatique, et exige la reconstruction d’un instrument un instrument qui redonne espoir aux travailleurs, aux jeunes, aux femmes, aux intellectuels qui entendent renouer avec la lutte pour l’émancipation. C’est la seule voie qui puisse éviter la barbarie, en établissant enfin à terme un pouvoir des travailleurs.

C’est l’issue que défend la gauche vénézuélienne et qui mérite le soutien des progressistes du monde entier. La Déclaration de mouvements et organisations de gauche déjà citée lance un appel pressant « Nous sommes convaincu·e·s de l’urgente nécessité de consolider un nouveau pôle politique de référence, c’est-à-dire un mouvement éthico-social ample qui exprime les véritables aspirations et les besoins des hommes et des femmes vénézuéliens. C’est la raison pour laquelle nous convoquons tous les secteurs sociaux et politiques de l’Etat ainsi que du pays (travailleurs ruraux et urbains, étudiants, commerçants, producteurs, communautés organisées, autres organisations populaires et le peuple en général) à construire ce mouvement politico-social sans dirigeants ni corrompus. »



Quelle solidarité ?

Premièrement, il faut défendre le peuple du Vénézuela, pris en étau dans un conflit entre deux bourgeoisies: l’ancienne, qui a raté son coup d’Etat en 2002, mais loin d’avoir disparue, et la « boli-bourgeoisie », monstre née de la corruption et des trafics divers sous la protection de l’armée. Face à la menace impérialiste, il faut exiger le respect du principe de non intervention, les manoeuvres des Etats-Unis et de l’OEA comme les préparatifs d’agression directe.

Deuxièmement, ce serait tirer dans le dos du peuple vénézuélien que de défendre le régime en place, totalement bourgeois. C’est l’ornière dans laquelle sont tombées beaucoup de secteurs de la gauche latino-américaine et bien au delà, y compris en France.

Troisièmement, le Vénézuela est l’occasion de comprendre, une fois de plus, que s’arrêter à mi-chemin sur le chemin de l’expropriation de la bourgeoisie, de la socialisation des grands moyens de production, et d’un pouvoir des travailleurs, c’est nécessairement aboutir au chaos économique et au désastre politique.

Source : Le Blog mediapart, Jean-Marc B, 21-05-2017

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Le “socialisme” du Vénézuela n’est que soumission au capital

Source : Le Blog mediapart, Jean-Marc B, 27-06-2017

Les statistiques officielles du Vénézuela confirment que la “révolution bolivarienne” chantée par certains politiciens réformistes n’a jamais eu lieu. La vieille bourgeoisie a pu augmenter la rentabilité du capital, comme empêcher les nationalisations. Elle ne s’oppose sur le fond à la nouvelle “bolibourgeoisie” que pour accaparer les rentes du pétrole et de divers trafics.


Dans “Où va le Venezuela ?, article publié il y a quelques semaines, nous expliquions que le régime « chaviste », après avoir déréglé les mécanismes de l’économie de marché, sans avoir jamais commencé à leur substituer la logique d’une économie socialiste, ni d’un pouvoir des travailleurs, connaissait un effondrement économique sans précédent, et des affrontements croissants entre la nouvelle et la vieille bourgeoisie.

Nous disposons maintenant des statistiques officielles qui confirment la soumission absolue au capital du régime soit disant “socialiste” du Vénézuela. Elles sont reprises d’un article de défense de la bolibourgeoisie, posté sur un blog MDP, bien entendu pas ouvert aux commentaires…

Première constatation lue dans les statistiques officielles: un aspect essentiel du modèle néolibéral s’est imposé. Alors que la production dans le secteur privé a augmenté en moyenne de 35% entre 1999 et 2015, la valeur ajoutée par les institutions financières et d’assurance, principalement privée, a littéralement explosé (375 %) durant la même période.

Deuxième constatation: non seulement le produit intérieur brut du secteur privé a augmenté, mais le taux de rentabilité du capital a plus que doublé entre 2003 et 2008, se situant alors à 22 % en 2008. C’est la dernière mesure disponible. Elle correspond au niveau le plus élevé depuis que cette donnée est mesurée, soit depuis 1970 (14 %).

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Troisième constatation lue dans les statistiques officielles: sur 28.222 unités économiques correspondant en 2015 à l’activité industrielle, seules 363, soit 1,2 % sont aux mains du secteur public. Ce chiffre tombe à 0,12 % pour les unités économiques liées aux activités commerciales, et à 0,88 % pour celles du secteur des services.

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En supplément :

Venezuela : la lune de miel entre Trump et l’opposition



“L’option militaire” de Trump contre le Venezuela est à l’ordre du jour depuis la constitution de l’Assemblée nationale constituante (ANC). Celle-ci prend place au moment où l’opposition est à nouveau divisée. Cependant, cette ingérence n’est pas l’improvisation d’un président névrosé, elle fait partie depuis le début d’un scénario violent voulu par une fraction de l’opposition. (...) La suite sur le lien.
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MessageSujet: Re: Venezuela: coup de projecteur sur les zones d´ombre médiatiques   Mer 16 Aoû 2017 - 17:47

La « guerre économique » pour les Nuls (et les journalistes), par Maurice Lemoine

Citation :
Suite de notre série sur le Venezuela, avec différents articles visant à compléter la vision biaisée diffusée par nos médias.

Source : http://www.medelu.org/La-guerre-economique-pour-les-Nuls, 11-08-2017



Sous la forme d’un feuilleton en quatre parties que vous pourrez retrouver chaque jour à partir du 11 août 2017, Mémoire des luttes publie une enquête exclusive de Maurice Lemoine consacrée à la question de la « guerre économique » au Venezuela.

Alors que la vague de violence déclenchée par une opposition décidée à le renverser a provoqué la mort de plus de cent dix personnes depuis début avril, le président « chaviste » Nicolás Maduro a réussi son pari : faire élire une Assemblée nationale constituante le 30 juillet. Malgré une situation extrêmement tendue et les menaces proférées contre les électeurs par les groupes de choc d’extrême droite, plus de 8 millions de citoyens (41,5 % de l’électorat) se sont déplacés et ont choisi leurs représentants.

Largement traitée par des médias totalement acquis à l’opposition, la grave crise que traverse le Venezuela comporte une dimension systématiquement passée sous silence : comme dans le Chili de Salvador Allende, une sournoise mais féroce « guerre économique » déstabilise le pays.

PARTIE 1

Le 18 janvier 2013, alors que l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (en anglais FAO) vient de publier son rapport annuel [1], son ambassadeur Marcelo Resende de Souza visite au Venezuela un marché de Valencia (Etat de Carabobo), accompagné du vice-président de l’époque Nicolás Maduro. « Nous possédons toutes les données sur la faim dans le monde, déclare-t-il. Huit cents millions de personnes ont faim ; 49 millions en Amérique latine et dans la Caraïbe, mais aucune au Venezuela parce qu’ici la sécurité alimentaire est assurée. »

Etrangement, quatre mois à peine se sont écoulés que, la maladie ayant emporté Hugo Chávez et son ex-vice-président venant d’être élu chef de l’Etat, le quotidien (et porte-parole officieux des multinationales espagnoles) El País entonne une toute autre chanson : « Le désapprovisionnement accule Maduro » [2]. Certes, la pénurie concerne principalement, à ce moment, le papier hygiénique (qui, pendant de longues semaines, va fournir un passionnant sujet de dissertation aux pisse-copies du monde entier), mais, mentionne El País, elle s’ajoute à « une absence cyclique (…) de la farine, du poulet, des déodorants, de l’huile de maïs, du sucre et du fromage (…) dans les supermarchés ».

Ainsi débute médiatiquement ce qui va devenir « la pire crise économique » connue par ce pays, « potentiellement l’un des plus riches au monde », du fait de sa « dépendance à l’or noir », de « la baisse du prix du baril de pétrole » et de « la gabegie du gouvernement ». Alors que les porte-paroles de l’opposition incriminent en vrac l’excessive intervention de l’Etat, la régulation « autoritaire » des prix, l’impossibilité qui en découle pour l’entreprise privée de couvrir ses coûts de production, le manque de devises octroyées par le pouvoir pour importer matières premières et produits finis, les pénuries deviennent chroniques, les rayons des supermarchés désespérément vides, les files d’attente interminables, le « marché noir » omniprésent. « Au Venezuela, la baisse du pétrole fait flamber les prix des préservatifs » pourra bientôt titrer Le Figaro (17 février 2015). Même les médicaments deviennent introuvables, attisant l’angoisse et les souffrances de la population.

Une telle situation a de quoi émouvoir les humanistes du monde entier. « S’il y a une crise humanitaire importante, c’est-à-dire un effondrement de l’économie, au point qu’ils[les Vénézuéliens] aient désespérément besoin d’aliments, d’eau et de choses comme ça, alors nous pourrions réagir », annonce sur CNN, le 28 octobre 2015, le chef du Commandement sud de l’armée des Etats-Unis (Southern Command), le général John Kelly, en réponse aux appels « désespérés » de la « société civile » vénézuélienne. Dès 2014, alors que la Table d’unité démocratique (MUD) appelait au renversement du chef de l’Etat en lançant l’opération « La Salida » (« la sortie »), l’une de ses dirigeantes, María Corina Machado, avait tracé la voie : « Certains disent que nous devons attendre les élections dans quelques années. Est-ce que ceux qui n’arrivent pas à alimenter leurs enfants peuvent attendre ? (…) Le Venezuela ne peut plus attendre ! » La violente séquence subversive échoua, mais se solda par 43 morts et plus de 800 blessés. Et les Vénézuéliens continuèrent à éprouver des difficultés chaque jour plus insupportables pour s’approvisionner.

Le 6 décembre 2015, lors des élections législatives, les tracas, les privations et le mécontentement ayant érodé le moral des citoyens de tous bords, le chavisme perd 1 900 000 voix et devient minoritaire à l’Assemblée. Inversant les termes de l’équation, la grande internationale néolibérale célèbre ce triomphe de la « démocratie » sur le « chaos ». Soumis à une information triée et rassemblée pour conforter cet a priori, bien peu, en particulier à l’étranger, ont conscience de ce que cette victoire a reposé fondamentalement sur un torpillage de la « révolution bolivarienne » par une déstabilisation économique similaire à celle employée dans les années 1970 au Chili contre Salvador Allende. Dénoncée en son temps par les progressistes (plus organisés, lucides et courageux à l’époque qu’aujourd’hui), cette dernière fut officiellement confirmée, trente-cinq années plus tard, par la déclassification de vingt mille documents des archives secrètes du gouvernement des Etats-Unis. S’agissant de la « crise vénézuélienne », on peut donc espérer voir cesser la déconnexion entre discours médiatique et réalité dans environ… trois décennies. Ce qui, malheureusement, arrivera un peu tard pour la compréhension des événements et la défense urgente, sur la terre de Bolivar, d’une démocratie particulièrement menacée. Mais permettra sans doute à ceux qui, actuellement, ferment volontairement ou détournent lâchement les yeux, de vendre du papier en publiant et commentant avec une indignation de bon aloi ces « stupéfiantes révélations ».

Rien de nouveau sous le soleil, pourtant. En matière de « déstabilisation économique » débouchant sur un coup d’Etat, le Chili de l’Unité populaire (4 septembre 1970 – 11 septembre 1973) demeure évidemment une référence incontestée. Rien de plus clair que l’ordre donné par Richard Nixon à la Central Intelligence Agency (CIA) : « Make the economy scream ! » (« faites crier l’économie »). Ainsi que la multiplication des mesures de rétorsion mises en œuvre contre Santiago : blocage des biens et avoirs chiliens aux Etats-Unis, disparition des machines et pièces de rechange pour les mines, manœuvres à l’international pour empêcher la consolidation de la dette chilienne, pressions sur le cours du cuivre, saisie-arrêt des exportations de ce métal vers l’Europe… En 1972, du fait des mesures sociales et de l’augmentation du pouvoir d’achat, la consommation populaire augmente considérablement. Suspendant la mise en vente de leurs stocks, retenant leurs marchandises, les entreprises privées provoquent délibérément des problèmes de ravitaillement. Des files d’attente interminables se forment à l’entrée des magasins. La majorité des biens de première nécessité – dont l’inévitable papier hygiénique ! – ne se trouvent plus qu’au marché noir. Quotidien chilien « de référence », El Mercurio se délecte : « Le socialisme c’est la pénurie ». Casseroles vides à la main, des milliers d’opposants se rassemblent dans les rues. Le 25 juillet 1973, grassement « arrosée » de 2 millions de dollars par la CIA, la puissante fédération des camionneurs déclare une grève illimitée et immobilise sa flotte de poids lourds pour empêcher les aliments de parvenir à la population. Dans très peu de temps, il ne restera au général Augusto Pinochet qu’à intervenir pour mettre un terme à la débâcle de l’« économie socialiste ».

Les difficultés du peuple constituant un ferment constant de révoltes, des techniques relevant de la même philosophie avaient déjà été utilisées contre Cuba. Prenant acte du fait qu’on ne pouvait compter sur un soulèvement populaire pour renverser Fidel Castro, le sous-secrétaire d’Etat américain aux affaires internationales Lester D. Malory conseilla dans son rapport du 6 avril 1960 : « Le seul moyen prévisible de réduire le soutien interne passe par le désenchantement et le découragement basés sur l’insatisfaction et les difficultés économiques (…) Tout moyen pour affaiblir la vie économique de Cuba doit être utilisé rapidement (…) dans le but de provoquer la faim, le désespoir et le renversement du gouvernement. » Le 3 février 1962, dans le but d’étrangler l’île, John Fitzgerald Kennedy annoncera la mise en place de l’embargo – toujours en vigueur actuellement. Sans résultat dans ce cas, à l’exception des souffrances inutiles infligées au peuple cubain.

Vingt ans après Cuba avec Fulgencio Batista, le Nicaragua sandiniste s’est débarrassé en 1979 de son dictateur Anastasio Somoza. Alors que les premières élections libres doivent avoir lieu le 4 novembre 1984 et que les troupes contre-révolutionnaires – la « contra » –, financées, entraînées et approvisionnées par les

Etats-Unis, harcèlent le pays depuis le Honduras et le Costa Rica voisins, des agents des forces spéciales américaines minent les eaux de plusieurs ports nicaraguayens en début d’année. De nombreux navires ayant été endommagés, les primes d’assurance augmentent, les bateaux marchands étrangers évitent la destination, affectant très fortement l’économie par la réduction drastique des importations et des exportations. Objectif atteint ! « La pénurie au cœur des élections », titre et développe Libération, le 2 novembre 1984 : « Au marché noir, on peut pratiquement tout acheter, à condition d’y mettre le prix : 65 cordobas les deux piles de radio (produit rare), 160 le tube de dentifrice. L’occupation principale de quelques centaines de “hiboux” consiste à se procurer des dollars au marché noir (environ dix fois le taux officiel) puis à partir s’approvisionner au Costa Rica ou au Guatemala. Les produits sont ensuite revendus jusqu’à vingt fois le prix officiel, dans les baraques [du marché] de “l’Oriental” de Managua. (…) L’étatisation économique se renforce de jour en jour. (…) Les partis d’opposition affirment que les problèmes de ravitaillement ont constitué le thème le plus mobilisateur [c’est nous qui soulignons]. »

Les Nicaraguayens n’étant pas tombés dans le piège et le sandiniste Daniel Ortega ayant malgré tout été élu président de la République avec 67 % des voix, Washington doublera la mise en imposant au Nicaragua un embargo commercial total en 1985. Cette agression militaire et économique entraînant une très forte dégradation de la situation, le pays s’endettera, s’enlisera dans une gestion de survie et devra mettre genoux à terre, « vaincu par la faim et la guerre », lors de l’élection présidentielle du 25 février 1990.

Au Venezuela, si Hugo Chávez a évoqué le concept de « guerre économique » dès 2010, le premier à la théoriser, en 2013, a été Luis Salas. La source d’inspiration initiale de ce chercheur du Centre stratégique latino-américain de géopolitique (Celag), très éphémère ministre de l’économie en 2016, a de quoi surprendre : loin des exemples latino-américains précédemment cités, il explique avoir fondé les prémices de sa réflexion sur l’ouvrage Les problèmes politiques du plein emploi [3] que l’auteur polonais Michal Kalecki (1899 – 1970) écrivit en se basant sur son expérience vécue… en France, sous le Front populaire. « Il y dit que, d’un point de vue marxiste conventionnel, on ne peut pas comprendre ce qui s’est passé. Car, paradoxalement, pendant ses trois années, à travers les hausses salariales et l’augmentation de la consommation ainsi que la croissance enregistrée, le gouvernement de Léon Blum avait permis un enrichissement des entrepreneurs et des commerçants. »

Or, et même en supposant que ceux-ci ont tout intérêt à ce qu’un gouvernement, à travers le plein emploi, augmente le pouvoir d’achat de la population, ce type de politique pose au capital un problème fondamental. « Pour les patrons, le plein emploi rend la main d’œuvre plus chère et les travailleurs moins dociles, moins susceptibles d’accepter n’importe quoi. Entre autres inconvénients, le capital ne peut plus jouer sur la menace de licenciement. Par ailleurs, le gouvernement Blum avait commencé à assumer de nombreuses tâches qui, normalement, appartenaient aux patrons, comme la distribution des aliments. Leur pouvoir reposait là-dessus… » Politique à court terme, le problème devient économique à long terme. «

Leur pouvoir, en tant que classe, pouvait être déplacé. » La presse de droite se déchaîna alors contre les « salopards en casquette » qui allaient profiter des congés payés ; financiers et industriels spéculèrent et transférèrent leurs capitaux vers l’étranger. La suite appartient à l’Histoire de France. Mais présente de fait quelques similitudes avec ce qui se passe au Venezuela où, s’estimant menacé, le « monde de l’entreprise » participe activement au sabotage de l’économie.

« En 2013, quand Maduro est arrivé au pouvoir, rappelle Salas, la loi du travail, la dernière qu’a signée Chávez [le 30 avril 2012], venait d’être approuvée. Et cette loi, bien qu’elle n’altère pas la relation capital/travail, crée un nouveau rapport qui complique la domination sur les travailleurs. Elle octroie la stabilité salariale, réduit la durée du travail à quarante heures hebdomadaires, sanctionne les licenciements injustifiés, rend les vacances obligatoires, crée des avantages nouveaux, etc. Dès lors, patronat et négociants ont affiné leurs techniques pour se débarrasser de Maduro. »

« Affiner » est bien le mot, car ils n’en étaient pas à leur coup d’essai. En 2001, après la signature de 49 décrets-lois emblématiques – loi sur les hydrocarbures, loi sur la terre et le développement agraire, loi de la pêche, etc. –, puis, surtout, fin 2002, après l’échec du fugace coup d’Etat américano-militaro-médiatico-patronal d’avril, Chávez lui-même a dû affronter ce type de déstabilisation. Du 2 décembre 2002 au 9 février 2003, alors que ses hauts cadres dirigeants paralysaient la compagnie pétrolière PDVSA et que le pays sombrait, victime non d’une « grève générale » mais d’un « lock out » patronal, les aliments et autres biens de première nécessité disparurent dans les « barrios ». C’est l’époque où, dans l’Etat de Zulia, on put voir des producteurs de lait jeter dans les rivières des millions de litres de leur production pour générer la pénurie.

Particulièrement affectée et ouvertement poussée à se révolter comme elle le fit (spontanément) lors du « caracazo » en 1989 [4], la population modeste, base sociale du chavisme, conserva son sang-froid et ne tomba pas dans la provocation. Au terme d’une bataille de soixante-trois jours, le « comandante » reprit le contrôle, mais, la paralysie de l’activité économique avait coûté 20 milliards de dollars au pays et une remontée spectaculaire de la pauvreté – passée de 60 % en 1997 à 39 % fin 2001, elle atteignit 48 % en 2002 puis 55,1 % en 2003. Près de 590 000 travailleurs, essentiellement des femmes, se retrouvèrent sans travail de 2001 à 2003 ; les morts par dénutrition augmentèrent de 31 %.

La reprise du contrôle de PDVSA et l’affectation des revenus pétroliers au financement des politiques sociales permettront de renverser la situation (21,2 % de pauvreté en 2012) jusqu’à l’actuelle phase de déstabilisation.

Ainsi, donc, à en croire la vulgate en vogue, depuis que la crise financière internationale a orienté le cours du pétrole à la baisse en 2008, la rente ne suffit plus à couvrir la facture des importations. Etonnant, non ? Ayant pulvérisé les sommets à la mi-2008 (150 dollars le baril), l’or noir est certes redescendu à 38 dollars en 2015 avant d’osciller entre 21 et 24 dollars en 2016, mais il se vendait à… 7 dollars le baril en 1998, lors de l’arrivée au pouvoir de Chávez. Et personne ne se souvient avoir vu à l’époque de longues files d’attente devant les commerces – depuis les échoppes jusqu’aux supermarchés.

D’aucuns pourraient objecter que, plongés alors en masse dans la pauvreté, les Vénézuéliens consommaient beaucoup moins à l’époque qu’à l’heure actuelle (ce qui est vrai !) ; bien peu le font car ce serait évidemment un hommage rendu implicitement par le vice à la vertu. Mais en tout état de cause, avec un pétrole remonté en 2017 aux alentours de 40 dollars, la théorie de la population « au bord de la famine » à cause du « pays en faillite » résiste mal à la réflexion (pour peu, bien sûr, qu’il y ait une réflexion).

Commençons par le commencement – d’après les porte-parole officiels et officieux du patronat, le gouvernement n’octroie pas aux entreprises les dollars nécessaires à l’importation et à la production – et tentons d’analyser la situation…

Quatre-vingt-quinze pour cent des devises du pays proviennent de l’exportation du pétrole. Cette situation structurelle date de 1920, année où a été approuvée la première loi sur les hydrocarbures et où s’est établi le mécanisme à travers lequel l’Etat capte une partie, plus ou moins importante selon les périodes, de la rente pétrolière. Depuis le début de ce XXe siècle, la bourgeoisie s’est ingéniée à se réapproprier cette rente en échangeant ses bolivars contre des dollars et à l’utiliser essentiellement pour importer – ce qui ne présente aucun risque et ne requiert aucun investissement. Il en résulte que, pour en revenir à la période actuelle, les 10 % des exportations non pétrolières du Venezuela sont constitués de produits minéraux (26 %), chimiques (45 %), de plastiques et de caoutchouc (3 %), de métaux (10 %), tous produits par… des entreprises publiques. La contribution du secteur privé, en moyenne, ne dépasse pas 1 % du total des exportations [5].
Ce n’est donc pas le pétrole en soi qui constitue un problème, mais le fait que si les devises se trouvent initialement et en quasi-totalité entre les mains de l’Etat c’est parce que le secteur privé, moteur autoproclamé d’une économie « dynamique » et « efficace », se limite (dans le meilleur des cas) à fournir par l’importation le marché intérieur, en prenant une confortable marge au passage, et ne participe quasiment pas à l’accroissement de la richesse nationale. Plutôt que d’investir, il n’a pour préoccupation que de récupérer le magot et de l’utiliser à son profit.

Une fois ce cadre global établi, on cherchera l’erreur : depuis qu’en 2003 a été instauré un contrôle des changes pour éviter la fuite des capitaux, les entreprises privées ont reçu de l’Etat 338,341 milliards de dollars pour l’importation de biens et de services. En 2004, alors qu’elles ont disposé à cette fin de 15,75 milliards de dollars, on n’a constaté aucune pénurie. En 2013, alors que la somme attribuée a quasiment doublé pour atteindre 30,859 milliards de dollars, les principaux biens essentiels ont disparu [6]. Doit-on parler de magie ? Peut-être. Mais, dans ce cas, de magie noire.

Si la crise économique mondiale et la baisse des prix du pétrole ont évidemment un rôle dans la dégradation de la situation, elles n’en sont aucunement la cause principale. La conviction des néolibéraux nationaux et internationaux qu’il fallait profiter de la mort de Chávez pour « achever » la « révolution bolivarienne » a incontestablement marqué le point d’inflexion vers l’organisation du désastre. Dès lors, d’après Pascualina Curcio, professeure de sciences économiques à l’Université

Simón Bolivar, s’articulent quatre phénomènes : une pénurie programmée et sélective des biens de première nécessité ; une inflation artificiellement provoquée ; un embargo commercial camouflé ; un blocus financier international. Auxquels on ajoutera, depuis avril 2017, la violence insurrectionnelle soutenue par les Etats-Unis, leurs alliés régionaux (Argentine, Brésil, Mexique) ainsi que l’Union européenne, sanctifiée par les commissaires politiques des médias. Ce que d’aucuns appellent « une guerre de quatrième génération ».

En 2004, tandis qu’étaient importés pour 2,1 milliards de dollars d’aliments, chacun pouvait se nourrir dans des conditions normales. En 2014, avec 7,7 milliards, une augmentation de 91 % – sachant que, depuis 2004, le gouvernement octroie les dollars à un taux préférentiel pour l’achat des biens essentiels –, on ne trouve plus ni beurre, ni huile, ni farine de maïs précuite, ni riz, ni lait en poudre, ni pâtes alimentaires, ni lait pasteurisé, ni viande de bœuf, ni fromages, ni mayonnaise, ni sucre, ni café sur les rayons des commerces et des grandes surfaces. En revanche, les gondoles croulent sous les boissons gazeuses, les galettes, les biscuits, les friandises, les gourmandises et autres sucreries, les conserves exotiques, les surgelés sophistiqués. De quoi s’interroger sur la curieuse « crise humanitaire » dont le monde entier a entendu parler.

Le 20 mai 2016, Agustín Otxotorena, un entrepreneur basque pas spécialement « chaviste » résidant à Caracas, fatigué de répondre à ses amis et proches qui, depuis l’Espagne, s’alarmaient pour sa santé dans un pays affecté par une famine similaire à celles qui frappent la Somalie ou l’Ethiopie, en fut réduit à publier sur sa page Facebook une série de photographies particulièrement édifiantes prises dans les établissements commerciaux des secteurs des classes moyenne et supérieure de l’est et du sud-est de Caracas (les fiefs de l’opposition). « Si tu as de l’argent, persiflait-il, il y a du whisky 18 ans d’âge, du rhum vénézuélien exquis, du champagne français, de la vodka russe ou suédoise, des bonbons belges, des viandes savoureuses, des langoustes, des vêtements de marque, des restaurants exclusifs, des discothèques spectaculaires, des plages avec des yachts, des clubs de golf et hippiques, des terrains de tennis et de football, et tout un pays à l’intérieur d’un autre pays, où il n’y a pas de pauvres, où les femmes et les enfants sont blonds, vont dans des collèges exclusifs, des universités exclusives, et se divertissent dans l’Ile de la Tortue ou dans l’archipel de Los Roques, là où les uniques Noirs ou pauvres sont les serveurs, le personnel des services ou de la sécurité », avant de conclure l’une de ses dernières livraisons d’un rageur (et en majuscules) : « JE SUIS FATIGUÉ DES MENSONGES ! [7] »
D’où la question que tout un chacun (à condition de ne pas être journaliste) se pose forcément : pourquoi y a-t-il pénurie de certains produits et pas d’autres, pourquoi des aliments sont-ils si difficiles à obtenir et d’autres non ? Pourquoi les fruits et les légumes, par exemple, n’ont-ils pas disparu ?
Photographie : Maurice Lemoine

Source : Mémoire des luttes, Maurice Lemoine, 11-08-2017

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MessageSujet: Re: Venezuela: coup de projecteur sur les zones d´ombre médiatiques   Hier à 1:28

Marche ou crève : le bras de fer de l’oligarchie financière américaine. ...



Marche ou crève : le bras de fer de l’oligarchie financière américaine. Exemple du Venezuela

Le Venezuela est un pays d’Amérique du sud qui possède des gisements de pétrole d’environ 300 milliards de barils, ce qui le place avant l’Arabie Saoudite qui est elle-même considérée comme la station-essence du monde. Du fait de cette richesse, rien ne devrait gêner l’aisance des 30 millions de Vénézuéliens ! – Mais c’est loin d’être le cas ! Economiquement le Venezuela est dans une situation catastrophique. Souvent les gens ne peuvent même pas acheter le pain pour survivre. Par conséquent le pays en vient à la violence. A cause de la misère, cette violence a pris des proportions jamais atteintes dans ce pays sud-américain. Les instances officielles du Venezuela ont informé récemment que 12 personnes ont été tuées lors de pillages dans la capitale. Il y a eu d’autres morts à El Valle, où selon l’information de l’opposition 13 personnes ont été mortellement blessées, lorsqu’elles avaient essayé de piller une boulangerie protégée par une clôture électrique.



Selon un rapport du site internet konjunktion.info la population du Venezuela lutte pour sa survie. L’an dernier 74% des Vénézuéliens auraient perdu en moyenne 20% de leur poids. Et tout cela bien que dans le sous-sol du Venezuela il y ait plus de réserves de pétrole que chez les Saoudiens, ce qui devrait permettre en fait un avenir bien meilleur au pays. Comment est-ce conciliable ?
Dire en faite en non fai

Une analyse détaillée de toutes les relations de cause à effet de cette catastrophe sortirait du cadre de cette émission. Mais une grande relation, un fil rouge, s’affirme très nettement :
Jusqu’à la découverte de « l’or noir » au début du 20e siècle, le Venezuela comptait parmi les pays les plus pauvres d’Amérique latine et des Caraïbes. Dans les années vingt, a commencé un processus de modernisation rapide qui a bénéficié surtout à la classe supérieure, et pas à toute la population. Parmi la population pauvre l’idée s’est alors formée que le devoir prioritaire du gouvernement serait de les faire participer à l’extraction des réserves presque illimitées de la matière première. L’avant-dernier président du Venezuela, Hugo Chávez, avait reconnu les attentes des couches les plus pauvres de la population et il a pu les satisfaire un temps.
Le gouvernement s’est concentré sur l’exportation du pétrole nationalisé et sur la distribution des rentrées d’argent. Tout comme au Brésil pour la nationalisation des forages de pétrole, au Venezuela il a fallu également faire barrage à la liquidation de la matière première par des grands consortiums américains. Le slogan « Aujourd’hui le Venezuela appartient à tous » reflète le but visé par cette politique.

Mais de la même façon que l’ancienne présidente Dilma Roussef a été exposée à des attaques permanentes venant d’une opposition proche des grands consortiums américains, il en a été de même pour l’ancien président du Venezuela Hugo Chávez et aussi pour son successeur le président en exercice Nicolás Maduro. Finalement la présidente du Brésil Dilma Roussef a été relevée de ses fonctions par une procédure de destitution illégale et sans preuve d’une culpabilité quelconque et ses fonctions ont été transmises à Michel Temer, un politicien proche des Etats-Unis. Nous en avons parlé dans nos émissions « La procédure de destitution contre Dilma Rousseff – fait-elle partie d’un plan pour la prédominance globale ? » et (seulement en allemand) « La procédure de destitution contre Dilma Rousseff – est-elle un putsch commandé par des Etats-Unis ? »

Une énorme pression a également été exercée sur le président du Venezuela. L’ancien président des Etats-Unis Barack Obama avait décrété des sanctions économiques. Le constructeur automobile General Motors a suspendu toute son activité au Venezuela. Le gouvernement du Venezuela reproche aux Etats-Unis leur « pression belliqueuse ». Car la baisse du prix du pétrole sur le marché mondial fait diminuer les gains que le Venezuela tire de l’exportation de son pétrole ; et le pays ne peut pas compenser cette diminution par des rentrées d’argent provenant d’autres branches de l’économie.

Les médias occidentaux d’autre part insinuent que la situation du Venezuela est due au « dictateur » sans scrupule, violent et incompétent qu’est Nicolás Maduro. Et ceci seulement parce qu’il continue la nationalisation des exportations de la matière première dans la ligne de son prédécesseur Hugo Chávez, ce qui profite à la population.

Depuis que le Venezuela a annoncé son retrait de l’organisation des Etats Américains, l’OEA, Mark Toner, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères des Etats-Unis, fait encore plus fortement pression pour un changement de gouvernement au Venezuela. Le jeudi 27 avril 2017, il a souligné qu’un « successeur du président Nicolás Maduro devrait prendre la décision finale du retrait du Venezuela de l’OEA ». Voilà pourquoi il semble que le rêve des Vénézuéliens, « Aujourd’hui le Venezuela appartient à tous » est terminé pour l’instant. Avec un taux d’inflation d’environ 600%, la banqueroute de l’Etat est imminente. Et à sa suite immédiate les oligarques financiers des Etats-Unis vont aussi mettre une fin rapide à la nationalisation de l’extraction du pétrole. Cela se passe aussi brutalement que ça : « Marche ou crève ».





de hm
Sources / Liens :
https://www.konjunktion.info/2017/04/venezuela-wenn-menschen-fuer-einen-laib-brot-sterben-muessen/

http://nuso.org/articulo/venezuela-das-olland-in-der-wirtschaftskrise/

https://einarschlereth.blogspot.de/2017/04/venezuela-leitet-austritt-aus.html#more

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MessageSujet: Re: Venezuela: coup de projecteur sur les zones d´ombre médiatiques   

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Venezuela: coup de projecteur sur les zones d´ombre médiatiques

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