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 Venezuela: coup de projecteur sur les zones d´ombre médiatiques

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MessageSujet: Venezuela: coup de projecteur sur les zones d´ombre médiatiques   Mer 19 Fév 2014 - 14:03

Rappel du premier message :

Venezuela: coup de projecteur sur les zones d´ombre médiatiques



Nous assistons actuellement à 3 tentatives de coup d'état (sans parler de la Syrie): Ukraine, Bosnie et Venezuela le tout à vitesse grand V. Evo Morales indique que le même coup de poker a été tenté en Bolivie en 2008 et que ce sont les Etats-Unis qui sont à l'oeuvre. Il parle du Venezuela mais c'est le cas dans chacun des conflits. On dirait que l'empire US a décidé de faire tomber les dernières têtes avant le grand plongeon. Rappelons également que l'opposition c'est déjà illustrée l'année dernière avec le même type d'actions violentes suite à leur défaite aux élections.


Le gouvernement vénézuélien a dévoilé une conversation entre deux militants de l'opposition qui anticipent le pillage de magasins et l'intensification des manifestations violentes, notamment à Caracas, la capitale. À un moment de la conversation, un des hommes déclare que la droite aurait un fond de 120 000 millions de bolivars (environ 20 000 millions de dollars) pour payer des tueurs à gages. L'article qui suit confirme d'ailleurs que certains manifestants ont bien été assassinés pendant les manifestations. Il montre également à quel point l'opposition use et abuse des réseaux sociaux pour tromper les citoyens et servir leur propagande contre le gouvernement, quitte à monter de toute pièces des images provenant pourtant d'autres pays. Les réseaux sociaux peuvent se révéler être un cadeau empoisonné et une fois encore, le chaos est programmé et orchestré en haut lieu. Fawkes


A lire les médias internationaux en ce mois de février 2014, on pourrait croire que le Venezuela est –de nouveau- à feu et à sang. Le coupable désigné par les grandes entreprises de communication est toujours le même depuis maintenant 15 ans: le gouvernement bolivarien massacrerait –de nouveau- son peuple comme s´il s´agissait du passe temps favori des élites politiques révolutionnaires depuis l´accession d´Hugo Chavez à la présidence de la République. Oubliés les onze chavistes assassinés au lendemain de la victoire électorale de Nicolas Maduro en avril 2013, passée sous silence la large victoire du camps bolivarien aux municipales de décembre 2013, gommé le soutien populaire dont bénéficie la Révolution, les vénézuéliens seraient désormais face à un « régime » qu´ils réprouvent et qui n´hésite pas á faire feu contre ses compatriotes. Un retour sur les derniers événements qui ont secoué le Venezuela est donc nécessaire pour prendre la mesure de ce qui se déroule en ce moment au pays de Bolivar et de Chavez. Retour d´autant plus nécessaire pour capter, après la Libye, la Syrie ou les derniers événements ukrainiens à quel point l´Empire fait preuve d´un cynisme sanguinaire pour éliminer les gouvernements qui ne s´alignent pas sur ses intérêts.

Guerre interne dans l´opposition

L´opposition vénézuélienne n´est pas un bloc monolithique. Même si tous les partis partagent un programme commun (1) , les stratégies de prises de pouvoir et surtout les ambitions personnelles ne manquent jamais de raviver les tensions au sein de la contrerévolution, Or le leadership qu´Henrique Capriles s´était construit depuis sa victoire aux primaires de la plateforme unitaire de l´opposition (Mesa de Unidad Démocratica -MUD) en février 2012 s´est quelque peu érodé au fil des quatre défaites électorales (2) . Lors des élections municipales de décembre 2013, le parti de Leopoldo Lopez, Voluntad Popular a même remporté plus de mairies que Primero Justicia, le parti de Capriles.

Le questionnement interne suite aux défaites dans les urnes a ravivé les vieux démons d´une opposition prête à considérer légitime tous les chemins possibles pour conquérir le pouvoir.

Profitant d´un mécontentement compréhensible d´une partie de la population face à une guerre économique qui affecte quotidiennement les vénézuéliens (3) , le secteur le plus extrême de l´opposition a décidé de passer à l´attaque.

Dés les premiers jours de l´année 2014, Leopoldo Lopez, Maria Corina Machado ou Antonio Ledezma appelaient au "soulèvement" comme moyen "démocratique" pour chasser le gouvernement (4) . Les vrais démocrates apprécieront l´oxymore. Rappelons que l´unique moyen démocratique pour changer de gouvernement est la convocation d´un référendum révocatoire à mi-mandat, c´est à dire à partir d´avril 2016.

Leopoldo Lopez ne s´arrêtera pas là. Au cours d´un meeting, le 2 février 2014, il lance à ses partisans : "les problèmes dont souffre le peuple ont un coupable. Ce coupable est le pouvoir national (…) nous ne pouvons plus dire que le problème c´est seulement Nicolas Maduro. Le problème ce sont tous les pouvoirs publics nationaux"(5) . Coup d´Etat, vous avez dit coup d´Etat ?

Au cours du même meeting, Maria Corina Machado affirmera que "la seule réponse possible, c´est la rébellion (…). Certains disent qu´il faut attendre les élections dans je-ne-sais-trop combien d´années (…) Le Venezuela ne peut plus attendre" (6) . Le message de confrontation est lancé au gouvernement mais aussi à la MUD et à Capriles. La tentative de mainmise sur l´opposition par les secteurs les plus anti-démocratiques de l´antichavisme est confirmé par Leopoldo Lopez lorsqu´il convoque une manifestation pour le 12 février 2014 : "Notre lutte passe par la rue (…) je suis sûr que ce 12 février, nous verrons Henrique Capriles dans la rue. Je lance un appel [à tous les dirigeants de l´opposition] mais surtout à Henrique, qui a une très grande responsabilité, pour qu´il nous rejoigne dans cette clameur de changement" (7) . Les urnes ou le putsch. Les leaders de l´opposition ont les cartes en mains…

Ce qui fut annoncé arriva

Le 12 février la manifestation convoquée se dirigeât vers le siège du pouvoir judiciaire (Ministerio Publico) situé dans le centre populaire de la capitale. La plupart des dirigeants de l´opposition, dont Capriles Radonski, était aux abonnés absents. Le faible cortège était surtout composé d´étudiants des classes moyennes supérieures provenant des universités privées. Sur place, Leopoldo Lopez et Maria Corina Machado haranguaient la foule dans des termes similaires à ceux proférés quelques jours plus tôt, avant d´abandonner la manifestation sans prendre le soin de lancer le mot d´ordre de la dispersion de la manifestation. Alors que la majorité des étudiants quittait les lieux sans heurt, des groupes de choc prenaient le relais. Les pancartes pacifistes laissaient place aux jets de pierre et autres cocktails Molotov. Et tout bascula.

Au milieu des affrontements, des coups de feu furent tirés. Juan "Juancho" Montoya, un militant chaviste présent sur les lieux et Basil Da Costa un étudiant d´opposition mourraient tous deux assassinés d´une balle dans la tête. La police nationale réussit à repousser les fauteurs de trouble qui se replièrent à Chacao, arrondissement huppé de Caracas, dont le maire, Ramon Muchacho est membre du parti Primero Justicia. Quelques heures plus tard et alors que les affrontements s´étaient déplacés dans cette zone de la ville, Roberto Redman, un militant de l´opposition, qui avait porté le cadavre du jeune Basil, était à son tour assassiné. La machine médiatique internationale s´emballa. Le gouvernement fut accusé de sanglantes répressions alors que les forces de maintien de l´ordre n´utilisent aucune arme létale pour faire face aux groupuscules armés de l´opposition (8) .

Les entreprises de communication privées dénoncèrent la censure gouvernementale après qu´une chaîne câblée colombienne, NTN24, fut retirée de la programmation par les opérateurs de câble privés pour avoir enfreint la loi vénézuélienne de ne pas retransmettre en direct les images des violences de rue. Il ne s´agissait donc pas d´une censure opérée par le pouvoir, les media audiovisuels internationaux et nationaux ayant largement couvert la partie pacifique de la manifestation. En revanche, aucun média international ne s´est attardé à dénoncer les attaques à l´arme à feu contre le siège de la télévision publique VTV. Une employée de la chaîne ayant même reçu une balle dans les côtes. Liberté d´expression à deux vitesses ?

Au soir du 12 février, on dénombrait en plus des trois morts, de nombreux blessés y compris chez les forces de l´ordre et les travailleurs du Metro de Caracas, pris d´assaut par les groupes de choc de l´opposition, 6 voitures de police incendiées, des sièges d´institutions publiques détruits, sans compter les nombreux dommages collatéraux dont ont souffert les habitants de Caracas.

Des critiques se firent entendre au sein même de l´opposition. Une journaliste du journal antichaviste El Universal, dénonça l´irresponsabilité et le manque de leadership de Leopoldo Lopez qui abandonna les étudiants lorsque les affrontements eurent commencé (9) . Le maire de Chacao publia un tweet cinglant : "nous reconnaissons le manque de leadership de l´opposition. Seul l´anarchie règne. C´est ce que nous voulons ?" (10) . Dans un premier temps, Capriles Radonski se fit écho de "la mainmise de groupes violents sur une manifestation pacifique" (11) .

L´enquête démontrera, comme l´a indiqué le Ministre de l´intérieur et de la justice, Miguel Rodriguez Torres, que les deux personnes assassinées prés du Ministerio Publico le furent avec la même arme à feu, renforçant ainsi la thèse de l´infiltration de mercenaires paramilitaires d´opposition dans l´objectif de créer le chaos, et d´enflammer les tensions entre vénézuéliens. Un scénario similaire à celui vécu lors du coup d´Etat du 11 avril 2002 (12) . Les plus vulnérables à cette stratégie sont malheureusement les jeunes étudiants qui croient pouvoir renverser un gouvernement appuyé par la majorité du peuple et par l´armée.

Comme dans n´importe quel pays démocratique, la justice recherche désormais le principal responsable de ces violences, Leopoldo Lopez, pour le mettre en examen. Nous n´osons imaginer ce qu´il se serait passé si de tels événements avaient eu lieu dans n´importe quel pays occidental. Qu´aurait fait le pouvoir français si la manifestation Jour de Colère (qui comme la manifestation de Leopoldo Lopez n´avait de mot d´ordre commun que la chute d´un gouvernement élu) s´était soldé par trois assassinats et de nombreux blessés chez les forces de l´ordre. Il y a fort à parier que ses organisateurs seraient aujourd´hui sous les verrous sans que cela n´émeuve personne ni qu´aucun parti politique, pas même le Front National, n´en vienne à les défendre.

Mais s´il s´agit du Venezuela, les média y décèlent une persécution politique. Capriles Radonski, quand à lui s´est solidarisé avec Leopoldo Lopez, tout en insistant sur les différentes stratégies qui l´opposent á son ancien comparse (13) . L´ancien candidat à la présidentielle a même appelé à une manifestation contre la violence et le paramilitarisme (sic), espérant ainsi récupérer à son compte les manifestants de ces derniers jours. Comble de l´ironie pour celui qui devrait assumer la responsabilité intellectuelle de l´assassinat de 11 militants chavistes au lendemain de sa défaite électorale aux élections présidentielles d´avril 2013 (14) .


La main de l´Empire américain n´est pas une chimère


Alors que Nicolas Maduro a reçu des messages de solidarité et de condamnation des violences de l´opposition de la part de nombreux gouvernements et partis politiques de par le monde et de l´Union des Nations Sud-américaines (Unasur), le gouvernement des Etats-Unis prenait un ton menaçant. Lors d´une allocution télévisuelle, le président Maduro dénonçait que le sous-secrétaire d´Etat adjoint pour l’Amérique latine, Alex Lee, avait émis une série d´exigences (libération des responsables des violences, arrêt des poursuites contre Leopoldo Lopez, dialogue immédiat avec l´opposition) sous peine de "générer des conséquences négatives au niveau international" (15) .

Cette menace à peine voilée est en fait le résultat de la participation active des Etats Unis dans les récents événements qui secouent le Venezuela. Soulignons une fois, pour les éternels sceptiques, que la déstabilisation du gouvernement bolivarien n´aura de cesse que lorsque les Etats-Unis reprendront le contrôle du maniement de l´industrie pétrolière comme dans le passé.

En réponse, le président Maduro a décidé d´expulser du pays trois citoyens étasuniens pour leur récente participation active dans la formation et le financement d´étudiants aux techniques de coup d´Etat soft (16) .

Dans la nébuleuse d´informations sur la situation actuelle au Venezuela, de grossières manipulations médiatiques tentent de légitimer le discours de l´opposition qui dénonce la torture et la répression sanglante du gouvernement. Cette cyber-attaque est surtout un moyen de décrédibiliser le Venezuela au niveau international et de chauffer les esprits des partisans de l´opposition afin de générer une situation d´ingouvernabilité à l´instar des événements actuels en Ukraine.

Rappelons que le Venezuela est le cinquième pays au monde qui se sert le plus de Twitter (17) . Ce réseau social, abondamment utilisé dans les autoproclamées "Révolutions" arabes, est devenu une arme de premier choix dans la déstabilisation du gouvernement bolivarien. Ainsi, des photos de répressions et de tortures, reflétant des réalités étrangères, sont envoyées massivement aux jeunes vénézuéliens leur faisant croire que les scènes se déroulent dans leur pays (18) . De retweet en retweet en passant par de nombreux hastags, un nombre non négligeable de jeunes opposants à la Révolution est ainsi manipulé.

Sur la photo suivante nous pouvons voir comment une manifestation à Sao Paulo devient une manifestation à Caracas



Sur la photo ci dessous une image aérienne d´un pèlerinage religieux se transforme en une manifestation massive de l´opposition qui n´a pourtant jamais eu lieu



Les étudiants chiliens doivent sauter au plafond en voyant leurs camarades utilisés par l´extrême droite vénézuélienne




Un cas de torture dans le royaume d´Espagne devient un argument pour la droite vénézuélienne



Qui se doutait que les policiers égyptiens réprimaient des citoyens vénézuéliens ?



Rien n´arrête le cynisme de l´opposition. Les morts du conflit syrien sont transférés au Venezuela dans la ville de Maracay



Même le pauvre Loukanikos, icône animale de la révolte grecque, n´est pas épargné. Que fait la SPA ?



Le camp bolivarien doit donc une fois de plus faire face aux tentatives de déstabilisation de la contrerévolution au moment précis où le gouvernement prend des mesures radicales pour lutter contre la guerre économique et contre l´insécurité.

Même si le Peuple, l´armée et la police défendent les institutions démocratiques, la vigilance est de mise. Face à la désinformation des entreprises privées de communication, la solidarité internationale est plus que jamais de vigueur afin de déjouer la propagande médiatique contre la Révolution Bolivarienne. A un an de la disparition physique du Comandante Chávez, son Peuple est bien décidé à perpétuer son héritage révolutionnaire.



Notes:

(1) Voir Romain Migus, El programa de la MUD, Caracas, ed. Barrio Alerta, 2012, disponible sur http://albaciudad.org/wp/wp-content/uploads/2012/09/libro_el_programa_de_la_mud.pdf

(2) Élections présidentielles du 7 octobre 2012 et du 13 avril 2013, élections régionales du 16 décembre 2012, élections municipales du 8 décembre 2013 (91% des états régionaux et 75% des mairies gagnés par le chavisme).

(3) La guerre économique et les réponses gouvernementales ne sont pas le sujet de cet article. Mais il est indéniable que la spéculation contre le bolívar, les ruptures de stock organisées, et la contrebande de produits de première nécessité vers la Colombie ont des conséquences immédiates sur la vie quotidienne. Pour un approfondissement de ce sujet, voir jacques Sapir, « La situation économique au Venezuela », Russeurope, 17/02/2014, http://russeurope.hypotheses.org/2001

(4) Voir “¡LaSalida es la calle! ¡#LaSalida es la calle!”, Youtube, 25/01/2014, http://www.youtube.com/watch?v=MZBiTc6Z4Os (traduction de l´auteur).

(5) Voir “Protestas en Venezuela, 2 de Feberero de 2014 #LaSalida“, Youtube, 03/02/2014, http://www.youtube.com/watch?v=hyh3AEf5JDA (traduction de l´auteur).

(6) Ibid.

(7) Voir “Leopoldo López El 12F vamos a la calle con la consigna justicia y cárcel para los corruptos“, Youtube, 09/02/2014,http://www.youtube.com/watch?v=f9X67Jvw5Lk (traduction de l´auteur).

(8) Pour être plus précis nous soulignons que les forces de police utilisent des bombes lacrymogènes et des cartouches de gros sel, et un usage très limité de la force si l´on compare avec la répression des manifestations dans les pays européens.

(9) Testimonio de una periodista de El Universal: "Leopoldo no tuvo bolas. Le agarró la mano a su esposa, se fue y dejó a los carajitos alborotados", Aporrea, 13/02/2014. http://www.aporrea.org/oposicion/n245131.html

(10) “Vandalismo en Chacao: Ramón Muchacho se pregunta ¿quién asume la responsabilidad?”, Noticias24, 12/02/2014

http://www.noticias24.com/venezuela/noticia/222431/vandalismo-en-chacao-ramon-muchacho-se-pregunta-quien-asume-la-responsabilidad/

(11) “Capriles condena violencia en marcha estudiantil, Prensa Primero Justicia, 12/02/2014,http://www.primerojusticia.org.ve/cms/index.php?option=com_flexicontent&view=item&cid=158:en-la-prensa&id=13853:capriles-condena-violencia-en-marcha-estudiantil&Itemid=500

(12) Voir “Fallecidos el 12F fueron con la misma arma de fuego”, YVKE Mondial, 14/02/2014,http://www.radiomundial.com.ve/article/fallecidos-el-12-f-fueron-asesinados-con-la-misma-arma . Sur les assassinats similaires pendant le coup d´Etat d´avril 2002, voir l´excellent documentaire de Angel Palacios, “Puente llaguno: clave de una massacre”, http://www.youtube.com/watch?v=fkrAI72ct-I

(13) “Capriles llama a movilizaciones contra la violencia y el paramilitarismo”, El Universal, 16/02/2014, http://www.eluniversal.com/nacional-y-politica/140216/capriles-llama-a-movilizacion-contra-la-violencia-y-el-paramilitarismo

(14) Voir Romain Migus, “Nuit de cristal au Venezuela”, Venezuela en Vivo, 17/04/2013, http://www.romainmigus.com/2013/06/nuit-de-cristal-au-venezuela.html

(15) “Venezuela rechaza declaraciones de secretario estadounidense John Kerry”, Telesur, 16/02/2014, http://www.telesurtv.net/articulos/2014/02/16/venezuela-rechaza-declaraciones-de-secretario-estadounidense-john-kerry-2982.html

(16) “Funcionarios norteamericanos tienen 48 horas para salir de Venezuela”, Noticias24, 16/02/2014, http://www.noticias24.com/venezuela/noticia/222622/elias-jaua-funcionarios-norteamericanos-tienen-48-horas-para-salir-de-venezuela/

(17) “Venezuela: quinto país del mundo que más usa el twitter”. Ciudad CCS, 29/05/11, http://www.ciudadccs.info/?p=176192

(18) Telesur a réalisé une compilation de ces montages médiatiques. Voir: https://www.facebook.com/media/set/?set=a.10151869482281179.1073741986.186321186178&type=1


Source: Venezuela En Vivo

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akasha

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MessageSujet: Re: Venezuela: coup de projecteur sur les zones d´ombre médiatiques   Mar 22 Aoû 2017 - 0:49

[Venezuela] 5 mythes sur la crise (et ce qui se passe réellement), par la BBC

Source : Daniel Pardo, BBC, le 21 juillet 2017.




La garde nationale surveille une vente d’oeufs à Caracas

Lors des trois dernières années, la crise au Venezuela est allée de mal en pis.

Ce sont les trois années durant lesquelles j’ai été correspondant. Pendant cette période, j’ai essayé de sortir du pays régulièrement ; pour prendre l’air, certes, mais aussi pour voir la réalité d’un autre point de vue.

À chaque fois que je quitte le pays, ma famille et mes collègues me posent des questions, pour savoir si tout est vraiment aussi grave, aussi catastrophique que ce que rapportent les médias.

À cause de la polarisation et de la politisation, beaucoup de ces questions reposent sur des impressions exagérées de la situation d’un pays qui a été riche et qui maintenant est pauvre, et personne n’a l’air de comprendre comment cela est arrivé, entre autres mystères.

Lors de ces conversations, j’ai identifié cinq mythes qui paraissent être enkystés dans l’opinion de nombreuses personnes sur le Venezuela.

1. « ll y a la famine au Venezuela »


La faim est présente dans certaines zones du Venezuela, mais cela ne concerne pas la majeure partie de la population.

Dans l’enquête Encovi en 2015, 90% des Vénézuéliens ont répondu qu’ils mangent moins et que la nourriture est de moins bonne qualité.

En 2016, la crise alimentaire s’est aggravée. On voit plus de queues et on rapporte qu’il y a davantage de malnutrition et de personnes qui mangent deux fois par jour, voire moins.


Mais est-ce vraiment la famine ?

Mais il ne s’agit pas de la famine telle que définie par le programme alimentaire mondial des Nations Unies : il faut qu’au moins 20% des foyers subissent une pénurie grave, qu’il y ait plus de 30% de mal nourris et que 2 personnes sur 10 000 meurent chaque jour.

Voyons.

Selon Datanalisis, le sondeur le plus souvent cité sur ce sujet, la pénurie dans les ménages est de 43%, mais cela concerne des produits de base tels que le riz, la farine ou le lait.

Et quel que soit leur prix, les Vénézuéliens ont des fruits et légumes disponibles à tous les coins de rue.

Selon Bengoa Foundation, spécialiste dans ce domaine, la malnutrition se situe entre 20 et 25 %.

Mais deux décès par jour pour 10 000 habitants ne semblent pas réalistes à l’heure actuelle.

Les chiffres les plus alarmants sur la malnutrition ont été donnés par l’opposition en juin : 28 décès par jour.

Mais selon l’ONU, une famine au Venezuela, peuplé de 30 millions d’habitants, impliquerait 6 000 décès par jour dus à la malnutrition.

Les experts vénézuéliens s’accordent sur le fait que ce qui se passe ici n’est pas comparable à l’Éthiopie des années 80 ou à la Corée du Nord des années 90.

Mais plus d’un m’a dit : « Mais attention, nous sommes au bord de la famine ».

2. « Le Venezuela est comme Cuba »

En général, trois éléments permettent de soutenir que « le Venezuela se ’’cubanise’’ » comme certains le disent : les files d’attente pour acheter des produits rationnés, la dualité de l’économie et la militarisation du gouvernement (où les services de renseignement et le gouvernement cubains exercent une certaine influence).

Mais la comparaison s’arrête là.


Maduro a essayé de maintenir la relation privilégiée avec Cuba qui a débuté sous le gouvernement Chavez

Le Venezuela est un pays capitaliste où le secteur privé a une certaine activité en dépit des restrictions et expropriations de l’État, qui exerce un contrôle croissant sur l’économie. A Cuba, le secteur privé est minime.

Ici, l’Internet est le plus lent de la région, mais nous avons presque tous une connexion avec accès à Facebook, Netflix et les médias internationaux critiques du gouvernement. Ce qui n’est pas le cas à Cuba.

McDonald’s – qui n’existe pas à Cuba – a du mal à importer des pommes de terre frites, mais quantité de gens y mangent des glaces le dimanche.

Chez Zara ou chez Bershka, il n’y a pas de vêtements ou alors il sont hors de prix. Mais les enseignes sont bien là, dans un immense centre commercial. Rien de tel à Cuba, même en version plus petite.

Les voitures dernier modèle ne se vendent plus qu’en dollars, mais il y a des gens qui les achètent. Et on les voit dans les rues. À Cuba, seulement dans les films hollywoodiens.

Ici on trouve des banques espagnoles et américaines, des succursales des plus grandes multinationales au monde et des médias indépendants du monde entier. Pas à Cuba.

De plus, le Venezuela est un pays pétrolier avec d’énormes réserves de pétrole brut et ce n’est pas une île, deux éléments déterminant sa condition qui, pour aussi tragique qu’elle devienne, va générer des situations qui ne peuvent se produire à Cuba : pensez, par exemple, à la contrebande frontalière.

3. « Le Venezuela est une dictature »


On peut encore se procurer des biens de luxe au Venezuela

C’est un débat qui a déjà quelques années : le Venezuela est-il une « dictature moderne » ou bien un « régime hybride » ?

Mais ici et ailleurs, peu d’experts évoquent une dictature traditionnelle.


Premièrement, disent-ils, parce que, ici, il y a une opposition, même si elle est privée des aides de l’État, emprisonnée ou empêchée d’exercer ses droits politiques.

Et il y a des élections, même si l’Assemblée nationale, élue par la voie des urnes, est délestée de son pouvoir quand elle est contrôlée par l’opposition.

Deuxièmement, la presse indépendante au Venezuela a du mal à importer du papier à imprimer, elle est rachetée par des sociétés anonymes proches du gouvernement, et nombre de ses journalistes sont mis en examen, voire emprisonnés. Mais il y a une presse d’opposition.

Certains Vénézuéliens disent que les indices de démocratie sont « la façade du régime » vénézuélien. [sont là pour masquer la réalité du régime, NdT]

Sans aucun doute : s’il y a peu d’experts qui parlent de dictature, seule une minorité reconnaît une réelle démocratie.

4. « Tout le monde hait Maduro »

A l’étranger, certains entendent les déclarations de Maduro et se demandent : « pourquoi ne le renversent-ils pas ? Qui veut de ce type ? »

Selon diverses enquêtes, Maduro est soutenu par 20 à 30% de la population.

J’ai parlé avec des Vénézuéliens qui se disent chavistes, qui disent soutenir Maduro dans ces sondages, mais lorsque je cesse l’enregistrement, la parole se libère et coule alors un flot d’insultes contre le Président.

Ce sont des personnes dont la gratitude pour les avancées sociales obtenues par le passé les empêchent de critiquer ouvertement le gouvernement.

Ou bien des personnes qui ont peur de perdre leur maison, leur pension ou les bons alimentaires qu’elles perçoivent.


Alors que le soutien à Maduro au Venezuela se situe entre 20 et 30%, celui du défunt Hugo Chavez est de 60 %

Il y a aussi des milliers de Vénézuéliens qui sont « pistonnés », comme on dit ici en référence au réseau de corruption qui tire des bénéfices du gouvernement.

Dans tous les cas, 30% de soutien, c’est plus que ce qu’enregistrent aujourd’hui les présidents du Brésil, du Chili ou de Colombie.

Certains disent que le chavisme est en phase terminale, mais Chavez continue d’être crédité de 60% d’opinions favorables. La crise a beau être aiguë, il est difficile d’envisager la fin du chavisme.

5. « On ne peut pas sortir dans la rue »

La délinquance rampante et la peur qu’elle génère font que certains préfèrent voir un film chez eux que sortir dans un bar le soir.


Mais il y a encore beaucoup de personnes, non seulement à Caracas mais dans tout le pays, qui sortent en discothèque, dans les bars et les restaurants.

Paradoxalement, là où il y a le plus d’homicides, dans les quartiers populaires, la nuit est aussi active que dans n’importe quelle ville, mais dans les quartiers des classes supérieures, les rues restent assez désertes après 9 heures du soir.

Au Venezuela, il faut faire profil bas, ne pas parler au téléphone ou sortir un appareil photo dans la rue. Plus votre voiture est vieille et vos vêtements élimés, mieux c’est.

Avoir une escorte ou une voiture blindée peut être, parfois, contre-productif.

Malgré cela, pendant la journée, les centres-villes et les villages sont aussi animés, folkloriques et amusants que dans n’importe quel autre endroit d’Amérique latine.

Les rues vénézuéliennes sont marron, sombres, vertes, jaunes, rouges, bleues. Ici, au moins pendant la journée, il y a de la vie.

Traduit par les lecteurs du site www.les-crises.fr. Traduction librement reproductible en intégralité, en citant la source.

Quelle forme aurait une intervention militaire US au Venezuela?


Par Marco Teruggi
Mondialisation.ca, 21 août 2017
Hastalnocau 14 août 2017





Les États-Unis jouent plusieurs cartes simultanément . Ils parient sur l’une ou l’autre selon l’évolution du scénario, en fonction du résultat du jeu. Ils n’en écartent aucune, même celle qui pourrait sembler la plus lointaine: l’intervention militaire. Donald Trump lui-même s’est chargé de l’annoncer, personnellement et en direct pour le monde entier. La question serait : pourquoi en cet instant du conflit?


Les élections du 30 juin ont porté un coup à l’accumulation de force insurrectionnelle par la droite. Il s’est agi d’une égalisation du chavisme, d’une reprise d’initiative, comme un boxeur dans les cordes qui rebondit en portant un direct à son adversaire et restabilise le combat. Avec un avantage évident : la subjectivité. Celui qui sentait qu’il allait gagner s’est retrouvé déconcerté, démoralisé. La droite se voyait déjà – du moins sa base y croyait – en train de prendre le pouvoir, dans un déploiement qui semblait ne pas avoir de limite. Il n’a fallu que deux semaines pour qu’elle perde la rue, l’initiative, le discours, l’épopée : les militants de base accusent les leaders de la Table de l’Unité Démocratique d’être des traîtres et des lâches.


La conclusion du résultat est que la droite n’a pas de corrélation de forces – et ne semble pas non plus en condition de la construire – à l’intérieur du Venezuela pour sortir le gouvernement par la force. Pire encore: ce qu’elle annonçait comme une victoire assurée quel que soit le scénario électoral ne l’est plus. Il est difficile de savoir qui gagnera les élections des gouverneurs qui auront lieu en octobre. Les chants de victoire qu’annonçait déjà la droite ne fonctionnent plus. La défaite a un « effet domino ».

Avec ce scénario, les autres cartes, prévues à l’avance, ont commencé à bouger. D’un côté, et toujours comme transversale et permanente, la carte économique: les attaques se sont accentuées sur la monnaie et les prix. D’un autre côté, publiquement, les annonces de participation électorale: presque toute l’opposition a fini par inscrire ses candidatures. Enfin, en même temps que la carte de la violence souterraine, la carte internationale, liée à la précédente, l’économique et la diplomatique. Un mot résume cette stratégie: intégralité.

La carte souterraine

Un bras armé de la droite, toujours – apparemment – à l’état de germination est en construction. On l’a vu agir depuis le début de l’escalade du mois d’avril. D’un côté, les actions paramilitaires dans plusieurs lieux du pays, avec des attaques de casernes militaires, de commissariats, de corps de sécurité de l’État, de contrôles du territoire, de commerce et de transport. D’un autre côté, et connectés, le développement de groupes de choc qui, au fil des mois, par exemple, à Caracas, ont montré une transformation de l’esthétique, des méthodes, de l’organisation et de la capacité. Entre les premiers encapuchonnés de début avril et les « écuyers » de juin/juillet, une évolution a eu lieu. Où sont ces groupes maintenant que les rues sont calmes ?

A leur tour se sont multipliées les vidéos sur les réseaux de groupes armés, qui, avec des capuches, des armes longues et une esthétique militaire, ont annoncé être préparés pour la confrontation militaire. Leurs objectifs sont, répètent-ils, doubles : tant le gouvernement que les organisations du chavisme.

Ces groupes ont essayé de créer des héros: le premier, Oscar Pérez, qui a lancé les grenades sur le Tribunal Suprême de Justice, et ensuite apparu interviewé sur les écrans. Le second, Juan Caguaripano, qui s’est attribué la direction de l’assaut de la caserne de Fuerte Paramacay où ont été volées plus de cent armes, et qui a été arrêté le vendredi soir. L’objectif semblerait être la création de mythes, de figures qui puissent rassembler et servir de référents à une droite en panne de dirigeant visible. Sous la table certes, elle a des dirigeants: des secteurs nord-américains, ceux-là mêmes qui ont planifié l’escalade insurrectionnelle, et qui battent les cartes avec de manière subordonnée, la droite vénézuélienne, comme Voluntad Popular.

Cette force semble en processus de développement. Elle a mené des essais, suivi des entraînements. Elle essaie d’émerger, de se structurer et de se consolider, maintenant que la perte de la rue par la droite est impossible à cacher.

La carte internationale


C’est celle qui est devenue la plus forte après le 30 juin. Les Etats-Unis ont déployé un éventail de mesures contre le Venezuela, depuis les sanctions économiques, les blocus financiers, les tentatives de sièges et isolements diplomatiques, jusqu’à l’annonce récente par Donald Trump de la possibilité de l’intervention militaire. Remettre l’initiative dans les mains du front international met en évidence la dépendance et l’incapacité de l’opposition au niveau national. Là, comme dans la stratégie générale, ils jouent de toutes les cartes simultanément. Ils mesurent, préparent, évaluent les possibilités pour les discours: les conditions dans le continent ne sont pas les mêmes qu’au Moyen-Orient, en termes militaires, diplomatiques, politiques. Elles ne le sont pas non plus en géopolitique globale.

Ainsi le vice-président des Etats-Unis, Mike Pence, lors de sa conférence de presse de dimanche, après s’être réuni avec le président de Colombie, Juan Manuel Santos, a affirmé que les sanctions seraient économiques et diplomatiques. Il a écarté publiquement la possible intervention militaire qui avait été annoncée par le président états-unien. Cela pourrait s’expliquer par le rejet manifesté par Santos – allié-clef dans le conflit contre le Venezuela – d’une voie militaire, après avoir évalué qu’il n’existe pas de consensus en Amérique Latine pour poser une preuve frontale d’impérialisme disparue depuis des années. Et parce que pour intervenir militairement il n’est pas nécessaire d’annoncer qu’on le fera – ils le font déjà, de fait, à travers l’élaboration d’actions et de financement, direct ou indirect, des groupes armés de la droite.

Pour imaginer l’hypothèse de l’intervention militaire il faut se débarrasser de l’image d’un débarquement de soldats mâchant du chewing-gum, avec l’emblème des Etats-Unis sur le front. Ils n’offriront pas l’a preuvede l’action: la guerre sur chacun de leurs fronts a été posée ainsi. Il semble plus adroit de chercher dans des formes souterraines, comme le déclenchement d’actions qui serviraient de prétetxtes, des attaques depuis d’autres frontières avec le Venezuela, avec d’autres identités. C’est là que rentre par exemple la connexion avec la tentative de développement d’un bras armé qui pourrait avoir un nom, une direction publique, et se déployer avec une puissance de feu dans certaines zones. La tactique se construirait en fonction du développement de cette structure, sa capacité ou non à avancer et construire un pouvoir. Pour l’instant ce n’est qu’en germe.

Toutes les cartes sont sur la table. Le cours des événements indiquera lesquelles prendront le plus de poids et lesquelles seront écartées. La décision et le rôle des États-Unis est claire, ils posent des temps, des tactiques, ils déploient une force que la droite n’a pas au niveau national. Les élections régionales d’octobre seront des élections-clé: un bon résultat du chavisme enlèverait du poids au secteur de la droite vénézuélienne qui parie sur la résolution électorale. Cela renforcerait la thèse qu’on ne peut sortir le chavisme du gouvernement que par la force, par un bras armé, articulé avec une intervention plus grande venant d’une autre frontière, comme la Colombie ou le Brésil.

Marco Teruggi
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MessageSujet: Re: Venezuela: coup de projecteur sur les zones d´ombre médiatiques   Jeu 24 Aoû 2017 - 0:45

Le Monde ressuscite les morts pour mentir sur le Venezuela


Fanny Louise Troubiand du Villars (1775- 1837) et le Libertador Simon Bolivar (1783-1830)


Depuis plusieurs années, le journal Le Monde compte sur les habituels pamphlets antichavistes de ses collaborateurs Marie Delcas et Paolo Paranagua. La première est correspondante du journal pour couvrir les évènements au Venezuela. Petit détail, elle est en poste à Bogota, soit à 1400 kilomètres de Caracas.

Cela peut paraître assez étrange. On imagine assez mal un correspondant en Espagne relatant les derniers évènements tragiques de Catalogne depuis Paris. Pourtant la distance entre les deux villes européennes est plus courte que celle qui sépare les deux capitales latinos. Pour remédier à l´éloignement, la dite correspondance relève plus du commentaire élogieux des opinions de l´opposition à la Révolution bolivarienne. Mais ça, le lecteur du Monde n´en saura rien.

La deuxième personne est un éditorialiste. Il s´agit de Paolo Paranagua, alias le Comandante Saúl, responsable de plusieurs attentats dans les années 70 comme le rappelait encore Jean-Luc Mélenchon (1).

Viscéralement opposé aux gouvernements populaires d´Amérique Latine, M. Paranagua confond, depuis maintenant de nombreuses années, propagande politique et journalisme, et massacre régulièrement la notion d´information honnête et équilibrée. Mais ça, le lecteur du Monde ne le sait pas.

A ces deux militants politiques qui, sous couvert de leur carte de presse, relaient les tracts les plus odieux de l´extrême droite vénézuélienne, s´ajoute désormais un troisième larron.

Depuis maintenant deux semaines une envoyée spéciale du Monde, Fanny du Villars, rédige des écrits à charge contre la Révolution Bolivarienne dans le plus grand mépris de toute déontologie et en claire violation de la Charte de Munich (au moins en ce qui concerne les articles 1,3,6,8,9 relatifs aux devoirs des journalistes). Or Fanny du Villars n´existe au Monde que depuis deux semaines, et n´a jamais rien écrit auparavant pour ce journal, ni pour aucun autre média.


Articles de propagande écrits par "l´envoyée spéciale" du journal Le Monde, Fanny du Villars

Fanny du Villars n´est pourtant pas une inconnue au Venezuela. Née en 1775 en France, c´est une lointaine cousine du Libertador Simon Bolivar, avec qui celui-ci aurait entretenu une relation amoureuse et a correspondu jusqu´à la fin de sa vie. Fanny du Villars est décédée le 21 décembre 1837, prés de Lyon.

Ce que l´on sait moins c´est que, visiblement, elle serait revenue à la vie, et travaillerait désormais pour le groupe de communication de messieurs Pigasse, Bergé et Niel.

Certaines mauvaises langues qui ne croiront pas un seul instant à cette histoire de réincarnation pencheront plutôt pour dire qu´il s´agit là d´un pseudonyme. Or le titre « d´envoyée spéciale » confère une certaine légitimité aux faits rapportés par une personne qui est sur place, et qui est censée nous proposer une vision fidèle des évènements. Mais si cette personne n´existe pas, on peut se demander s´il y a vraiment un envoyé spécial du journal Le Monde au Venezuela ? Et si oui, pourquoi alors utiliser un pseudonyme ? Il y a, à Caracas, des dizaines de journalistes étrangers travaillant pour des médias ou des agences internationales, et à notre connaissance, aucun ne se cache derrière le masque de l´anonymat. Ce qui nous amène à nous demander qui est derrière ce pseudonyme et surtout d´où vient l´information que Le Monde offre à ses lecteurs.

En effet, « Fanny du Villars » est-elle une personne directement liée aux franges les plus radicales de l´opposition vénézuélienne et dont la crédibilité ne résisterait pas à l´examen de son curriculum politique ? Est-ce un membre de la « Resistencia », ces groupes connus pour avoir brulé vif des afro-vénézuéliens parce qu´ils ressemblaient à des chavistes ? Qui écrit ? Qui nous informe ? Un journaliste qui nous rapporte des faits ou un mercenaire de l´information, payé pour tergiverser et mentir sur la réalité du Venezuela ?

Les articles du spectre Fanny du Villars sont tellement caricaturaux qu´on peut aussi légitimement se demander s´il ne s´agit pas de travaux élaborés par un bureau de diplomatie publique, et qui échouent dans les pages d´un journal qui se prêterait au jeu de la propagande. Un grand classique qui nous renvoie aux actions menées par Otto Reich et à la Office of Public Diplomacy for Latin America and the Caribbean du gouvernement des Etats-Unis lors de la guerre contre le Nicaragua Sandiniste (2).

Il ne s´agit là, évidemment, que d´hypothèses mais une chose est sûre : les articles de « l´envoyée spéciale » Fanny du Villars ne sont pas l´œuvre d´un journaliste honnête dont le but est d´informer ses lecteurs.

Le journal Le Monde est une nouvelle fois pris la main dans le sac de la propagande de guerre. Derrière « Fanny du Villars », c´est notre droit à être informé qui est piétiné par le quotidien de référence au pouvoir dominant.

Romain MIGUS

Source : Le Grand Soir


(1) Jean Luc Mélenchon est le seul homme politique à avoir dénoncé le passé obscur et le parti pris idéologique de Paolo Paranagua, voir http://www.jean-luc-melenchon.fr/2012/10/21/retour-de-voyage-dans-la-v.... Le leader de la France insoumise dénonce aussi les attentats commis par Paolo Paranagua et son groupe dans les années 70. A l´heure où les attentats endeuillent plusieurs pays d´Europe, des dirigeants historiques de l´ancienne LCR ont condamné…..Jean Luc Mélenchon et se sont solidarisés avec l´éditorialiste du Monde. Voir : https://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/19...

(2) Voir sur le site du National Security Archive de l´Université George Washington : http://nsarchive2.gwu.edu/NSAEBB/NSAEBB40/
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MessageSujet: Re: Venezuela: coup de projecteur sur les zones d´ombre médiatiques   Mar 29 Aoû 2017 - 1:08

« Real news », « fake news », à vous de juger !


Regardez la grosse crotte que je viens de sortir de mon nez

Récemment, j’ai commenté sur Facebook une très courte émission parue sur le profil de Donald Trump[1]. Il s’agissait d’un « teaser » ressemblant à s’y méprendre à un véritable journal télévisé d’information et animé par une ex-journaliste de CNN…sauf que chaque phrase était à la gloire du Président. Alors que les autres commentaires s’offusquaient de la manœuvre, l’apparentant à de la propagande (ce qui est clairement le cas), j’expliquais qu’il n’y avait là, pour moi, pas grand-chose de nouveau. Le Président français, Emmanuel Macron, ne venait-il pas de « choisir » ses journalistes[2] ? Nicolas Sarkozy n’avait-il pas fêté sa victoire sur le yacht de son ami Bolloré qui est à la tête de Vivendi et de Canal+ ? N’avions-nous pas l’habitude de regarder, lire et écouter des journalistes payés par des subsides d’État ? Qui plus est, l’émission de Trump étant diffusée sur sa page Facebook, pas sur une chaîne d’information, il était selon moi clair qu’il s’agissait de communication politique et pas de travail journalistique[3]. Je terminais en rappelant que l’essentiel était en réalité d’effectuer une rigoureuse critique des sources quoique l’on ait comme document devant ses yeux. À ceci, « l’ami d’un ami » a répondu qu’il voulait comprendre comment « évaluer » un média. Cet article se propose de donner quelques clefs en partant d’un article du Soir, en Belgique.

Depuis l’élection de Donald Trump, on n’a jamais entendu autant parler de « fake news » en lui opposant l’idée de « vérité ». Rappelons en préambule qu’il n’a pas fallu attendre 2017 pour que des médias transmettent des mensonges éhontés : le charnier de Timisoara ou les armes de destruction massive en sont deux exemples connus. La singularité, ici, c’est que les « fake news » sont exclusivement attribuées aux médias « non-traditionnels ». Cet aspect pose question car il accable certains acteurs (les médias indépendants) en en disculpant d’autres a priori (la presse mainstream[4]). On est en droit de penser qu’il y a là un positionnement politique partial plus qu’une volonté de « dire la vérité ». Par exemple, on a pu montrer combien le Décodex du journal Le Monde peinait à argumenter les raisons de son lynchage de sites comme Le Grand Soir[5].




D’autre part, beaucoup de sites « de gauche » ont vu leur fréquentation décroître subitement suite à la mise en place par Google d’un nouvel algorithme censé lutter contre ces « fake news »[6]. Le World Socialist Web Site en est peut-être la victime la plus marquante.

Face aux « fake news » se pose la question du statut à donner à la « vérité ». C’est une question qui obsède les journalistes et les observateurs de la presse depuis que cette dernière existe. Certains pensent que les faits peuvent être dissociés des commentaires sur les faits. D’autres pensent que les faits « n’existent pas » indépendamment d’un contexte, selon la perspective, les valeurs ou la sensibilité de celui qui les raconte. Imaginons par exemple un vol à l’arraché. Un article qui titre : « Un immigré agresse une vieille femme et lui vole son sac » …relate le même événement qu’un article titrant : « Un réfugié SDF vole une riche rentière ». Pourtant, ces deux articles disent des choses différentes parce que les valeurs qui sous-tendent l’écriture sont elles-mêmes sensiblement différentes. Il faut alors éviter de tomber dans le piège du relativisme complet voulant qu’il n’y a « pas de vérité » mais, de toute évidence, il faut aussi éviter le piège d’une Vérité avec majuscule qui, officielle, suffirait à discréditer toute façon alternative[7] de voir le monde.

Pour arriver à cette juste distance, il faut comprendre qu’aucun acteur n’est désintéressé. Ni le magnat de la presse qui cherche, par le truchement de celle-ci, à gagner beaucoup d’argent ou à faire du lobbying ; ni le militant de gauche dont l’agenda est le renversement d’un système qu’il juge oppresseur. Ce sont précisément ces intérêts qu’une véritable critique des sources doit pouvoir faire émerger. Libre ensuite au « consommateur » d’information de se faire sa propre opinion, selon ses propres valeurs.

La critique des sources permet d’aborder une production journalistique comme un historien aborde un document : c’est-à-dire en effectuant une critique externe et une critique interne. Lors de la critique externe, on se pose une série de questions sur le contexte de production du message, son authenticité, son auteur, etc. Lors de la critique interne, on s’intéresse au contenu du message. Comme me l’a proposé cet « ami d’ami » sur Facebook, je vais m’intéresser au journal belge Le Soir en prenant un article[8] disponible au moment d’écrire ces lignes et intitulé : « Venezuela: Nicolas Maduro embarrassé face caméra par le rejet de sa carte d’électeur ». Le choix du journal Le Soir me paraît pertinent parce qu’il n’est a priori pas du tout polémique. Considéré comme un journal « de qualité », Le Soir propose une couverture généraliste de l’actualité. Pour commencer, il faut d’abord lire l’article ! Cela peut prêter à sourire mais nombreux sont ceux pensant qu’il est possible de juger un contenu sans même en avoir pris connaissance. On y apprend que M. Maduro a vu sa carte d’électeur rejetée lorsque, en direct à la télévision, il a tenté de la valider pour déposer son vote à la consultation proposant de choisir les candidats à l’Assemblée Nationale Constituante.

La critique externe

La critique externe peut être excessivement détaillée, mais je propose de ne procéder qu’à trois étapes : 1) Que sait-on du média qui publie l’info ? 2) Que sait-on de l’auteur de l’article ? 3) Que nous apprend le contexte d’énonciation de l’article ?


   Sur le média, il est important de poser la question du financement car aucun média ne publie d’informations allant contre les intérêts de celui qui le finance. Les informations concernant le financement du Soir ne sont pas accessibles facilement, il n’existe par exemple pas de rubrique dédiée sur le site. On perçoit toutefois au moins trois sources de revenus : les subsides publics (le journal percevait en 2015 la somme d’1.2millions d’€[9]), le financement par la publicité et, on peut le supposer, un financement via les abonnements et l’achat du journal payant par les lecteurs. La répartition de ces ressources dans le budget global nous est inconnue, en dépit de l’intérêt évident de cette donnée. En effet, si la plus grande partie du budget est couverte par les abonnements et les achats, le degré d’indépendance est lui aussi beaucoup plus grand… Le Soir est édité par la société anonyme Rossel & Cie, elle-même appartenant au Groupe Rossel dont il n’est pas anodin de remarquer qu’il est non seulement actif dans la presse mais aussi dans le marketing et la communication financière (via Mediafin). Par ailleurs, il est aussi lié à la presse audiovisuelle privée (RTL) avec des participations dans différentes holdings[10].



Ici déjà se tisse un réseau de dépendances qui n’est pas innocent : comment avoir une parole libre par rapport aux politiques quand la viabilité de son média en dépend ? Comment avoir une parole critique sur la finance quand le groupe auquel vous appartenez a une part de son business lié à celle-ci ? Comment dénoncer les intérêts des grands groupes de presse privés quand vous faites partie de la même holding ? Comment enquêter sérieusement sur des multinationales ou de gros industriels quand ce sont eux précisément qui peuvent acheter vos encarts publicitaires ? Ainsi, les valeurs qui sous-tendent n’importe quel discours publié par Le Soir doivent être compatibles avec ces éléments. Un discours explicitement anticapitaliste, par exemple, n’y aurait pas droit de cité (à part, peut-être, sous la forme d’une « carte blanche » qui n’engage pas la Rédaction).

   Intéressons-nous maintenant à l’auteur. Un lecteur non avisé pourrait être étonné car, en dépit de la réputation de « sérieux » dudit journal, l’article n’a pas d’auteur. Il s’agit en fait d’un copié-collé d’une dépêche de l’AFP (Agence France Presse) à laquelle aucune modification n’a été apportée. Retour donc en partie à la case départ et le travail effectué sur le financement du Soir devrait être complété par un travail similaire sur l’AFP. Vous avez compris le principe, je ne vais pas le refaire ici[11]! Toutefois, outre le fait qu’une information soit répétée par plusieurs médias sans commentaires ni précisions, ces dépêches posent plusieurs problèmes. On ne sait pas, par exemple, si le journaliste de l’AFP était présent sur place lors des événements relatés (on est même fortement en droit d’en douter dans la mesure où rien n’indique que ce fut le cas). Le journaliste de l’AFP, s’il n’a pas été présent, place donc sa confiance dans un autre document : une vidéo de M. Maduro. L’AFP a-t-elle correctement authentifié cette vidéo ? Rien ne l’indique. La critique externe invite également à questionner l’indépendance du témoignage. Or, présente dans le corps de l’article, cette vidéo est estampillée « El estimulo », un média vénézuélien privé. Ce n’est pas innocent tant on sait que les médias privés sont pleinement partie prenante dans les conflits au Venezuela[12]. Ainsi, en diffusant cette vidéo sans expliciter le parti-pris pro-opposition de la vidéo, l’AFP et, à sa suite, le Soir sont partiaux dans leur couverture informationnelle. C’est d’autant plus dommageable que ce positionnement est subtil, invisible au premier coup d’œil, surtout pour un lectorat qui ne connaît pas bien le contexte historique et politique de ce pays.



Enfin, si on ne connaît pas exactement l’auteur de l’article, on peut cependant rappeler quelques réalités du métier actuel de journaliste. D’abord, les conditions économiques des journalistes se sont largement dégradées en quelques décennies. Souvent à la pige, ils sont moins bien payés et n’ont pas la même protection sociale que sous un contrat d’employé. Pire : comme ils doivent « se » vendre à chaque fois qu’ils vendent un article, ils ne peuvent surtout pas déplaire, au risque de ne plus gagner leur croûte la fois suivante. Cette précarité mène à une soumission idéologique évidente. Et comme ils sont payés à la pige, ils doivent produire beaucoup pour gagner juste assez. Fort logiquement, l’obligation de privilégier le volume a des conséquences sur la qualité du traitement des sujets et sur le choix de ceux-ci (sujets légers qui demandent peu de travail d’enquête). Dans notre exemple, l’article ne fait que relater ce qui se passe sur une courte vidéo. Sans contextualisation, la valeur informative est presque nulle. Les articles produits ont alors tendance à être courts (cet article-ci serait impubliable !) et à présenter les faits comme si l’on pouvait se départir de toute analyse. Du reste, ces contraintes correspondent à des médias qui attendent justement des articles courts, plus rentables parce qu’ils amènent le lecteur à surfer plus vite et donc à consommer plus de publicité. Le travail à la pige oblige enfin le journaliste à écrire sur différents sujets. Il n’est plus le spécialiste d’une rubrique mais peut parler de la politique du Venezuela un jour et des inondations dans un petit bourg le lendemain. Dans ces conditions, l’expertise vient nécessairement à manquer, surtout lorsque les formations en journalisme sont de moins en moins construites sur un socle de culture générale fort mais plutôt autour de savoir-faire médiatiques. À titre de comparaison, j’écris cet article sur mon temps de vacances puisque j’ai la chance de travailler dans l’enseignement. Mon salaire ne dépend pas de sa publication, mon degré d’indépendance est donc plus assuré.

   La critique externe se clôt sur une analyse du contexte d’énonciation. Une véritable analyse sémiotique pourrait ici être pertinente[13] mais cela demanderait trop de temps et d’espace. Notons simplement l’omniprésence de la publicité entourant l’article. Lors de ma visite sur le site du Soir, c’est une publicité pour la chaîne de restauration Starbucks qui prend le plus de place. De haut en bas, une grande capture de vidéo succède directement au titre et est suivie par un court chapeau (cinq lignes) puis une nouvelle publicité (cette fois pour une marque de voiture). Un lien vers un autre article au titre accrocheur est placé juste en-dessous de la vidéo (il s’agit que l’internaute ne reste pas trop longtemps sur une page, comme je le disais plus haut) puis, enfin, sept lignes de « contenu » interrompu par la vidéo de M. Maduro (empruntée au média El estimulo et laquelle ne démarre qu’après 15 secondes d’une nouvelle publicité pour une voiture). Quatre lignes de texte puis une nouvelle capture d’écran sur « l’info » (on voit que le lecteur de carte ne reconnaît pas celle de M. Maduro). À nouveau quatre lignes de texte interrompues par un énième lien accrocheur vers un autre article et, enfin, les deux dernières lignes de l’article. Si on fait le compte, on remarque que l’article est composé de 21 lignes d’une police très grande et composées d’à peine une douzaine de mots par ligne. Cette « économie » corrobore les éléments précités sur la nécessité de textes courts. Toutefois, l’œil du lecteur, même pour un article aussi court, aura été interrompu pas moins de huit fois, ce qui complique terriblement la lecture.


La critique interne

La critique interne consiste à juger le contenu du document, c’est-à-dire le « sens » de celui-ci. C’est évidemment très compliqué car, par définition, si l’on s’informe, c’est qu’on ignore ! Un premier point est le degré de sensibilité du propos. Par exemple, un article sur les résultats d’une compétition sportive n’est pas aussi sensible que celui sur les enjeux du transfert de Neymar au PSG, lequel a, peut-être déjà, des implications (géo)politiques. De façon générale, on peut considérer que des informations touchant à la politique, à l’économie et aux relations internationales sont les plus sensibles. Dans notre cas, l’article sur le Venezuela est donc potentiellement très sensible et notre œil de lecteur devrait être aiguisé.

La critique interne s’intéresse également à une série d’aspects qu’on a déjà évoqués plus haut : la question des intermédiaires (ici Le soir/AFP/El estimulo), les capacités physiques et intellectuelles du journaliste, les intérêts défendus par chacun de ces acteurs. Sur ce dernier point pourtant, nous devrions comme lecteurs nous interroger sur les propres valeurs qui nous animent. Deux questions très pratiques à se poser : qu’est-ce que j’ai envie de voir de l’événement ? Qu’est-ce que je m’attends à voir de l’événement ? Par exemple, si j’ai envie de voir M. Maduro humilié, ce peut être un indice de mon aversion pour son projet politique et, éventuellement, pour une gestion socialiste de la société. Et vice versa… Ce qu’on « s’attend à voir » donne une indication sur nos a priori. Par exemple, je m’attendais personnellement à voir un extrait de propagande anti-chaviste à travers cette vidéo et mes recherches sur le média privé El estimulo tendent à me conforter dans cet a priori. Quelqu’un qui s’attend à voir un « dictateur risible » risquera fort probablement d’être, lui aussi, conforté dans son opinion et ce à partir de la même vidéo. Autrement dit, on a tous tendance à faire correspondre une nouvelle information à ce qu’on sait/pense déjà. C’est un biais cognitif bien connu mais qu’il est bon de se rappeler au moment de la lecture d’un article.

Sur le contenu en lui-même, quelques remarques. Le titre promet d’assister à « l’embarras » de M. Maduro. Or la vidéo d’El estimulo coupe directement, sans qu’on puisse voir la réaction du Président. Ici, deux options : soit la vidéo est coupée par le média d’État qui retransmettait l’événement en direct, soit la vidéo est coupée par El estimulo. Cela fait une différence fondamentale puisque, dans le premier cas, il y aurait une forme de « censure d’État » mais dans le second cas il s’agirait au contraire d’une forme de mensonge médiatique (le fameux « embarras » constitue l’accroche de cet article). En réalité, la télévision vénézuélienne a continué sa retransmission[14], il s’agit donc bien d’une manipulation d’El estimulo relayée sans état d’âme par l’AFP puis par le journal Le Soir. Comment peut-on le savoir ? Hé bien parce que l’AFPes (c’est-à-dire l’AFP en espagnol) a diffusé sur YouTube une autre vidéo dans laquelle on peut voir le fameux « embarras » de M. Maduro ! Pourquoi El estimulo n’a-t-il pas montré la séquence en entier ? Tout simplement parce que ce problème technique est tout au plus une anecdote. Extraire la vidéo de son contexte permettait de monter en épingle une situation qui vraisemblablement n’en valait pas la peine. La vidéo d’El estimulo s’inscrit dans un contexte de propagande évident. Ce média est un acteur du conflit, pas un observateur.

La partie écrite de l’article mérite, enfin, un peu d’attention. Au titre directement succède une information qui n’a pourtant rien à voir avec ce dernier : on y parle d’une « douzaine de personnes décédées » lors du scrutin qui serait « décrié ».




La façon de présenter les choses suggère un rapport de cause à effet entre ces deux informations, impliquant de facto une responsabilité du pouvoir. Ainsi, le lecteur de l’article, avant même le chapeau (c’est-à-dire le paragraphe d’introduction), adopte inconsciemment une position défavorable à M. Maduro. Le chapeau en lui-même est factuel et ne prête à aucun commentaire spécifique. Les deux paragraphes suivants ne font que répéter ce que disait déjà l’introduction, en ajoutant seulement un ou deux éléments. Cependant, l’auteur de l’article qualifie la situation non plus « d’embarrassante » mais de « particulièrement embarrassante » pour le Président vénézuélien. La nuance est subtile mais vient s’ajouter à tous les autres éléments qui construisent une image négative de M. Maduro. Le troisième paragraphe est quant à lui beaucoup plus grave puisqu’il est tout simplement mensonger : « Les caméras ont rapidement cessé de filmer cet instant d’embarras pour Maduro ».




On a vu plus haut que c’était faux, que les caméras avaient bien continué de filmer et, qui plus est, il existe même une vidéo de l’AFP pour le prouver ! Impossible en revanche de savoir si l’auteur de l’article a été abusé par la coupure intentionnelle d’El estimulo ou si le mensonge est volontaire… La phrase mensongère se conclut sur le rappel de la contestation contre Maduro et sur une allégation de « guerre civile » qui serait décidément très proche.

À ce moment, inutile de dire que le lecteur lambda voit Maduro comme un affreux dictateur et ce uniquement par la présentation qui lui est faite de l’information (mais aussi sur base de fausses informations, des « fake news » pourtant relayées par une presse qui peut difficilement être plus « traditionnelle »).

L’article se conclut : (1) sur le partage sur les réseaux sociaux de ladite vidéo en ne relayant que les commentaires anti-Maduro. C’est ici un nouveau mensonge, mais cette fois par omission : en ne signalant pas le soutien populaire dont jouit encore Maduro, le journaliste renforce encore le sentiment que ce pays est une dictature ; (2) sur le fait que ni l’UE, ni les USA, ni plusieurs autres pays d’Amérique latine (non cités, et pour cause, ils sont tous à droite de l’échiquier politique) ne reconnaissent le scrutin. Le sarcasme me pousserait à souligner que l’UE n’est en effet pas très encline à reconnaître les consultations populaires, il n’y a qu’à voir le sort qui avait été réservé au « non » français au projet de constitution européenne… Pour bien faire son travail, l’auteur de l’article aurait aussi pu expliquer pourquoi ces pays ne soutiennent pas Maduro, les intérêts qui sont en jeu, les valeurs qui soutiennent les politiques, etc. (3) Enfin, l’article se conclut sur la même phrase (mot pour mot) que celle qui l’a amorcé : un rappel des personnes décédées et le caractère « décrié » du scrutin.

Qu’en conclure ?

L’analyse que je viens de produire me pousse à conclure que j’ai eu ici affaire à un article correspondant, au même titre que la ridicule émission de Trump, à de la propagande – c’est-à-dire un document construit dans l’objectif de provoquer l’adhésion à une façon particulière de voir le monde, en omettant les éléments qui auraient pu nuancer le propos voire le retourner. Comme le notait Morelli[15], le chef du camp adverse « a le visage du diable », l’ennemi provoque des atrocités, la cause défendue par l’opposition est noble, etc. Je voudrais insister sur le fait que je n’ai pas sélectionné cet article parce qu’il pouvait servir mon propos. J’ai pris le premier article en libre accès traitant du Venezuela sur le site du Soir et j’aurais pu faire le même travail avec n’importe quel autre article.

Je vais conclure en proposant une courte synthèse des questions nécessaires à une critique des sources. Bien sûr, on n’a pas le temps de faire ce travail ardu pour chaque article ou émission, mais le simple fait d’avoir les questions à se poser bien en tête aide déjà à aiguiser son esprit critique : quel est le média, qui le finance et, par conséquent, quels sont ses intérêts ? Qui est l’auteur, quel est son contexte, notamment économique (est-il par exemple employé ? est-il responsable d’une rubrique ?) Comment l’article est-il construit, est-il long, détaillé, y a-t-il des sources pour me permettre de valider ce qui est dit ? Le sujet de l’article est-il sensible ? Quelles sont mes valeurs, qu’ai-je envie de voir/lire et à quoi est-ce que je m’attends ? Est-ce que tout est dit, est-ce que tout est vérifiable ? La parole est-elle donnée à toutes les parties ? L’article cherche-t-il à expliquer ou seulement à décrire des faits ? Dans le second cas, la description est-elle exempte de connotations ?

J’ai tendance à croire que ce travail est encore plus important pour les médias qu’on a l’habitude de visiter et auxquels on fait habituellement confiance. Parce que c’est précisément lorsqu’on a confiance que notre conscience s’endort. Une véritable critique des sources commence par une critique et une connaissance de soi-même, ses préjugés et ses valeurs.



Source: Investig'Action


Notes:

[1] Accessible sans intermédiaire ici : https://www.facebook.com/DonaldTrump/videos/10159619784950725/

[2] Voir ici : http://www.liberation.fr/france/2017/05/18/monsieur-le-president-il-n-appartient-pas-a-l-elysee-de-choisir-les-journalistes_1570485

[3] Je reconnais là un peu de naïveté tant il apparaît que ce seul recul critique n’est pas intégré, non par manque d’intelligence mais par manque de formation.

[4] En dépit du bon sens : le charnier de Timisoara et les armes de destruction massive ont justement été relayés par la presse mainstream.

[5] En fait, il n’y a juste aucun argument. Notez le terme « apparaît » comme si l’apparence était suffisante pour discréditer un média ! Sur le Décodex, lire par exemple cet article : http://www.investigaction.net/fr/decodex-le-vieux-monde-se-meurt/

[6] Voir ici : https://www.wsws.org/fr/articles/2017/jul2017/goog-j28.shtml

[7] Alternative par rapport à la norme du milieu. Aucune information n’est « alternative » en soi.

[8] http://www.lesoir.be/107096/article/2017-07-31/venezuela-nicolas-maduro-embarrasse-face-camera-par-le-rejet-de-sa-carte Je découvre en même qu’il n’y a plus de rubrique « international » sur la page d’accueil du Soir en ligne !

[9] Fédération Wallonie-Bruxelles, voir : http://www.lesoir.be/archive/recup%3A%252F972707%252Farticle%252Factualite%252Ffil-info%252Ffil-info-economie%252F2015-08-26%252Fl-aide-presse-francophone-approuvee-mercredi-en-gouvernement

[10] http://www.rossel.be/societes/audiopresse

[11] Pourtant, il aurait été intéressant d’en dire un mot. Par exemple, si les statuts de l’AFP lui interdisent d’être subventionnée par l’État, on apprend que 40% de ses revenus sont des abonnements par…les services publics !

[12] J’invite à relire, à ce propos, les excellents articles d’Henri Maler qui datent pourtant de 2009 : http://www.acrimed.org/Conflits-sur-les-medias-au-Venezuela-1-L-attaque-de-Globovision

[13] Voir par exemple la grille proposée par Meunier et Peraya dans leur livre « Introduction aux théories de la communication ».

[14] https://www.youtube.com/watch?v=GtamrI588Bo

[15] Morelli, A. (2010). Principes élémentaires de propagande de guerre: utilisables en cas de guerre froide, chaude ou tiède... Aden.
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MessageSujet: Re: Venezuela: coup de projecteur sur les zones d´ombre médiatiques   Mer 6 Sep 2017 - 18:04

1 Venezuela : Les violations des droits de l’homme indiquent que les autorités cherchent à mater les voix critiques – rapport du HCDH de l’ONU

Série “Morts au Venezuela”

1. Venezuela : Les violations des droits de l’homme indiquent que les autorités cherchent à mater les voix critiques – rapport du HCDH de l’ONU
2. Le bilan des victimes des manifestations au Venezuela
3. Liste des victimes des manifestations au Venezuela (avril à juillet 2017)

Citation :
Le 30 août, encore un bel exemple de neutralité du Monde (on le sent jubiler…) :



Un rapport de l’ONU sur le Venezuela accable le régime de Maduro

Source : Le Monde, AFP, 30-08-2017

Un récent rapport a découvert que sur les 124 morts liées aux manifestations des derniers mois, 46 étaient imputables aux forces de sécurité et 27 à des groupes armés progouvernementaux.


Le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH) a accusé, mercredi 30 août, le Venezuela de « réprimer des voix critiques et d’instiller la peur parmi la population ». « L’usage systématique et généralisé de la force lors des manifestations et la détention arbitraire de manifestants ou d’opposants politiques indiquent qu’il ne s’agit pas d’actes illégaux et secrets d’officiels isolés », estime le rapport.

Le président vénézuélien Nicolas Maduro « a été élu par le peuple », a reconnu le Haut-Commissaire Zeid Ra’ad Al-Hussein devant les médias à Genève, mais les récentes actions du gouvernement « donnent l’impression que ce qu’il reste de la vie démocratique au Venezuela est en train d’être écrasé ». […]



L’analyse réalisée par le Haut-Commissariat a découvert que sur les 124 morts liées aux manifestations et violences des derniers mois, 46 étaient imputables aux forces de sécurité et 27 à des groupes armés progouvernementaux. En s’appuyant sur un rapport de l’avocat général vénézuelien, l’ONU estime que cinq morts sont dues aux militants anti-Maduro et que d’autres cas restent troubles. […]

Suite à lire sur Le Monde, AFP, 30-08-2017

=======================================

Bien. Allons voir ce rapport alors.


Citation :
On note bien d’abord que ce n’est pas “un rapport de l’ONU” (qui viendrait de l’Assemblée générale ou du Conseil de Sécurité), mais un rapport d’une des administrations de l’ONU, le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme. (HCDH). À ne pas confondre avec le Conseil des droits de l’homme (élu par l’AG), le HCDH fait partie du Secrétariat des Nations Unies et dépend du Secrétaire général.

Voilà son communiqué du 30 août :

Source : OHCHR, 30-08-2017


GENÈVE (30 août 2017) – Les violations massives des droits de l’homme et des abus graves de ces droits commis au Venezuela dans le cadre de manifestations hostiles au gouvernement trahissent «l’existence d’une volonté politique de réprimer des voix critiques et d’instiller la peur parmi la population, afin de mettre un terme aux protestations», selon un rapport* du Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme.

«Le recours généralisé et systématique à une force excessive pendant les manifestations, et la détention arbitraire de manifestants et d’opposants politiques présumés, indiquent qu’il ne s’agit pas d’actes isolés et illégaux de la part de quelques officiers», déclare le rapport.

Le rapport invite le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies à envisager de prendre des mesures afin d’empêcher que la situation des droits de l’homme au Venezuela, qui siège actuellement au Conseil, ne se détériore encore plus.

L’analyse menée par le Haut-Commissariat indique que sur les 124 décès liés au mouvement de contestation et sur lesquels le ministère public enquêtait en date du 31 juillet, 46 pouvaient être imputés aux forces de sécurité et 27 aux colectivos, les groupes armés pro-gouvernement. Pour les 51 morts restants, aucune responsabilité n’a pu encore être établie.

Pendant la période couverte par le rapport, à savoir du 1er avril au 31 juillet, le ministère public a ouvert une enquête sur au moins 1 958 cas de blessures encourues dans le contexte des manifestations. L’examen de ces blessures réalisé dans le rapport indique une intensification progressive de l’utilisation de la force. Si, début avril, la majorité des blessures relevaient de l’inhalation de gaz lacrymogènes, en juillet le personnel médical soignaient des blessures par balles.

«La réaction des autorités vénézuéliennes aux récentes protestations s’est faite aux dépens des droits et des libertés des citoyens, a déclaré le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, M. Zeid Ra’ad Al Hussein. Le gouvernement doit garantir qu’une enquête rapide, indépendante et efficace sera menée sur les violations des droits de l’homme dont les forces de sécurité se seraient rendues coupables et sur les graves abus commis par les colectivos ou des manifestants violents. Cela implique que les enquêtes ouvertes par le ministère public pendant la période couverte par le rapport se poursuivent et soient scrupuleusement et visiblement impartiales», a-t-il ajouté.

«Le droit de rassemblement pacifique a été systématiquement violé, et un grand nombre de manifestants et de personnes identifiées comme des opposants politiques ont été détenus. Le rapport fait également état de graves violations du droit à un procès équitable et de traitements dégradants assimilables dans certains cas à de la torture», a annoncé M. Zeid.

D’après les estimations fiables d’une ONG locale, plus de 5 000 personnes ont été détenus depuis le 1er avril, et plus de 1 000 étaient encore détenues en date du 31 juillet. Au moins 609 civils arrêtés dans le contexte des manifestations ont été déférés devant des tribunaux militaires. Le rapport invite le gouvernement vénézuélien a mettre un terme aux détentions arbitraires et au recours aux tribunaux militaires pour juger des civils.

Des groupes de manifestants anti-gouvernement organisés de manière informel ont eux aussi versé dans la violence, utilisant des armes improvisées allant du lance-pierres aux cocktails Molotov et mortiers artisanaux. Au moins quatre personnes auraient été tuées par des groupes ou individus hostiles au pouvoir en place et, selon le gouvernement, neuf membres des forces de sécurité avaient été tués au 31 juillet. Le rapport appelle les partis d’opposition à condamner tous les actes de violence, en particulier ceux commis par des groupes violentes de manifestants.

Le rapport documente des attaques menées par les forces de sécurité contre les journalistes et les travailleurs des médias afin de les empêcher de couvrir les manifestations. «Des manifestants et des journalistes ont été qualifiés d’ennemis ou de terroristes par les autorités, des mots qui n’ont rien fait pour atténuer le climat de violence et de polarisation, voire qui y ont contribué», a dénoncé le Haut-Commissaire.

S’il reconnaît que le nombre de manifestations, d’arrestations et de décès a diminué depuis le 1er août, M. Zeid s’est dit préoccupé par les récentes mesures prises par les autorités pour criminaliser les leaders de l’opposition politique par le biais de la Commission de vérité, de justice et de paix.

«La Commission, établie récemment par l’Assemblée constituante, ne remplit pas les critères fondamentaux de transparence et d’impartialité, indispensables pour mener des enquêtes indépendantes et non motivées par des considérations politiques sur les violations des droits de l’homme et les abus commis», a-t-il commenté.

Le Haut-Commissaire a averti que la crise économique et sociale persistante et les tensions politiques croissantes risquent d’ aggraver la situation du Venezuela.

«J’encourage le gouvernement vénézuélien à suivre les recommandations formulées dans le rapport et à se servir des conclusions de celui-ci comme lignes directrices pour la recherche de la vérité et de la justice pour les victimes de violations et d’abus. Je réitère mon appel au gouvernement à renoncer à toute mesure susceptible d’aggraver les tensions politiques et invite toutes les parties à poursuivre un vrai dialogue afin de mettre un terme à la crise», a conclu M. Zeid.

FIN

*Le gouvernement vénézuélien n’ayant pas répondu aux demandes d’accès au terrain, une équipe d’enquêteurs a mené des investigations à distance sur les violations des droits de l’homme entre le 6 juin et le 31 juillet. Le rapport se base sur l’analyse faite par ces enquêteurs des informations qu’ils ont collectées, notamment à travers 135 entretiens avec des victimes et membres de leur famille, des témoins, des organisations de la société civile, des journalistes, des avocats, des docteurs, des urgentistes et des représentants du ministère public.

Pour voir le rapport en anglais c’est ici

Pour voir le rapport en espagnol c’est ici


Source : OHCHR, 30-08-2017

=======================================


Ce rapport est très intéressant (édifiant sur les témoignages de mauvais traitements en prison), mais quelques questions surgissent quant au bilan.

Il est à noter que pour ce point, la source première “de l’ONU” est le Ministère Public du Venezuela et qu’ils ont ensuite “enquêté” :


Et c’est là qu’il y a une chose qui peut sembler étonnante : ils indiquent que sur 124 morts, 46 ont été tués par les forces de sécurité, 27 par les colectivos armés et qu’il y en a 51 où on ne connaît pas la responsabilité.

Or les colectivos armés sont “pro-gouvernement” :

On pourrait donc penser avec une lecture rapide qu’il y a 124-46-27-51 = 0 mort dus aux manifestants.

Ce qui est faux car on connaît bien des victimes des manifestants.

En fait, il semble y avoir ici une “hyper-précision” du HCDH : “la responsabilité” dans ces cas n’est pas connue car on ne sait pas qui a tiré depuis une barricade, mais on sait que ça venait de là – comme pour les 7 policiers tués par exemple, ou pour le jeune brûlé vif :


Cela a conduit à des imprécisions dans la presse, alors que le HCDH précise bien plus loin dans son rapport (et dans le communiqué de presse précédent) qu’au moins 4 personnes ont été tuées par des groupes anti-gouvernement :


On trouve par ailleurs des informations très intéressantes :






Ou ceci :


dont la source est là en fait (Défenseur du Peuple) :


Ainsi, sur près de 2 000 blessés, il y a eu 507 policiers blessés, dont 424 blessés par des objets contondants, et 77 policiers blessés par des armes à feu. Pas si “Pacifiques” les manifestants – ce qui n’étonnera personne ici…


Bref, on peut trouver le rapport intéressant pour pointer d’inacceptables atteintes aux droits de l’homme, mais il aurait gagné à se montrer plus neutre. Cela apparaît déjà sur la couverture :


alors qu’avec ceci, on change de perspective :


(sachant que si l’opposition manifestait au Venezuela avec de simples drapeaux, il n’y aurait aucune violence et donc aucun mort)

Bref, la presse s’est jetée sur ce rapport (qui ne contient pas les noms détaillés des victimes), mais il faut savoir qu’il y a une assez bonne transparence des pouvoirs publics au Venezuela sur le bilan humain.

C’est ce que nous allons voir dans le prochain billet avec un bilan humain plus détaillé, qui illustre certaines limites de l’exercice “de l’ONU”…

P.S. Le gouvernement du Venezuela a rejeté les conclusions de ce rapport :

10 août 2017

« Le Venezuela a rejeté ce jeudi le rapport du Haut-Commissariat aux Droits de l’Homme des Nations Unies (ACNUDH ) comme exprimant une position “partiale et tendancieuse” sur la réalité du pays

Le gouvernement vénézuélien affirme que le rapport du ACNUDH […] se fonde sur les critères d’un “suivi à distance” des faits ayant eu lieu durant les manifestations violentes de l’opposition.

Ledit rapport précise que le haut commissaire de l’ONU pour les droits de l’homme, Zeid Raad al-Husein, a déployé une équipe pour réaliser un suivi à distance, y compris depuis le Panama.

Pour le gouvernement vénézuélien, il n’est pas possible qu’il soit accusé de violation des droits de l’homme quand l’équipe censée avoir été déployée par l’ONU a travaillé à distance et s’est servi “de fausses nouvelles répandues par des médias sans scrupules et sans vérification aucune”.

Dans un communiqué, le ministère des Affaires étrangères affirme que l’ ACNUDH a omis “la documentation abondante, éclairante et digne de foi qu’a fournie l’Etat vénézuélien”, et qui démontre la responsabilité des dirigeants de l’opposition dans l’organisation, la promotion et le financement des actes de violence.

“Les conclusions fausses de l’autoproclamée équipe d’experts de l’ONU avalisées par le Haut-Commissariat ont porté un coup sérieux à la probité, l’impartialité, l’équité , l’honnêteté et la bonne foi qui doivent prévaloir dans les actions de ladite officine, et représentent un danger pour les Nations Unies”, dit le communiqué de la Chancellerie. »

(Billet édité)
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MessageSujet: Re: Venezuela: coup de projecteur sur les zones d´ombre médiatiques   Sam 7 Oct 2017 - 3:19

Venezuela : L’assemblée constituante est-elle légale ?



Le 30 juillet 2017 a eu lieu l’élection de ce qu’on appelle une « Assemblée constituante » ou convention constitutionnelle. Celle-ci est très controversée, car elle n’a été reconnue ni par l’opposition, ni par de nombreux Etats. On reproche au chef d’Etat socialiste Nicolás Maduro de transformer le pays en dictature.

Mais qu’est-ce qu’une assemblée constituante exactement et qu’est-ce qui s’est réellement passé au Venezuela ? L’élection d’une telle instance était-elle légale ou non ?

De manière générale tout Etat peut convoquer une assemblée constituante pour un temps limité, pour rédiger une nouvelle constitution ou modifier une constitution existante. Elle n’est convoquée que pour créer la constitution et les lois de l’Etat nécessaires pour que celui-ci puisse fonctionner et agir de manière efficace à travers ses organes constitutionnels.
Elle est élue par le peuple et possède le pouvoir constitutionnel du peuple. Concernant des décisions au sujet contenu de la future constitution elle est donc placée d’après le droit démocratique au-dessus d’autres organes tels que le parlement ou le gouvernement.
En Allemagne, selon l’article 146 de la loi fondamentale pour la République Fédérale d’Allemagne, il existe la possibilité de convoquer une assemblée constituante fédérale allemande.



Venons-en maintenant au Venezuela. Walter Suter est une des personnes qui étaient sur place lors des élections pour l’assemblée constituante le 30 juillet en tant qu’observateur indépendant. De 2003 à 2007 il a été ambassadeur de Suisse au Venezuela et il connaît très bien le pays. Dans la suite nous allons vous présenter quelques déclarations de Walter Suter provenant d’une interview avec le journal suisse « Zeitgeschehen im Fokus » en français « Focus sur l’actualité », paru dans l’édition du 19 août 2017.

Concernant la situation dans la capitale avant les élections pour l’assemblée constituante, Suter rapporte que dans les quartiers des gens plus fortunés, des barricades avaient été érigées et qu’il fallait s’attendre à des violences. « L’opposition a voulu empêcher les habitants de ces quartiers de participer au vote » dit Suter. Suite à cela, il y a eu des violences récurrentes.

Les autorités ont convoqué l’armée pour garantir la sécurité et pour protéger les bureaux de vote. Cela a bien fonctionné. Les membres des bureaux de vote ont été tirés au sort parmi les électeurs inscrits. Les membres de l’opposition ont été invités à aider dans les bureaux de vote et s’ils ont décidé de ne pas venir, c’est leur problème, affirme Suter.
Walter Suter poursuit :

« La participation électorale a été de 42%, ce qui représente plus de 8 millions de personnes. La loi de vote ne requiert pas de participation minimale. C’est pourquoi ce vote est valable. »
A la question : « Pourquoi le président Nicolás Maduro a-t-il convoqué une assemblée constituante et est-ce qu’il veut faire du Venezuela une dictature ? », Suter a répondu littéralement :
« L’idée de Maduro de convoquer une assemblée constituante a résulté du blocage qui s’est produit après les élections parlementaires de l’automne 2015. Le gouvernement avait plusieurs fois invité l’opposition au dialogue. Mais celle-ci l’a constamment refusé. Pour dissoudre le blocage et empêcher un surcroît de violence organisée par l’opposition, le président a vu là la possibilité d’arriver à quelque chose de constructif et à la paix dans le pays. »
De plus le gouvernement avait proposé d’inscrire dans la constitution tous les acquis sociaux dans le domaine de l’éducation, des services de santé, de la construction de logements sociaux, etc.

En outre Walter Suter a été interrogé au sujet des membres du conseil constitutionnel : Ce qui, d’après lui, est nouveau c’est que ce ne sont pas seulement les représentant des 335 communes qui ont été élus, mais aussi des représentants de différentes professions, afin que toutes les couches sociales, mais aussi des personnes âgées ou handicapées soient représentées. Walter Suter dit textuellement :
« On veut maintenant une large participation de toutes les couches de la population, c’est ce qu’au Venezuela on comprend par démocratie participative. L’opposition était également invitée à venir et elle aurait pu s’inscrire pour le vote. Et si 80 % de la population soutenait l’opposition, comme celle-ci le prétend toujours, alors elle aurait eu la majorité à cette commission et elle aurait pu influencer la constitution à son goût. »

L’ancien ambassadeur résume : L’opposition a toujours été invitée à participer à un dialogue constructif. Mais elle a refusé celui-ci sur toute la ligne. Le conseil d’experts latino-américain (CEELA), qui est plutôt de droite, a également confirmé la légalité de la mise en pratique de l’assemblée constituante du Venezuela. Les médias du mainstream passent cela sous silence car sinon il serait évident que le Venezuela est dénigré au moyen de la propagande. Voilà ce qu’affirme Walter Suter.

Concernant l’information des médias et des politiciens occidentaux selon laquelle le Venezuela se trouve sur le chemin d’une dictature, cela laisse quelques points d’interrogation en suspens. Car des observateurs indépendants des élections comme Walter Suter en viennent à un autre résultat, c’est-à-dire celui que les processus au Venezuela sont loin d’être ceux d’une dictature.
Les médias et politiciens occidentaux sont-ils en train de dormir, n’ont-ils pas fait leur devoir ou est-ce qu’une stratégie ciblée se cache derrière cela ? Vous trouverez les réponses à ces questions dans notre série d’émissions en langue allemande : Le Venezuela trompé.




de dd.
Sources / Liens :

http://www.srf.ch/news/international/parlament-in-venezuela-entmachtet

https://de.wikipedia.org/wiki/Verfassunggebende_Versammlung

https://www.zeitgeschehen-im-fokus.ch/de/archiv.html


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evol

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MessageSujet: Re: Venezuela: coup de projecteur sur les zones d´ombre médiatiques   Lun 9 Oct 2017 - 9:44

Maduro n'a pas la plus petite compétence pour diriger le venezuela No

Au coupure d’électricité que l'etat ne peux pas fournir il a proposé de faire du vendredi un jour férié

S'est une mesure si folle qu'on se demande si il a toute sa raison:suspect: scratch
http://www.20minutes.fr/monde/1835239-20160427-penurie-electricite-venezuela-met-place-semaine-deux-jours-fonctionnaires

Il ne peut que mener le pays a sa ruine What a Face
Et comme tous les incompétents qui prennent le pouvoir, faisant tout pour le garder, se transforme en dictature

Pour vaincre la famine au Venezuela, Maduro lance le «plan lapin»geek rendeer
http://www.lefigaro.fr/international/2017/09/14/01003-20170914ARTFIG00400-pour-vaincre-la-famine-au-venezuela-maduro-lance-le-plan-lapin.php

Non mais sérieusement il n'a pas toute sa raison clown
Au vénézuela, les lapins sont considérés comme animal de compagnie, il propose d'en faire du civet jocolor

Mélanchon s'est pas mieux
"Jean-Luc Mélenchon veut faire comme Maduro"
http://www.lexpress.fr/actualite/politique/lfi/jean-luc-melenchon-veut-faire-comme-maduro_1945600.html

Ils sont fous tous les deux ^^
et personne ne s'en rend compte ^^

Je crois que s'est cela le plus grave geek
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akasha

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MessageSujet: Re: Venezuela: coup de projecteur sur les zones d´ombre médiatiques   Ven 27 Oct 2017 - 2:20

evol a écrit:
Maduro n'a pas la plus petite compétence pour diriger le venezuela  No
.../....

Oui bien sûr, c'est pourquoi son peuple est derrière lui et qui vole de victoire en victoire.... N'oublie pas la désinformation coupable des médias alignés toujours derrière les États Unis comme des petits chien chien.... Le soucis ce que les médias traitre au peuple, ont oublié de parler des activités criminelles de l'opposition de l'ultra droite aidé par les américains qui cherche à déstabiliser le pays pour en prendre le contrôle. Ce que tu oublies aussi de parler pour être totalement objectif. Et au final les médias vont se désintéressé de l'affaire au feu et à mesure que l'ultra droite ne pourra plus rien faire contre la victoire écrasante du peuple. Un peu comme pour l'après Alep lorsque leur sois disant preuve de massacre étaient au final inexistante. Et c'est d'ailleurs le cas, peu parle de cette victoire écrasante du peuple face à l'ultra droite... Suspect
Akasha.


Elections régionales au Venezuela : Large victoire du chavisme et … nouvelle défaite de la droite et des médias, par Venezuela infos

Source : Venezuela infos, Thierry Deronne, 16-10-2017



Ce dimanche 15 octobre, plus de 18 millions de vénézuéliens étaient invités à élire les 23 gouverneurs de 23 états parmi 226 candidats de droite ou bolivariens (= chavistes) – sauf à Caracas qui n’est pas un État. À cet effet le Centre National Électoral avait installé dans tout le pays 13.559 centres de vote et 30.274 tables électorales. Le taux de participation a été de 61,4 %, un taux très élevé pour un scrutin régional.

Les bolivariens remportent une large victoire avec 17 états contre 5 pour l’opposition. Celle-ci gagne notamment dans les états stratégiques de Mérida, Táchira, Zulia, proches de la Colombie, foyers de violence paramilitaire. Les bolivariens récupèrent trois états historiquement gouvernés par la droite : les états d’Amazonas, de Lara et – victoire hautement symbolique – celle du jeune candidat chaviste Hector Rodriguez dans l’État de Miranda, longtemps gouverné par le milliardaire et ex-candidat à la présidentielle Henrique Capriles Radonsky.









Pour mieux comprendre le ressort vivant du chavisme, il suffit de comparer deux images. En haut : une droite machiste, blanche, liée à l’entreprise privée, adoubée par Donald Trump, l’Union Européenne, Emmanuel Macron, Mariano Rajoy, Angela Merkel et les grands médias internationaux, pour « rétablir la démocratie ». En bas, les secteurs populaires – une population métissée, majoritaire, mais invisibilisée par les médias – font la fête à Petare, un des plus grands « barrios » d’Amérique Latine, après la victoire du candidat bolivarien Hector Rodriguez. (1)






Le candidat bolivarien Hector Rodriguez a gagné son pari de reprendre l’état de Miranda à la droite.


C’est le 22ème scrutin depuis que le chavisme est arrivé au gouvernement, et le deuxième de l’année (on peut y ajouter plusieurs consultations – organisées en interne et sans cadre légal – par les partis de droite en 2017). Cette élection des gouverneurs sera suivie par celle des maires puis, en 2018, par les élections présidentielles.

Ces résultats qui donnent au chavisme 54 % des votes nationaux contre 45 % à la droite sont d’autant plus intéressants que ces élections ont lieu dans un contexte difficile. Il y a deux mois et demi encore, une insurrection armée dirigée par l’extrême droite cherchait à renverser le gouvernement élu, avec un bilan de près de 200 morts (2). Cette déstabilisation prit fin le 30 juillet, lorsque la population jusque-là restée en marge de ces violences s’est mobilisée pour élire une Assemblée Constituante. Désavouée, la droite s’est alors déchirée entre un secteur radical maintenant l’objectif de revenir au pouvoir sans passer par les urnes et un secteur acceptant de revenir à la voie électorale. Pour tenter d’infléchir le scrutin en sa faveur, la droite, le secteur privé (80 % de l’économie) et les Etats-Unis ont remis toute la pression dans la guerre économique, avec l’envol astronomique des prix de certains de produits de base afin d’augmenter le mécontentement populaire. Comme d’habitude, soucieuse d’alimenter le storytelling international, la droite a contesté les résultats, évoquant une « fraude ». Le président Maduro a répondu en demandant un recomptage de 100 % des votes.


Les experts du Collège d’Experts Electoraux d’Amérique Latine (CEELA) ont suivi l’ensemble du processus électoral.

Parmi les observateurs internationaux dont 50 experts électoraux, le colombien Guillermo Reyes, porte-parole du respecté Collège d’Experts Electoraux d’Amérique Latine (formé d’ex-présidents de centres nationaux électoraux de nombreux pays) a rappelé que le système électronique du Venezuela est le plus moderne du continent et que plusieurs jours avant l’élection, l’ensemble des partis de droite et de gauche ont participé aux essais techniques du vote, signant le rapport concluant à sa fiabilité. En 2012 déjà, le système électoral automatisé du Venezuela a été qualifié par le Centre Carter de « meilleur du mondemeilleur du monde ». (3)

Avec 22 scrutins en 18 ans de processus bolivarien, le Venezuela continue donc à battre tous les records en nombre d’élections et même si les secteurs radicaux de la droite crient à la fraude quand les résultats ne les favorisent pas, celle-ci en a remporté plusieurs, comme les législatives de 2015.




Scènes de la campagne et de l’élection régionale du 15 octobre 2017.

Contrairement à ce que les médias veulent faire croire au monde entier, la droite vénézuélienne dispose de tous les moyens pour s’exprimer. La majorité des médias, privés, et des réseaux sociaux (bots y compris…) lui est largement favorable sur les plans local, régional, national et international (4). On comprend le silence des médias internationaux sur ce scrutin qui contredit, une fois de plus, le plus grand fake news de l’histoire contemporaine : « la dictature au Venezuela ». Les urnes répondent aux « journalistes » qu’il ne faut jamais oublier l’existence d’un peuple, et encore moins sous-estimer sa conscience.

Thierry Deronne, Caracas, le 15 octobre 2017




Pour Rafael Correa, « le Venezuela vient de vivre une fête démocratique (..) Avec ces résultats le peuple vénézuélien dénude la manipulation médiatique ». Evo Morales félicite le Venezuela parce que la démocratie a vaincu l’intervention et la conspiration. Le peuple défend sa souveraineté, sa dignité, ses ressources naturelles. La paix a triomphé face à la violence, le peuple face à l’Empire. Luis Almagro (secrétaire général de l’OEA, NdT) et son chef Trump ont perdu. »

Note :



Lire « On n’a encore rien dit du Venezuela », https://venezuelainfos.wordpress.com/2017/09/25/on-na-encore-rien-dit-du-venezuela-le-journal-de-linsoumission/
Pour un graphique et un tableau précis et complet des victimes, des secteurs sociaux, des responsables et des personnes condamnées, voir https://venezuelanalysis.com/analysis/13081; Sur les assassinats racistes de la droite : Sous les Tropiques, les apprentis de l’Etat Islamique – 27 juillet 2017 ; Le Venezuela est attaqué parce que pour lui aussi « la vie des Noirs compte » (Truth Out) – 24 juillet 2017
« Former US President Carter: Venezuelan Electoral System “Best in the World” », https://venezuelanalysis.com/news/7272
Au Venezuela la majorité des médias, comme l’économie en général, sont privés et s’opposent aux politiques sociales du gouvernement bolivarien. Voir Mensonges médiatiques contre France insoumise, partie I : « Maduro a fermé 49 médias ». – 4 septembre 2017. On peut lire aussi, sur ce thème : Thomas Cluzel ou l’interdiction d’informer sur France Culture, http://wp.me/p2ahp2-1M7
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akasha

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MessageSujet: Re: Venezuela: coup de projecteur sur les zones d´ombre médiatiques   Lun 30 Oct 2017 - 2:23

La Russie et la Chine mettent un frein à l’option militaire de Trump au Venezuela



Face à l’intention des Etats-Unis d’intervenir au Venezuela et de contrôler le pays, se place le facteur des alliances avec la Chine et la Russie, puissances qui remettent en cause l’hégémonie étasunienne au niveau mondial. Une investigation de Mision Verdad

La Chine: une ceinture, une route


La Chine s’est proposé de réactiver la Route de la Soie, cette ancienne route commerciale qui s’étendit autrefois de la Chine à l’Occident sous l’Empire romain et par laquelle la soie orientale arriva pour la première fois en Europe. C’est par ce double couloir de commerce et de distribution de ressources énergétiques et de matières premières, que le président Xi Jinping cherche à rouvrir les canaux entre la Chine et l’Asie Centrale, le Moyen Orient et l’Europe.

L’Initiative « la Ceinture et la Route » (ICR) a été lancée en 2013. Elle englobera des routes terrestres (la Ceinture) et des routes maritimes (la Route) afin que le pays devienne moins dépendant du marché étasunien pour ses exportations et améliore ses relations commerciales dans la région, principalement à travers des investissements en infrastructure qui visent à renforcer le leadership économique chinois. La Chine prêtera à hauteur de 8000 milliards de dollars pour de l’infrastructure dans 68 pays, pour une population totale de 4400 millions d’habitants (65% de la population mondiale et un tiers du PIB mondial) et une part de 30% de l’économie mondiale. Cela représente 7 fois plus que le Plan Marshall des Etats-Unis pour reconstruire l’Europe après la Deuxième Guerre Mondiale.


La Ceinture couvre six couloirs économiques: le Nouveau Pont Continental Euro-asiatique, le couloir Chine-Mongolie-Russie, le couloir Chine-Asie Centrale-Asie Occidentale, le couloir Chine-Péninsule Indochinoise, le couloir Chine-Pakistan et le couloir Bangladesh-Chine-Inde-Myanmar. Elle s’étendra également vers l’Amérique Latine par voie maritime.

Au-delà d’évacuer le surplus de produits, avec l’ICR, le gouvernement chinois envisage de déplacer les excédents manufacturiers moyennant la délocalisation industrielle vers les pays périphériques, le long des divers couloirs de l’Initiative. Par la fabrication de produits industriels de haut de gamme il parviendrait à commercialiser des trains à grande vitesse, des générateurs d’énergie et des équipements de télécommunications.

La Russie en réajustement géostratégique

De son côté, la Russie maintient une politique extérieure qui a été considérée comme « intelligente » par différents analystes et lui a permis de contourner une crise provoquée par le ralentissement économique, les sanctions de l’Occident et la chute des prix du pétrole. Sa stratégie est dirigée par la création de l’Union Economique Euro-asiatique qui réunit le Belarus, le Kazakhstan, le Kirghizistan et l’Arménie, dans l’intention de constituer un marché commun unique avec la libre circulation des marchandises, des services, du capital et des personnes, et, en outre, un espace doté d’une politique migratoire, éducative, englobant même l’information.

Après l’adhésion de la Crimée, la guerre à l’est de l’Ukraine et son engagement en Syrie, le Kremlin poursuit de multiples objectifs de stabilité interne et de présence internationale qui sont passés par la stabilisation de sa relation avec la Turquie, ce qui lui a aussi permis de consolider son influence dans la victoire contre les groupes terroristes en Syrie.

La Russie a réorienté ses alliances géopolitiques après que les Etats-Unis ont conçu et soutenu le renversement du gouvernement ukrainien de Viktor Ianoukovitch et installé un régime d’extrême droite dans le but de resserrer l’encerclement. Washington et ses agences ont pour cela dépensé 5 milliards de dollars dans le financement de « programmes de diffusion de valeurs et de formation politique » en Ukraine, ont fomenté une révolution orange avec la prise de la place de Maïdan et tout le processus de tensions bien connu qui déboucha sur les sanctions imposées à Moscou, aux côtés de l’Europe.

Un des objectifs de sa conception de la politique extérieure énoncée en Novembre 2016, est de renforcer la position de la Russie comme un pays prédominant dans le monde moderne et de retrouver son influence dans la stabilité et la sécurité du système démocratique mondial. Voici, parmi d’autres, quelques directions spécifiques :

- Lutter contre la pression politique et économique des Etats-Unis et de leurs alliés, qui conduisent à la déstabilisation mondiale.
- Poursuivre le travail conjoint avec l’Union Européenne (UE) qui reste pour la Russie un important partenaire politique et économique.
- Maintenir l’objectif de stabilisation de la situation au Moyen Orient et en Afrique du Nord.
- S’opposer aux tentatives d’ingérence dans les affaires intérieures de la Russie afin d’obtenir des changements de pouvoir non constitutionnels.
- Utiliser les nouvelles technologies pour renforcer la position des moyens de communication de la Russie à l’extérieur et accroître la sécurité informatique du pays.
- Considérer le projet de construction d’un système de défense antiaérien des Etats-Unis comme une menace pour la sécurité nationale, ce qui donne à la Russie le droit de prendre les mesures de réponse nécessaires.
- Considérer comme intolérable toute tentative de pression des Etats-Unis et réagir avec force à toute action hostile.
- Construire des relations mutuellement bénéfiques avec les Etats-Unis.
- Renforcer les liens de la Russie avec l’Amérique Latine et la Caraïbe.

A cause des sanctions occidentales, qui ont réduit l’accès des compagnies russes à la technologie, aux investissements et au crédit de l’Occident, ainsi qu’en raison de la chute du prix du pétrole, s’est développé un processus d’intégration économique et d’alignement politique qui servirait de contrepoids à l’UE , avec un espace économique qui ira de Saint-Pétersbourg à Shanghai.

Le bloc Chine-Russie gagne des espaces par une vision multipolaire

Les deux nations partagent de plus en plus les éléments d’une vision du monde pluri-polaire, elles privilégient l’importance de maintenir des Etats-nations forts qui jouissent d’une pleine liberté d’action au niveau international.

Elles partagent des critiques envers les gouvernements occidentaux et dénoncent ce qu’elles considèrent comme une couverture médiatique occidentale biaisée. Elles dénoncent aussi le financement étranger d’organisations non gouvernementales (ONG) et l’utilisation de techniques de mobilisation sur les réseaux sociaux pour fomenter l’instabilité. En 2011-2012, Poutine a rejeté sur les ONG parrainées par les Etats-Unis la responsabilité des manifestations de rue tenues à Moscou ; en 2014 Pékin a vu une main étrangère derrière le mouvement de protestation à Hong Kong.

Récemment le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin, a menacé la Chine de l’exclure du système international du dollar américain si elle n’appuie pas les nouvelles sanctions contre la Corée du Nord, ce qui a suscité chez l’analyste Paul Craig Roberts la réflexion suivante : « le Gouvernement des Etats-Unis, Etat en faillite, dont la dette dépasse les 20000 milliards de dollars, qui se voit obligé de créer de la monnaie pour acheter ses propres titres de créance, menace la deuxième plus forte économie mondiale, dont le pouvoir d’achat est supérieur à celui de l’économie des Etats-Unis « , et cela à partir du scénario prévu selon lequel une énorme quantité de transactions économiques sortiraient du système du dollar provoquant la réduction de son volume et de son importance.


La Russie et la Chine achètent de plus en plus d’or pour soutenir leurs économies et faire face à la valeur artificielle du dollar pendant que les pays de l’axe asiatique commencent à réaliser des échanges commerciaux dans leurs propres monnaies, y compris pour le pétrole, coup sévère porté au pétrodollar.

L’Amérique Latine à l’horizon

Des analystes affirment que l’existence même du groupement des Brics (Brésil, Russie, Chine, Inde et Afrique du Sud) favorise l’autonomie des Etats latino-américains au niveau international et élargit leur marge de manœuvre en politique extérieure. Il s’agit d’un groupe qui occupe 29% de la terre ferme de la planète (sans compter l’Antarctique), concentre 43% de la population mondiale et près de 27% du PIB mondial en termes de parité du pouvoir d’achat.

Au cours du sommet qui s’est tenu en septembre dernier, le bloc est convenu de créer la Nouvelle Banque de Développement, qui prévoit d’accorder des prêts à hauteur de 4 000 millions de dollars en 2018 tout en finançant des projets à moyen terme du secteur privé. Il a aussi été convenu de créer un fond d’obligations en devises nationales pour « contribuer à assurer la stabilité des investissements dans les pays du Brics, stimuler le développement de marchés obligataires nationaux et régionaux des pays du Brics, y compris l’augmentation de la participation du capital privé étranger et l’amélioration de la stabilité financière des pays du Brics « .


De nombreux analystes affirment que si la Chine parvient à redessiner la carte du commerce mondial, elle créera des opportunités pour que les exportations latino-américaines trouvent de nouveaux débouchés en Asie. On parle également d’un câble de fibre optique Trans-Pacifique pour unir les deux régions, tandis que la Chine s’intéresse au financement de tunnels, routes et chemins de fer qui aideront à acheminer les produits des pays de la côte atlantique de l’Amérique Latine vers la Chine et vice-versa.

Le commerce et les investissements de la Chine en Amérique latine ont connu une croissance exponentielle depuis l’an 2000, les exportations de l’Amérique latine vers la Chine, après l’escalade des sanctions de 2014, ont augmenté de 5000 millions de dollars en 2000 à 120000 millions de dollars en 2012, de même qu’ont augmenté les importations depuis la Chine, générant une balance commerciale totale d’environ 230 000 millions de dollars par an. Pour plusieurs des principales économies de l’Amérique latine, comme le Brésil, l’Argentine, le Chili et le Pérou, la Chine a remplacé les Etats-Unis en tant que principal partenaire économique, mais non en tant qu’investisseur. Voilà un défi crucial pour l’hégémonie économique dont ont joui les Etats-Unis dans la région, depuis le déclin de l’empire britannique, fruit de la Seconde Guerre Mondiale.

La collaboration stratégique de la Russie avec le Brésil, en particulier dans le cadre des Brics, ainsi que la coopération avec l’Argentine, le Venezuela, Cuba, le Nicaragua et d’autres Etats de l’Amérique latine et de la Caraïbe, recherche des réponses aux nouveaux défis et menaces. L’incorporation d’entreprises russes dans les secteurs dynamiques de l’industrie, l’énergie, les communications et le transport dans les pays de la zone s’est vue accompagnée de la consolidation des liens à travers la Communauté des Etats Latino-américains et Caribéens (Celac).

La relation de la Russie avec les partenaires latino-américains (en particulier l’Argentine, le Brésil, le Chili, l’Uruguay et l’Equateur) a franchi un nouveau pas après l’escalade des sanctions de 2014, qui limitaient l’importation de produits alimentaires en provenance de l’UE, des Etats-Unis, du Canada, de l’Australie et de la Norvège. La Russie les a remplacés par des livraisons venues de l’Amérique latine et a mis en route la mission de rendre leur économie plus compétitive et plus diversifiée en accordant un plus fort appui au développement de leur économie agricole.

Le commerce estimé de la Russie avec l’Amérique latine et la Caraïbe s’est élevé à 24000 millions de dollars en 2013 tandis que la Chine continue à détrôner d’autres concurrents étrangers, par le biais de fusions et rachats qui ont atteint 102200 millions de dollars investis par la Banque de développement de Chine (CDB) et la Banque Chinoise d’import-export (Chexim) entre 2005 et 2013.

Il faut souligner qu’aucun des pays de la dite Alliance du Pacifique, bloc commercial latino-américain qui inclut actuellement le Chili, la Colombie, le Mexique et le Pérou, n’a pris la décision, en son temps, de rompre les relations avec la Chine, alors même que ce bloc apparaissait comme un partenaire proche des Etats-Unis et du Canada. Ses membres (moins la Colombie) figuraient parmi les pays désireux d’établir le Partenariat Trans-Pacifique (TPP) annulé par Trump en janvier dernier.

Comme elle compte peu de positions dans le Pacifique en raison de la barrière de contention géographique que représentent le Japon, Taiwan, l’Indonésie et d’autres lieux contrôlés par les USA, la logique d’expansion chinoise est orientée vers le Pacifique sud.

La dissuasion au Venezuela

Le Venezuela est la première destination latino-américaine des investissements chinois. Depuis 2001, se sont développés quelques 800 projets de coopération qui ont permis le développement de secteurs aussi stratégiques que l’énergie, le pétrole, l’éducation, la santé, la technologie, le commerce, l’agro-industrie, l’agriculture, l’infrastructure, l’industrie, la culture et le sport. En 2013, le commerce bilatéral avait été multiplié par 13714, passant de 1,4 million de dollars en 1974 à 19 200 millions de dollars.

La Russie dispose d’importants investissements dans la Ceinture Pétrolifère de l’Orénoque au travers de l’entreprise Rosneft qui ont été consolidés et seront augmentés après la rencontre à Moscou des présidents Poutine et Maduro début octobre. La coopération agricole également devrait augmenter, au moyen de la mise en route d’usines de transformation de denrées alimentaires de haute technologie.

La coopération militaire engage plus de 11000 millions de dollars dans divers systèmes de missiles, de défense, sol-sol, sol-air, des systèmes d’artillerie, défense antiaérienne, fusils, hélicoptères, avions de combat et équipement logistique. L’échange commercial entre les deux pays a connu son apogée en 2013, lorsqu’il atteignit 2 450 millions de dollars.


En mai 2013 un accord de confidentialité permit à Rosneft d’obtenir des données géologiques sur les blocs pétrolifères en mer du Venezuela pour leur possible future exploitation, dans la claire intention de protéger les intérêts commerciaux chinois et d’assurer l’accès russe aux futurs gisements de pétrole et de gaz au Venezuela.

La Chine et la Russie déjouent l’intérêt qu’ont les Etats-Unis à intervenir d’une manière plus décisive dans la politique vénézuélienne car les alliances passées par le pays caribéen sont vitales pour leurs objectifs géostratégiques. Les déclarations depuis Moscou et Pékin à chaque agression réalisée par les Etats-Unis ces dernières années, ont été claires. Les deux gouvernements ont appelé à la résolution souveraine des conflits et à la non-ingérence, car les sanctions imposées par l’Administration Trump représentent une attaque directe aux alliances passées avec le pays sud-américain. D’où précisément leur appui à une résolution des conflits au Venezuela par la voie des élections, sous l’autorité de l’Etat vénézuélien et de son institution électorale, objet des attaques, le CNE.

Une partie du conflit global se déroule sur un territoire local, ce qui permet au Venezuela, dans les reconfigurations des dynamiques géopolitiques, de jouer un rôle décisif en faveur du multipolaire comme recherche d’un équilibre politique global qui lui permette d’exercer son droit à exister de manière souveraine.



Traduit de l’espagnol par Michèle Elichirigoity pour Venezuela Infos

Source : Mision Verdad
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MessageSujet: Re: Venezuela: coup de projecteur sur les zones d´ombre médiatiques   Sam 4 Nov 2017 - 3:43

Prix Sakharov remis à l’opposition vénézuélienne : quand le Parlement européen donne un blanc-seing au fascisme



L’Union Européenne fait non seulement preuve d’ingérence dans la politique intérieure vénézuélienne, mais elle s’immisce aussi dans les conflits internes de l’opposition, que l’on pourrait résumer comme étant une lutte entre les modérés et ceux qui ont choisi la voie du non-dialogue. Le Parlement européen a donc décidé de récompenser ces derniers en leur attribuant le prix Sakharov.

Le jeudi 26 octobre dernier, le Parlement européen a attribué le prix Sakharov à « la liberté de l’esprit » de l’opposition vénézuélienne, à l’heure des accusations mutuelles et de l’effondrement de la soi-disant position commune à la Table de l’Unité Démocratique (MUD), la coalition politique de l’opposition vénézuélienne.

À la suite des élections régionales du 15 octobre dernier, quatre des cinq gouverneurs de l’opposition élus font partie de l’Action Démocratique (AD), le parti politique actif le plus ancien du Venezuela, fondé en 1941.

Les gouverneurs de l’AD ont rempli leur obligation légale de prêter serment devant l’Assemblée Nationale Constituante (ANC), reconnaissant ainsi la légitimité de cette entité, remise en cause par les autres partis politiques comme Primero Justicia (PJ [Justice d’abord, NdT]) et Voluntad Popular (VP [Volonté Populaire, NdT]), qui en rejettent la légalité.

C’est pour cette raison que le gouverneur élu de l’État de Zulia, Juan Pablo Guanipa, membre de PJ, n’assumera pas ses fonctions, puisqu’il ne reconnaît pas l’autorité de l’ANC, se plaçant ainsi en marge de la loi vénézuélienne. En conséquence, l’ANC a convoqué de nouvelles élections dans cet État, prévues pour le 10 décembre, où le gouvernement sera dirigé par un homme politique élu par les citoyens, mais qui reconnaîtra et se conformera à l’État de droit.

Cette situation a ouvert une brèche gigantesque au sein de la MUD ; l’ex-candidat de PJ à la présidence, Henrique Capriles, a annoncé son retrait de la MUD, arguant qu’il ne pouvait partager le même espace que le leader de l’AD, Henry Ramos Allup, puisque ce dernier aurait trahi l’esprit de l’unité. Même si le chef de l’AD a ouvertement sanctionné d’expulsion les gouverneurs de son parti ayant prêté serment devant l’ANC, les alliés que sont PJ et VP ne se satisfont pas de cette action.

Les détracteurs de Ramos Allup l’accusent de complicité avec le « régime » du président Nicolás Maduro ; mais en tant que vétéran politique, le leader de l’AD agit pour son propre intérêt, son parti étant celui qui occupe le plus d’espace politique et territorial dans l’opposition après les élections des gouverneurs. Et cette position permet à Ramos de rêver à une candidature pour les prochaines élections présidentielles de 2018. C’est sur ce point que la bataille semble effectivement faire rage au sein de l’opposition vénézuélienne, c’est à dire la lutte pour la candidature à la présidence et non sur quelque différence éthique entre Ramos Allup et ceux qui se montrent inflexibles avec le gouvernement de Maduro.

Les lauréats du Parlement européen sont l’Assemblée Nationale ainsi que sept prisonniers vénézuéliens. Parmi ces derniers figure Lorent Saleh, extradé depuis la Colombie vers le Venezuela en septembre 2014, pour avoir prévu des attentats contre la République Bolivarienne du Venezuela, et notamment de « descendre 20 macchabées en 48 heures », faisant allusion à des assassinats ciblés afin de provoquer une déstabilisation comme l’ont montré des vidéos diffusées à la télévision vénézuélienne. C’est probablement l’une des raisons pour lesquelles la présidente de l’ANC, Delcy Rodríguez, a déclaré que le Parlement européen offrait un blanc-seing au fascisme.

De cette manière, l’Union Européenne fait non seulement preuve d’ingérence dans la politique intérieure vénézuélienne, mais elle s’immisce aussi dans les conflits internes de l’opposition, que l’on pourrait résumer comme étant une lutte entre les modérés et ceux qui ont choisi la voie du non-dialogue. Le Parlement européen a donc décidé de récompenser ces derniers en leur attribuant le prix Sakharov.

Il faut rappeler que le prix Sakharov, créé en 1988, a été remis quatre fois à des personnes ou organisations latino américaines dans le passé, dont trois l’ont été pour des cubains s’opposant au gouvernement révolutionnaire de l’île caribéenne, qui sont José Payá, les Dames en Blanc, et Guillermo Fariñas. On note ainsi une belle harmonie entre le prix international européen et les politiques des États-Unis contre Cuba et le Venezuela.

Le prix Sakharov pour une frange de l’opposition vénézuélienne consistera à leur remettre un certificat ainsi que la somme de 50 000 euros au cours d’une cérémonie qui aura lieu le 13 décembre ; cérémonie à laquelle ne pourront pas participer les prisonniers vénézuéliens pour des raisons évidentes, sauf pour le président de l’Assemblée Nationale et membre du parti PJ, Julio Borges.

Mais le parti de Borges vient d’être écrasé aux élections régionales, perdant l’État de Miranda et n’arrivant pour l’instant à s’imposer que dans un seul des 23 États que compte le Venezuela, l’État du Zulia.

Il faudra voir si à la suite des élections du 10 décembre, PJ arrive à conserver Zulia. Dans le cas contraire, Borges sera un politique primé qui représenterait un parti sans territoire notable au Venezuela et qui comptera les forces étrangères comme seul soutien, qu’il vienne de Washington ou de Bruxelles.



[color:3a61=#ffff99Traduit de l’espagnol par Rémi Gromelle]


Source : Journal de Notre Amérique
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MessageSujet: Re: Venezuela: coup de projecteur sur les zones d´ombre médiatiques   Mar 14 Nov 2017 - 1:04


Bonsoir les amis Very Happy Le Venezuela qui était au bord du défaux de payement, vient d'être sauvé temporairement ? par ses aliés Russes et chinois, le sort s'acharne sur le peuple vénézuélien qui a fait le chois de continuer à faire confiance à Maduro, après une victoire écrasante aux élections régionales dans un silence assourdissant des médias mainstream pro opposition.
Akasha.


Élections Régionales au Venezuela: le triomphe du chavisme, l’opposition désorganisée et les médias en plein déni



Alors que le président de la Commission Électorale du Venezuela (CNE) lit les résultats des élections régionales ayant eu lieu le dimanche 15 octobre, on peut sentir l’agonie dans les salles de rédactions des medias mainstream. Le chavisme vient de gagner 18 des 23 (1) régions, un résultat qui, selon eux, n’aurait pas dû arriver. Les observateurs internationaux ont loué le processus électoral et les accusations de fraude, reprises naïvement par les médias, ne tiennent pas debout.

Le Parti socialiste unifié du Venezuela (PSUV) a remporté une victoire retentissante lors de ces élections. Parmi les trois quart des régions sécurisées, certaines sont plutôt importantes. Hector Rodríguez, un jeune leader chaviste charismatique, a repris la gouvernance de Miranda à l’opposition. Miranda comprend une partie de Caracas et était le principal point chaud des violences de l’opposition des derniers mois. Un autre exemple concernait l’État de Barinas, d’où Chávez est originaire, qui avait montré quelque agitation ces mois passés. Le plus jeune frère de Chávez, Argenis, était le candidat et l’État était gouverné avec succès par le PSUV.

L’opposition a perdu les trois régions gagnées en 2012 (Miranda, Amazonas et Lara) et en a gagné cinq autres (Anzoátegui, Mérida, Nueva Esparta, Táchira et Zulia), avec trois de celles-ci à la frontière de la Colombie, soulevant des craintes de voir l’activité paramilitaire augmenter. La participation totale a été de 61%, en comparaison des 54% cinq ans plus tôt, et le PSUV a récolté 54% des votes, soit environ 5,6 millions de votes. Ceci marque un revirement complet par rapport aux législatives de 2015. Cela démontre aussi que le noyau central du chavisme reste très fort et ceci moins grâce à ses actions cohérentes qu’à l’incapacité de l’opposition à mobiliser ses supporters.


Carte électorale après les élections régionales de dimanche. Le chavisme a remporté 18 régions (rouge), et l’opposition cinq (bleu).

La réaction des médias est digne de figurer dans les livres d’histoire. N’ayant pas prêté beaucoup d’attention à ces élections, la période pré-électorale ne présentait que le même discours recyclé : « si les élections sont justes et transparentes, ce sera un raz-de-marée de l’opposition ». Une fois les résultats publiés, plutôt que de chercher à les comprendre et trouver pourquoi leurs prédictions étaient fausses, les médias sont simplement descendus dans le terrier du lapin. Selon leur récit biaisé et leurs sondages historiquement inexacts,, c’était tout simplement impossible !

La preuve soutenant cette impossibilité était aussi moins que convaincante. Il y avait l’habituelle accusation non fondée, ou aisément contrecarrée, de « fraude » (plus ou moins tard). Le New York Times a ajouté la très scientifique déclaration comme quoi « la participation fut apparemment plus faible », alors que Reuters, avec sa crédibilité toujours plus douteuse, a été plus loin en parlant de votants forcés de voter une arme sur la tempe ! Plusieurs analystes ont paradé en déclarant que ces résultats étaient impossibles, certain argumentant même que c’était « inconcevable ». Il semble que ces journalistes et analystes aient violé l’une des règles cardinales de la circulation (de l’information) : ne jamais se griser de ses propres sources. Dit simplement, ils ont commencé à vraiment croire en leur propre propagande.

Une défaite retentissante pour l’opposition vénézuélienne

Examinons maintenant dans le passé récent les actions de l’opposition vénézuélienne soutenue par les États-Unis. Tout d’abord, ils ont déclenché une vague de violence dans les rues en avril qui a provoqué plus de 100 morts (la plupart causée par la violence de l’opposition). Avec la propagande des médias à plein régime, ils ont déclaré être sur le point de « renverser la dictature ». Mais à part en quelques occasions isolées, la violence ne s’est jamais répandue au-delà des bastions de l’opposition, principalement dans Caracas est.

Après que Maduro ait proposé l’Assemblée constituante, l’opposition a refusé d’y participer et déclaré qu’ils l’empêcheraient d’avoir lieu. Ils ont même mis en scène leur propre « référendim » rejetant l’Assemblée constituante et ont appelé les forces armées à intervenir. Mais dans ce qui fut une démonstration de force massive des chavistes, ainsi qu’un rejet de la violence de l’opposition, plus de 8 millions de personnes ont voté le 30 juillet. Tout ce que l’opposition, et les médias, pouvait faire, c’était de déclarer que les chiffres étaient faux, basés sur des sondages bâclés à la sortie des urnes et des déclarations sans fondement de Smartmatic (2). Ces élections et la prise de serment de l’Assemblée constituante ont effectivement apporté la paix dans les rues.

Alors, après avoir déclaré renverser la dictature et demandé que Maduro se retire le lendemain, l’opposition s’est tournée vers ses supporters et leur a demandé le plus sérieusement du monde de sortir et de voter aux élections régionales. Certaines des factions dures ont refusé d’y prendre part (et réprimande maintenant leurs dirigeants de l’avoir fait) mais la plupart des partis de l’opposition ont poursuivi le discours absurde de « voter contre la dictature ». Finalement, l’absurdité les a rattrapés et le résultat fut une défaite retentissante. Et alors, comme une horloge, l’opposition a déclaré que les résultats étaient frauduleux. Franchement, que leur reste-t-il à faire ? Ils pourraient envoyer leurs candidats vaincus à Washington DC et continuer à former leur « gouvernement en exil ». (3)


Les contradictions du leader d’opposition Julio Borges à propos des élections régionales (traduits à partir de Misión Verdad)

Accusations de “fraudes” frauduleuses

Si la couverture médiatique du Venezuela conservait un minimum d’honnêteté, les articles expliqueraient comment fonctionne le système de votation, et donc que ces allégations de « fraudes » peuvent êtres mises en contexte. En résumé, les votants marquent leur vote sur une machine, un bulletin papier est imprimé, et s’il correspond au vote, ils le déposent dans une urne. Une fois le vote complété, un audit est conduit dans 54,4% des bureaux de vote, sélectionnés au hasard. Il consiste à recompter les bulletins papiers et voir s’ils correspondent, avec une marge d’erreur très serrée, avec le décompte électronique. Cela assure que statistiquement les résultats sont quasiment définitifs, et c’est ce que le président du CNE, Tibisay Lucena, veut dire quand elle annonce que les résultats sont « irréversibles ».

Les chavistes, l’opposition et les observateurs internationaux prennent part aux vérifications avant le vote, sont présents dans les bureaux de vote durant la journée, et sont aussi présents pendant l’audit. À la fin du processus, ils signent un compte-rendu (acta). Il est donc très difficile de dire qu’il y a eu une vraie fraude électorale. En fait, le candidat vaincu de l’opposition à Miranda, Carlos Ocariz, a dit qu’il avait lui-même eu les comptes-rendus en main et que ce n’était pas là le problème. Il est donc ridicule pour la France et le Département d’État des États-Unis de déclarer qu’il y a un problème dans le processus de remise des résultats.

La principale plainte de « fraude » dans les médias concernait la relocalisation de plus de 200 bureaux de votes (sur 13 500) loin des zones où l’opposition est la plus forte et dans des zones traditionnellement progouvernementales. Ce qui, de façon très commode, n’a pas été signalé, c’est qu’il s’agissait de bureaux qui n’avaient pas pu être ouverts lors des élections pour l’Assemblée constituante à cause des violences exercées par l’opposition, ce qui rend les préoccupations pour la sécurité du CNE plus que justifiées.

Il y a eu aussi des protestations à propos de candidats de l’opposition ayant perdu des élections primaires (contestées) qui n’ont pas été retirés des bulletins, ce à quoi le CNE a répondu que les demandes de retrait du vote n’avaient pas été remplies à temps. Mais au vu des résultats, tous les tournois électoraux concernaient virtuellement que deux candidats, avec à peine le moindre vote pour un candidat en troisième position et avec le gagnant remportant plus de 50% des votes ; toute conséquence due à cela était négligeable (à l’exception possible de l’État de Bolivar).

Une autre plainte concernait certains bureaux de votes n’ayant pas ouvert à l’heure. Ceci étant dit, même après la fermeture des sondages à 18 heures, quiconque fait encore la queue doit voter, donc cette plainte ne tient pas la route. L’un dans l’autre, l’opposition vénézuélienne, leurs soutiens et les médias voudraient faire croire au monde que les élections étaient frauduleuses parce que les votants de la classe-moyenne ne veulent pas attendre dans une file et encore moins voir des gens pauvres sur le chemin du bureau de vote.


Célébration chaviste après le triomphe électoral (photo par AVN)

Le chemin à venir



Il est difficile de voir où va aller l’opposition vénézuélienne d’ici, avec des signes déjà évidents de luttes internes. Avec leur comportement du « culte de la catastrophe » il est improbable qu’ils aient le moindre succès dans la réactivation de la violence urbaine, et par conséquent leur destin repose essentiellement sur ce que l’empire américain peut faire. Ils espéreront que (plus) de sanctions peuvent infliger assez de souffrances aux Vénézuéliens pour qu’ils aient une chance de gagner les élections présidentielles l’année prochaine. Les plus fanatiques pourraient même espérer que Trump continue à menacer le pays d’une intervention militaire.

Une chose sur laquelle ils peuvent compter, c’est le soutien résolu et inconditionnel des médias mainstream. Alors que les votants et les supporters de l’opposition peuvent faire appel à leur mémoire et critiquer les incohérences et les contradictions, il ne faut pas en attendre de même de la part des médias. Ils continueront de se faire l’écho des déclarations disant qu’il y a eu fraude dans ces élections, que la participation du 30 juillet était exagérée, et à étirer l’histoire de cette ancienne procureur disant à tout venant qu’elle a la preuve de la corruption impliquant les fonctionnaires du gouvernement. Comme tout ce qui peut être utilisé contre le gouvernement bolivarien, on n’a jamais besoin de preuves.

Quant au chavisme, il est indéniable que les deux dernières élections ont été pour lui de sacrées victoires. Les analystes occidentaux mesurent et encore une fois n’arrivent pas à cerner la vitalité de la révolution bolivarienne, et rabaissent les chavistes à des zélotes au cerveau lavé ou des gens simplement effrayés de perdre leurs bénéfices (4). La réalité, c’est que, même à travers une grave crise-guerre économique qui les a frappés durement, et malgré ce que le leadership aurait dû faire différemment, les Vénézuéliens pauvres et la classe ouvrière voient encore ce projet comme leur appartenant, un projet duquel ils sont acteurs et non pas de simples spectateurs.

Le mandat de Maduro a sans doute vu le chavisme être sur la défensive tout le temps, avec une guerre économique, une baisse constante des prix du pétrole, deux incarnations de la violence guarimba et les constantes pressions et sanctions internationales. Tout juste sorti de cette victoire électorale et avec l’Assemblée constituante en place, il est impératif que le chavisme saisisse ce moment pour se radicaliser, pour passer à l’offensive, avec une année devant lui avant les élections présidentielles. Le soutien qu’il a retenu à travers cette tempête ne doit pas être tenu pour acquis, et il a maintenant une fenêtre de tir pour lutter contre la corruption, augmenter le contrôle de la classe ouvrière sur l’économie, augmenter l’influence des communes, etc. Ce n’est pas qu’une question de conserver la base impliquée, il s’agit de comment sera gagnée la guerre économique, de comment on construira le socialisme.

Notes

(1) Les résultats initiaux n’ont été finalisés que pour 22 des 23 États. Dans l’État méridionale de Bolívar, la victoire du candidat du PSUV a été confirmée d’une maigre avance.

(2) Smartmatic, la compagnie responsable du logiciel des machines à voter, a déclaré que “sans aucun doute” la participation a été gonflée d’au moins 1 million de votes. La déclaration a été rejetée par les autorités électorales du Venezuela car la compagnie n’a pas accès aux données électorales. Plusieurs organisations de solidarité ont envoyé une lettre au directeur de Smartmatic, Antonio Mugica, le 8 septembre lui demandant que la compagnie présente soit une preuve de sa déclaration soit des excuses. Il n’y a pas encore eu de réponse à ce jour.

(3) À point nommé, María Corina Machado a exhorté l’assemblée nationale contrôlée par l’opposition, qui est accusée d’outrage à magistrat depuis mi-2016, de nommer une nouvelle autorité électorale. On espère qu’il y a assez de place au siège des l’Organisation des États américains à Washington.

(4) Si seulement ils avaient une compréhension politique profonde et mature comme celle de l’opposition et son slogan “on ne veut pas être Cuba”…


Photo couverture : Le président Maduro a qualifié la victoire électorale de message contre l’impérialisme (photo par AVN)



Traduit de l’anglais par Jean-Noël Pappens pour Investig’Action

Source :
Journal de notre Amérique, Investig’Action[/color]
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MessageSujet: Re: Venezuela: coup de projecteur sur les zones d´ombre médiatiques   Mar 14 Nov 2017 - 9:55

La victoire du Chavisme ^^


Une totale incapacité a gérer l’économie d'un pays
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luctix

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MessageSujet: Re: Venezuela: coup de projecteur sur les zones d´ombre médiatiques   Jeu 16 Nov 2017 - 18:46

il y a clairement des forces extérieures au pays qui le tirent vers le bas... notamment des multinationales

à propos du venezuela, on peut noter comme notre cher président macron fait du deux poids deux mesures :

à propos de l'égypte et du gouvernement de sissi, il dit qu'il ne faut pas faire d'ingérence



à propos du venezuela, il dit qu'il faut s'élever contre cette dictature



manifestations de l'opposition dans l'egypte de sissi : plus de 1000 morts... mais l'égypte achète beaucoup d'armes à la france

manifestations de l'opposition au venezuela de maduro : plus de 100 morts... mais le venezuela qui n'achète pas d'armes à la france possède une des plus grandes réserves de pétrole du monde
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orné

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MessageSujet: Re: Venezuela: coup de projecteur sur les zones d´ombre médiatiques   Lun 20 Nov 2017 - 15:39

Venezuela, les raisons obscures



Ce documentaire n’est pas un travail conjoncturel. Il restera en vigueur tant que les États-Unis persisteront à vouloir en finir avec la Révolution bolivarienne qui se construit au Venezuela, pour s’approprier son pétrole et autres ressources naturelles.

Un documentaire basé sur des entretiens avec des spécialistes vénézuélien(ne)s qui nous racontent, dans un langage simple et didactique, une histoire que les grands médias persistent à dissimuler ou à déformer.



>>>Investig'Action<<<
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MessageSujet: Re: Venezuela: coup de projecteur sur les zones d´ombre médiatiques   Dim 10 Déc 2017 - 3:58

Venezuela : dictature ou démocratie ? un citoyen belge témoigne



Jonas Boussifet est un jeune militant belge, engagé dans les mouvements de solidarité et des droits humains à Bruxelles. Après avoir vu des reportages sur la “répression” au Venezuela, il a décidé d’aller voir de ses propres yeux et de recueillir des témoignages. Mais en arrivant, il a découvert une réalité bien différente de celle qu’avaient présentée les médias. Dans cet entretien, nous abordons ses impressions sur le Venezuela, la propagande occidentale et ce qu’elle cache…


Vous avez un témoignage à contre-courant sur le Venezuela. Racontez-nous…



En fait très simplement j’y suis allé avec un regard de citoyen du monde, et pour plus précis : de citoyen européen. Et je me posais la question de savoir ce qui se passait réellement au Venezuela, j’avais entendu parler des fameux 120 morts qu’il y avaient eu sur place, les 120 morts que le gouvernement avait soi disant abattus ou laissé tuer pendant les manifestations. Et voilà, mon premier objectif était d’aller là-bas pour observer, voir ce qui s’y passait.

Et aussi dans un second temps je reconnais que c’était un objectif très naïf et très, très égoïste : en tant que photographe amateur et militant, je voulais prendre des photos des manifestations sur place. Je voulais revenir avec des clichés représentant les manifestations et la répression policière…




C’était dans le cadre de votre travail?



Non, c’était totalement personnel. Et c’est ce que j’expliquais : j’étais « déçu » à mettre entre guillemets ; parce que sur les trois semaines où j’étais là-bas, il n’y a eu que deux manifestations. Une était une mobilisation du gouvernement et l’autre une manifestation de l’opposition et qui était très, très loin de ce que de ce qu’on pouvait voir ici aux informations par rapport aux répressions et aux valeurs défendues par l’opposition. Les manifestations que j’ai vues se sont toujours déroulées dans un cadre bienveillant et où la répression policière était aux abonnés absents… les policiers étaient là pour encadrer mais il n’y a eu aucune répression telle qu’on peut voir sur nos écrans.

J’avais aussi entendu parler des fameux “cacas bambas”, le principe était de lancer des bouteilles contenant des excréments pour éviter de lancer des cocktails molotov et voilà sur le temps que je suis resté là-bas je n’ai pas pu assister aux manifestations tels que les médias mainstream la diffuse. Je n’ai pas pu prendre le cliché parfait non plus. Donc ça m’a permis de creuser et de me renseigner sur ce qui se passait là-bas. Pourquoi les informations qui étaient reliées ici étaient si tronquées ? et donc mon ambition après était de me balader dans les rues de Caracas, de Miranda de Bello Monte et d’apprendre à connaître la population.




Vous y êtes resté combien de temps et aussi à quelle période ?



Je suis resté trois semaines là-bas, c’était au mois d’août, juste après la Constituante. J ‘y suis allé du 18 août au 5 septembre. J’ai investigué dans les rues, j’ai recueilli des témoignages. J’ai parlé à des militants de l’opposition et j’ai eu la chance aussi de faire des interviews au ministère de l’information et de la communication. C’est grâce à ces rencontres que j’ai pu avoir différents avis qui m’ont permis de former mes représentations et le plaidoyer que je fais actuellement.




Vos interviews, c’était dans le cadre d’un projet ?



Oui, je voulais faire un projet personnel au début pour essayer de rétablir la vérité, essayer de faire la contre-information de ce qu’on voyait dans les médias ici, parce que je me suis aperçu qu’en fait je m’étais trompé sur toute la ligne par rapport aux manifestations. Mon objectif c’était de recueillir des interviews, j’ai fait quelques petits films de ce qui se passait dans les rues. Mon projet est toujours de réaliser un montage par rapport à qui se passe là-bas.




Comptez-vous le présenter prochainement ?



Oui, je pense que c’est nécessaire maintenant ; j’essaie d’assister à un maximum de conférences qu’il y a à propos du Venezuela. Dernièrement j’ai intégré une association qui s’appelle Venesol, c’était dans l’idée de ne plus suivre les médias mainstream et de rétablir ma vérité par rapport à la situation que j’ai rencontré là-bas.




Concrètement, qu’est-ce qui vous a plus choqué dans ce décalage entre vos impressions au départ, et ce que vous avez pu réellement témoigner sur place là-bas ?



Ce qui m’a choqué le plus avant mon départ c’était à propos des fameux 120 morts et la brutalité de la répression policière tel qu’annoncée dans nos journaux télévisés. En fait ici en Belgique je fais partie de différents groupes d’action qui font des manifestations et je voulais voir comment se déroulait une manifestation là-bas et c’est ça qui m’a énormément étonné. Je me considère de l’opposition ici en Belgique par rapport à notre gouvernement. Et oui je voulais voir ce que ça donnait une opposition dans les autres pays et revenir avec différents thèmes et différentes méthodes de manifestations.

Et lorsque j’étais à Caracas il y a eu une manifestation qui était une mobilisation du gouvernement. Elle a été retranscrite et diffusée en Europe par après, donc j’ai refait des recherches et on pouvait trouver via Euronews que cette mobilisation était un entraînement des milices vénézuéliennes. Cette mobilisation-là a eu lieu le 28 août et les infos relayées par nos presses étaient à l’opposé de ce que j’ai vu sur place.




C’était une marche anti-impérialiste…



Oui, c’était une marche militaro-citoyenne pro-gouvernementale, où tous les gens qui y participaient faisaient un trajet dans la rue, et ensuite il y avait un entraînement à la manipulation des armes. Et bien que je me considère comme profondément pacifiste et non-violent, le fait d’avoir assisté à ça a énormément remis en question mes réflexions sur les notions de pacifisme et de sécurité aussi.

Parce que finalement qu’est-ce qu’être en sécurité ? Ici en Belgique la sécurité est une compétence de l’armée et de la police, et lorsqu’on voit à ce quoi ils œuvrent pour notre « sécurité », des rafles ici et des guerres là-bas, je me dis que le citoyen devrait avoir son mot à dire par rapport à cette compétence. Le gouvernement Michel ponctionne dans la sécurité sociale pour investir dans l’achat de nouveaux avions de chasse.

Qu’est ce qui le plus important ? Bombarder là-bas ou soigner ici ? c’est ça la véritable sécurité. Et pourtant ils vont injecter des milliards dans ces avions de chasse pour notre « sécurité ». Nous sommes totalement déconnectés de cette notion de sécurité pour tolérer ce genre d’investissement, et puisque nous en sommes déconnectés le citoyen est prêt à renoncer à son droit à se défendre et ce même face à un Etat de plus en plus anti-démocratique et d’extrême droite. Et là-bas donc il y avait un entraînement à la manipulation des armes pour les citoyens, mais aussi à l’organisation de structure populaire en cas de coups d’état, d’attaques de paramilitaires ou de guerre civile. Je n’accepte pas le mot milice car c’était ouvert à tous et à toutes. Même moi je pouvais y participer et pourtant à ce que je sache je ne suis pas membre d’une milice vénézuélienne.




Ces événements dont vous parlez ont été comme une réponse aux menaces de Trump…



Une réponse aux sanctions, oui. L’objectif de cette mobilisation était de montrer qu’il n’y avait pas que le gouvernement vénézuélien qui était contre une ingérence des Etats-Unis, mais aussi « el pueblo ». Par cette mobilisation le peuple du Venezuela voulait soutenir son président et « sortir les dents » devant Trump. Et à mon avis c’est pour ça que certains médias ont manipulé cette mobilisation en la transformant en un entraînement de milices.




Quel est votre regard sur ce qu’on appelle “l’opposition vénézuélienne” ?



D’abord comme je l’ai dit, je me considère dans l’opposition en Belgique, bien que je ne sois pas membre d’un parti politique. Je pense qu’il est nécessaire d’avoir une opposition dans chaque pays. Ça fait partie du jeu démocratique et ça permet une évolution constante de la politique. Un pays sans opposition est un pays dictatorial selon moi. Donc je partais avec une idée romantique de cette opposition vénézuélienne.

De plus les médias européens montraient que l’opposition était traduite par des jeunes qui étaient démunis face aux violences policières. Et lorsqu’il y a eu une manifestation de l’opposition, le trajet parcouru était tellement révélateur d’une ingérence étatsunienne que j’ai vite abandonné cette idée que le peuple se battait pour ses idées. Le trajet de la manif de l’opposition se terminait en face de l’ambassade des Etats-Unis à Caracas, où ils étaient accueillis pour faire part de leurs revendications. Autant dire qu’en voyant ça ma vision romantique de l’opposition vénézuélienne qui luttait pour plus de démocratie était en effet une mascarade impérialiste instrumentalisée par un Etat étranger : les Etats-Unis.

Lorsque je faisais mes interviews et photos sur place, je me basais sur les graffitis qu’il y avait dans la rue. Je voyais souvent un graff’ en particulier, le « #350 ». J’ai appris que ce graffiti était en fait un article de la constitution bolivarienne du Venezuela qui permettait au peuple de manifester lorsqu’il n’était pas d’accord avec les directives de son gouvernement. Cet article était utilisé par l’opposition pour légitimer ses actions. Le mot peuple est important dans cet article. Parce que j’avais plus l’impression que cet article était utilisé non pas par le peuple, mais par des intérêts étrangers au service du capitalisme.



Et vu d’ici, avec le recul, pensez-vous que la perception de la gauche européenne sur les événements du Venezuela ait été à la hauteur ?



En voyant les sanctions prises par l’Union Européenne et le prix Sakharov décerné à l’opposition vénézuélienne ? Je n’ai pas l’impression que la gauche européenne a rempli son rôle. Ou alors la gauche européenne n’a aucune légitimité à porter le nom de « gauche ». La gauche est normalement synonyme de progression, de changement, d’une politique sociale et pas au service d’une politique libérale. Or c’est le rôle qu’elle a joué et qu’elle continue à jouer. La remise du prix Sakharov à l’opposition Vénézuélienne est une insulte à la démocratie. Tout comme le prix Nobel de la paix qui avait été décerné à Obama alors que c’est le président américain ayant commis le plus d’assassinats ciblés. Non la gauche n’a pas rempli son travail sur ce dossier.

Et puis qui sommes-nous pour décerner un prix de la démocratie ? Un peuple qui ne participe à la politique que quand il élit ses représentants tous les « x » années. Des représentants qui ont les mêmes noms depuis plusieurs générations, on peut parler de dynastie politique en Belgique avec les Michels, les De Croos, les De Clerks et consort. Un peuple qui accepte qu’on lui enlève ses libertés pour plus de sécurité. Un peuple dont la participation aux élections est en baisse…

Au Venezuela, c’est le contraire : la participation aux élections est croissante. Ils connaissent leur constitution. Ils s’insurgent et ont le droit de s’insurger lorsque les décisions politiques ne correspondent pas à leurs attentes. Je pense qu’on devrait prendre exemple sur ce peuple. Pour eux, la politique est un devoir citoyen et pas un droit qu’ils ont refilé à des individus aux antipodes de la réalité du citoyen lambda.



[b]]Photo : Jonas Boussifet

Source: Le Journal de Notre Amérique[/b
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MessageSujet: Re: Venezuela: coup de projecteur sur les zones d´ombre médiatiques   Dim 17 Déc 2017 - 5:10

Pendant ce temps-là, en Colombie (zone frontalière avec le Venezuela)



Vous avez peut-être découvert Michel Collon sur YouTube? Investig’Action souhaite développer une véritable chaîne vidéo avec des reportages réguliers et des interviews d’experts qu’on ne verra pas à la télé. Soutenir nos projets vidéo : https://dons.michelcollon.info/fr/don...

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MessageSujet: Re: Venezuela: coup de projecteur sur les zones d´ombre médiatiques   Mer 20 Déc 2017 - 22:51

hé oui le culte delà personnalité

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MessageSujet: Re: Venezuela: coup de projecteur sur les zones d´ombre médiatiques   Jeu 21 Déc 2017 - 2:41

Venezuela : l’épouvantail agité par l’Occident

Eva Deront — 2 décembre 2017



Entre inflation, perturbation de l’approvisionnement en biens de première nécessité et barricades, le Venezuela est devenu l’épouvantail agité en Europe pour effrayer tous ceux qui pourraient être tentés par une remise en cause du système capitaliste. Jusqu’en juillet 2017, l’opposition vénézuélienne de droite et d’extrême droite a profité des pénuries et de la dégradation de la situation économique pour déclencher une nouvelle vague de violences et tenter de renverser le gouvernement de Nicolás Maduro. Sans complaisance avec les erreurs du gouvernement, Maurice Lemoine, ancien rédacteur en chef du Monde Diplomatique, fait partie des rares journalistes de terrain qui cherchent à donner une vision factuelle des évènements, en replaçant le sabotage économique au centre de l’analyse de la situation politique. Un aperçu de l’ampleur de la tâche et des obstacles auxquels peut se confronter tout gouvernement authentiquement de gauche…


Maurice Lemoine est journaliste, ancien rédacteur en chef du Monde Diplomatique et spécialiste de l’Amérique latine. Il a écrit plusieurs ouvrages sur ce continent dont Les Enfants cachés du général Pinochet (2015) et Chávez presidente ! (2005).

]Éva Deront. Entre avril et juillet 2017, le Venezuela a été le théâtre d’affrontements et de violences de la part de militants de droite et d’extrême-droite (attaque à l’hélicoptère contre la cour suprême, jeune afro-descendant brûlé vif, barricades, attaques contre la Garde nationale). Comment caractériser l’extrême droite vénézuélienne par rapport aux groupes que l’on connaît en Europe ?[/b

Maurice Lemoine. À 75 %, les manifestants d’opposition au Venezuela ne sont pas des fascistes. Ils appartiennent à une classe moyenne – classe moyenne « haute » et classe moyenne « basse » – qui, majoritairement, par son mode de vie, s’identifie à la bourgeoisie et aspire à rejoindre cette « élite »
1
. Une partie de leurs homologues seraient dans la rue, ici aussi, si Mélenchon en France ou le PTB en Belgique arrivaient au pouvoir et commençaient à prendre des mesures sociales considérées comme radicales.

Mais il y a aussi une droite dure et une extrême droite. Ce qui les caractérise ? Leur objectif clairement affiché : renverser par n’importe quel moyen, y compris la violence, le chef de l’État. En France, nous avons eu deux périodes de cohabitation : Balladur avec Mitterrand et Jospin avec Chirac. La première chose qu’ont faite ces Premiers ministres en arrivant à l’Assemblée nationale n’a pas été de dire : « On se donne six mois pour renverser le Président. » Au Venezuela, si.

Dans les manifestations, l’opposition utilise des groupes de choc, une espèce de mélange de nervis, de délinquants et, près de la frontière, dans les États de Miranda et Táchira, de paramilitaires colombiens… Il y a aussi, c’est très intéressant, toute une génération de jeunes petits bourgeois qui vivent leur mai 68 à l’envers. Ils sont comme des fous : il n’y a jamais eu autant de selfies à Caracas ! Ils passent leur temps dans les manifestations et ont réellement l’impression de se battre pour la liberté.

[b]Vous avez passé trois semaines, en juin, dans les manifestations : arrivez-vous à quantifier cette participation ?


Prenons une manifestation d’environ 20 000 personnes : il y en a environ 15 000 de la classe moyenne — « On n’est pas content, on en a marre du castro-communisme ! » —, dont 3000 jeunes, qui vivent l’aventure de leur vie, et puis les violents, nervis et lumpen. Ce sont eux qui vont défier la Garde nationale.

L’opposition utilise des groupes de choc, une espèce de mélange de nervis, de délinquants et de paramilitaires colombiens

Un universitaire de gauche – on dénonce beaucoup les mensonges ou l’incompétence des journalistes, mais il faudrait aussi s’intéresser à ce que racontent les universitaires – a décrit les manifestations de la façon suivante : les gens manifestent, la Garde nationale réprime, et les jeunes s’interposent pour protéger… C’est un mensonge éhonté ! Je les ai vus faire : les gens manifestent, les groupes de choc prennent la tête de la manifestation, vont défier la Garde nationale, et… les gentils petits bourgeois et le reste sont derrière. Et à un moment, c’est l’affrontement entre groupes.

Quelle est alors la réaction des forces de l’ordre ?

L’encagement d’une manifestation comme on a pu le voir en France lors des mobilisations contre la loi El-Kohmri, ça n’existe pas. Paradoxalement, la police est beaucoup plus provocatrice et répressive en France qu’elle ne l’est au Venezuela. Là-bas, ce n’est pas compliqué, des groupes bloquent la autopista [autoroute urbaine, NDLR] qui joint l’Est et l’Ouest de Caracas. Tous les jours ils viennent là, s’installent, provoquent la Garde nationale ; et puis au bout de deux heures, la Garde nationale vient dégager la voie avec des canons à eau et des lacrymogènes. Ce n’est pas agréable, mais les méthodes sont moins perverses qu’ici.

Tout ce qui se passe au Venezuela en ce moment – que ce soit la violence, les pénuries, les difficultés – n’est pas destiné aux Vénézuéliens, mais à la communauté internationale

En tant que journaliste, je n’ai pas eu de problème avec les forces de l’ordre. À un moment, j’étais tout seul avec mes deux appareils photo, tout le monde était parti en cavalant ; la Garde nationale arrive, s’arrête et repart. Je n’ai pas vu les journalistes se faire matraquer. En revanche, je ne me sentais pas particulièrement en sécurité au milieu des groupes de délinquants.

Depuis l’élection de l’Assemblée constituante le 30 juillet 2017, on assiste à une scission au sein de l’opposition, affaiblie. Les violences ont cessé. Ces groupes de choc aujourd’hui, que font-ils ? Et que prévoit la droite suite aux élections régionales du 15 octobre ?

Je ne sais pas quelle est leur stratégie. L’élection aux régionales s’est déroulée dans des conditions normales puisque l’opposition avait décidé d’y participer. Comme toujours, on a assisté dans un premier temps à l’application de leur logique « pile je gagne, face tu perds ». Donc là où ils ont gagné, cinq États, ils ont dit : « on a gagné ». Mais là où les chavistes l’ont emporté, dans dix-huit États, l’opposition a crié : « il y a fraude ! ». Évidemment, on oublie ensuite que les représentants de tous les partis avaient participé aux essais techniques du système électoral et qu’ils avaient tous donné leur aval.

Aujourd’hui, alors que quatre des cinq gouverneurs élus de l’opposition ont reconnu l’Assemblée constituante, il y a deux problèmes pour l’opposition : leur base est complètement désarçonnée et ils ne savent plus où ils en sont. Ils ont envoyé leurs forces dans la rue pendant quatre mois en leur disant : « on renverse Maduro, c’est une dictature » ; ils ont accusé le Conseil national électoral de tous les maux et, d’un seul coup, ils leur annoncent : « On arrête tout et on participe aux élections. » Les radicaux vouent les dirigeants aux gémonies, les autres se demandent à quoi ça rime. Et par ailleurs, ils ont organisé des primaires pendant lesquelles ils se sont mutuellement lynchés. Maria Corina Machado, la seule qui ne voulait pas participer aux élections, a par exemple lancé son nouveau parti Soy Venezuela. Et celui qui a tiré son épingle du jeu, c’est le vieux parti social démocrate Accion Democratica, qui est resté un peu en retrait pendant les violences.

Quant à la suite des événements, elle est aussi incohérente : mettant en cause le Conseil National Electoral, une partie de la MUD [Table de l’unité démocratique, coalition anti-chaviste – NDLR] décide qu’elle ne participera pas aux élections municipales de décembre, tout en annonçant qu’elle se prépare pour la présidentielle de 2018…

Qu’est ce qui fait qu’on a eu et qu’on a encore cette attaque de la droite nationale et internationale sur le Venezuela, à l’instar d’Emmanuel Macron dénonçant « une dictature qui tente de survivre au prix d’une immense détresse humaine »
2
?


La première raison, un grand classique, ce sont les ressources : pas seulement en pétrole [le Venezuela possède les plus grandes réserves de pétrole au monde, NDLR
3
, mais également en eau, en or, en minerais en tous genres. En témoigne le grand projet de mise en exploitation de l’Arco minero, l’Arc minier, une zone riche en ressources minérales, or, fer, coltan, qui représente environ 10 % du territoire vénézuélien. La deuxième chose, c’est que, du fait de l’action de Chávez, et de son aura, même après son décès, le Venezuela est devenu un symbole. Faire tomber Maduro, c’est faire tomber le chavisme. Qu’on aime ou pas Maduro, si on prend les choses raisonnablement, des élections présidentielles auront lieu en 2018. Mais ce que l’opposition veut, c’est pouvoir proclamer à la face du monde : « Une révolte populaire a fait tomber le chavisme ! » Cela neutraliserait pour les vingt prochaines années l’espoir et la dynamique que la révolution bolivarienne a soulevés dans toute la région. Donc il faut que Maduro tombe.

Il y a des problèmes sérieux au Venezuela, y compris une gestion pas toujours optimale du gouvernement, mais la guerre économique et la déstabilisation démultiplient les difficultés

Les fameuses pénuries… Elles ne sont pas dues à la gestion de Maduro. Comme par hasard, il y en a eu systématiquement avant toutes les élections : l’ensemble de la production de Polar [une des principales entreprises alimentaires, NDLR] a reculé de respectivement 37 %, 34 % et 40 % avant l’élection présidentielle de 2013, pendant la phase de violence de 2014 – la Salida – et avant les législatives de décembre 2015. Battu, Capriles, candidat de l’opposition aux dernières élections présidentielles, avait déclaré après l’élection de 2012 : « Chávez, c’est le Cassius Clay de la politique. » Donc, après sa mort, quand ils ont vu Maduro arriver, ils se sont dit : « Lui, on va lui régler son compte ! » Et les pénuries se sont aggravées. À l’époque du blocus pétrolier fin 2002-début 2003, tout le monde a admiré Chávez, car il a tenu pendant deux mois face à la guerre économique ; paradoxalement, bien peu se rendent compte de la capacité de résistance de Maduro : cela fait trois ans qu’il résiste !

Quant au traitement médiatique et à la récupération politique de la « famine » : Je suis revenu avec cinq cents photos de la rue, des manifestations des chavistes et de l’opposition… Tous les gens m’ont dit : « Il a fallu qu’on change d’habitudes alimentaires, j’ai perdu deux kilos. » Voilà. Mais le traitement qui en est fait, c’est comme si vous regardiez les gens dans la rue, ici, et que vous me disiez qu’ils ont l’air famélique… Ça ne tient pas debout.

Que ce soit Jean-Luc Mélenchon en France ou Pablo Iglesias en Espagne, la gauche européenne est constamment attaquée lorsqu’elle évoque le Venezuela. Quels sont les enjeux de la situation ?

Il ne se passe pas un jour où l’on ne tape pas sur le Venezuela dans les médias français ; mais 300 000 morts au Congo et… rien. Pourquoi cette différence ? C’est clairement un enjeu de politique intérieure. La cible en France, c’est la France insoumise ; en Grande-Bretagne, Corbyn ; en Espagne, Podemos ; en Allemagne, Die Linke. Le discours est simple : « si vous votez Mélenchon, vous serez dans la même situation que le Venezuela. »

Tout ce qui se passe au Venezuela en ce moment – que ce soit la violence, les pénuries, les difficultés – n’est pas destiné aux Vénézuéliens, mais à la communauté internationale. La violence sert à faire apparaître le gouvernement de Maduro comme répressif. Pourtant, Maduro prône régulièrement le dialogue, pour montrer à cette communauté internationale qu’il est prêt à discuter. Il y a peu, il a accepté que le Mexique et le Chili, qui ne sont pas des amis du Venezuela, fassent partie des médiateurs internationaux. Si les observateurs et la communauté internationale étaient de bonne foi, ils ne pourraient que constater qu’il y met de la bonne volonté et que c’est l’opposition qui bloque.

N’est-ce pas naïf ? L’opposition a constamment répété qu’elle ne voulait pas de dialogue et qu’elle souhaitait renverser le gouvernement
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Elle est plus perverse que ça. Une partie d’entre elle passe son temps à dialoguer tout en annonçant à ses partisans qu’il n’est pas question de dialoguer. Et de fait, elle rompt régulièrement les conversations en mettant en cause le pouvoir. Double bénéfice : d’un côté, elle paraît modérée, rapport à la communauté internationale ; de l’autre, elle laisse les radicaux mener la déstabilisation. Et Maduro apparaît comme « le méchant », alors qu’il accepte la médiation du Mexique, du Chili et de Zapatero, qui n’a rien d’un gauchiste…

Pour comprendre la situation économique qui perturbe grandement la vie des Vénézuéliens aujourd’hui, pourriez-vous revenir sur le partage des tâches entre l’État et le secteur privé qui représente toujours plus de 90 % des entités industrielles ? A-t-on une idée de l’absence d’investissement dans les domaines clefs tels que l’énergie, l’agroalimentaire ?

La légende veut que le Venezuela soit un pays pétrolier qui n’a jamais pensé à diversifier son économie. Si l’on admet qu’il n’a pas réussi à s’extraire de cette dépendance pour l’exportation – 90 % des devises du pays proviennent de l’exportation du pétrole par le secteur public –, cela ne veut pas pour autant dire que rien d’autre n’existe à l’intérieur du pays : 84 % de la production nationale ne provient pas du pétrole, mais de la manufacture, des services, du commerce et de l’agriculture
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; ce n’est néanmoins pas suffisant pour en faire un pays industriel.

Parmi les économistes qui arrivent au constat qu’il n’y a pas eu de diversification, aucun ne propose de solution. Or, en regardant à l’international, quels sont les pays qui ont pu changer leur mode de développement ? Les tigres asiatiques dans les années 1990. Qu’ont-ils utilisé ? Leur avantage comparatif : l’exploitation de la main d’œuvre dont le coût a été réduit au minimum. De même pour les maquiladoras mexicaines, les usines de sous-traitance. Par définition, ce n’est pas l’optique des gouvernements de gauche d’Amérique latine.

Dans un article paru dans sur le site Mémoire des luttes, vous établissez un parallèle entre cette déstabilisation et la guerre économique qui a visé Salvador Allende, au Chili, au début des années 70. Quels en sont les principaux axes ?

Il y en a quatre : des pénuries organisées, une inflation artificiellement provoquée, un embargo commercial et un blocus financier international. Pour importer les biens de première nécessité, l’État fournit des dollars à taux préférentiel au secteur privé. En 2004, les montants atteignaient 15 milliards de dollars et il n’y avait aucune pénurie. En 2013, on arrivait à 31 milliards et tous les biens de première nécessité avaient disparu. On parle souvent du papier toilette : d’où vient la pénurie, alors que l’entreprise qui importe et distribue les rouleaux, Kimberley Clark, a reçu 1000 % de devises en plus en 2014 qu’en 2004 et 2011 ?

Des sommes monstrueuses, allouées à l’importation des aliments ou des médicaments, ont été détournées par le secteur privé

Depuis 2003, un contrôle des changes a été instauré pour éviter la fuite des capitaux. Dans tous les pays où l’on a agi de même, on a assisté au développement d’un marché parallèle. La particularité du Venezuela, et là on est dans la guerre économique, c’est que ce marché parallèle échappe à toute logique économique. Le taux de change est manipulé par le site DolarToday, depuis la Colombie et Miami
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. Le dollar parallèle peut atteindre 10 000 bolivars pour un dollar, voire 42 000 bolivars actuellement [60 000 à la mi-novembre, NDLR] : cela n’a aucune rationalité, mais entraîne, évidemment, des conséquences désastreuses sur l’inflation et le niveau de vie.

Un autre instrument de la déstabilisation économique, c’est la contrebande vers la Colombie. Par exemple, des médicaments achetés avec les dollars préférentiels arrivent au Venezuela, où ils ne sont pas mis en vente : ils repartent directement vers la Colombie, souvent avec la complicité de militaires et de gardes nationaux achetés par les mafias. Des tonnes de médicaments. Et, quinze jours après, ils reviennent au Venezuela où ils sont revendus dix fois plus cher au marché noir.

Autre exemple : en 2004, les entreprises pharmaceutiques ont reçu environ 600 millions de dollars pour acheter des produits à l’extérieur et les revendre en bolivars au Système public national de santé. Il n’y avait alors pas de pénurie. En 2013 et 2014, on ne trouve plus de médicaments et pourtant les entreprises ont obtenu entre 2 et 3 milliards de dollars… Sur place, j’ai demandé : « Pourquoi ne nationalisez-vous pas et pourquoi l’État n’importe-t-il pas lui-même les médicaments ? » On m’a répondu, ce qui demande à être vérifié : « Les laboratoires internationaux ne vendront pas directement à l’État vénézuélien car ce serait se mettre à dos toute la corporation ». Ces problèmes, relativement récents dans ce domaine, amènent à poser la question : « Doit-on et peut-on court-circuiter les laboratoires pharmaceutiques occidentaux ? » Un début de solution a peut-être été trouvé. En septembre dernier, le Venezuela a signé un accord avec l’Inde pour y acquérir une partie de ses médicaments.

En réponse à cette situation, observez-vous une évolution dans les mesures économiques prises par l’État ?

On ne discerne pas de boussole économique ou idéologique évidente. Face aux problèmes, faut-il envisager des nationalisations ? Je prends l’exemple du pain : historiquement, le Venezuela ne produit pas de blé, c’est l’État qui l’importe. Il le fournit à des minoteries privées qui transforment le blé en farine, mais, ensuite, un véritable chaos affecte la distribution. La majorité des boulangeries du pays n’est pas livrée régulièrement tandis que d’autres, plus favorisées, leur revendent au prix fort une partie de leurs surplus, ou préfèrent vendre des gâteaux, des brioches, des sandwiches… plutôt que du pain. J’ai posé la question à un ancien ministre de l’économie, Luis Salas : puisqu’il y a sabotage, pourquoi ne nationalisez-vous pas ? Il répond — et comment lui donner tort ? —: « l’État ne peut pas se charger de tout et n’a pas la compétence pour faire du pain et distribuer du pain ». Ça peut toute fois se discuter, compte tenu de la présence d’oligopoles : 50 % de la production totale d’aliments traités par l’agro-industrie sont concentrés dans 10 % du total d’entreprises privées
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Cela a pourtant été fait en partie pour le pétrole : alors que, avant son arrivée, l’état-major de PDVSA prenait le chemin de la privatisation, Chávez a fait en sorte que l’État devienne l’actionnaire majoritaire de toutes les concessions du Venezuela, et reprenne le contrôle des activités d’exploration, de production et des services annexes…

Oui. D’ailleurs Salas me parle du pain, puis il s’arrête et réfléchit : « Tout de même… Si nous sommes capables de faire du pétrole, nous devons être capables de faire du pain…» Et il ajoute : « Ce qu’il faut, ce n’est pas nationaliser, mais créer des entreprises alternatives avec la base. » De fait, on connaît les problèmes induits par des nationalisations systématiques : on crée à terme une bureaucratie, avec ses contraintes et inconvénients.

L’établissement d’une bureaucratie n’est pas automatique : la base chaviste a souvent demandé à avoir plus de contrôle sur l’appareil d’État.

Oui, mais se pose le problème de la ressource humaine. Dès sa naissance, la révolution bolivarienne a manqué de cadres, qui sont très souvent liés à l’opposition. Le meilleur exemple en est la réforme agraire. Elle a été faite et elle a eu des succès : de 2001 à 2010, la production agricole a augmenté de 44 % ; 7 millions d’hectares ont été régularisés, les paysans obtenant des titres de propriété ; 3,5 millions d’hectares ont été repris au latifundio et 1 million de nouveaux hectares ont été mis en production, même si cette augmentation de la production a été contrebalancée par une augmentation de la consommation. Du début de la réforme agraire en 2001 à la fin 2004, par exemple, près de 7 000 coopératives ont été créées. Elles ont dramatiquement manqué de cadres. Il reste 2 % de paysannerie au Venezuela, sans les cadres techniques nécessaires pour relancer une agriculture moderne, écologique, etc. Les paysans se sont souvent retrouvés livrés à eux-mêmes, ils ont beaucoup de mal à moderniser ce secteur. C’est ce manque d’efficacité et d’efficience qui fait apparaître la réforme agraire comme un semi-échec, alors que c’est globalement une réussite.

Ensuite, l’appareil d’État n’est pas constitué que de militants : vous avez le ministre, cinq vice-ministres, vingt cadres engagés, qui veulent que les choses avancent et puis, derrière, une pesanteur terrible de ceux qui sont là, qui ne sont pas forcément chavistes, et qui soit sabotent, soit ne font pas grand-chose.

Les licenciements de ceux qui voulaient forcer Chávez à la démission, après les lock-outs patronaux de 2002-03, n’ont eu lieu que dans le secteur pétrolier ?

Oui, 18 000 personnes en tout. En même temps c’est difficile : vous vous mettez dans la position de vous faire accuser de totalitarisme, d’État policier… Et il faut savoir composer avec les réactions de la « communauté internationale ». La base chaviste, elle, elle réclame la mano dura, une « main ferme ».

El bachaqueo, le marché noir qui s’est établi suite au détournement et à l’accaparement des biens de première nécessité n’existerait pas si on se trouvait dans un État policier. Les Cubains, par exemple, ont instauré une sorte de contrôle social à travers les comités de défense de la révolution, les CDR, dans tous les quartiers. Et vous n’avez pas ce phénomène de corruption.

Des sommes monstrueuses, allouées à l’importation des aliments ou des médicaments, ont été détournées par le secteur privé. Le reproche que l’on peut faire à l’État n’est pas de ne pas avoir investi, mais de ne pas avoir assez contrôlé. En ce moment, après l’élection de la Constituante et l’éviction de la procureure générale Luisa Ortega, ils sont en train de reprendre en mains le Ministère public et de découvrir d’énormes affaires de corruption, des surfacturations de l’ordre de 200 millions de dollars ! Par ailleurs, une cinquantaine de cadres dirigeants de PDVSA ont été arrêtés. Pour la première fois, ils s’en prennent sérieusement à la corruption.

Pourquoi ce problème de corruption n’a t-il pas été traité avant ?

La dette sociale était tellement énorme, quand Chávez est arrivé au pouvoir, qu’il a dit : « Il faut sortir les gens de la pauvreté, il faut qu’ils mangent. » Comme il y avait de l’argent, ils ont dépensé sans compter, sans trop se préoccuper de la corruption. Ça a été peut-être une certaine naïveté de gauche. C’est uniquement lorsque les ressources ont sérieusement diminué, du fait de l’effondrement des prix du pétrole, que le problème s’est posé. On a découvert tout récemment que c’est précisément au cœur du Ministère public que la corruption a pu se développer ; apparemment, sous l’autorité de la procureure générale Luisa Ortega, il s’était transformé en une entreprise de chantage. Des magistrats disaient aux gens qui trempaient dans des affaires de corruption : « Soit tu paies, soit on te poursuit. » Cela faisait longtemps que la base chaviste dénonçait la grande corruption : elle est bien consciente du train de vie de certains bureaucrates.

C’est également ce qui alimente les critiques concernant la « bolibourgeoisie »… Est-ce qu’on a effectivement assisté à la naissance d’une nouvelle bourgeoisie ? Comment se caractérise-t-elle ?

Il y a évidemment des chavistes ou des pseudos chavistes corrompus. Après sa tentative de coup d’État en février 1992, Chávez a passé deux ans en prison, puis il a été amnistié pour faire baisser la pression due à une profonde crise sociale et à sa forte popularité. Beaucoup se sont rendus compte que Chávez, c’était l’avenir. À son arrivée au pouvoir en 1999, il a donc eu autour de lui des révolutionnaires sincères, mais aussi un certain nombre d’arrivistes qui comprennent que c’est « l’endroit où il faut être ». Ensuite, il y en a qui se bâtissent des fortunes à l’ombre du pouvoir : soit par la corruption, soit par des voies classiques de formation de la bourgeoisie. On a connu ce phénomène au Nicaragua ou dans tous les pays qui, un jour, ont fait une révolution ou se sont délivrés du joug colonial… Mais les grandes affaires de corruption impliquent des fonctionnaires et des gens du secteur privé. Par exemple, la majorité des entreprises qui trafiquent les aliments et les biens de première nécessité appartiennent au secteur privé.

Chávez avait beaucoup évolué. Il était plutôt « troisième voie » avant de se radicaliser suite au refus de la droite d’accepter quelque réforme que ce soit

Il faut préciser que ces seuls phénomènes n’expliquent pas la crise. Le Brésil connaît également des problèmes de corruption, cela n’en fait pas pour autant un pays à genoux. Il y a des problèmes sérieux au Venezuela, y compris une gestion pas toujours optimale du gouvernement, mais la guerre économique et la déstabilisation démultiplient les difficultés. Les erreurs du pouvoir, elles, y contribuent à hauteur de 20 % — 30 %.

Face à cette situation, on s’interroge sur le soutien actuel de la population vénézuélienne. Les élections législatives de 2015, qui ont vu la droite emporter 99 sur 167 sièges au Parlement, ont marqué un moment de lassitude et de désapprobation de la base chaviste envers la politique menée par Maduro. Qu’en est-il aujourd’hui ?

Le cœur dur du chavisme on l’estime à 30 % de la population. L’événement important a été l’élection de l’Assemblée constituante en juillet 2017 : le cœur chaviste a réagi puisque plus de huit millions de personnes sont allées voter, soit 41 % du corps électoral, malgré les barrages physiques et les menaces de l’opposition. Ça, c’est un vrai signe, qui a eu des conséquences totalement inattendues puisque la violence s’est arrêtée du jour au lendemain. De même, lors des régionales du 15 octobre, on a assisté à la victoire du chavisme dans dix-huit États sur vingt-trois : il s’impose avec 54 % des suffrages et une participation de 61,4 %, alors qu’il s’agit d’un scrutin pour lequel les Vénézuéliens, traditionnellement, se mobilisent assez peu.

La guerre économique affecte les gens d’une manière extrêmement dure. Ils galèrent pour trouver à manger, payent plus cher à cause du marché noir, leur pouvoir d’achat s’effondre. Et donc à un moment ils ont dit : « Maduro, qu’est-ce que tu fais ? » Ça a été le vote rejet de 2015, de découragement, de fatigue, mais qui ne s’est pas traduit par un transfert des votes chavistes vers la droite : celle-ci a gagné 350 000 voix, les Chavistes en ont perdu deux millions.

Ont suivi les « guarimbas » de 2014 [violentes barricades de rue qui ont causé plusieurs morts, NDLR] et la violence de cette année-ci, entre avril et juillet. Les gens se rendent compte de qui est responsable de cet état de fait. Dans la rue, dans le quartier de Chacaito, j’ai vu des gens exaspérés qui en avaient marre des manifestations de l’opposition et qui encourageaient les policiers. Même une partie des sympathisants de l’opposition a été prise en otage par ces manifestations. Chacao, Chacaito, Altamira, c’est un peu l’équivalent de Neuilly, Auteuil, Passy à Paris. Là-dessus j’ai des témoignages directs : des groupes d’extrême droite étaient présents dans les quartiers, en permanence, et les gens ne pouvaient plus emmener leurs enfants à l’école. À chaque fois qu’ils passaient, c’était : « on défend la liberté : tu paies ». Et donc y compris des membres de l’opposition plutôt modérée, plutôt respectable, en ont eu marre.

Vous avez préfacé le livre « Des Taupes à Caracas », qui raconte la vie et la participation à la révolution bolivarienne de l’ensemble de la population vénézuélienne : des médias locaux, des aides soignants, des paysans, des policiers… Dans le processus de contre-révolution en cours, comment se positionnent les comités populaires, les coopératives, et les structures de démocratie directe qui avaient été mises en place par Chávez ?

Il y a des secteurs plus radicaux, d’autres moins. Tout en se montrant critique à l’égard du gouvernement, de la bureaucratie et de leurs dysfonctionnements, le noyau dur du chavisme demeure d’une fidélité absolue à Maduro.

Au niveau des conseils communaux, depuis Chávez, l’une des difficultés est l’antagonisme fréquent entre les conseils et les maires ou les députés. Vous êtes élu maire, vous appartenez au PSUV [Parti socialiste Unifié du Venezuela, créé en 2007 par Chávez, NDLR]. De l’autre côté, il y a le conseil communal. Et d’un seul coup, il a des prérogatives aussi importantes que les vôtres, ça n’est pas forcément de votre goût !

Lors de l’élection de l’Assemblée nationale constituante, cette participation populaire a été favorisée par l’élection des 173 représentants sectoriels [sur les 545 membres de l’Assemblée constituante, 364 représentent les circonscriptions municipales, 173 différents groupes sociaux (travailleurs, étudiants, retraités…), et 8 les communautés indigènes, NLDR] : une évolution douce vers le « socialisme du XXIe siècle » de Chávez avec les communes, les conseils communaux…

On retrouve ces relations parfois difficiles au niveau de la paysannerie, lorsque des paysans occupent les terres dues par la réforme agraire et rencontrent l’opposition de gouverneurs, y compris chavistes. Dans le chavisme, il y a de tout : des opportunistes, des gens qui ont passé des alliances avec les grands propriétaires du coin, des paysans qui sont réprimés par la Garde nationale… Aujourd’hui, pour la réforme agraire, c’est la base radicale qui avance, parfois contre la bureaucratie des couches intermédiaires du chavisme ou du pseudo chavisme. Et en général, c’est la paysannerie qui reste la plus fidèle au chavisme, de même que les campagnes. Ce n’est pas un hasard si le système mis en place pour l’élection de la Constituante qui, d’une certaine manière, favorise les campagnes au détriment des villes, fait enrager l’opposition.

Dans certaines régions, notamment à Zulia, Barinas, Apure, les habitants ont créé, avec succès, des brigades de défense populaire pour lutter contre les incendies, le vandalisme et les violences des groupes de droite. Est-ce que ce sont des régions avec une forte composante paysanne ?

Oui, bien sûr. Mais les paysans subissent une grosse pression : au Táchira, par exemple, ils doivent faire face à des groupes mi paramilitaires mi délinquants. La mission brésilienne du Mouvement des sans terre qui est là-bas a été attaquée par des paramilitaires. Plus de cent militants paysans, chavistes, ont été assassinés au Venezuela. Les conflits sont permanents.

Assiste-t-on à la création d’une classe moyenne qui se désintéresserait du processus après avoir profité du programme Sembrar el petroleo (semer le pétrole) ?

C’est une thèse qui a été développée en Équateur surtout : les gens sortent de la pauvreté, ils accèdent à la classe moyenne et à partir de là, aspirent à continuer en s’identifiant aux plus riches. C’est en partie vrai, en partie seulement.

Il y a eu des phénomènes comme ce qu’il s’est passé avec la Mision Vivienda : l’octroi de 1,8 millions de logements sociaux puis la découverte que des gens qui y avaient eu accès les avaient revendus. Mais on ne peut pas tout expliquer par ça.

Quand on a connu le Venezuela avant Chávez, la différence saute immédiatement aux yeux. Ce n’est pas un hasard si la base chaviste se remobilise en ce moment

Au niveau du Conseil communal — au-delà du « c’est génial, c’est le processus de Chávez qui est en train de se mettre en place » — une expérience m’a beaucoup éclairé : en allant en visiter un dans la banlieue de Caracas, comme j’étais là pour Le Monde diplomatique qui a plutôt bonne réputation au Venezuela, je m’attendais à rencontrer du monde. J’arrive dans un grand hangar avec… huit personnes. Ils m’expliquent : « Au début on était nombreux, une bonne cinquantaine. Quand les gens se sont rendus compte qu’ils n’allaient en tirer aucun avantage matériel personnel, mais que c’était un travail de militants, ils sont partis. »

Vous avez pourtant signalé que la base s’est massivement mobilisée pour l’élection de l’Assemblée constituante. Est-ce que la Constituante vient répondre à sa demande de « mano dura » et va lui permettre de reprendre de la place dans le jeu politique ?

Oui. J’ai mis un petit bémol sur les conseils communaux, où, partant d’une idée magnifique, on se trouve confronté à une réalité plus complexe.

Mais ce qui va réactiver la base en réalité, c’est la résolution des problèmes économiques quotidiens. Il y a eu un certain scepticisme au moment où Maduro a annoncé l’élection d’une Constituante. Des gens proches se sont demandé : « A quoi ça va servir ? Notre problème c’est qu’on ne trouve ni pâtes ni riz dans les magasins… » Malgré tout, le processus a pris. Il y a des résultats : par exemple, des communes demandent à être entendues, elles ont leurs représentants élus sectoriellement ; les femmes poussent le thème de l’avortement…

C’est le grand brainstorming. Moi aussi j’ai été étonné, surpris, sceptique dans un premier temps. À quoi ça va servir ? La violence a cessé du jour au lendemain. Je ne sais même pas pourquoi, je ne comprends pas la stratégie de l’opposition. Puis vient la destitution de la procureure générale et, d’un seul coup, on s’attaque à la corruption. Face à cette fameuse guerre économique et à une nécessaire réactivation de l’économie, s’ils réussissent à remettre de l’ordre dans la distribution des aliments, des biens, etc. — car leur importation n’a cessé que partiellement — là, pour le coup, ils toucheront l’essentiel.

Qui compose la Constituante ? A-t-elle été principalement nourrie par les rangs du PSUV ?

La partie sectorielle des élus de cette Constituante a soulevé des critiques féroces. Cela mériterait pourtant un vrai débat, notamment chez ceux qui ne cessent de dénoncer la reproduction des élites : là, il y a une représentation des travailleurs, des paysans, des pêcheurs, des étudiants… Ça échappe partiellement à l’appareil du PSUV, ce ne sont pas des leaders traditionnels qui ont été élus.

Vous insistez sur le rôle de la manipulation extérieure pour créer de l’inflation et une situation de chaos économique ; il est difficile à un gouvernement de lutter contre… Mais est-il prévu que la Constituante apporte une réponse économique aux problèmes internes tels que le boycott du secteur privé et de son contrôle des moyens de production et de distribution ?

Dans le cadre de cette Constituante, le pouvoir vient d’annoncer la mise en place spécifique d’une « Constituante économique » chargée de s’organiser à deux niveaux : le premier, structurel, visant le long terme, et chargé de réformer le système économico-productif, de renforcer le système financier et de développer un nouveau système de distribution, de commercialisation et de fixation des prix ; le second, chargé de faire des propositions pour le court terme afin de réactiver la production et de corriger les distorsions structurelles de la fixation des prix. Maduro a souhaité que la base soit impliquée dans ces processus qui ne doivent en aucun cas être bureaucratiques. On verra ce qu’il en sera, sachant que la Constituante s’est donnée deux ans et qu’il y a là des problèmes qu’il faudrait régler très rapidement.

Depuis l’intensification des attaques de la droite, constate-t-on des défections, des bouleversements au sein du gouvernement ?

Non. C’est un phénomène journalistique intéressant : comme tout le monde a envie de prendre ses distances avec le Venezuela, une certaine gauche se rabat sur le « chavisme critique ». Mais seuls cinq des anciens ministres de Chávez ou de Maduro font partie de la « Plateforme du peuple en lutte et du chavisme critique » récemment créée, qui n’a aucun ancrage populaire. Curieusement, on ne médiatise pas les 137 autres ex-ministres qui, à des degrés divers, appuient toujours Maduro.

Mes confrères dénoncent systématiquement la paille dans l’œil de Maduro tout en ignorant la poutre dans celui de l’opposition.

Si l’on prend Jorge Giordani, qui a été l’architecte de la politique économique de Chávez, il a été sorti du gouvernement par Maduro, ce qui a, à l’évidence, engendré une certaine frustration. Mais, tout en dénonçant avec virulence l’actuel gouvernement, il ne procède à aucune autocritique. Affirmer : « en 2012, vingt-cinq milliards de dollars ont été dilapidés dans l’obtention de devises » alors qu’il était lui-même au gouvernement et menait la politique économique… il ne faut quand même pas exagérer ! Tout comme Luisa Ortega : elle était au Ministère public depuis 2007. En trois semaines, elle déclare le contraire de tout ce qu’elle a dit depuis dix ans. Critique, sans aucun doute, mais chaviste sûrement plus : la voici maintenant, cul et chemise avec Washington, réclamant le déferrement de Maduro devant la Cour pénale internationale pour « crimes contre l’Humanité ».

Bien sûr, devant la violence de l’agression, un phénomène logique se produit. Ceux qui défendent la révolution évitent l’étalage des divergences et des critiques. Mais les chavistes sont tous critiques, à commencer par Chávez, qui, un peu avant sa mort, parlait d’un nécessaire golpe de timón, un coup de gouvernail pour rectifier les erreurs voire les dérives de la révolution.

Vous disiez qu’il n’y a pas d’orientation politique ou idéologique aujourd’hui ; pourtant, sur la fin sa vie, Chávez a essayé de revenir à une doctrine plus marquée, le socialisme du XXIe siècle.

Très clairement, avec Chávez puis Maduro, on se trouve dans une séquence post-néolibérale. Mais il est vrai que, à partir de 1998, Chávez avait beaucoup évolué. Il était plutôt « troisième voie » avant de se radicaliser suite au refus de la droite d’accepter quelque réforme que ce soit. Le procès qui est fait à Maduro de rompre avec le chavisme ou de trahir le chavisme n’est pas sérieux. Il prend le relais et poursuit ce que préconisait Chávez, par exemple la mise en exploitation de l’Arco minero. Une étape vers la diversification, même si l’on reste dans une économie de rente. Cette annonce a déclenché de fortes polémiques, curieusement pas tellement à droite, mais à l’extrême gauche. C’est la même chose en Équateur, sur le thème de l’extractivisme : l’extrême gauche s’est déchaînée contre Correa.

Au Venezuela, ce courant présenté comme du « chavisme critique » compte avec Marea Socialista – une des multiples factions trotskystes –, dont le principal leader Nicmer Evans n’a rien trouvé de mieux, il y a quelques semaines, que d’aller participer à un colloque avec la droite et l’extrême droite.

Comment percevez-vous l’attitude de Marea Socialista, aujourd’hui, dans une période de très fortes tensions, de mise en danger du gouvernement ? Les critiques qui sont portées concernant la nature bourgeoise de l’État chaviste, de bonapartisme…

Au nom d’une « révolution parfaite » qui n’existe que dans l’imagination de ceux qui n’ont pas les mains dans le cambouis, la critique systématique permet de se donner le beau rôle à peu de frais. Dès que Chávez est arrivé au pouvoir, la gauche s’est cassée en deux : le MAS, Causa Radical, le PC… Mais que ce soit Marea Socialista au Venezuela, les rénovateurs sandinistes au Nicaragua, l’extrême gauche équatorienne, aucun n’a jamais réussi à représenter une option politique susceptible d’entraîner l’électorat.

Ce qu’ont fait Chávez et Maduro n’est pas parfait. On peut et on doit évidemment avoir un regard critique. En 1973 au Chili, des débats enflammés genre « critique de gauche » de Salvador Allende se déroulaient entre le Parti socialiste, le PC et le MIR. Néanmoins, aussi bien là-bas qu’ici, on avait la lucidité de dire : « Compte tenu de l’agression dont il est victime, la priorité c’est de défendre ce gouvernement socialiste. » Maintenant on découpe l’histoire en tranches : tous les trois ans, on oublie ce qui s’est passé auparavant. Quand on a connu le Venezuela avant Chávez, la différence saute immédiatement aux yeux. Ce n’est pas un hasard si la base chaviste se remobilise en ce moment. Devant la menace d’un retour de la droite, elle, elle se souvient.

Plus personnellement, en tant que journaliste, pourquoi portez-vous cet intérêt à l’Amérique latine et au Venezuela ?

J’ai connu l’Amérique latine dans les années 70-80-90, à une époque où la pauvreté est passée de 120 millions à 225 millions de personnes. Je suis capable de faire la différence. J’appartiens à une génération qui a connu la dictature au Chili, en Argentine, en Bolivie. Quand on me parle de dictature au Venezuela, où il y a des élections avec une opposition organisée et qui domine les médias, ça me fait rire. Au prétexte qu’il y a une crise en ce moment, on oublie tout ce qui a été fait. Or tout ça n’a pas disparu. Entre le Venezuela des années 1990 et d’aujourd’hui, indépendamment de la crise, il y a une grosse différence : l’éradication de l’analphabétisme, le renforcement des structures de démocratie locale, la construction d’ 1 800 000 logements en cinq ans, de 8 000 établissements de santé en seize ans, l’augmentation de 27 % de l’accès à l’éducation secondaire…

Ce n’est pas un hasard si l’offensive est aussi féroce. À l’époque, ils ont renversé Allende car ils étaient inquiets de la contagion pour l’Amérique latine mais aussi pour la France (avec l’Union de la gauche) et l’Italie. En ce qui concerne le chavisme, c’est pareil : pour casser son influence continentale, il faut en terminer avec lui.

La couverture médiatique et politique, avec les unes mensongères, les informations partielles ou truquées ont notamment montré que toute « la bonne volonté » dont Maduro pourrait faire preuve sur la scène internationale ne joue aucun rôle…

Mes honorables confrères ne font pas leur boulot. Ils ont décidé de dénoncer systématiquement la paille dans l’œil de Maduro tout en ignorant la poutre dans celui de l’opposition. Le journalisme est une profession extrêmement moutonnière. Bien peu de journalistes connaissent le Venezuela. Quand l’un d’entre eux, qui appartient presque systématiquement à la classe moyenne, arrive au Venezuela, il s’identifie avec elle. Elle se compose de gens « sympas », qui vivent dans des appartements décents, regardent les mêmes chaînes de télévision, voient les mêmes films, s’habillent comme nous… Vous allez les interviewer, ils vous offrent un whisky… Alors qu’une manifestation de chavistes, parfois ça paraît un peu brut de décoffrage. C’est vrai. Donc l’identification se fait tout naturellement. Et par-dessus le reste, aussi bien Chávez, Maduro, que les dirigeants chavistes, ne la jouent pas toujours dans la finesse ou la diplomatie…

Mais l’enjeu véritable, c’est ce qui se passe en ce moment au sein de l’Union européenne et de l’Organisation des États américains. Trump a décidé de sanctions économiques et l’Union européenne a fait de même le 13 novembre. L’OEA a investi le 13 octobre un Tribunal suprême de justice vénézuélien parallèle. On sera alors dans le début de la constitution d’un gouvernement en exil, susceptible d’appeler au secours, etc., avec tout ce que ça implique ensuite par rapport à la communauté internationale – le véritable enjeu.

Il ne faut pas oublier que sous le terme « communauté internationale », on entend l’UE et les États-Unis. Car le G77 + Chine, les pays non alignés, la Russie, l’Inde, la Chine, c’est-à-dire les trois quarts des pays présents à l’Assemblée générale des Nations-Unies, n’ont aucun problème avec le Venezuela ! En Amérique latine, le « groupe de Lima »
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est effectivement en train de mettre la pression sur le Venezuela, mais celui-ci peut encore compter sur la Bolivie, Cuba, le Nicaragua, trois îles de la Caraïbes… Quant à l’Équateur, où Moreno est en train de rompre avec le corréisme, la question va se poser.

Quel type de sanctions peut-on attendre ?

Filiale de PDVSA, l‘entreprise vénézuélienne de raffinage et de distribution Citgo, implantée aux États-Unis, n’a plus le droit de rapatrier ses bénéfices. Autre exemple : 300 000 doses d’insuline ont été bloquées à l’étranger parce que la City Bank refusait d’opérer la transaction… Ce qui permet ensuite le discours humanitaro-mensonger : « Du fait de l’incurie du pouvoir, il n’y a plus de médicaments au Venezuela », alors que le gouvernement a finalement passé des accords pour acheter des médicaments en Inde… Mais cela revient évidemment plus cher que de les faire venir de Californie !

De son côté, le Département du Trésor américain menace toute entité économique ou bancaire ayant des relations de travail avec le gouvernement vénézuélien d’être elle-même victime de sanctions. C’est un véritable étranglement économique qui se met en place, auquel l’Union européenne s’est jointe…

Face à cela, Caracas commence à imaginer d’autres stratégies : pour échapper aux sanctions américaines, elle se tourne aujourd’hui vers le yuan et le rouble comme nouveau système de paiement international.

Passer au yuan et au rouble, établir des accords avec la Russie, la Turquie… Cela ne change pas les problèmes internes au pays, dans la chaîne de production, qui offrent de nombreuses prises à la déstabilisation.

Pour le moment, non, et ça laisse ouverte la question : le pouvoir doit-il se radicaliser ou non ? Chacun a son avis là-dessus. S’il se radicalise, la « communauté internationale » lui tombe dessus et accentue la pression. S’il ne se radicalise pas, il prend des coups mortels et se fait critiquer sur sa gauche. C’est un choix cornélien.

Comment verriez-vous une « sortie de crise » ?

Rationnellement, ce serait l’élection présidentielle de 2018, quel qu’en soit le résultat. Encore faudrait-il que les États-Unis et l’Union européenne cessent leur ingérence et leur appui inconditionnel à l’opposition.

Un retour de la droite et de l’extrême droite au pouvoir ne serait pas une sortie de crise pour les chavistes : ceux qui ont montré leur soutien au gouvernement vont être sévèrement réprimés ; il y aura des privatisations, des licenciements, des coupes drastiques dans les budgets de l’éducation, de la santé, du logement…

L’hypothèse que, dans le cadre d’élections démocratiques, le chavisme perde serait lourde de conséquences et de signification, mais l’histoire ne s’arrêterait pas là. Ce serait infiniment moins grave que si, dans un contexte de violence, l’opposition parvenait à renverser Maduro. D’un côté on aurait : « Une révolte de la population a renversé le chavisme » ; de l’autre : « Démocratiquement, le chavisme a perdu l’élection et a accepté la défaite ». Cela ne l’empêchera pas, après avoir analysé ses erreurs et ses faiblesses, de revenir ultérieurement.

D’ailleurs, compte tenu de l’absence de programme et de l’extrême division de la droite, rien ne permet de dire que le chavisme ne gagnera pas la présidentielle de 2018. La MUD a semé un tel chaos et s’est montré tellement incohérente qu’elle a perdu beaucoup de ses sympathisants.

Les fameux « flux et reflux » appliqués à la révolution bolivarienne ?

On parle souvent de cycle, mais le vice-président bolivien Álvaro García Linera évoque une vague, qui se retire et puis revient. C’est un peu ça. Sauf régime autoritaire, un courant politique peut difficilement rester en place pendant cinquante ans. Il y a une usure du pouvoir. La révolution bolivarienne a dix-huit ans… Même pour la base, aussi volontariste soit-elle, il est difficile d’être révolutionnaire 24 heures sur 24 pendant aussi longtemps…

Cet entretien, relu et réactualisé par Maurice Lemoine sur notre proposition, a été réalisé à Paris le 13 octobre 2017, deux jours avant les élections des gouverneurs régionaux.

La classe moyenne vénézuélienne représente environ 15 % de la population.
Pour Emmanuel Macron, le régime du Venezuela est « une dictature »
Oil reserves
#EnVIVO @MariaCorinaYA: Aceptaremos una negociación verdadera solo para negociar la salida de Maduro del poder
Contrôle des prix des aliments, hausse du salaire, impôt sur les grandes fortunes et affranchissement du dollar : Maduro poursuit l’offensive contre la guerre économique
Pour plus de détails, voir : La guerre économique pour les nuls (et les journalistes), Maurice Lemoine, ainsi que Dólar Today distorsiona economía en Venezuela, confirma CEPAL (en espagnol).
Contrôle des prix des aliments, hausse du salaire, impôt sur les grandes fortunes et affranchissement du dollar : Maduro poursuit l’offensive contre la guerre économique
Le groupe de Lima rassemble l’Argentine, le Brésil, le Canada, le Chili, la Colombie, le Costa Rica, le Guatemala, la Guyane, le Honduras, la Jamaïque, le Mexique, le Panama, le Paraguay, le Pérou , Sainte-Lucie et l’opposition vénézuélienne . Le Groupe a été fondé le 8 août 2017. NDLR.


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evol

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MessageSujet: Re: Venezuela: coup de projecteur sur les zones d´ombre médiatiques   Jeu 21 Déc 2017 - 19:28

En tout cas , Chavez et Maduro ont magnifiquement réussi à planter le Vénézuéla, ils en sont à ne même plus pouvoir exploiter le pétrole ,

Si Trump etait au pouvoir, il redresserait l’économie du Venezuela
Un Homme d'affaire sait mieux gérer que ce guignol

Maduro bat tous les record d'incompétences

"Le Venezuela possède plus de pétrole que l'Arabie saoudite"
http://www.lefigaro.fr/matieres-premieres/2011/07/20/04012-20110720ARTFIG00559-le-venezuela-possede-plus-de-petrole-que-l-arabie-saoudite.php



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akasha

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MessageSujet: Re: Venezuela: coup de projecteur sur les zones d´ombre médiatiques   Ven 22 Déc 2017 - 4:09

evol a écrit:
En tout cas , Chavez et Maduro ont magnifiquement réussi à planter le Vénézuéla, ils en sont à ne même plus pouvoir exploiter le pétrole ,

Si Trump etait au pouvoir, il redresserait l’économie du Venezuela
Un Homme d'affaire sait mieux gérer que ce guignol

Maduro bat tous les record d'incompétences

"Le Venezuela possède plus de pétrole que l'Arabie saoudite"
http://www.lefigaro.fr/matieres-premieres/2011/07/20/04012-20110720ARTFIG00559-le-venezuela-possede-plus-de-petrole-que-l-arabie-saoudite.php

Dans une situation politique et économique aussi complexe il n'est pas raisonnable de ne pas prendre en compte tout les éléments. Maduro et son partit ne peut pas porter à eux seul la charge de la situation actuelle au Venezuela. Il y a l'opposition de la droite aidée par des acteurs étranger qui font en sorte d'accentuer la situation économique du pays. Le problème c'est que les médias mainstream prennent po des héros une opposition de droite qui font plus de mal au pays que de bien, dans les manifs par exemple, c'est surtout eux qui ont de lourdes responsabilités et ont eux aussi du sang sur les mains. Les médis se montrent complaisants envers la droite vénézuélienne.

Un extrais du dernier article posté de Maurice Lemoine est journaliste, ancien rédacteur en chef du Monde Diplomatique et spécialiste de l’Amérique latine.

Citation :
Mes honorables confrères ne font pas leur boulot. Ils ont décidé de dénoncer systématiquement la paille dans l’œil de Maduro tout en ignorant la poutre dans celui de l’opposition. Le journalisme est une profession extrêmement moutonnière. Bien peu de journalistes connaissent le Venezuela. Quand l’un d’entre eux, qui appartient presque systématiquement à la classe moyenne, arrive au Venezuela, il s’identifie avec elle. Elle se compose de gens « sympas », qui vivent dans des appartements décents, regardent les mêmes chaînes de télévision, voient les mêmes films, s’habillent comme nous… Vous allez les interviewer, ils vous offrent un whisky… Alors qu’une manifestation de chavistes, parfois ça paraît un peu brut de décoffrage. C’est vrai. Donc l’identification se fait tout naturellement. Et par-dessus le reste, aussi bien Chávez, Maduro, que les dirigeants chavistes, ne la jouent pas toujours dans la finesse ou la diplomatie…

Mais l’enjeu véritable, c’est ce qui se passe en ce moment au sein de l’Union européenne et de l’Organisation des États américains. Trump a décidé de sanctions économiques et l’Union européenne a fait de même le 13 novembre. L’OEA a investi le 13 octobre un Tribunal suprême de justice vénézuélien parallèle. On sera alors dans le début de la constitution d’un gouvernement en exil, susceptible d’appeler au secours, etc., avec tout ce que ça implique ensuite par rapport à la communauté internationale – le véritable enjeu.

Il ne faut pas oublier que sous le terme « communauté internationale », on entend l’UE et les États-Unis. Car le G77 + Chine, les pays non alignés, la Russie, l’Inde, la Chine, c’est-à-dire les trois quarts des pays présents à l’Assemblée générale des Nations-Unies, n’ont aucun problème avec le Venezuela ! En Amérique latine, le « groupe de Lima »
8
est effectivement en train de mettre la pression sur le Venezuela, mais celui-ci peut encore compter sur la Bolivie, Cuba, le Nicaragua, trois îles de la Caraïbes… Quant à l’Équateur, où Moreno est en train de rompre avec le corréisme, la question va se poser.

Quel type de sanctions peut-on attendre ?S

Filiale de PDVSA, l‘entreprise vénézuélienne de raffinage et de distribution Citgo, implantée aux États-Unis, n’a plus le droit de rapatrier ses bénéfices. Autre exemple : 300 000 doses d’insuline ont été bloquées à l’étranger parce que la City Bank refusait d’opérer la transaction… Ce qui permet ensuite le discours humanitaro-mensonger : « Du fait de l’incurie du pouvoir, il n’y a plus de médicaments au Venezuela », alors que le gouvernement a finalement passé des accords pour acheter des médicaments en Inde… Mais cela revient évidemment plus cher que de les faire venir de Californie !

De son côté, le Département du Trésor américain menace toute entité économique ou bancaire ayant des relations de travail avec le gouvernement vénézuélien d’être elle-même victime de sanctions. C’est un véritable étranglement économique qui se met en place, auquel l’Union européenne s’est jointe…

Face à cela, Caracas commence à imaginer d’autres stratégies : pour échapper aux sanctions américaines, elle se tourne aujourd’hui vers le yuan et le rouble comme nouveau système de paiement international.

Quand au pétrole, c'est bien ça le soucis, ça attise les convoitises et pas que le pétrole d'ailleurs :

Citation :
Qu’est ce qui fait qu’on a eu et qu’on a encore cette attaque de la droite nationale et internationale sur le Venezuela, à l’instar d’Emmanuel Macron dénonçant « une dictature qui tente de survivre au prix d’une immense détresse humaine »
2
?


La première raison, un grand classique, ce sont les ressources : pas seulement en pétrole [le Venezuela possède les plus grandes réserves de pétrole au monde, NDLR
3
, mais également en eau, en or, en minerais en tous genres. En témoigne le grand projet de mise en exploitation de l’Arco minero, l’Arc minier, une zone riche en ressources minérales, or, fer, coltan, qui représente environ 10 % du territoire vénézuélien. La deuxième chose, c’est que, du fait de l’action de Chávez, et de son aura, même après son décès, le Venezuela est devenu un symbole. Faire tomber Maduro, c’est faire tomber le chavisme. Qu’on aime ou pas Maduro, si on prend les choses raisonnablement, des élections présidentielles auront lieu en 2018. Mais ce que l’opposition veut, c’est pouvoir proclamer à la face du monde : « Une révolte populaire a fait tomber le chavisme ! » Cela neutraliserait pour les vingt prochaines années l’espoir et la dynamique que la révolution bolivarienne a soulevés dans toute la région. Donc il faut que Maduro tombe.

Il y a des problèmes sérieux au Venezuela, y compris une gestion pas toujours optimale du gouvernement, mais la guerre économique et la déstabilisation démultiplient les difficultés

Les fameuses pénuries… Elles ne sont pas dues à la gestion de Maduro. Comme par hasard, il y en a eu systématiquement avant toutes les élections : l’ensemble de la production de Polar [une des principales entreprises alimentaires, NDLR] a reculé de respectivement 37 %, 34 % et 40 % avant l’élection présidentielle de 2013, pendant la phase de violence de 2014 – la Salida – et avant les législatives de décembre 2015. Battu, Capriles, candidat de l’opposition aux dernières élections présidentielles, avait déclaré après l’élection de 2012 : « Chávez, c’est le Cassius Clay de la politique. » Donc, après sa mort, quand ils ont vu Maduro arriver, ils se sont dit : « Lui, on va lui régler son compte ! » Et les pénuries se sont aggravées. À l’époque du blocus pétrolier fin 2002-début 2003, tout le monde a admiré Chávez, car il a tenu pendant deux mois face à la guerre économique ; paradoxalement, bien peu se rendent compte de la capacité de résistance de Maduro : cela fait trois ans qu’il résiste !

Quant au traitement médiatique et à la récupération politique de la « famine » : Je suis revenu avec cinq cents photos de la rue, des manifestations des chavistes et de l’opposition… Tous les gens m’ont dit : « Il a fallu qu’on change d’habitudes alimentaires, j’ai perdu deux kilos. » Voilà. Mais le traitement qui en est fait, c’est comme si vous regardiez les gens dans la rue, ici, et que vous me disiez qu’ils ont l’air famélique… Ça ne tient pas debout.

Mais encore :

Citation :
(...) Depuis 2003, un contrôle des changes a été instauré pour éviter la fuite des capitaux. Dans tous les pays où l’on a agi de même, on a assisté au développement d’un marché parallèle. La particularité du Venezuela, et là on est dans la guerre économique, c’est que ce marché parallèle échappe à toute logique économique. Le taux de change est manipulé par le site DolarToday, depuis la Colombie et Miami
6
. Le dollar parallèle peut atteindre 10 000 bolivars pour un dollar, voire 42 000 bolivars actuellement [60 000 à la mi-novembre, NDLR] : cela n’a aucune rationalité, mais entraîne, évidemment, des conséquences désastreuses sur l’inflation et le niveau de vie.

Un autre instrument de la déstabilisation économique, c’est la contrebande vers la Colombie. Par exemple, des médicaments achetés avec les dollars préférentiels arrivent au Venezuela, où ils ne sont pas mis en vente : ils repartent directement vers la Colombie, souvent avec la complicité de militaires et de gardes nationaux achetés par les mafias. Des tonnes de médicaments. Et, quinze jours après, ils reviennent au Venezuela où ils sont revendus dix fois plus cher au marché noir.

Autre exemple : en 2004, les entreprises pharmaceutiques ont reçu environ 600 millions de dollars pour acheter des produits à l’extérieur et les revendre en bolivars au Système public national de santé. Il n’y avait alors pas de pénurie. En 2013 et 2014, on ne trouve plus de médicaments et pourtant les entreprises ont obtenu entre 2 et 3 milliards de dollars… Sur place, j’ai demandé : « Pourquoi ne nationalisez-vous pas et pourquoi l’État n’importe-t-il pas lui-même les médicaments ? » On m’a répondu, ce qui demande à être vérifié : « Les laboratoires internationaux ne vendront pas directement à l’État vénézuélien car ce serait se mettre à dos toute la corporation ». Ces problèmes, relativement récents dans ce domaine, amènent à poser la question : « Doit-on et peut-on court-circuiter les laboratoires pharmaceutiques occidentaux ? » Un début de solution a peut-être été trouvé. En septembre dernier, le Venezuela a signé un accord avec l’Inde pour y acquérir une partie de ses médicaments. (...)
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MessageSujet: Re: Venezuela: coup de projecteur sur les zones d´ombre médiatiques   Ven 22 Déc 2017 - 10:58

evol a écrit:
hé oui le culte delà personnalité


En Haïti c'est tout a fait normal, le Venezuela sous Chavez a fait énormément pour ce pays suffisamment appauvri par les États-Unis et leurs ONG surtout avec le scandale de l'administration Clinton et leur fondation. Ils se sont considérablement enrichie de manière colossale des dons émis du monde entier pour la reconstruction du pays après le tremblement de Terre. Les États-Unis a toujours été l'ennemi le plus redoutable de Haïti, car au large des côtes territoriales il y a un immense gisement de pétrole que les États-Unis se resservent seul le droit d'exploiter sous peine d'envahir ce pays encore une fois, comme en 1915 jusqu'en 1935, ce n'est qu'en 1995 qu'elle a plus ou moins acquis une vraie indépendance et encore les États-Unis s'est arrangé le droit de démettre le président Jean-Bertrand Aristide a son deuxième mandat et l'ont exiler de force en Afrique du Sud.

L'ancien président Jean-Bertrand Aristide pense que les Etats-Unis et les anciens colonisateurs ont toujours la haine tenace depuis la période esclavagiste. Il ne pensait pas qu'ils gardaient encore à ce jours une haine tenace de l'histoire Haïtienne comme la première nation a avoir battue les anciens colonisateurs dans les caraïbes et fut un grand symbole indépendance dans le mouvement de Simon Bolivar pour l'émancipation de l'Amérique du Sud, centrale et des caraïbes, et aussi de la résistance contre les esclavagistes

D'où le fait que Chavez ne pouvait ignorer l'importance de ce pays comme symbole du Bolivarisme et étrangement malmené par les forces du mal et son exécuteur les Etats-Unis. Les Haîtiens n'ont jamais oublié que Chavez fut l'un de leur plus grand allié.

Bref Evol, l'ignorance qui sort de ta bouche est toujours un vomi de blasphème, il est impossible que tu sois éclairer par quoique se soit de divin.
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MessageSujet: Re: Venezuela: coup de projecteur sur les zones d´ombre médiatiques   Ven 22 Déc 2017 - 11:34

Qui est capable de vociférer ?et qui pourrait tenir des propos pareil ?  bronzé
" l'ignorance qui sort de ta bouche est toujours un vomi de blasphème, il est impossible que tu sois éclairer par quoique se soit de divin."
Quel type d'energie ?
Rien de Divin de toute évidence...

Et un peu de subtilité :
Culte de la personnalité s'est évident, par la posture aussi...


A propos d’ignorance, Un peu d’instruction:
"Cette page indique quelles sont les qualités suivant la nature des individus qui constituent l'espèce humaine; divine ou démoniaque."

http://www.padmanetra-das.fr/DossierA/nature_divine_demoniaque.html
" Arrogance, orgueil, colère, suffisance, âpreté, ignorance, - tel sont, ô fils de Prthâ, les traits marquants des hommes issus de la nature démoniaque.
(bhagavad-gita XVI, 4)

     Les qualités divines servent la libération de l’être, les attributs démoniaques poussent à l’asservir."
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MessageSujet: Re: Venezuela: coup de projecteur sur les zones d´ombre médiatiques   Ven 22 Déc 2017 - 12:48

C'est tout ce que tu trouves à dire, amènes au moins du concret au lieu de nous affubler d'une pathétique tentative de faire passer le salut de Hugo Chavez au peuple avec la main sur le cœur à un salut Nazi. Un tel niveau de bassesse est à peine croyable.
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MessageSujet: Re: Venezuela: coup de projecteur sur les zones d´ombre médiatiques   Ven 22 Déc 2017 - 13:06

Les photos/statue et ta manière de vociferer/juger parlent d'eux même et a quoi cela est relié (energie)^^

Relit toi et regarde la stature des statue ^^

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MessageSujet: Re: Venezuela: coup de projecteur sur les zones d´ombre médiatiques   Ven 22 Déc 2017 - 14:31

Evol a écrit:
Et un peu de subtilité :
Culte de la personnalité s'est évident, par la posture aussi...

Dans l'exercice de la diabolisation, on devine parfaitement ce qu'implique un tel sous-entendu, surtout venant quelqu'un dont l'ignorance n'est comblé que par BFM TV ou autre propagande pro-américaine en faveur de la guerre. Lorsqu'on ne maitrise pas un sujet, en générale on se renseigne surtout concernant Haïtie et ces liens avec le Venezuela ou bien on la ferme, mais là aussi ça serait trop te demander.


Dernière édition par RedStard le Ven 22 Déc 2017 - 14:43, édité 1 fois
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evol

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MessageSujet: Re: Venezuela: coup de projecteur sur les zones d´ombre médiatiques   Ven 22 Déc 2017 - 14:36

Je montre les choses telles qu'elles sont cyclops
Qui diabolise ?
=> Ton interprétation
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MessageSujet: Re: Venezuela: coup de projecteur sur les zones d´ombre médiatiques   

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Venezuela: coup de projecteur sur les zones d´ombre médiatiques

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