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 Bienvenue dans l’agriculture de demain, libérée des pesticides et du pétrole, et créatrice de dizaines de milliers d’emplois

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orné

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Masculin Gémeaux Buffle
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MessageSujet: Bienvenue dans l’agriculture de demain, libérée des pesticides et du pétrole, et créatrice de dizaines de milliers d’emplois   Sam 5 Juil 2014 - 6:41

Bonjour,
Il y a parfois des nouvelles qui donnent espoir, et montre que beaucoup de personnes l'air de rien œuvre à un monde meilleurs et amélioré la vie, et supprimer petit à petit les produits toxiques de notre quotidiens qui n'ont de raison d'exister que le productivisme. Donc en matière d'agriculture, il est grand temps de palier au productivisme en outrance qui ont comme politique les pesticides, les OGM, herbicides, etc...

Non seulement se projet vise une agriculture "verte" (sourire), mais promet la création d’emplois, que demander de plus ?

Il y a quelques mois déjà, akasha et moi avions parler de se projet, qui sur papier était pleins d'espoir, mais souffrait de quelques lacunes et manque d'information et fut livré à la dure critiques. Ici cela me semble tenir beaucoup mieux la route.

Voila cela donne du peps et de l'espoir pour le future, ici nous ne sommes pas dans les futilités sans importance, il s'agit d'un plan sur l'avenir. Bonne lecture.



Bienvenue dans l’agriculture de demain, libérée des pesticides et du pétrole, et créatrice de dizaines de milliers d’emplois



C’est une promesse pleine d’avenir : nourrir la France sans pesticides, sans engrais chimiques, et quasiment sans pétrole, tout en dégageant de substantielles marges et en créant des dizaines de milliers d’emplois. A la Ferme du Bec Hellouin, non loin de Rouen, on invente cette agriculture de demain. Expérimentant des techniques qui viennent des quatre coins de la planète, cette ferme en permaculture produirait autant voir plus que le système conventionnel. L’exploitation pose les bases d’un nouveau modèle agricole : celui d’un réseau de centaines de milliers de micro-fermes rentables et capables de générer chacune un emploi à plein temps. Reportage.



Ce jour de printemps, Charles Hervé-Gruyer est accroupi au pied d’une butte de terre et repique des navets. Autour, une mare et un cours d’eau où viennent se réfléchir les rayons du soleil, de quoi augmenter légèrement la température de la butte cultivée. Nous sommes ici sur une petite île de la ferme du Bec Hellouin, à une cinquantaine de kilomètres de Rouen, dans l’Eure. Des canards [1] barbotent et viennent, quand c’est nécessaire, happer les limaces qui menacent les cultures. Sur le côté poussent des roseaux. Une fois broyés, ils serviront de paillage aux jardins afin d’empêcher les mauvaises herbes de pousser. En jeunes pousses, ils seront vendus à un restaurant parisien !

Un peu plus loin, un jardin-forêt – entendez, des arbres et arbustes fruitiers mélangés à des plantes aromatiques et médicinales – abrite les cultures des vents dominants. « Nous avons créé des petits milieux qui interagissent entre eux, avec une circulation de la matière organique », explique Charles. « Un cocon de nature vivante, protégée. »




ur son île, Charles Hervé-Gruyer ressemble un peu à un aventurier… de l’alimentation de demain. Après avoir parcouru le monde sur un bateau école, il a accosté ici, au Bec Hellouin, un petit coin de terre où nourrir sainement ses enfants. Près de deux hectares d’herbage au sol, au départ peu fertile, où poussent désormais, en abondance, près de 1 000 variétés de végétaux, fruits, légumes, plantes aromatiques [2]. Dix ans plus tard, l’endroit est devenu une ferme de référence pour les adeptes de la permaculture, la culture permanente.

Toutes les semaines, 65 paniers de légumes issus de 2 000 m2 dédiés au maraîchage vont régaler les habitants du coin, de la région de Rouen et de Paris. Une autre partie est vendue à un grossiste, qui alimente ensuite un magasin Biocoop. Un restaurant parisien étoilé s’y approvisionne également. A la ferme, un chef cuisinier prépare confitures ou sauces qui sont ensuite vendues sur place.

« Les déchets de l’un font les ressources de l’autre »

En cette fin avril, quatre rotations de culture ont déjà été effectuées depuis le début de l’année. Sous la serre, petits pois, salades et carottes poussent à foison. Les fèves qui grandissent viennent capter l’azote pour alimenter les salades, qui s’étendent au sol et évitent ainsi l’apparition de mauvaises herbes. A la ferme du Bec Hellouin, toutes les cultures sont associées : pas de rangs séparés de carottes, pommes de terre et salades. Mais plusieurs variétés de légumes, aux besoins différents, plantés à proximité, et qui s’alimentent mutuellement. Dehors, des légumes précoces poussent sur une butte dite « chaude », agrémentée de fumier de cheval. Ce dernier se composte en direct sur la butte, et permet ainsi de gagner quelques degrés sur la fin du froid hivernal.




La Ferme est à la pointe de la permaculture. « C’est s’inspirer de la nature pour nos installations humaines », explique Charles Hervé-Gruyer. « Les déchets de l’un font les ressources de l’autre. » C’est pourquoi le positionnement des cultures et des éléments, les uns par rapport aux autres, est primordial. L’objectif de la permaculture est de recréer la grande diversité et l’interdépendance présentes naturellement dans les écosystèmes [3]. « Nous prenons un soin extrême des sols, afin qu’ils soient de plus en plus vivants, fertiles, indique Charles. Les buttes permanentes, où la terre n’est jamais retournée mais continuellement enrichie, se rapprochent de la nature, car il n’y a pas d’engins qui viennent travailler ici. »
Une agriculture sans pétrole

A la ferme du Bec Hellouin, un tracteur n’est utilisé que pour le transport du fumier, qui vient du club hippique voisin. Au départ, un cheval aidait à retourner la terre. Jusqu’à ce que se développent les buttes permanentes, qui n’ont plus besoin d’être retournées. « La permaculture prévoit ce monde inédit, sans pétrole », note Charles qui déplace dans ses jardins sa brouette atelier, avec l’ensemble des « petits » outils dont il a besoin au quotidien. Une agriculture de la connaissance, qui n’a rien à voir avec l’agriculture conventionnelle actuelle. « Avec l’agriculture moderne, vous recevez un mail de la chambre de l’agriculture qui vous dit : il y a telle invasion d’insectes, voici le produit que vous pouvez mettre. A vous de jouer ! » Rien de tel ici. Pas d’application numérique pour savoir quel pesticide épandre et quand.




L’agriculture menée au Bec Hellouin utilise très peu de pétrole. Loin derrière l’agriculture conventionnelle, et même, l’agriculture biologique. « Dans l’agriculture conventionnelle, pour produire une calorie d’alimentation, il faut 10 à 12 calories d’énergie fossiles, explique Charles. Le bio tente d’utiliser le moins possible d’engrais de synthèse mais nécessite beaucoup d’engins dans les champs. » Moins de pétrole, donc plus de travail à la main, minutieux, pour garantir sur le long terme une extraordinaire biodiversité des sols. « L’agriculture moderne cherche à atteindre une rentabilité à court-terme, en brûlant les réserves carbonifères. Nous, nous prenons notre temps. Le but de mon travail est que mes enfants puissent en profiter durablement. »

Des « néo-ruraux idéalistes » ?

A l’origine, c’est pour leurs enfants que Perrine et Charles Hervé-Gruyer décident de s’installer à la campagne. Perrine était juriste internationale, basée en Asie ; lui, écrivain et navigateur, parcourait le monde à la découverte des Indiens. Le couple s’est formé pour être psychothérapeutes avant de décider d’aller vivre à la campagne pour retrouver le lien avec la nature. « Nous étions des néo-ruraux idéalistes, raconte aujourd’hui Charles. Nous n’avions jamais visité de ferme en permaculture avant de nous installer ! » Ils en sourient encore. Au début, Perrine mettait des gants en plastique pour éviter de toucher la terre. Aujourd’hui, elle fait son pain avec les mêmes micro-organismes qu’elle donne à la terre afin de l’enrichir.




Les deux premières années sont très difficiles. Le couple dépense toutes ses économies. « Nous avons cherché des solutions, relate Charles. Nous nous sommes tournés vers le monde anglo-saxon. Ma femme s’est rendue en Californie. Puis à Cuba. » Elle en revient avec des techniques parfois inconnues en France, qui sont à présent appliquées sur leur ferme. Ces techniques permettent d’augmenter la production, jusqu’à un niveau très élevée. Et cela, malgré de petites surfaces ! De quoi donner du fil à retordre aux critiques de l’agriculture biologique.

Excellents rendements

Car la question est récurrente : peut-on vraiment nourrir le monde sans utiliser d’engrais chimiques, de pesticides ou d’herbicides ? Pour y répondre, la ferme du Bec Hellouin a noué un partenariat avec l’Inra et l’école AgroParisTech. L’idée est simple : quantifier tout ce qui entre et sort de 1 000 mètres carrés de la ferme, isolés virtuellement. Combien d’heures de travail ? Quels outils sont utilisés ? Combien coûtent-ils ? Quels engrais naturels sont apportés ? Et finalement : combien de légumes et fruits sont récoltés pour quel chiffre d’affaire généré après vente ?




Les premiers résultats tombent au milieu de l’année 2013. Sur 1 000 mètres carrés, il a fallu 1 400 heures de travail annuel pour générer 32 000 euros de chiffres d’affaires (calculé selon les récoltes et leurs prix moyens de vente en Haute-Normandie). Pourtant, l’année ne fut pas des plus propices. Une fois retirées les charges (semences, engrais), l’amortissement de l’outillage et des équipements (serres), « ces estimations permettent de penser que même une année médiocre, avec des personnes sans grande expérience en maraîchage, il y a moyen de dégager un revenu de l’ordre du Smic », constate le rapport de l’ingénieur agronome. Sachant que de nombreuses améliorations sont encore possibles pour augmenter les rendements. De quoi faire pâlir d’envie nombre de petits producteurs.

« Dans une ferme traditionnelle, en maraîchage, on obtiendrait ce chiffre d’affaire sur un hectare ! », indique Charles. La différence est de taille. Et sans gazole, sans engin mécanique, sans besoin d’acquérir de grandes surfaces de terres, les coûts de production sont faibles. L’étude se poursuit et est reproduite dans d’autres endroits de France avec des personnes qui s’installent pour la première année. Les rendements semblent toujours augmenter et laisser entrevoir de nouvelles perspectives.

La micro-ferme du futur : un million d’emplois possibles

Sous un abri, à côté des pelles, râteaux et grelinettes, un grand tableau. Y sont écrites les tâches à réaliser au cours de la journée et de la semaine. La Ferme emploie huit permanents. Production, recherche, formation : tout le monde est polyvalent. Une véritable ruche. La ferme accueille aussi des stagiaires et des porteurs de projet qui souhaitent se former à la permaculture. L’idée est de transmettre des techniques et des connaissances. Et d’éviter ainsi aux « étudiants » de répéter les erreurs que Charles et Perrine ont commises.




Un peu partout, à la campagne comme à la ville, des micro-fermes comme celle du Bec Hellouin pourraient voir le jour. « Je pense que les gens vont venir à la terre à temps partiel. On peut se lancer quasiment sans investissement, du jour au lendemain. », suggère Charles qui estime qu’un million de micro-fermes pourraient être créées, en France, dans les prochaines années. Soit un million d’emplois possibles : « 1 000 m2 cultivés en maraîchage bio permaculturel permettent de créer une activité à temps plein », estime l’ingénieur Sacha Guégan. « C’est un métier dur, rappelle Charles, mais nous vivons chaque jour dans la beauté de la nature qui nous entoure. »

Simon Gouin (texte et photos)

Un reportage radio à la ferme du Bec Hellouin, réalisé par Terre de Lien Normandie en partenariat avec Basta !, sera prochainement mis en ligne.




[Bastamag]

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Dernière édition par orné le Mer 8 Oct 2014 - 17:48, édité 1 fois
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orné

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Masculin Gémeaux Buffle
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MessageSujet: Re: Bienvenue dans l’agriculture de demain, libérée des pesticides et du pétrole, et créatrice de dizaines de milliers d’emplois   Dim 24 Aoû 2014 - 7:05

Bonjour,
Après vous avoir proposer se magnifique reportage bourré d'espoir et de gens dévouer à un avenir plus radieux (intituler du sujet). Voici un autre reportage, qui celui-si nous montre la réalité d'aujourd'hui. Et nous exposes un problème réelle encore né de se système qui n'est basé que sur le profit et ne tiens absolument plus compte d'un développement autre que l'argent en lui même. Et met en péril notre santé et ici même à la diversité des ressources alimentaire. et la biodiversité, un non sens totale et aberrant. Tout ça on sait à qui on le dois "Monsanto" et le développement des OGM à mauvais escient.



Semences agricoles : comment préserver la biodiversité ?

En Europe, cinq multinationales, pour la plupart des entreprises issues de l’industrie chimique, dominent la production semencière. Elles produisent des variétés végétales qui obligent les agriculteurs à racheter des semences après chaque récolte. Mais certains agriculteurs, éleveurs et scientifiques se battent contre l’uniformisation des fruits et légumes.



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akasha

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MessageSujet: Re: Bienvenue dans l’agriculture de demain, libérée des pesticides et du pétrole, et créatrice de dizaines de milliers d’emplois   Dim 12 Oct 2014 - 8:50

Bonjour mes frères et sœurs  I love you
Notre vie et avenir dépend pour une grande partie à l'agriculture et par définition a son avenir...Vous savez à quel point elle est menacée par les OGM's et son emploie de plus en plus développée dû à l'impulsion des grosse multinationale agroalimentaire et semenciers ! Mais en réponse il y a toute un domaine parallèle qui propose des solutions durables et une autre façon d’appréhender l'agriculture...Et parmi ceux-si tu trouves la permaculture, très en vogue et prisée des cercles écologique et des alternatives de société. Elle cherche à faire son chemin et prendre de l’ampleur parmi les agriculteur qui pour survivre cherche une voie nouvelle afin de rester indépendant et proposer au peuple une nourriture de qualité ! Ce qui est bien entendu louable, et cela doit être mis en avant, car nos médias ne sont pas des plus réactif sur le domaine, mis à part de temps à autre un petit reportage la nuit pour les insomniaque qui bave devant l'écran et ne capte rien du tout lol! Il est donc du devoir des personnes responsable et sensible au problème, à faire tourner l' information  flower Je vous proposes un excellent reportage qui plus est vous fera voyager Wink Un très bon reportage !


Les graines de la permaculture

Ce documentaire s’intéresse au développement assez important de la permaculture dans le monde, à notre époque, et particulièrement dans les pays tropicaux, comme en Thaïlande. Il montre bien l’intérêt de la permaculture en tant qu’approche globale, en tant que mode de vie, car ses principes s’applique à tous les domaines essentiels de l’activité humaine: l’agriculture, la construction, la production d’énergie…


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La permaculture c’est d’abord une façon de réfléchir, de se comporter, déclinée ensuite en un ensemble de pratiques visant à créer une production agricole durable, de qualité, et s’inscrivant en harmonie avec le lieu où on la pratique et ses spécificités; s’inspirant directement de la nature, des forêts, ou tout pousse sans la main de l’homme, l’agriculture permacole vise à recréer des écosystèmes autonomes de production alimentaire.


La permaculture concerne aussi le domaine des lieux de vie, avec des principes comme l’auto-construction, l’utilisation de matériaux naturels et locaux (autant que faire se peut), la conception bioclimatique, entre autres. Dans le domaine de la production énergétique la permaculture préconise l’utilisation d’énergies renouvelables, et l’utilisation de technologies appropriées pour produire notre propre électricité (éoliennes, solaire, etc.).



La liste est encore longue des domaines ou s’inscrit la permaculture, celle-ci étant un mode de vie, elle englobe la totalité des activités essentielles à l’homme, donc l’éducation, la santé, les interactions humaines, etc.

Pour faire simple les trois principes fondamentaux de la permaculture sont:

- Prendre soin de la Terre

- Prendre soin de l’humain

- Partager Équitablement


Vu sur Fortune


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orné

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Masculin Gémeaux Buffle
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MessageSujet: Re: Bienvenue dans l’agriculture de demain, libérée des pesticides et du pétrole, et créatrice de dizaines de milliers d’emplois   Lun 13 Oct 2014 - 7:40

Troquer des graines pour préserver la biodiversité du potager



Grainothèques et bourses aux semences permettent aux particuliers de se réapproprier leur patrimoine. « En moins de 100 ans, 95 % des variétés de choux, 91 % de variétés de maïs, 94 % de variétés de pois et 81 % de variétés de tomates ont disparu aux États-Unis », explique Dr Stephen Kampelmann, économiste à l’ULB et au Centre d’écologie urbaine.

« Semences à partager. Prenez et déposez librement les graines qui vous plaisent ». C’est en ces mots que s’annonce l’intention de la boîte en carton déposée à proximité d’ouvrages de jardinage de la bibliothèque de Waimes. « Les graines contiennent de l’information, ouvrent à la réflexion, se partagent comme un livre ou une photo et passent de main en main. Elles ont dès lors toute leur place au milieu des livres », explique Roseline Lemaire, responsable de l’établissement qui se veut en transition. Cette initiative d’emprunt gratuit de graines en tout genre vient de France, où en moins d’une année, elle a conquis 60 bibliothèques municipales.

Pourquoi inciter les particuliers à troquer les graines qu’ils cultivent dans leur jardin ? La réponse vient tout droit de Sébastien Wittevert, le fondateur de l’initiative, ancien cadre en finances de marché reconverti dans le maraîchage, « pour nous interroger sur notre héritage semencier en péril et défendre la biodiversité ». L’érosion de cette dernière est majeure. Selon la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture), en un siècle, l’humanité aurait perdu 75 % de la diversité génétique cultivée.


En outre « 75 % de l’alimentation mondiale est générée par seulement 12 plantes et 5 espèces animales. Près de 60 % des calories et protéines végétales consommées par l’humanité ne proviennent que de 3 céréales : le riz, le maïs et le blé ». Et d’ajouter, « depuis quelques années, on assiste à une terrible standardisation génétique des plantes ». Les légumes produits dans l’Union européenne seraient issus à plus de 70 % de semences hybrides, « rendant les producteurs très dépendants des multinationales agroalimentaires. »
Qu’en est-il pour le jardinier amateur?

S’il veut acheter des graines, il peut se rendre en grandes surfaces, où les semences vendues, pour la plupart hybrides, sont standardisées par ces mêmes multinationales. Inutile dès lors de collecter en fin de saison les précieux grains sur des légumes laissés en fleurs : nombreux seront stériles ou de basse qualité. Si le jardinier souhaite néanmoins avoir l’opportunité de perpétuer la variété par ses soins, une autre solution consiste à s’approvisionner auprès d’organismes comme Kokopelliou Semailles.

Leur particularité est de vendre des semences paysannes fertiles. La plupart d’entre elles mènent à des légumes quelquefois biscornus. Or, l’Union européenne prône l’homogénéité des fruits et légumes pour en faciliter la culture, le transport et le conditionnement.

En effet, un poivron acheté dans un hypermarché à Bruxelles est le parfait sosie d’un autre qui l’est à Berlin. En l’absence de cette homogénéité, et malgré d’autres qualités comme la résistance naturelle aux nuisibles locaux, les variétés du terroir s’en trouvent tenues à l’écart du grand livre des semences autorisées à la commercialisation par l’Union européenne (il s’agit du Catalogue officiel des espèces et variétés).

« Les graines que l’on vend sont illicites. Cela n’empêche, elles rencontrent un beau succès auprès des particuliers qui, soucieux de préserver la biodiversité du terroir, désirent rester maîtres des semences en les cultivant par eux-mêmes » explique Isabelle Chapelle, directrice de l’antenne belge de Kokopelli.

Le commerce des semences paysannes non enregistrées est donc illégal, mais en l’absence de transaction financière, le troc a encore de beaux jours devant lui. C’est la raison de l’instauration des grainothèques, mais également des bourses aux graines.

Une action d’envergure a eu lieu le 11 octobre, durant le Zaden festival. Swen Ore, du Centre d’écologie urbaine explique qu’« à Bruxelles, Londres, Amsterdam, Varsovie et Athènes vont se tenir en parallèle des débats et des conférences ainsi que d’immenses bourses aux graines permettant de se réapproprier son patrimoine. »

Le Soir

(Merci à Horatius)
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akasha

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Féminin Taureau Buffle
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MessageSujet: Re: Bienvenue dans l’agriculture de demain, libérée des pesticides et du pétrole, et créatrice de dizaines de milliers d’emplois   Lun 20 Oct 2014 - 10:26

Permaculture : Forêt comestible pour auto-suffisance alimentaire

Juan Anton Mora, 78 ans, va courir 40 minutes plusieurs fois par semaine. Il organise chez lui des réunions de plusieurs jours avec des dizaines de personnes. “Chacun apporte son sac de couchage et on se débrouille“, explique-t-il.


La forêt comestible de Juan Anton from Side Ways on Vimeo.


Y-a-t-il besoin de le dire : Juan Anton a une forme impressionnante ! Comment fait-il ? Une vie saine et son envie de changer le monde doivent avoir leur rôle à jouer. Car oui, chacune de ses actions a pour but de “changer le monde” ou pour être plus précis, combattre la faim dans le monde. Rien de moins.

“ La société devrait être basée sur deux piliers : le “travail” (ce que nous savons faire et qui participe à la société) et la production de sa nourriture. De cette manière, quoi qu’il se passe, si nous n’avons plus de travail, nous aurons toujours de quoi manger. Il faut que tout le monde puisse manger. Et comme la nourriture vient de la terre, produisons nous-même notre propre nourriture ! “

“ Tant que nous ne dépendrons que d’un contrat salarié, notre sécurité ne tiendra qu’à un fil. ”


Et tout cela ne s’arrête pas à un beau discours. Juan Anton met en pratique ces conseils et il va même plus loin: il expérimente toutes les manières possibles de faciliter le travail de la terre.

Gagner en indépendance alimentaire n’est pas seulement une sécurité, c’est aussi une manière de regagner une certaine liberté dans une société où nous n’avons plus le choix (de rien).

“ Il faut appeler les choses par leur nom ! “

Quand on rentre dans une boulangerie et que le boulanger ne peut pas nous dire d’où vient sa farine, quand le marché est contrôlé par les transgéniques et que nous n’avons pas le choix de ce que nous achetons, c’est une dictature.

Quand on élit des personnes qui passent leur temps à nous mentir et qui font le contraire de ce qu’elles disent, c’est une dictature.

Il faut trouver la manière de faire les choses par nous-même. Il faut apprendre à cultiver, produire des aliments sains, établir une relation commerciale ou d’échanges de produits que nous faisons nous-même.

Une forêt comestible pour nous nourrir sans effort


L’histoire a commencé il y a environ 30 ans. Juan Anton souhaitait trouver un lieu au calme pour faire un petit potager et avoir des poules. Il a acheté une petite parcelle plantée d’orangers. Avant de prendre sa retraite, il suivait les conseils du jardinier qui s’occupait du terrain de manière conventionnelle… jusqu’au jour où ce dernier lui propose un herbicide qui tuerait l’herbe pendant 8 ans.

C’est une prise de conscience. Sans savoir où il met les pieds, Juan Anton décide d’arrêter tous les produits chimiques. Le jardinier donne sa démission. En quelques mois, c’est un désastre. L’herbe grandit, les arbres se meurent par manque de nourriture.

“ J’ai commencé à m’intéresser à la manière dont fonctionne la terre. J’ai été à des cours d’agriculture écologique puis à un cours de permaculture et j’ai acheté quelques livres de Masanobu Fukuoka. Puis j’ai commencé à appliquer ce que j’apprenais. ”

Ainsi il commence à couper l’herbe et à la déposer aux pieds des arbres pour qu’elle se transforme en compost. Il faudra plusieurs mois avant que les arbres recommencent à se développer, le temps que les micro-organismes, qui avaient été tués par les pesticides, reviennent et fassent leur travail.

Petit à petit, Juan Anton plante de nouveaux arbres : bananiers, noyers, amandiers, figuiers, oliviers, pêchers, et de nombreux autres. Il commence à créer sa forêt d’aliments en suivant les principes de la permaculture. Son objectif est d’obtenir le maximum de nourriture pour un minimum de travail. Et il y arrive.

“ Aujourd’hui, le plus gros du travail, c’est de récupérer la production. Les feuilles tombent des arbres, les micros-organismes les mangent et les transforment en aliments pour les arbres. C’est aussi simple que cela. Le cycle est naturel, il n’y a rien à ajouter. ”

La forêt de Juan Anton le démontre: les arbres sont sains, en bonne santé et les fruits délicieux. Quelques principes simples issus de la permaculture expliquent cette réussite, par exemple en ce qui concerne les maladies communes chez les orangers :

“ Les orangers d’ici sont en bonne santé car la terre dont ils tirent leurs aliments est saine et parce que les maladies préfèrent les arbres des plantations des voisins. Les fertilisants chimiques rendent la sève des arbres sucrée et les maladies préfèrent la sève sucrée. Ici, la terre rend la sève amère, alors les maladies restent dans les champs d’à côté ! ”

Juan Anton se consacre aujourd’hui à trouver des astuces pour produire des légumes de manière simple et toute l’année : plantes en pots dans une véranda faite maison, différents types de serres fabriquées avec les matériaux locaux : vieux réfrigérateur qui ne fonctionne pas, bambous, branches tombées des arbres. Son imagination est infinie !

L’une de ses expériences les plus intéressantes est actuellement le mur construit à l’intérieur de la serre principale. Fabriqué avec l’ensemble des pierres trouvées dans la forêt, il a pour fonction d’accumuler la chaleur du soleil pendant la journée pour la restituer la nuit afin d’éviter que les plantes de la serre ne gèlent pendant l’hiver.

“ La forêt comestible produit essentiellement des fruits, elle garantit que nous ne mourrons pas de faim. Pour compléter, il peut être intéressant de faire pousser des plantes annuelles : des légumes, des céréales, des herbes aromatiques. Et cela n’est pas réservé aux personnes qui ont un jardin, des plantes en pots, on peut en mettre partout ! ”

Passer à l’action pour reconquérir notre liberté


Selon Juan Anton, tout le monde peut créer une forêt comestible, cela demande juste un petit terrain. Il faut choisir des arbres adaptés à son climat, ceux qui poussent naturellement et faire en sorte que la nature agisse toute seule sans intervention humaine ou presque.

“ Au final, les connaissances nécessaires ne sont pas nombreuses, il suffit de vouloir le faire “

Et pour faciliter la mise en place par d’autres, il expérimente et propose à chacun de profiter des fruits de son travail. Tout le monde est invité à venir voir sa forêt d’aliments et apprendre d’elle.

“ La forêt est comme un livre sans lettres, il a un autre langage. Il suffit de regarder pour comprendre et pour s’en souvenir jusqu’à la fin de ses jours. Venir voir la forêt, c’est plus instructif que n’importe quelle parole. ”

“ La dépendance, c’est l’esclavage ! “


Juan Anton organise également des rencontres avec des personnes intéressée par l’auto-suffisance alimentaire ou qui souhaitent, d’une manière plus générale, s’émanciper du dictat de nos sociétés.

L’objectif est le partage de connaissances. D’ailleurs les réunions s’élargiront prochainement à tout type de savoir-faire : apprendre à planter, à faire de l’huile, du pain, des confitures, du savon, des choses simples mais nécessaires à notre indépendance.

D’ailleurs, pour Juan Anton, les choses ne devraient pas s’arrêter là : les connaissances de base en agriculture devraient faire partie des connaissances enseignées à l’école. Tout le monde devrait savoir planter des arbres et des plantes afin de subvenir à ses besoins primaires.

“ L’idée n’est pas que nous soyons tous des agriculteurs, mais que nous ayons des connaissances minimum, comme pour conduire. Pour que l’on n’ait pas à demander aux autres pour manger, pour ne pas aller tendre la main dans la rue en attendant que quelqu’un te donne quelque chose. ”

Juan Anton réfléchit également à des techniques pour les personnes qui vivent en ville. Il est possible de produire des légumes dans des bacs, mais il souhaite aller plus loin dans la démarche, en mettant en place une action plus durable. Il a lancé l’idée de planter des arbres fruitiers, partout où un morceau de terre est disponible, sans rien demander à personne.

“ Les arbres, une fois plantés, vivent plus longtemps que nous, êtres humains. Si on laisse faire la nature, ils n’ont pas besoin de nous pour produire une grosse quantité de nourriture. ”

C’est le début d’un mouvement, et connaissant Juan Anton, nous savons qu’il n’en restera pas qu’au stade de l’idée. Selon lui, le problème de la faim est entre nos mains. Il ne reste plus qu’à agir.

“ Tant que l’être humain aura besoin de nourriture pour vivre et qu’il n’aura pas de moyen sûr de l’obtenir, les rues, les parcs, les espaces publiques qui ne seront pas peuplés d’arbres majoritairement fruitiers, seront une offense pour tous ceux qui n’ont pas les moyens de vivre ! ”

Quelques infos pour agir près de chez soi


Reprendre en main la production de sa nourriture : il existe de nombreux mouvements et quantité de nouvelles initiatives qui se développent depuis quelques années.

Les jardins partagés ou jardins communautaires


Ils proposent aux habitants d’un quartier de cultiver ensemble une parcelle de terrain dont ils ont l’usage, recréant par la même occasion une activité de quartier pour rencontrer ses voisins. Vous pouvez trouver la liste des jardins partagés près de chez vous en contactant le réseau des jardins partagés : jardins-partages.org

Les Incroyables Comestibles


Ce mouvement s’est également beaucoup développé depuis deux ans dans les villes pour favoriser les plantations dans tous les espaces verts présents (au pied des arbres, des morceaux de pelouse, etc.) ainsi que dans des bacs. De la nourriture gratuite, produite en ville et à la disposition de chacun. Pour rejoindre le mouvement de votre ville : incredible-edible.info

La Guérilla Verte


De la même manière, la guérilla verte propose de lancer des « seeds bomb », des grenades végétales faites de graines et de terreau, dans les terrains vagues pour que les légumes et les plantes y poussent librement. Pour contacter la section locale, c’est ici : guerilla-gardening-france.fr

Le partage de jardins


Plusieurs sites mettent en relation jardiniers sans terre et propriétaires de jardin pour créer de nouveaux potagers. L’idée est de trouver un jardin près de chez soi et de partager l’amour de la terre : plantezcheznous.com

Enfin, afin de pallier le manque d’espace dans les villes, de nombreuses idées ont été développées. En plus de la traditionnelle culture en bacs dans les maisons et appartements, on voit se développer des jardins verticaux sur les surfaces orientées Sud, des ruches urbaines qui peuvent être implantées sur les balcons ou encore des jardins sur les toits. Pour commencer, vous pouvez lire le “Manuel du jardinier sans moyens” à télécharger sur le site de l'Ambassade du bien vivre alimentaire.

Cette liste est loin d’être exhaustive ! Nous vous suggérons également de faire un tour du côté de l’association Plante et Planète (à Paris), les villes en transition, etc.

Side_Ways

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akasha

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MessageSujet: Re: Bienvenue dans l’agriculture de demain, libérée des pesticides et du pétrole, et créatrice de dizaines de milliers d’emplois   Dim 2 Nov 2014 - 12:03

Bonjour mes frères et sœurs revoir
Comme le sujet le démontre, les solutions pour apporter à manger à tous le monde existes et à moindre coup, de plus en offrant beaucoup plus de emploie que il en a pour le moment...Alors pourquoi allons_nous droit au mur avec le système actuelle ?
Tentative de explication par un journaliste éclairé (eh oui il y en a il suffit de les mettre en avant, c'est un peu à ça aussi que sert le forum Wink )


Pourquoi la faim, pourquoi la soif ?

A l’horizon 2050, la Terre comptera dix milliards d’habitants: impossible de continuer à balayer d’un revers de main la question alimentaire, alors que la population augmente trois fois plus vite que la production agricole. Des remèdes sont proposés à diverses échelles, du recours au génie génétique jusqu’à l’idée de faire des terres d’Afrique un gigantesque champ destiné à nourrir la planète.


Pourtant, la solution la plus évidente consisterait d’abord à répartir plus rationnellement la production actuelle, à l’heure où une partie colossale de celle-ci est dilapidée par une gestion très peu scrupuleuse. L’amélioration du niveau de vie dans les nouveaux pays industrialisés comme la Chine ne facilite pas la tâche, car elle entraîne une hausse spectaculaire de la demande en viande. Si les ressources mondiales de la planète étaient gérées au mieux, aucun enfant ne devrait mourir ni de faim ni de soif.

Le journaliste allemand Claus Kleber s’attache à démontrer point par point cette hypothèse. Pourquoi les ressources alimentaires, pourtant abondantes, n’atteignent-elles jamais certaines populations ? Comment empêcher que les matières premières et l’eau potable ne deviennent la cible des spéculateurs ou des enjeux de pouvoir ?


http://fortune.fdesouche.com/360723-pourquoi-la-faim-pourquoi-la-soif
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akasha

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MessageSujet: Re: Bienvenue dans l’agriculture de demain, libérée des pesticides et du pétrole, et créatrice de dizaines de milliers d’emplois   Lun 27 Nov 2017 - 1:34

Quand le maraîchage séduit : rencontre avec une « néo-paysanne »



Judith, 30 ans, a la pêche ! Elle qui s’est convertie il y a quelques mois à peine à l’agriculture sur petite surface en permaculture, après une carrière de musicienne, ne voit que le bon côté de son nouveau choix de vie. Malgré les regards obliques de certains de ses voisins, les coûts de l’installation et les difficultés à rentabiliser l’activité dans les premiers mois, elle ne regrette pas sa décision, au contraire. Tout comme elle, les jeunes sont de plus en plus nombreux à se tourner à nouveau vers des métiers plus manuels, et à vouloir mettre les mains dans la terre. Rencontre inspirante.

Comparée aux autres exploitations, La ferme de Prétuilière, dont Judith est la seule exploitante, ressemble à un timbre poste. Pourtant, la « néo-paysanne » veut y croire fermement : à La Celle, dans le Var, en région Provence-Alpes-Côte d’Azur et sur moins d’un hectare, il serait possible d’avoir une activité agricole rentable, du moins si on se libère du productivisme agricole et des méthodes dépendantes de la pétro-chimie. Par conviction et par défi, elle a voulu le montrer, tout en restant en cohérence avec ses convictions


« Mais que mange t-on ? »

L’histoire de Judith ressemble à celle de nombreux autres jeunes gens ayant progressivement choisi de revenir à la terre, après un long questionnement à propos du sens de leur vie. Judith elle même avait des grands-parents qui exploitaient une petite surface, mais éduquée par ses parents, elle n’a que très peu côtoyé cette réalité. Néanmoins, elle avait développé une sensibilité pour la nature dans sa jeunesse, puisqu’elle a essentiellement vécu dans des petits villages français, mais aussi en Afrique, pour poursuivre une partie de sa formation musicale. Elle a ainsi pu observer les problématiques alimentaires de près.

Le premier déclic lui est venu dans les mois après la naissance de sa fille, il y a 4 ans. Alors âgée de 26 ans, elle s’inquiète avec son compagnon « de ne pas réellement savoir ce qu’elle donne à manger à son enfant ». Le second déclic a eu lieu quelques mois plus tard, alors qu’elle travaillait dans une épicerie associative bio et « constate les difficultés à se fournir chez des producteurs biologiques locaux ». L’offre permettait difficilement de répondre à la demande, se souvient-elle… C’est alors qu’elle commence à envisager de manière sérieuse d’embrasser le métier de maraîchère.


Judith se lance après seulement quelques formations

Depuis 2015, Judith a enchaîné les formations indépendantes portant sur le « micro-maîchage » ou encore « l’aggro-foresterie ». En revanche, elle n’a pas souhaité obtenir un Brevet professionnel Responsable d’Exploitation Agricole (BPREA), ni la Dotation Jeune Agriculture (DJA) qui peut se révéler être « un gouffre administratif ». Dans le même temps, elle commence à chercher une terre, pour lancer ses activités. Dans la Var, trouver un terrain agricole n’est pas une mince affaire, alors que la pression sur le foncier est importante. La solution provisoire, mais pas entièrement satisfaisante, est de louer un terrain auprès de la commune dans laquelle elle réside.

Fruit de ce travail, les premières pousses ont surgit en avril 2017 et avec elles, quelques mois plus tard, tomates, aubergines, salades, oignons… Contrairement à d’autres, Judith n’a pas rencontré de grandes difficultés à se faire une clientèle, s’appuyant sur le réseau de distribution qu’elle avait initié avant son installation, Cabaslocos, et au sein duquel elle s’est associée avec d’autres petits agriculteurs locaux. Ce réseau, explique-elle, « permet de rapprocher producteurs et consommateurs tout en créant du lien ». Selon elle,c’est un moyen « de soutenir les plus petites structures » , alors qu’elle observe également que « beaucoup de femmes isolées se lancent ». Cabaslocos est l’occasion de partager les problématiques et « de se donner des coups de main entre collègues ».




Avec une surface exploitée de moins d’un hectare, Judith est pourtant un peu un ovni dans le milieu : les agriculteurs conventionnels la regardent avec scepticisme et même pour ceux qui sont en bio, la démarche est plutôt atypique. Parfois, elle doit également faire face à l’incompréhension concernant ses pratiques, comme pour le « paillage », qui lui permet pourtant de préserver les sols et de faire des économies importantes en eau.

À peine 6 mois après son lancement, il est encore beaucoup trop tôt pour tirer des conclusions. D’autant que Judith doit faire face aux nombreux investissement matériels, qu’elle compte affronter en lançant un crowdfunding. Pour elle, pourtant, les « micro-fermes font partie de l’avenir » pour garantir la résilience alimentaire des territoires, et de plus en plus de personnes s’en rendent compte. Ainsi, « elle observe une prise de conscience parmi les citoyennes, qui se tournent vers des produits écologiques, et réalisent qu’il faut soutenir les petits producteurs locaux ». Car, rappelons-le, les initiatives écologiques de se type n’existent que par la demande croissante des consomm’acteurs en produits saints et locaux.


Source : MR Mondialisation
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MessageSujet: Re: Bienvenue dans l’agriculture de demain, libérée des pesticides et du pétrole, et créatrice de dizaines de milliers d’emplois   Lun 27 Nov 2017 - 16:00

Merci Orné et Akasha pour le topique, j'y jetterai un coup d'oeil plus approfondi dès que j'ai un moment car ça m'intéresse beaucoup. J'ai un jardin ( jardins familiaux) que je loue à l'année et je suis en reconversion professionnelle, du coup je réfléchis à, pourquoi pas, me lancer dans le maraîchage. Je sais que c'est un boulot difficile physiquement et financièrement mais j'ai besoin de retourner à l'air libre de mon enfance car j'ai été dans le commerce (vente de fringues et cordonnier) pendant presque 15 ans en galerie marchande à pas voir le jour et j'en peux plus !

Bref, je mets ce topique dans mes marque-pages. Wink
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akasha

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MessageSujet: Re: Bienvenue dans l’agriculture de demain, libérée des pesticides et du pétrole, et créatrice de dizaines de milliers d’emplois   Mar 28 Nov 2017 - 1:17

Fermes d’avenir, des petites fermes aux grandes ambitions

22 septembre 2017 Nathalie Picard (Reporterre)



L’association Fermes d’avenir fonde son projet alternatif sur la multiplication des petites fermes. Mouvement à la communication efficace, il suscite beaucoup d’intérêt mais aussi la discussion. Son nouveau projet ? Exploiter une ferme de 60 hectares en permaculture.

- Rochecorbon (Indre-et-Loire), reportage

15.000 participants, 300 bénévoles, 220 visites de fermes. Après trois mois de péripéties et 3.300 kilomètres à vélo, le « Fermes d’avenir Tour » s’est achevé le 14 septembre en Touraine à Rochecorbon (Indre-et-Loire). Créatrice de ce festival itinérant, l’association Fermes d’avenir a profité de l’occasion pour organiser ses quatrièmes journées annuelles. Un retour aux sources, puisque ce mouvement est né à une dizaine de kilomètres, de l’autre côté du fleuve, à la ferme de la Bourdaisière, à Montlouis-sur-Loire. En lisière de forêt, bordée par les jardins potagers du château homonyme, elle s’étend sur 1,4 hectare, dont 8.000 m² de cultures maraîchères diversifiées. L’objectif de cette expérimentation lancée en 2013 était d’évaluer la viabilité technique et économique de petites fermes inspirées de la permaculture et conduites en maraîchage biologique intensif. Et de trouver, dans ce modèle, une nouvelle voie pour l’agriculture.


De petites fermes, donc, mais une grande ambition. Au cœur de la stratégie de Fermes d’avenir : l’ouverture. « Nous sommes là pour construire des ponts entre tous les acteurs. Ce n’est pas évident en France, avec nos querelles de clocher… Continuons à convaincre par la positivité et l’enthousiasme », invitait le président deFermes d'avenir, Tristan Lecomte, à l’ouverture des journées annuelles. Tous les acteurs ? D’aucuns reprochent à l’association sa longue liste de partenaires plus ou moins vertueux. Comme Decathlon, partenaire du Fermes d’avenir Tour, qui n’hésite pas à construire ses « villages sportifs » sur des terres agricoles. Mais il y aussi Renault, qui triche sur ses émissions de polluants, Schneider Electric, Casino, Fleury Michon… « Si l’on veut nourrir toute la population en bio, il faut travailler avec tout le monde », se défend Maxime de Rostolan, fondateur et directeur de Fermes d’avenir. Y a-t-il une ligne rouge ? « Jamais je ne travaillerais avec des vendeurs de pesticides comme Bayer ou Monsanto. »

« Il n’y a pas assez de recul sur la viabilité du concept »

Une stratégie d’ouverture, une communication efficace, un réseau influent : ces ingrédients ont permis à l’association de se faire une place dans le paysage national… tout en restant un peu à part. Pas toujours appréciée par les porteurs historiques de l’agriculture paysanne ou biologique. Parmi les points de friction, la viabilité économique de ces petites fermes. Permettent-elles de générer un revenu décent dans des conditions de travail acceptables ?


« Si l’on veut nourrir toute la population en bio, il faut travailler avec tout le monde », dit Maxime de Rostolan, fondateur et directeur de Fermes d’avenir.

Une première étude menée par l’Inra de 2011 à 2015 au Bec Hellouin, en Normandie, a montré la potentialité d’un tel système : sur cette ferme biologique sophistiquée, une surface de production maraîchère d’environ 1.000 m² (0,1 ha) permet de dégager un revenu acceptable. Mais la ferme de 20 hectares ne peut se résumer à ces 1.000 m² de cultures intensives : « Le Bec Hellouin est un cas particulier : un idéal, mais pas un seuil minimum atteignable par tous, confirme François Léger, principal auteur de l’étude et enseignant chercheur à AgroParisTech. Aujourd’hui, on ne peut pas affirmer qu’une ferme de 1.000 m² puisse être viable. » Face au manque criant de références, plusieurs études ont démarré pour étudier la performance économique de telles fermes. « Le discours de Fermes d’avenir, centré sur un message optimiste, pourrait laisser entendre que la viabilité est déjà prouvée. Or, nous n’en sommes qu’aux prémices. »


À Rochecorbon, lors de la dernière étape du Fermes d’avenir Tour.

En attendant, ce système suscite l’engouement des porteurs de projet à l’installation qui frappent à la porte des associations de développement, comme celles du réseau Fnab (Fédération nationale d’agriculture biologique). « Nous tentons de répondre à leurs attentes tout en restant prudents, car il n’y a pas assez de recul sur la viabilité du concept. Si nous sommes contents de cette dynamique autour de la bio et de la permaculture, nous voulons être sûrs que ces gens puissent vivre de la vente de leurs produits », souligne Stéphanie Pageot, présidente de la Fnab.

Une dynamique qui cherche aujourd’hui son modèle économique

Autre point de tension, le métier de « payculteur », concept inventé par Fermes d’avenir, pour qualifier un entrepreneur chargé d’accompagner des projets alimentaires territoriaux. À l’automne dernier, les associations locales de développement de l’agriculture paysanne et biologique du pôle Inpact 37 partageaient leurs craintes : le « payculteur », sorte de « manager de plusieurs fermes », pourrait empiéter sur l’autonomie et la liberté de décision des agriculteurs.

« Nous voulons simplement créer un maillon manquant — l’ingénierie de projet de territoire — face à un double constat : l’offre en produits bio locaux est inférieure à la demande, et les collectivités locales disposant de foncier ne savent pas comment installer un paysan », explique le directeur de Fermes d’avenir. Les associations historiques jouent déjà ce rôle, mais elles n’ont pas assez de moyens. « Il existe un réel besoin d’accompagnement territorial », confirme Stéphanie Pageot.

Payculteur formé récemment par Fermes d’avenir, Frédéric Denel, président de l’association Heko permaculture, a trouvé, en lien avec les collectivités locales, quinze terrains cultivables sur un total de quinze hectares, à Marseille et ses environs. Une dynamique qui cherche aujourd’hui son modèle économique. Deux projets sont lancés, dont la création d’une ferme urbaine dans le cadre du projet de renouvellement urbain de la cité de Frais-Vallon, dans les quartiers Nord de Marseille.


À la ferme de la Bourdaisière, en juin.

L’avantage des petites fermes ? De faibles surfaces et des charges minimales, qui les rendent accessibles à des candidats avec une faible capacité d’investissement, comme c’est souvent le cas des néopaysans. Mais les petites fermes peuvent-elles changer le système agricole ? En tout cas, la tendance de l’agriculture reste à l’agrandissement. « Le risque serait de voir apparaître un modèle dual, avec un noyau de microfermes d’un côté, et des exploitations de plus en plus concentrées de l’autre, craint Aurélie Trouvé, porte-parole d’Attac France. D’autant que, contrairement à l’objectif qu’avait annoncé l’ancien ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll, la politique agricole commune ne privilégie toujours pas les petites et moyennes fermes, alors qu’elles maintiennent plus d’emplois par hectare. »

Aujourd’hui, Fermes d’avenir change justement d’échelle en expérimentant la permaculture et l’agroécologie sur de plus grandes surfaces. L’objectif : lancer une expérimentation dans trois fermes de 60 hectares, la taille moyenne d’une exploitation française.

Source : Reporterre
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Bienvenue dans l’agriculture de demain, libérée des pesticides et du pétrole, et créatrice de dizaines de milliers d’emplois

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