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 Qu'en est-il vraiment de la Corée du nord ?

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akasha

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Féminin Taureau Buffle
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MessageSujet: Qu'en est-il vraiment de la Corée du nord ?    Mar 1 Aoû - 21:39

Bonsoir mes frères & sœurs  Very Happy
Qu'on se comprenne bien dès le départ, la Corée du nord est bien une dictature sur ce point c'est indiscutable, mais quand est-il vraiment une fois qu'on sort des carcans habituels propagandiste des médias et politiques à l'occidental ? Je pense que la question a tout le mérite d'être posé, car une personne cultivée sait combien on dépend de l'impérialisme américain totalement opposé à toute idée de gauche marxiste qu'ils combattent depuis la toute fin des Quakers qui étaient un peu les précurseurs du libéralisme déjà opposé à toutes idées de lutte ouvrières. Pour ainsi plus tard s’inquiéter du développement du bolchévisme de l'émergence du marxisme et enfin de les combattre avec acharnement à tels point que si les américain se décident enfin à mettre les pieds dans la deuxième guerre mondiale c'est à cause de la puissance de Staline et la déchéance de Hitler donné perdant dès son entrée en Russie. On les verra plus tard entrer de nouveau en guerre en Indochine en Corée donc et sans oublié les guerres invisibles menée par la CIA et l'OTAN contre la montée de la gauche en Europe avec les réseaux Gladio et Stay Behind, puis se sera la guerre froide, la chute de Ceaușescu, la chute du mur de Berlin, la Hongrie, etc... Les États-Unis auront toujours caché les dictateurs de droite et combattu ceux de gauche, Chavez fut l'un des derniers. Il suffit de voir actuellement les amitiés avec certains dictateurs comme les Saoud ou plus proche Porochenco fort à droite (sic). Revenons donc à la Corée du nord, l'un des derniers bastions communiste qui en vérité serait plus proche d'un nationale socialiste gauchiste et protectionniste résistant  à l'impérialisme américain et au capitalisme en générale est la cible perpétuelles des médias. Qui au lieu de montrer la vérité qui se suffit à elle même en remet des couches et des couches, c'est pour cette raison qu'il vaut la peine de chercher par nous même voir quand est-il en réalité. Je vous proposes pour mieux comprendre un reportage au caractère volontiers historique ce qui nous permet de comprendre la situation actuelle entre les deux Corée et les enjeux mondiaux autours de cette région, passé comme présent. On y comprend les amitiés chinoises ou russe ainsi que les veilles rancunes et opposition américaine. Le deuxième reportage est un témoignage factuel de comment vivent actuellement les nord coréens, c'est Soral qui s'y colle car il y revient et nous raconte, c'est ultra passionnant une fois dépassé les apriori due à la personnalité du conteur.
Akasha.



Quand est-il vraiment de la Corée du nord ?



[REPORTAGE CHOC!!!] CORÉE DU NORD LA DICTATURE (2017) [FR]









L’Heure la plus sombre n°86 - Retour de Corée du Nord












Vous pouvez aussi consulter le site de Mathieu Tordeur qui a participé au marathon de Pyongyang et durant son séjour en tant que touriste prit de superbes photos, elles en valent la peine : http://matthieutordeur.com/aventures/coree-du-nord/

Ou encore ici prise aussi illégalement, c'est vraiment intriguant ça donne envie de s'y rendre : Les photos illégales de la Corée du Nord qui déplairaient au leader Kim Jong-un


Malgré quelques tentatives d'ouvertures aux touristes, la Corée du Nord reste bien secrète et verrouillée pour les occidentaux. Il est tout à fait possible de s'y rendre à condition d'obtenir un visa et de passer par une agence de voyage. Les visiteurs sont très encadrés par l’État dans le pays, ils ne peuvent aller n'importe où et doivent être tout le temps accompagnés d'un guide. Mais certains parviennent, de temps en temps, à échapper à cette surveillance stricte et à jeter un coup d’œil en dehors des parcours stériles proposés par les autorités.

Un photographe, [url=http://www.boredpanda.com/author/m1key/]Michal Huniewicz[/url a partagé les clichés pris durant son séjour dans le pays d'Asie.  Il explique que la plupart de ses photos ont été prises illégalement (sans autorisation) et qu'il a dû les sortir discrètement du pays. Son guide l'avait prévenu qu'il en avait fait "trop", qu'elles seraient normalement confisquées. Il a finalement réussi à les ramener en Angleterre, non sans stress. Sur le site Bored Panda, il a partagé les histoires et les découvertes de son voyage. Voici ses quelques coups d’œil sur un pays mystérieux.














[Cliquez sur le titre pour consulter les autres photos]
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evol

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MessageSujet: Re: Qu'en est-il vraiment de la Corée du nord ?    Mer 2 Aoû - 21:37

Tout le monde a une conscience  non ?
Alors a quoi cela sert de vouloir passer des messages subliminaux
Quelle intelligence il faut pour comprendre le régime en Corée du nord ?

Pas la moindre No

N'importe qui dans les nouvelles générations le cerne parfaitement

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akasha

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Féminin Taureau Buffle
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MessageSujet: Re: Qu'en est-il vraiment de la Corée du nord ?    Mer 2 Aoû - 22:15

evol a écrit:
Tout le monde a une conscience  non ?

Heu non pas du tout, sinon on n'en serai pas là.

Citation :
Alors a quoi cela sert de vouloir passer des messages subliminaux

Où tu vois un message subliminal ? C'est un sujet comme un autre dont l'intérêt est d'aller plus loin de ce que les médias proposent, toujours en surface en omettant certaines questions et point important.

Citation :
Quelle intelligence il faut pour comprendre le régime en Corée du nord ?

Pas la moindre  No

Je dirai un peu plus que la moyenne, pour justement ne pas rester dans les schémas habituels.

Citation :
N'importe qui dans les nouvelles générations le cerne parfaitement

Personnellement je parlerai plus au futur qu'au présent.


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evol

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MessageSujet: Re: Qu'en est-il vraiment de la Corée du nord ?    Mer 2 Aoû - 23:37

Pleins de messages subliminaux

Qu'est ce que viens faire Soral dans l'histoire ?

S'est drole de parler de pleins de choses, et en final n'avoir conscience de rien

A quoi cela sert de mentir, quand les gens ont des idéaux politiques ?
Cela ne peut que se manifester et se voir clairement au bout d'un moment ^^



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akasha

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Féminin Taureau Buffle
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MessageSujet: Re: Qu'en est-il vraiment de la Corée du nord ?    Jeu 3 Aoû - 0:05

evol a écrit:
Pleins de messages subliminaux

Qu'est ce que viens faire Soral dans l'histoire ?

S'est drole de parler de pleins de choses, et en final n'avoir conscience de rien

A quoi cela sert de mentir, quand les gens ont des idéaux politiques ?
Cela ne peut que se manifester et se voir clairement au bout d'un moment ^^

Parce que c'est un témoignage comme un autre.... Que se soit Soral ou le pape on s'en fiche, ce qui compte c'est le témoignage. J'y peux rien si le conditionnement médiatique à fait de ravages dans certains esprits.

Par contre ton message est obscur et pleins de sous entendu du plus mauvais goût.   Rolling Eyes

Puis tu peux très bien faire faire abstraction du récit de Soral, le sujet n'est pas basé que sur lui, tu as le repartage et toutes les photos rare de l'intérieur de la Corée du nord et les témoignages qui vont avec et qui d'alleurs avait pour but de recoupé les dires de Soral, mais lorsqu'on voit seulement ce qu'on veux bien voir.... Rolling Eyes
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evol

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MessageSujet: Re: Qu'en est-il vraiment de la Corée du nord ?    Jeu 3 Aoû - 10:19

Qui a notre époque peut s'imaginer que les droits de l'homme sont respectés en Corée du nord, Russie ou chine ?
Ce qui le pensent a mon avis seraient les dernier a vouloir y habiter
D'ailleurs en Corée du nord cela ne doit pas etre possible d'aller y habiter
Ce n'est en rien un pays libre

En quoi cela serait faux de s'imaginer que la Russie a essayé d’influencer la vote des Américains en divulguant des infos mettant en probleme la candidate Clinton
Ils ont bien essayé de favoriser marine déjà en lui prêtant de l'argent
Macron a bien eux aussi une Cyber attaque identifié provenant de Russie

Soral a toujours été pro Russie, et reprend leur propagande mensongères comme des vérités que les médias ne diffusent pas a juste titre
Soral qui en plus multimillionnaires Il est capitaliste a mort ^^
"Alain Soral, l'écrivain français le mieux payé en 2017"
classement des « écrivains les mieux payés en 2017 » avec des revenus estimés à près de 82 millions d'euros.
http://fr.mediamass.net/people/alain-soral/plus-gros-salaire.html
Soral gagne beaucoup d'argent en Bourse (americaine) et en placement immobilier
Il est vraiment le capitaliste par excellence dans les faits


Qui peut s'imaginer que les américains s'est les méchants et la Russie des gentils ?
Les grandes puissances ne font que cela de s'espionner

Manifestation en Russie contre l'Interdiction en Russie d'utiliser des anonymiseurs



S'est comme cela aux usa ?

Les opposant aux Régimes Russes se retrouvent facilement en prison ou en détention administrative. Tout les prétexte sont bons



S'est comme cela aux usa ?

Ce sont des faits réels, l'absence de droit de l'Homme en Russie

Si on est pour la liberté d'expression pour peut pas etre pour le régime Russe qui les restreignent au maximum et utilise les prisons comme instrument de dissuasion

En plus Ils ne s'en cachent même pas, puisque cela fait partie de leur règlement qui en gros est dissuader par tous les moyens quelqu'un de revenir en prison


S'est pas vraiment des videos qui passeront dans les médias, tu en trouves des milliers

Aucun droit de l'Homme n'est respecté en Russie !

Et les nouvelles générations s'en rendent compte et notamment grâce a internet

De plus en plus de Russes se mobilisent contre le régime liberticide



Fraude et corruption partout dans le pouvoir Russe
Aux USA les affaires éclatent dans les médias et doivent rendre des compte, en Russie elles sont étouffées et comme les médias sont tenus par le pouvoir ^^




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akasha

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Féminin Taureau Buffle
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MessageSujet: Re: Qu'en est-il vraiment de la Corée du nord ?    Jeu 3 Aoû - 15:18

Où tu as lu que je disais que c'est un pays libre ?
Soral non plus ne parle pas d'un pays libre, il faudrait un sacré toupet ou une mauvaise fois maladive pour le dire...

Non ce que j'ai dis, c'est que je voulais le montrer tel quel justement, d'où l'intérêt aussi de ses photos plutôt rare, je trouve ça super intéressant de voir la Corée du nord de près justement.

Il ne faut pas oublier que la Corée c'est aussi et surtout un peuple, c'est pas juste Kim Jong-il la Corée du nord...

Et le discourt manichéen méchant et gentil, c'est ridicule et n'amène nul part.

De toutes les façons, avant de dépasser les Etats Unis dans la perfidie, il faut se lever de bon heure.

N'oublie pas de préciser la propagande anti russe qui est en court et le nombre astronomique de mensonges. Diffuser de la propagande ne fera pas de toi une personne meilleur.

De plus les américains c'est deux poids deux mesures ils protègent l'Arabie Saoudite, parle nous des saoudiens Evol si il te plait.... Ils sont pire que les russes et dix fois plus.

De Soral je m'en fiche, j'ai juste bien aimé son récit sur son voyage en Corée du nord.
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evol

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MessageSujet: Re: Qu'en est-il vraiment de la Corée du nord ?    Jeu 3 Aoû - 15:56

Soral est un capitaliste pur et dur dans les faits qui se fiche de ceux qui croient en lui
Fortune estimée 239 millions d'euros; il ne l'a pas marqué son site mais en parle
Comme il vend surtout grâce a amozone ou par internet
(amozone, le plus grand milliardaire de tous les temps  90 000 000 000 de $ (argent de poche) )
Soral y contribue non ? Il vend ses livres par amozone

ils ont fait une enquete pour comprendre la vitesse de ses ventes
(non  pas qu'il bat de record de vente, mais de vitesse de vente jamais vue  cyclops )
Pour en conclure que qu'il utilise la viralité sans passer par les médias (grâce a ces vidéos sur youtube ^^), comme cela, sa publicité est gratuite ^^
(grâce a ceux qui la relaient (par conviction (et qui ne seront pas rémunérés (of course))))

La Russie est un peuple
la Corée aussi
Ils ont leur part de responsabilité,
Et les dirigeants qu'ils méritent en quelque sorte, comme dans n'importe quel pays
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orné

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MessageSujet: Re: Qu'en est-il vraiment de la Corée du nord ?    Sam 12 Aoû - 17:32

Bonsoir,
Bien entendu l'histoire de la Corée du nord n'excuse en rien le comportement despote et psychopathe de Kim Jong-un. Mais cela explique bien des choses qu'on a oublié pour cause d'informations orientées et pro américaine.
Orné


Voilà pourquoi la Corée du Nord déteste autant les États-Unis…

Source : Association d’amitié franco-coréenne, 24-06-2010



Quand les Etats-Unis détruisaient un pays pour le sauver

Le 25 juin 2010 marque le soixantième anniversaire du début de la Guerre de Corée, appelée «Guerre de Libération de la patrie » en République populaire démocratique de Corée. Entre 1950 et 1953, les hostilités ont fait près de quatre millions de victimes, mais l’ « héritage » de cette guerre va bien au-delà de ce bilan humain déjà terrifiant : l‘accord d’armistice signé à Panmunjom le 27 juillet 1953 a scellé la division de la péninsule coréenne en établissant une ligne de démarcation militaire entre le nord et le sud, et, faute de véritable traité de paix, la Corée reste « techniquement » en état de belligérance.

Au lendemain de la libération de la Corée (15 août 1945), après 35 ans de colonisation japonaise, le peuple coréen pouvait pourtant légitimement prétendre à recouvrer son indépendance et sa souveraineté, comme s’y étaient engagés les pays alliés lors de la Conférence du Caire (novembre 1943). Cette légitime aspiration de la nation coréenne ne fut malheureusement pas réalisée dans le contexte d’affrontement des grandes puissances : dès le mois de septembre 1945, deux zones d’occupation, soviétique et américaine, se mirent en place de part et d’autre du 38emeparallèle. En 1948, l’organisation d’élections séparées au sud, sous l’égide de l’ONU où les Etats-Unis disposaient de la majorité, aboutit à la création de deux Etats coréens : la République de Corée au sud, la République populaire démocratique de Corée au nord. La partition de fait de la Corée était réalisée. La nation coréenne se trouvait dramatiquement divisée contre son gré par la « frontière » artificielle du 38eme parallèle, autour de laquelle divers accrochages firent des milliers de morts de 1945 à 1950.

La thèse de l’offensive nord-coréenne du 25 juin 1950 servit de prétexte à une intervention militaire des Etats-Unis, dans le cadre d’une stratégie américaine globale de « refoulement du communisme ». L’intervention américaine en Corée fut légitimée par le Conseil de sécurité de l’ONU – où l’URSS ne siégeait pas en raison du refus d’y admettre la jeune République populaire de Chine -, le président américain Harry Truman présentant alors l’envoi de troupes en Corée comme une « opération de police » dont le but était de repousser un « raid de bandits contre la République de Corée ». Le président américain l’a fait sans déclaration de guerre, jusqu’alors une condition préalable à la participation militaire des Etats-Unis à l’étranger. Il a ainsi établi un précédent pour le président Lyndon Johnson qui a engagé des troupes dans la Guerre du Vietnam sans jamais solliciter un mandat du Congrès pour son action. Les interventions en Irak et en Afghanistan ont été menées selon les mêmes principes.

Pour cette « opération de police », les Etats-Unis eurent recours à des armes de destruction massive, ou menacèrent d’en utiliser, ce qui contribue encore à éclairer la situation actuelle. Comme l’écrit l’historien américain Bruce Cumings en conclusion de l’article que nous reproduisons ci-après, « la Corée du Nord tenterait, sans raison, de s’équiper en armes de destruction massive, tandis que l’opposition de Washington à cette stratégie relèverait de l’innocence originelle. Pourtant, depuis les années 1940, les Etats-Unis ont eux-mêmes utilisé ou menacé d’utiliser ces armes en Asie du Nord-Est. Ils sont la seule puissance à avoir eu recours à la bombe atomique, et leur dissuasion repose sur la menace de les employer de nouveau en Corée ». Cumings écrivait ces lignes en 2004, sous l’administration Bush. Elles restent d’une troublante actualité, surtout après l’annonce, le 6 avril 2010, de la nouvelle posture nucléaire de l’administration Obama, selon laquelle les Etats-Unis s’autorisent à frapper la Corée du Nord avec des armes nucléaires même si celle-ci n’utilise que des armes conventionnelles.

Mémoires de feu en Corée du Nord
Quand les USA détruisaient un pays pour le sauver


La Corée du Nord tenterait, sans raison, de s’équiper en armes de destruction massive, tandis que l’opposition de Washington à cette stratégie relèverait de l’innocence originelle. Pourtant, depuis les années 1940, les USA ont eux-mêmes utilisé ou menacé d’utiliser ces armes en Asie du Nord-Est. Ils sont la seule puissance à avoir eu recours à la bombe atomique, et leur dissuasion repose sur la menace de les employer de nouveau en Corée.


Bombardier B-29 US en mission, juillet 1950.© Roger-Viollet

Plutôt que d’une guerre « oubliée », mieux vaudrait parler, s’agissant de la guerre de Corée (1950-1953), d’une guerre inconnue. L’effet incroyablement destructeur des campagnes aériennes US contre la Corée du Nord – qui allèrent du largage continu et à grande échelle de bombes incendiaires (essentiellement au napalm) aux menaces de recours aux armes nucléaires et chimiques 1 et à la destruction de gigantesques barrages nord-coréens dans la phase finale de la guerre – est indélébile. Ces faits sont toutefois peu connus, même des historiens, et les analyses de la presse sur le problème nucléaire nord-coréen ces dix dernières années n’en font jamais fait état.

La guerre de Corée passe pour avoir été limitée, mais elle ressembla fort à la guerre aérienne contre le Japon impérial pendant la seconde guerre mondiale, et fut souvent menée par les mêmes responsables militaires US. Si les attaques d’Hiroshima et de Nagasaki ont fait l’objet de nombreuses analyses, les bombardements incendiaires contre les villes japonaises et coréennes ont reçu beaucoup moins d’attention. Quant aux stratégies nucléaire et aérienne de Washington en Asie du Nord-Est après la guerre de Corée, elles sont encore moins bien comprises, alors que ces stratégies ont défini les choix nord-coréens et demeurent un facteur-clé dans l’élaboration de la stratégie US en matière de sécurité nationale.

Le napalm fut inventé à la fin de la seconde guerre mondiale. Son utilisation provoqua un débat majeur pendant la guerre du Vietnam, attisé par des photos insoutenables d’enfants qui couraient nus sur les routes, leur peau partant en lambeaux… Une quantité encore plus grande de napalm fut néanmoins larguée sur la Corée, dont l’effet fut beaucoup plus dévastateur, car la République populaire démocratique de Corée (RPDC) comptait bien plus de villes peuplées que le Nord-Vietnam. En 2003, j’ai participé à une conférence aux côtés d’anciens combattants US de la guerre de Corée. Lors d’une discussion à propos du napalm, un survivant de la bataille du Réservoir de Changjin (Chosin, en japonais), qui avait perdu un œil et une partie de la jambe, affirma que cette arme était bel et bien ignoble, mais qu’elle « tombait sur les bonnes personnes ».

Les bonnes personnes ? Comme lorsqu’un bombardement toucha par erreur une douzaine de soldats US : « Tout autour de moi, les hommes étaient brûlés. Ils se roulaient dans la neige. Des hommes que je connaissais, avec qui j’avais marché et combattu, me suppliaient de leur tirer dessus… C’était terrible. Quand le napalm avait complètement brûlé la peau, elle se détachait en lambeaux du visage, des bras, des jambes… comme des chips de pommes de terre frites 2. »

Un peu plus tard, George Barrett, du New York Times, découvrit un « tribut macabre à la totalité de la guerre moderne » dans un village au nord d’Anyang (en Corée du Sud) : « Les habitants de tout le village et dans les champs environnants furent tués et conservèrent exactement l’attitude qu’ils avaient lorsqu’ils furent frappés par le napalm : un homme s’apprêtait à monter sur sa bicyclette, une cinquantaine d’enfants jouaient dans un orphelinat, une mère de famille étrangement intacte tenait dans la main une page du catalogue Sears-Roebuck où était cochée la commande no 3811294 pour une “ravissante liseuse couleur corail”. » Dean Acheson, secrétaire d’Etat, voulait que ce genre de « reportage à sensation » soit signalé à la censure afin qu’on puisse y mettre un terme (3).

L’un des premiers ordres d’incendier des villes et des villages que j’ai trouvés dans les archives fut donné dans l’extrême sud-est de la Corée, pendant que des combats violents se déroulaient le long du périmètre de Pusan, début août 1950, alors que des milliers de guérilleros harcelaient les soldats US. Le 6 août 1950, un officier US donna l’ordre à l’armée de l’air « que soient oblitérées les villes suivantes » : Chongsong, Chinbo et Kusu-Dong. Des bombardiers stratégiques B-29 furent également mis à contribution pour des bombardements tactiques. Le 16 août, cinq formations de B-29 frappèrent une zone rectangulaire près du front qui comptait un grand nombre de villes et de villages, et créèrent un océan de feu en larguant des centaines de tonnes de napalm. Un ordre semblable fut émis le 20 août. Et le 26 août, on trouve dans ces mêmes archives la simple mention : « Onze villages incendiés (4) ».

Les pilotes avaient ordre de frapper les cibles qu’ils pouvaient discerner pour éviter de frapper des civils, mais ils bombardaient souvent des centres de population importants identifiés par radar, ou larguaient d’énormes quantités de napalm sur des objectifs secondaires lorsque la cible principale ne pouvait être atteinte. La ville industrielle de Hungnam fut la cible d’une attaque majeure le 31 juillet 1950, au cours de laquelle 500 tonnes de bombes furent lâchées à travers les nuages. Les flammes s’élevèrent jusqu’à une centaine de mètres. L’armée US largua 625 tonnes de bombes sur la Corée du Nord le 12 août, un tonnage qui aurait requis une flotte de 250 B-17 pendant la seconde guerre mondiale. Fin août, les formations de B-29 déversaient 800 tonnes de bombes par jour sur le Nord (5). Ce tonnage consistait en grande partie en napalm pur. De juin à fin octobre 1950, les B-29 déversèrent 3,2 millions de litres de napalm.

Au sein de l’armée de l’air US, certains se délectaient des vertus de cette arme relativement nouvelle, introduite à la fin de la précédente guerre, se riant des protestations communistes et fourvoyant la presse en parlant de « bombardements de précision ». Les civils, aimaient-ils à prétendre, étaient prévenus de l’arrivée des bombardiers par des tracts, alors que tous les pilotes savaient que ces tracts n’avaient aucun effet (6). Cela n’était qu’un prélude à la destruction de la plupart des villes et villages nord-coréens qui allait suivre l’entrée de la Chine dans la guerre.


Pablo Picasso, Massacre en Corée, 1951

Larguer trente bombes atomiques ?

L’entrée des Chinois dans le conflit provoqua une escalade immédiate de la campagne aérienne. A compter du début novembre 1950, le général MacArthur ordonna que la zone située entre le front et la frontière chinoise soit transformée en désert, que l’aviation détruise tous les « équipements, usines, villes et villages » sur des milliers de kilomètres carrés du territoire nord-coréen. Comme le rapporta un attaché militaire britannique auprès du quartier général de MacArthur, le général US donna l’ordre de « détruire tous les moyens de communication, tous les équipements, usines, villes et villages » à l’exception des barrages de Najin, près de la frontière soviétique et de Yalu (épargnés pour ne pas provoquer Moscou et Pékin). « Cette destruction [devait] débuter à la frontière mandchoue et continuer vers le sud. » Le 8 novembre 1950, 79 B-29 larguaient 550 tonnes de bombes incendiaires sur Sinuiju, « rayant de la carte ». Une semaine plus tard, un déluge de napalm s’abattait sur Hoeryong « dans le but de liquider l’endroit ». Le 25 novembre, « une grande partie de la région du Nord-Ouest entre le Yalu et les lignes ennemies plus au sud (…) est plus ou moins en feu ». La zone allait bientôt devenir une « étendue déserte de terre brûlée (7) ».


Général Mac Arthur

Tout cela se passait avant la grande offensive sino-coréenne qui chassa les forces de l’ONU du nord de la Corée. Au début de l’attaque, les 14 et 15 décembre, l’aviation US lâcha au-dessus de Pyongyang 700 bombes de 500 livres, du napalm déversé par des avions de combat Mustang, et 175 tonnes de bombes de démolition à retardement qui atterrirent avec un bruit sourd et explosèrent ensuite, quand les gens tentèrent de sauver les morts des brasiers allumés par le napalm. Début janvier, le général Ridgway ordonna de nouveau à l’aviation de frapper la capitale Pyongyang « dans le but de détruire la ville par le feu à l’aide de bombes incendiaires » (objectif qui fut accompli en deux temps, les 3 et 5 janvier 1951). A mesure que les USAméricains se retiraient au sud du 30e parallèle, la politique incendiaire de la terre brûlée se poursuivit : Uijongbu, Wonju et d’autres petites villes du Sud, dont l’ennemi se rapprochait, furent la proie des flammes 8.

L’aviation militaire tenta aussi de décapiter la direction nord-coréenne. Pendant la guerre en Irak, en mars 2003, le monde a appris l’existence de la bombe surnommée « MOAB » (Mother of all bombs, Mère de toutes les bombes), pesant 21 500 livres et d’une capacité explosive de 18 000 livres de TNT. Newsweek en publia une photo en couverture, sous le titre « Pourquoi l’Amérique fait-elle peur au monde ? 9 ». Au cours de l’hiver 1950-1951, Kim Il-sung et ses alliés les plus proches étaient revenus à leur point de départ des années 1930 et se terraient dans de profonds bunkers à Kanggye, près de la frontière mandchoue. Après trois mois de vaines recherches à la suite du débarquement d’Inch’on, les B-29 larguèrent des bombes « Tarzan » sur Kanggye. Il s’agissait d’une bombe nouvelle, énorme, de 12 000 livres, jamais utilisée auparavant. Mais ce n’était encore qu’un pétard à côté de l’arme incendiaire ultime, la bombe atomique.

Le 9 juillet 1950, deux semaines seulement après le début de la guerre, le général MacArthur envoya au général Ridgway un « message urgent » qui incita les chefs d’état-major (CEM) « à examiner s’il fallait ou non donner des bombes A à MacArthur ». Le général Charles Bolte, chef des opérations, fut chargé de discuter avec MacArthur de l’utilisation de bombes atomiques « en soutien direct aux combats terrestres ». Bolte estimait qu’on pouvait réserver de 10 à 20 bombes au théâtre coréen sans que les capacités militaires globales des USA s’en trouvent affectées « outre mesure ». MacArthur suggéra à Bolte une utilisation tactique des armes atomiques et lui donna un aperçu des ambitions extraordinaires qu’il nourrissait dans le cadre de la guerre, notamment l’occupation du Nord et une riposte à une potentielle intervention chinoise ou soviétique comme suit : « Je les isolerai en Corée du Nord. En Corée, je vois un cul-de-sac. Les seuls passages en provenance de Mandchourie et de Vladivostok comportent de nombreux tunnels et ponts. Je vois là une occasion unique d’utiliser la bombe atomique, pour frapper un coup qui barrerait la route et demanderait un travail de réparation de six mois. »

A ce stade de la guerre, toutefois, les chefs d’état-major rejetèrent l’usage de la bombe car les cibles suffisamment importantes pour nécessiter des armes nucléaires manquaient, ils redoutaient les réactions de l’opinion mondiale cinq ans après Hiroshima et ils s’attendaient que le cours de la guerre soit renversé par des moyens militaires classiques. Le calcul ne fut plus le même lorsque d’importants contingents de soldats chinois entrèrent en guerre, en octobre et novembre 1950.

Lors d’une célèbre conférence de presse, le 30 novembre, le président Truman agita la menace de la bombe atomique 10. Ce n’était pas une bourde comme on le supposa alors. Le même jour, le général de l’armée de l’air Stratemeyer envoya l’ordre au général Hoyt Vandenberg de placer le commandement stratégique aérien en alerte « afin qu’il soit prêt à envoyer sans retard des formations de bombardiers équipés de bombes moyennes en Extrême-Orient, (…) ce supplément[devant] comprendre des capacités atomiques ». Le général d’aviation Curtis LeMay se souvient à juste titre que les CEM étaient parvenus auparavant à la conclusion que les armes atomiques ne seraient probablement pas employées en Corée, sauf dans le cadre d’une « campagne atomique générale contre la Chine maoïste ». Mais puisque les ordres changeaient en raison de l’entrée en guerre des forces chinoises, LeMay voulait être chargé de la tâche ; il déclara à Stratemeyer que son quartier général était le seul qui possédait l’expérience, la formation technique et « la connaissance intime » des méthodes de largage. L’homme qui dirigea le bombardement incendiaire de Tokyo en mars 1945 était prêt à mettre le cap de nouveau sur l’Extrême-Orient pour diriger les attaques 11. Washington se souciait peu à l’époque de savoir comment Moscou allait réagir car les USAméricains possédaient au moins 450 bombes atomiques tandis que les Soviétiques n’en avaient que 25.


Curtis LeMay

Peu de temps après, le 9 décembre, MacArthur fit savoir qu’il voulait un pouvoir discrétionnaire concernant l’utilisation des armes atomiques sur le théâtre coréen, et, le 24 décembre, il soumit une « liste de cibles devant retarder l’avancée de l’ennemi » pour lesquelles il disait avoir besoin de 26 bombes atomiques. Il demandait en outre que 4 bombes soient larguées sur les « forces d’invasion » et 4 autres sur les « concentrations ennemies cruciales de moyens aériens ».

Dans des interviews parues après sa mort, MacArthur affirmait avoir un plan permettant de remporter la guerre en dix jours : « J’aurais largué une trentaine de bombes atomiques (…) en mettant le paquet le long de la frontière avec la Mandchourie. » Il aurait ensuite amené 500 000 soldats de la Chine nationaliste au Yalu, puis aurait « répandu derrière nous, de la mer du Japon à la mer Jaune, une ceinture de cobalt radioactif (…) dont la durée de vie active se situe entre soixante et cent vingt années. Pendant soixante ans au moins, il n’aurait pas pu y avoir d’invasion terrestre de la Corée par le nord ». Il avait la certitude que les Russes n’auraient pas bougé devant cette stratégie de l’extrême : « Mon plan était simple comme bonjour 12. »

La radioactivité du cobalt 60 est 320 fois plus élevée que celle du radium. Selon l’historien Carroll Quigley, une bombe H de 400 tonnes au cobalt pourrait détruire toute vie animale sur terre. Les propos bellicistes de MacArthur paraissent insensés, mais il n’était pas le seul à penser de la sorte. Avant l’offensive sino-coréenne, un comité dépendant des chefs d’état-major avait déclaré que les bombes atomiques pourraient s’avérer être le « facteur décisif » qui stopperait l’avancée chinoise en Corée. Au départ, on envisageait éventuellement leur utilisation dans « un cordon sanitaire[pouvant] être établi par l’ONU suivant une bande située en Mandchourie juste au nord de la frontière coréenne ».

La Chine en ligne de mire

Quelques mois plus tard, le député Albert Gore (le père d’Al Gore, candidat démocrate malheureux en 2000), qui s’opposa par la suite à la guerre du Vietnam, déplorait que « la Corée détruise peu à peu la virilité US » et suggérait de mettre fin à la guerre par « quelque chose de cataclysmique », à savoir une ceinture radioactive qui diviserait la péninsule coréenne en deux de façon permanente. Bien que le général Ridgway n’ait pas parlé de bombe au cobalt, après avoir succédé à MacArthur en tant que commandant US en Corée, il renouvela en mai 1951 la demande formulée par son prédécesseur le 24 décembre, réclamant cette fois 38 bombes atomiques 13. Cette demande ne fut pas acceptée.

Début avril 1951, les USA furent à deux doigts d’utiliser des armes atomiques, au moment, précisément, où Truman révoquait MacArthur. Si les informations concernant cet événement sont encore en grande partie classées secrètes, il est désormais clair que Truman ne destitua pas MacArthur uniquement en raison de son insubordination réitérée, mais parce qu’il voulait un commandant fiable sur le terrain au cas où Washington décide de recourir aux armes atomiques. En d’autres termes, Truman se débarrassa de MacArthur pour garder ouverte sa politique en matière d’armes atomiques. Le 10 mars 1951, après que les Chinois eurent massé de nouvelles forces près de la frontière coréenne et que les Soviétiques eurent stationné 200 bombardiers sur les bases aériennes de Mandchourie (d’où ils pouvaient frapper non seulement la Corée, mais les bases US au Japon) 14, MacArthur demanda une « force atomique de type Jour J » afin de conserver la supériorité aérienne sur le théâtre coréen. Le 14 mars, le général Vandenberg écrivait : « Finletter et Lovett alertés sur les discussions atomiques. Je pense que tout est prêt. » Fin mars, Stratemeyer rapporta que les fosses de chargement des bombes atomiques sur la base aérienne de Kadena, à Okinawa, étaient de nouveau opérationnelles. Les bombes y furent transportées en pièces détachées, puis montées sur la base, seul le noyau nucléaire restant à placer. Le 5 avril, les CEM ordonnèrent que des représailles atomiques immédiates soient lancées contre les bases mandchoues si de nouveaux contingents importants de soldats chinois se joignaient aux combats ou, semble-t-il, si des bombardiers étaient déployés de là contre des positions US. Le même jour, Gordon Dean, président de la Commission sur l’énergie atomique, prit des dispositions pour faire transférer 9 têtes nucléaires Mark IV au 9e groupe de bombardiers de l’aviation militaire, affecté au transport des bombes atomiques. (…)

Les chefs d’état-major envisagèrent de nouveau l’emploi des armes nucléaires en juin 1951 – cette fois, du point de vue tactique sur le champ de bataille 15 – et ce fut le cas à maintes autres reprises jusqu’en 1953. Robert Oppenheimer, l’ancien directeur du Projet Manhattan, travailla sur le Projet Vista, destiné à évaluer la faisabilité de l’usage tactique des armes atomiques. Au début de 1951, un jeune homme du nom de Samuel Cohen, qui effectuait une mission secrète pour le département de la défense, étudia les batailles ayant conduit à la seconde prise de Séoul et en conclut qu’il devait exister un moyen de détruire l’ennemi sans détruire la ville. Il allait devenir le père de la bombe à neutrons 16.

Des milliers de villages anéantis

Le projet nucléaire le plus terrifiant des USA en Corée fut probablement l’opération Hudson Harbor. Cette opération semble avoir fait partie d’un projet plus vaste portant sur « l’exploitation ouverte par le département de la défense et l’exploitation clandestine par la Central Intelligence Agency, en Corée, de la possibilité d’utiliser les armes nouvelles » (un euphémisme désignant ce qu’on appelle maintenant les armes de destruction massive). (…)

Sans recourir aux « armes nouvelles », bien que le napalm ait été très nouveau à l’époque, l’offensive aérienne n’en a pas moins rasé la Corée du Nord et tué des millions de civils avant la fin de la guerre. Pendant trois années, les Nord-Coréens se sont trouvés face à la menace quotidienne d’être brûlés par le napalm : « On ne pouvait pas y échapper », m’a confié l’un eux en 1981. En 1952, pratiquement tout avait été complètement rasé dans le centre et le nord de la Corée. Les survivants vivaient dans des grottes. (…)

Au cours de la guerre, écrivit Conrad Crane, l’armée de l’air US « provoqua une destruction terrible dans toute la Corée du Nord. L’évaluation à l’armistice des dégâts provoqués par les bombardements révéla que sur les 22 villes principales du pays, 18 avaient été au moins à moitié anéanties. » Il ressortait d’un tableau établi par l’auteur que les grandes villes industrielles de Hamhung et de Hungnam avaient été détruites à 80 %-85 %, Sariwon à 95 %, Sinanju à 100 %, le port de Chinnamp’o à 80 % et Pyongyang à 75 %. Un journaliste britannique décrivit l’un des milliers de villages anéantis comme « un monticule étendu de cendres violettes ». Le général William Dean, qui fut capturé après la bataille de Taejon, en juillet 1950, et emmené au Nord, déclara par la suite qu’il ne restait de la plupart des villes et des villages qu’il vit que « des gravats ou des ruines couvertes de neige ». Tous les Coréens qu’il rencontra, ou presque, avaient perdu un parent dans un bombardement 17. Winston Churchill, vers la fin de la guerre, s’émut et déclara à Washington que, lorsque le napalm fut inventé à la fin de la seconde guerre mondiale, personne n’imaginait qu’on en « aspergerait » toute une population civile 18.

Telle fut la « guerre limitée » livrée en Corée. En guise d’épitaphe à cette entreprise aérienne effrénée, citons le point de vue de son architecte, le général Curtis LeMay, qui déclara après le début de la guerre : « Nous avons en quelque sorte glissé un mot sous la porte du Pentagone disant : “Laissez-nous aller là-bas (…) incendier cinq des plus grandes villes de Corée du Nord – elles ne sont pas très grandes – ça devrait régler les choses.” Eh bien, on nous a répondu par des cris – “Vous allez tuer de nombreux civils”, et “c’est trop horrible”. Pourtant, en trois ans (…),nous avons incendié toutes (sic) les villes en Corée du Nord de même qu’en Corée du Sud (…). Sur trois ans, on arrive à le faire passer, mais tuer d’un coup quelques personnes pour régler le problème, beaucoup ne peuvent pas l’encaisser 19. »

La Corée du Nord tenterait, sans raison, de s’équiper en armes de destruction massive, tandis que l’opposition de Washington à cette stratégie relèverait de l’innocence originelle. Pourtant, depuis les années 1940, les USA ont eux-mêmes utilisé ou menacé d’utiliser ces armes en Asie du Nord-Est. Ils sont la seule puissance à avoir eu recours à la bombe atomique, et leur dissuasion repose sur la menace de les employer de nouveau en Corée.

Notes

(1) Stephen Endicott, Edward Hagerman, « Les armes biologiques de la guerre de Corée », Le Monde diplomatique, juillet 1999.

(2) Cité dans Clay Blair, Forgotten War, Random House, New York, 1989.

(3) Archives nationales US, dossier 995 000, boîte 6175, dépêche de George Barrett, 8 février 1951.

(4) Archives nationales, RG338, dossier KMAG, boîte 5418, journal KMAG, entrées des 6, 16, 20 et 26 août 1950.

(5) The New York Times, 31 juillet, 2 août et 1er septembre 1950.

(6) Voir « Air War in Korea », dans Air University Quarterly Review 4, n° 2, automne 1950, pp. 19-40, et «Precision bombing », dans Air University Quartely review 4, n° 4, été 1951, pp. 58-65.

(7) Archives MacArthur, RG6, boîte 1, « Stratemeyer à MacArthur », 8 novembre 1950 ; Public Record Office, FO 317, pièce n° 84072, « Bouchier aux chefs d’état-major », 6 novembre 1950 ; pièce no 84073, 25 novembre 1959, sitrep.

(8) Bruce Cumings, The Origins of the Korean War, tome II, Princeton University Press, 1990, pp. 753-754 ; New York Times, 13 décembre 1950 et 3 janvier 1951.

(9) Newsweek, 24 mars 2003.

(10) The New York Times, 30 novembre et 1er décembre 1950.

(11) Hoyt Vandenberg Papers, boîte 86, Stratemeyer à Vandenberg, 30 novembre 1950 ; LeMay à Vandenberg, 2 décembre 1950. Voir aussi Richard Rhodes, Dark Sun : The Making of the Hydrogen Bomb,1955, pp. 444-446.

(12) Bruce Cumings, op. cit., p. 750. Charles Willoughby Papers, boîte 8, interviews par Bob Considine et Jim Lucas en 1954 parus dans le New York Times, 9 avril 1964.

(13) Carroll Quigley, Tragedy and Hope : A History of the World in Our Time, MacMillan, New York, 1966, p. 875. C. Quigley fut le professeur préféré de William Clinton à Georgetown University. Voir aussi B. Cumings, op. cit., p. 750.

(14) Les documents rendus publics après l’effondrement de l’Union soviétique ne semblent pas corroborer cette information. Selon les historiens, les Soviétiques ne déployèrent pas une force aérienne de cette importance à l’époque, contrairement à ce que pensaient les services de renseignement – en raison peut-être d’une désinformation efficace de la part des Chinois.

(15) Il ne s’agissait pas d’utiliser des armes nucléaires dites tactiques, non encore disponibles en 1951, mais d’utiliser les Mark IV tactiquement dans les combats, comme les bombes classiques larguées par les B-29 avaient été utilisées dans les combats depuis fin août 1950.

(16) Samuel Cohen était un ami d’enfance d’Herman Kahn. Voir Fred Kaplan, The Wizards of the Armageddon, Simon & Schuster, New York, 1983, p. 220. Sur Oppenheimer et le projet Vista, voir B. Cumings, op. cit., pp. 751-752, David C. Elliot, « Project Vista and Nuclear Weapons in Europe », dans International Security 2, no 1, été 1986, pp. 163-183.

(17) Conrad Crane, American Airpower Strategy in Korea, University Press of Kansas, Lawrence, 2000, pp. 168-169.

(18) Jon Halliday et Bruce Cumings, Korea : The Unknown War, Pantheon Books, New York, 1988, p. 166.

(19) John Foster Dulles Papers, histoire orale Curtis LeMay, 28 avril 1966.

Bruce Cumings est Professeur d’histoire à l’université de Chicago ; auteur de Parallax Visions : Making Sense of American-East Asian Relations, Duke University Press, Londres, 1999 et de North Korea, Another Country, The New Press, New York, 2004.
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evol

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MessageSujet: Re: Qu'en est-il vraiment de la Corée du nord ?    Dim 13 Aoû - 7:59

Je ne pense pas qu'il y ait besoin d'explication a notre époque pour comprendre quel type de régime est la Corée du nord  No
Tout le monde s'en compte par lui même  cyclops
De plus, leur haine des usa pourra justifier une guerre nucléaire ?  scratch
La haine sait justifier ses pires atrocités, comme l'actualité le montre tous les jours  Twisted Evil
Cette pseudo 'loi du talion' qui conduit toujours a 'qui prend l’épée, périra par l’épée' dans un cercle vicieux sans fin, qui l'arretera ?
la volonté de paix non ?

La Corée du Nord ne ferait elle pas mieux de se développer économiquement pour améliorer les condition de vie de sa population ?
La Corée du sud y est très bien arrivée non ?
D'ailleurs la corée du nord a crée une zone démilitarisé pour faire travailler 50 000 personnes avec la coree du sud

De plus 'chien qui aboie ne mord pas', qu'est ce que cela veut dire ?

Ce qui veux dire qu'il teste par leur provocation (aboiement) la communauté internationale et leurs alliés, Chine, Russie etc

Tout ce qu'elle peut faire militairement en Réalité s'est envahir la corée du Sud What a Face
Je crois que s'est le seul pays au monde (en terme relatif) capable de mobiliser immédiatement 1 million d'Hommes réservistes.
Ils sont plutôt prêt pour une guerre plus traditionnelle non ?

Et Trop drole : Ils ont des accords avec les Chinois et les Russes ou leurs alliés (120 pays)
=> Quand  Les chinois ou les Russes (alliés) acceptent de voter des sanctions contre la Corée du Nord, Ils offrent en échange de contrats, et d'autres accords économiques. drunken

Leurs provocations semblent etre un bon business en plus ^^
Information révélée, en 2013,  par http://jacques.tourtaux.over-blog.com.over-blog.com/article-la-coree-du-nord-vue-et-racontee-autrement-que-par-les-medias-menteurs-officiels-116679211.html
"Alejandro Cao de Benos, délégué spécial du Comité des Relations culturelles avec l'étranger du gouvernement de la Ré­publique populaire démocratique de Corée "
S'est sur qu'a notre époque, il s'abstiendra surement d'en parler a nouveau ^^ (informations dont personne ne parle)

Tout ceux qui ne voient que par la haine des USA, ne comprennent pas vraiment ce qui se passe en coulisse ^^
La haine rend aveugle drunken
Tout marche avec la conscience sunny
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MessageSujet: Re: Qu'en est-il vraiment de la Corée du nord ?    Dim 13 Aoû - 9:02

Je pense que tu as zappé mon intitulé, j'ai bien précisé que cela ne justifie en rien le comportement despotique et psychopathe de Kim Jong-un. Et je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas approfondir sur les raisons qui poussent les coréens du nord aussi loin dans la folie guerrière vu que les médias s'en passe. Le grand publique sait peu de chose sur ce pays, il n'est donc pas fortuit de creuser pour affiner sa compréhension.

Quand il y a une crise entre deux nations qui fini par des joutes verbales, de la provocation et des menaces, la haine se trouve des deux côtés, elle n'est pas une exclusivité de Pyongyang, franchement Trump et ses généraux ne sont pas en reste, ils manquent de discernement et de sagesse. Ils ne font rien pour suivre une vois plus diplomatique et jettent de l'huile sur le feu.
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MessageSujet: Re: Qu'en est-il vraiment de la Corée du nord ?    

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Qu'en est-il vraiment de la Corée du nord ?

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