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 Pourquoi la liberté d’expression est un conte de fées

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akasha

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Féminin Taureau Buffle
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MessageSujet: Pourquoi la liberté d’expression est un conte de fées   Ven 29 Sep 2017 - 2:03

Pourquoi la liberté d’expression est un conte de fées



La liberté d'expression fait partie des nobles principes dont se prévalent les régimes qui se disent «civilisés» et se prétendent «démocratiques». Pour l'idéologie libérale, les choses sont simples. Comme nous sommes libres et égaux, nous jouissons tous de la possibilité de nous exprimer comme nous l'entendons. Attachée à notre nature, cette liberté inaliénable serait  à la portée de tous. Dans ce monde idéal où les libertés n'attendent que l'initiative individuelle pour s'accomplir, où chaque individu est un Robinson en attente d'une île déserte pour y bâtir un monde à son image, chacun serait libre de s'exprimer en toutes circonstances.

En réalité, il suffit de formuler clairement - comme nous venons de le faire - ce que devrait être la liberté d'expression pour s'apercevoir qu'elle est non seulement irréelle, mais absolument impossible sous le régime social qui est le nôtre. Elle est irréelle, en effet, pour la simple raison que tous les citoyens ne peuvent pas exercer cette liberté dans les mêmes conditions. Lorsqu'on vante la liberté d'expression qui régnerait dans les démocraties occidentales, on se contente en réalité d'une liberté abstraite, «formelle» comme disait Marx, et on raisonne comme s'il suffisait d'ouvrir la bouche pour jouir de cette merveilleuse liberté accordée à tous.

Or cette liberté tant vantée est un véritable conte de fées, car son exercice effectif - et non la simple possibilité abstraite de cet exercice - suppose la possession de moyens dont nous ne sommes pas également dotés. Dans le monde féérique du libéralisme cette inégalité ne pose aucun problème, mais il se trouve que nous vivons dans le monde réel. Si je n'ai pas les mêmes idées que mon voisin, il n'est pas indifférent de savoir qu'il possède un journal alors que je n'en possède aucun. Sa liberté d'expression ne sera pas équivalente à la mienne. Dans une société où une minorité détient la majeure partie du capital, il est clair que certains sont «plus libres» que d'autres. Parce qu’ils monopolisent l'exercice de la liberté d'expression, les riches, en réalité, en privent les pauvres.

Envisagée de manière concrète, la question de la liberté d'expression, par conséquent, recoupe celle de la propriété des moyens d'expression. En France, une dizaine de milliardaires possède la quasi-totalité des titres de la presse écrite et audiovisuelle, nationale et régionale. Mais ce n'est pas par amour pour la «liberté d'expression» que ces détenteurs de capitaux ont pris le contrôle des médias. Si c'était le cas, la ligne éditoriale de ces organes de presse ne serait pas monolithique jusqu'à la caricature. Elle ne refléterait pas aussi crûment les choix idéologiques d'une caste qui entend imposer sa vision du monde. «La liberté de la presse, disait Marx, est la liberté que les capitalistes ont d'acheter des journaux et des journalistes dans l'intérêt de créer une opinion publique favorable à la bourgeoisie». Le matraquage médiatique ayant conduit le godelureau de la finance à l'Elysée en est un bon exemple.

On objectera que malgré cette mainmise sur les médias on peut s'exprimer comme on veut sur la Toile. C'est vrai et faux à la fois. Heureusement, de nombreux sites animés par des bénévoles diffusent une information alternative qui bat en brèche le discours dominant. Mais ce n'est pas un combat à armes égales. Les médias officiels disposent de moyens colossaux qui proviennent non seulement de leurs actionnaires privés mais aussi de subventions publiques. Organe central du parti euro-atlantiste, le quotidien «Le Monde», par exemple, perçoit 4 538 000 euros de la part de l'Etat (2015). Bien sûr, de tels subsides n'empêchent pas ce journal de publier des énormités. On peut même se demander s’il n’y a pas une relation de cause à effet. Chacun se souvient des nombreux articles dans lesquels le «quotidien de référence» annonçait la chute imminente de Bachar Al-Assad, conformément à la doctrine du Quai d’Orsay.

Si les sites d'information alternative percevaient le dixième de ce que touchent neuf milliardaires pour maintenir en vie leurs feuilles de chou, on imagine à peine ce qui se passerait. Mais cette répartition équitable de la manne publique ne risque pas de voir le jour. Le système médiatique des démocraties libérales, en effet, repose à la fois sur la concentration capitaliste et la faveur du pouvoir. Un bon journal est un journal qui dit ce qu'il faut dire - du point de vue de l'oligarchie - et à qui l'Etat donne les moyens d'éliminer la concurrence. Le summum a été atteint lorsque la ministre sortante de l'Education nationale a ordonné aux établissements d'offrir aux lycéens un accès gratuit à une dizaine de journaux tout en leur demandant de dissuader les élèves d'aller s'informer sur Internet. En les prenant au berceau, nul doute qu'on obtiendrait encore de meilleurs résultats.

La sphère médiatique une fois verrouillée par l'oligarchie, la liberté d'expression est un droit formel dont l'exercice effectif est réservé à ceux qui la servent. La liberté d’expression se résume dans cet univers orwellien à la dictature de la doxa, le procès en «complotisme», version moderne du procès en sorcellerie, permettant de neutraliser les récalcitrants. Mais cela ne suffit pas. Non seulement l'espace médiatique est saturé par l'idéologie dominante pour cause d'actionnariat privé, mais on veille aussi à ce que l'espace public reste sous contrôle. On refuse alors à un intellectuel américain de l'envergure de Noam Chomsky l'entrée des locaux de l'Assemblée nationale où il devait faire une communication à caractère scientifique. Transformé en SDF, cet éminent linguiste coupable d’un obscur délit d’opinion (il eut le tort de critiquer Israël et les USA) trouva refuge au centre culturel belge.

Pour sauver ce qui reste de cette liberté d'expression moribonde, on pouvait alors espérer que le service public de l'information, hors de portée des affairistes et des lobbies, puisse faire contrepoids. C'était sans compter sur l'intervention du pouvoir. On a récemment pu voir une remarquable émission de la série «Un oeil sur la planète» consacrée à la Syrie. Avec un rare professionnalisme, l'équipe de France 2 dévoilait les aspects contradictoires du drame syrien, rompant avec la narration dominante de cette guerre par procuration. Mais le lobby qui défend les intérêts de l’OTAN et d’Israël a procédé au nettoyage. Après quinze ans de bons et loyaux services, l'émission «Un oeil sur la planète» vient d'être effacée des programmes de la chaîne. Aucun motif n'a été avancé. CQFD.

Pour défendre la liberté d'expression, il faut d'abord cesser de lui prêter une réalité qu'elle n'a pas. On fait comme si chacun était libre d’en jouir, alors qu'il s'agit d'une possibilité dont la réalisation dépend de moyens dont le simple citoyen est dépourvu. Tant que ces moyens sont monopolisés par la bourgeoisie d'affaires, cette réalisation est chimérique. Dans les prétendues démocraties, la liberté de la presse est le manteau dont se drape la classe dominante pour formater l'opinion. «La propagande est à la démocratie ce que la matraque est à la dictature», disait Chomsky. Toute parole qui échappe à la censure de la classe dominante est une victoire, mais c'est l'arbre qui cache la forêt. La seule façon de promouvoir le pluralisme, c’est l'expropriation sans condition des magnats de la presse.

Article original sur la page Facebook de Bruno Guigue

Vu sur Le Vilain Petit Canard
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Archi

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Masculin Capricorne Chèvre
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MessageSujet: Re: Pourquoi la liberté d’expression est un conte de fées   Ven 29 Sep 2017 - 7:16

Pas tellement d'accord avec cet article.
Trop de raccourcis, d'approximations de la part de l'auteur.
Que les médias soient influencés par certaines choses, c'est un fait.
Que la liberté d'expression en soit impactée, je ne pense pas.
Les images de riches et de pauvres sont vraiment utilisées de manière démagogique et l'auteur ne semble pas du tout maitriser le sujet, un article pour faire un article en somme, sans rien dedans.
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RedStard

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Masculin Lion Chèvre
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MessageSujet: Re: Pourquoi la liberté d’expression est un conte de fées   Ven 29 Sep 2017 - 11:49

Au contraire, il y a beaucoup trop d'exemple qui donne raison à cet article. La liberté d'expression ne s'exprime que dans une Matrix idéologique prédéfinie par les intérêts des actionnaires privées, si quelqu'un tente de tenir un discours qui va à l'encontre de cette logique vous êtes éliminé. Aux États-Unis, malgré son imperfection, il y a manifestement une plus grande liberté d'expression même face à l'idéologie dominante que l'on peut aborder sans être disqualifier, Noam Chomsky, Oliver Stone ou même Robert Redford qui compare cette idéologique médiatique de propagande pour manipuler l'opinion populaire.

Citation :
«La liberté de la presse, disait Marx, est la liberté que les capitalistes ont d'acheter des journaux et des journalistes dans l'intérêt de créer une opinion publique favorable à la bourgeoisie».

Karl Marx ne cessera jamais de m'étonner.
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Archi

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Masculin Capricorne Chèvre
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MessageSujet: Re: Pourquoi la liberté d’expression est un conte de fées   Ven 29 Sep 2017 - 13:31

La liberté d'expression ne se résume pas à la liberté de la presse.
Et c'est un peu l'amalgame qui est fait dans cet article.
Le déclencheur est vrai : les moyens d'expressions sont inégaux ce qui biaise l'égalité qui devrait sous-tendre toute forme de liberté d'expression.
Mais le reste c'est beaucoup de colère, pas mal de parano, et essentiellement de l'idéologie.
Ce qu'il dit n'est faux que dans la mesure où il pense être complet et qu'il pense que son constat est systématique et absolu, or cela ne l'est pas.
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RedStard

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Masculin Lion Chèvre
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MessageSujet: Re: Pourquoi la liberté d’expression est un conte de fées   Ven 29 Sep 2017 - 21:56

Archi a écrit:
La liberté d'expression ne se résume pas à la liberté de la presse.

Et bien c'est justement ça le problème, il donne un exemple très juste pour illustrer ce propos : "Si je n'ai pas les mêmes idées que mon voisin, il n'est pas indifférent de savoir qu'il possède un journal alors que je n'en possède aucun. Sa liberté d'expression ne sera pas équivalente à la mienne. Dans une société où une minorité détient la majeure partie du capital, il est clair que certains sont «plus libres» que d'autres." Est-ce que Jean Marie Bigard était libre de douter de la version officielle du 11 Septembre ? bien sûr que si, il n'est tout de même pas en Corée, mais avait-il le droit de l'exprimer dans l'espace médiatique ? certainement pas selon l'ordre établi. S'il n'avait pas demandé pardon officiellement pour avoir émis un doute raisonnable, ça aurait été terminé de sa carrière.

La collusion entre la classe dominante politique, les médias et les multinationales ne sont plus à démontrer, ainsi s'ils déséquilibrent les moyens d'expressions c'est pour leurs intérêts et non pour celui du peuple, de fait les vrais principes de la liberté d'expression du peuple s'arrête là où commence la finance. Surtout que nous sommes en plein dans cet actualité avec un président qui leur particulièrement servile pour assoir un politique d'austérité selon leur exigence, si bien que les médias qui leur sont acquis tente de neutraliser toute forme d'opposition politique en l'occurrence la France Insoumise, une manipulation d'une ampleur démesuré et très grossière. Ainsi certains ont commencé a évoqué la création d'un nouveau média "citoyen" émancipé de la tutelle idéologique et des impératifs des multinationales.


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