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 qui etait krishnamurti ?

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mikafi05



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MessageSujet: qui etait krishnamurti ?   Sam 5 Mar 2011 - 12:28



Article paru dans Le Monde des religions n° 22 (mars/avril 2007)

Parmi les sages contemporains, Jiddu Krishnamurti (1895-1986) occupe une place à part. Né en Inde, éduqué en Grande-Bretagne, il fut proclamé « Messie » à l’âge de seize ans par les théosophes, disciples de Mme Blavatsky (1831-1891). Suite à plusieurs révélations, Krishnamurti renonce à ce rôle et se fait l’apôtre itinérant d’une nouvelle vision du monde profondément libertaire et humaniste. Depuis sa disparition en 1986, sa renommée et son influence n’ont cessé de grandir...

« Changez et vous verrez ce qui se passera »

La vie de Krishnamurti est un mythe religieux moderne, proche de celui du Bouddha. Pour en saisir le fil directeur, il nous faut revenir vingt ans avant la naissance de Krishnamurti, en 1875. Cette année là, Mme Blavatsky fonde la Société Théosophique (ST), à l’instigation des « Maîtres de Sagesse » qu’elle dit avoir rencontré au Tibet. Communiquant avec eux par voie parapsychique, elle a pour mission de révéler leur existence jusque là tenue secrète.

Deux ans avant sa mort, en 1889, Mme Blavatsky révéla à ses proches le véritable but de la création de la ST : préparer la venue prochaine de l’« Instructeur du Monde » (les bouddhistes le nomment Maitreya, les chrétiens Christ). Celui-ci aura pour tâche d’établir la paix sur la terre et la coopération entre les peuples. La mission qu’elle leur confie est de partir à la recherche de « l’Elu », de trouver l’enfant qui lui servira de « véhicule ».

Après plusieurs tentatives infructueuses, le choix des théosophes se porte sur un jeune indien, que ses parents, d’origine brahmane, ont nommé « Krishnamurti » (« qui a la forme de Krishna ») en hommage au dieu hindou. Sa mère, Sanjeevamma, meurt alors qu’il est âgé de dix ans. Pour subsister, son père, théosophe, se déplace avec sa famille au siège de la ST, où il occupera un poste de secrétaire. C’est là, sur la plage d’Adyar, que Leadbeater, un des responsables du mouvement théosophique, « découvre » Krishnamurti. Instantanément, le clairvoyant reconnaît en Krishnamurti une entité exceptionnelle. Ce que Leadbeater contemple au-delà de l’apparence chétive de l’enfant le bouleverse : « la plus magnifique aura qu’il m’ait été donnée de voir, sans la moindre trace d’égoïsme », affirmera-t-il plus tard.

Pour préparer le jeune Messie à sa mission, ses nouveaux tuteurs l’envoient avec son frère Nitya en Europe. Le 11 janvier 1911, à Bénarès, Mme Besant, Présidente de la ST, fonde l’Ordre de l’Etoile d’Orient et place le jeune homme à sa tête. Son objectif : faire connaître au monde l'enseignement de Maitreya par l’intermédiaire de Krishnamurti, son porte parole. Cette décision crée un schisme au sein de la ST : R. Steiner (1861-1925), responsable de la branche allemande, dénonce l’événement comme une mystification et s’en va créer son propre mouvement, l’Anthroposophie (1913).

Bien relayée par les réseaux théosophes, la popularité de Krishnamurti croît très rapidement. Du monde entier, les biens, les donations affluent. Les disciples se comptent par milliers. Krishnamurti, nouveau dieu vivant, est adulé à la manière des grands gurus indiens. Toutefois, sa notoriété a une contrepartie : la solitude. Son douloureux isolement est renforcé par les exercices occultes, l’ascèse sexuelle et les différentes « initiations » auxquels le soumettent ses instructeurs.

En 1922, un événement inattendu survient, à Ojaï, en Californie. Krishnamurti et son frère Nitya, atteint de tuberculose, sont venus se reposer dans la région. Le 17 août, au cours d’une méditation, Krishnamurti ressent une vive douleur dans la nuque, qui empire les jours suivants. Il est contraint de s’aliter, et sombre dans le coma tout en continuant à percevoir se qui se passe autour de lui. Sa conscience s’altère et s’élargit : il s’identifie aux éléments, au cosmos et à tous les êtres vivants. Une fois revenu à lui, Krishnamurti va s’asseoir sous le grand poivrier proche de la maison et une seconde expérience extraordinaire s’ensuit : il quitte son corps, rencontre les Maîtres, entre en contact vibratoire avec le Bouddha, et contemple les « Grands Etres ». « Plus rien ne [sera] comme avant, rapporte-t-il alors. […] J'ai vu la Lumière. J'ai touché la compassion qui guérit toute peine et toute souffrance […]. Je suis ivre de Dieu. »

Ainsi débute ce que Krishnamurti nommera le « processus ». Celui-ci persistera jusqu’à la fin de sa vie, se caractérisant par des états altérés de conscience, et des douleurs physiques aiguës et constantes, localisées principalement à la base de la moelle épinière et à la nuque. (Selon Krishnamurti, il ne s’agit pas de l’éveil de la Kundalini décrite dans les yogas).

Pareille « apocalypse intérieure » ne restera pas sans conséquences : Krishnamurti va progressivement remettre en question son statut de Messie et son appartenance à la ST.

L’année 1925 constitue un tournant décisif : Nitya tombe gravement malade, alors que Krishnamurti s’apprête à partir en Inde pour une tournée de conférences. Les théosophes clairvoyants affirment que Nitya va guérir. Krishnamurti les croit et part. Alors que son bateau est en mer Rouge, il apprend la mort de son frère. Krishnamurti est déchiré, bouleversé, révolté. Son calvaire, sa « descente aux enfers », va durer dix jours. Au terme de cette longue agonie, c’est un homme nouveau qui surgit, totalement transformé. Le divorce d’avec les théosophes devient inévitable.

Krishnamurti cesse de parler des Maîtres, en conteste l’existence, n’évoque plus que son « union avec le Bien-aimé ». « J’ai trouvé, écrit-il en 1927, ce que j’ai tant désiré […]. A présent […] je me sens ne faire qu’un avec mon Bien-aimé. […] Celui qui a atteint la libération est devenu l’Instructeur – comme moi. […] Personne ne peut vous donner la libération, il vous faut la trouver en vous, mais puisque je l’ai trouvée, je vous montrerai la voie… »

C’est à cet instant précis que Krishnamurti devient réellement Krishnamurti et que les prophéties faites au cours de sa jeunesse se révèlent exactes. Le 3 août 1929, lors du camp d’Ommen (Hollande), Krishnamurti renonce définitivement à son statut de Messie et dissous l’Ordre de l’Etoile. « L’Instructeur mondial » cède la place à un instructeur spirituel d’un nouveau type, universellement connu, dont le seul objectif est de « rendre les hommes absolument et inconditionnellement libres ».

L’essentiel de son propos tient en une phrase : « la Vérité est un pays sans chemin ». Lorsque sa biographe anglaise, M. Luytens, lui demandera en 1980 de résumer son enseignement, Krishnamurti ajoutera : « [Les croyances] sont les causes de nos difficultés, car, dans chaque relation, elles séparent l'homme de l'homme. […] La nature unique de l'individu [réside] […] dans une liberté totale à l'égard du contenu de la conscience. […] [Seule la] vision pénétrante [de tous les mouvements de la conscience], hors du temps, produit dans l’esprit un changement profond et radical. »

Pendant cinquante ans, Krishnamurti fera retentir dans le monde entier cet appel à une révolution de la conscience, ne fondant ni groupe, ni mouvement. Ses paroles incendiaires bouleverseront des millions d’hommes, de femmes et d’enfants, appartenant à toutes les races, religions et classes ; les plus grands esprits de notre temps, de David Bohm au Dalaï Lama, viendront à sa rencontre pour débattre des questions les plus diverses : l’amour, la mort, la nature, la pensée, l’observation, la méditation, l’éducation… ; il sera aussi critiqué, combattu, haï, trahi.

Krishnamurti meurt à Ojaï le 17 février 1986, d’un cancer du pancréas. Il s'éteint à quelques pas du grand poivrier au pied duquel, soixante quatre ans auparavant, « tout a commencé ». Lors de son incinération, ni cérémonie, ni prière, comme il l’avait exigé. Pas de stèle commémorative non plus pour éviter tout culte de la personnalité. Que nous laisse-t-il en héritage ? Un enseignement hors du commun, une soixante d’ouvrages traduits en plus de cinquante langues, des centaines d’heures d’enregistrement vidéo, sept écoles pour enfants, germe possible d'une humanité nouvelle. Ses dernières paroles, énigmatiques et paradoxales, résonnent comme un défi : « Vous ne retrouverez pas un corps comme celui-ci […] pendant de nombreux siècles. […] Lorsque viendra la mort, cela s’en ira. […] Ils prétendront tous […] qu’ils peuvent entrer en contact avec cela. Peut-être le pourront-ils […] s’ils vivent les enseignements. Mais personne ne l’a fait. Personne. Ainsi est-il. »

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Raoh



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MessageSujet: Re: qui etait krishnamurti ?   Sam 5 Mar 2011 - 12:37

Entre le dernier des prophètes et l'antéchrist (Dajjâm): 30 Faux messies se succèderont.
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Humain



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MessageSujet: Re: qui etait krishnamurti ?   Sam 5 Mar 2011 - 13:20

http://www.dailymotion.com/jiddu-krishnamurti#videoId=x9km72


Dommage qu'il y ai une musique de fond ^^
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fr_ankh



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MessageSujet: Re: qui etait krishnamurti ?   Sam 5 Mar 2011 - 13:26

Personnage exceptionnel !

sunny


“ Krishnamurti, Sa vie Son Œuvre ” par Pupul Jayakar.
Aux Éditions: L'Âge du Verseau (1989).
Traduit de l'anglais par Anne-Cécile Padoux.


Cliquez pour lire le livre

Krishnamurti - Sa Vie, Son Œuvre


Dernière édition par fr_ankh le Sam 5 Mar 2011 - 13:34, édité 1 fois
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mikafi05



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MessageSujet: Re: qui etait krishnamurti ?   Sam 5 Mar 2011 - 13:30

Raoh a écrit:
Entre le dernier des prophètes et l'antéchrist (Dajjâm): 30 Faux messies se succèderont.

est ce de krisnamurti que tu veut parler en tant que faux prophéte ? car peut être a tu mal lu; ou est tu mal renseigné car sa philosophie va même a l'encontre de tout forme d'identification; il explique même que dans toute forme d'identification il y a une perte d'identité....
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fr_ankh



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MessageSujet: Re: qui etait krishnamurti ?   Sam 5 Mar 2011 - 13:36

4 videos de Krishnamurti

* Krishnamurti à l'ONU
* La nature de la pensée (entretien entre Krishnamurti et Jean-Louis Dewez)
* De l'éducation (entretien entre Krishnamurti et Jean-Louis Dewez)
* Krishnamurti s'entretient avec André Voisin

> http://nous-les-dieux.org/FILMS_et_VID%C3%89OS#Krishnamurti

C'est un Maître et non un prophète ! study
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Humain



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MessageSujet: Re: qui etait krishnamurti ?   Sam 5 Mar 2011 - 13:55

Merci fr_ankh pour tes liens, j'en rajoute un autre, merci pour le partage :)

http://www.krishnamurti-france.org/

je n'avais jamais entendu parler de ce personnage , on sent bien qu'il dit vrai quand il parle.

Citation :
Pourquoi avez-vous peur d’être seul ? Parce que vous êtes face à vous-même tel que vous êtes et que vous constatez que vous êtes vide, terne, stupide, déplaisant, coupable et anxieux - une entité de seconde main, insignifiante et de mauvaise qualité. Faites face au fait ; regardez-le, ne le fuyez pas. Dès que vous fuyez, la peur commence.
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fr_ankh



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MessageSujet: Re: qui etait krishnamurti ?   Sam 5 Mar 2011 - 14:04

Sur ce meme site il y a des liens pdf de ses livres que je te conseille vraiment de lire, un délice pour Toi et un casse tête pour tes neurones. Attention ton ego va en prendre et ne va pas être d'accord du tout.


Jiddu Krishnamurti en PDF : La Dissolution de l'Ordre de l'Etoile | L'Homme et son Message | Le Vol de l'Aigle | Mes conversations avec Jiddu Krishnamurti | La Flamme de l'Attention | Dernier Journal | Aux pieds du maître (Alcyone) | 1933 1934 L'art d'écouter | De l'éducation
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mikafi05



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MessageSujet: Re: qui etait krishnamurti ?   Sam 5 Mar 2011 - 14:11

merci pour tout ces complément d'information fr_ankh. celà permettra au forum de connaitre un peu mieux krisnamurti.
merci encore l'ami Very Happy
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dodo-chan



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MessageSujet: Re: qui etait krishnamurti ?   Sam 5 Mar 2011 - 14:38

Humain a écrit:
http://www.dailymotion.com/jiddu-krishnamurti#videoId=x9km72


Dommage qu'il y ai une musique de fond ^^


c'est la le point culminant,merci pour ce beau partage.
de par mon experience il faudra un tsunami interieur en chaque personne pour tendre a un changement.
une nevrose,une peur constante qui pousse a aller au dessu de sois meme et survoler tout sa comme un aigle.
Krishnamurti de son vivant na pas reussi a changer les choses mais il a laisser quelque pan d'ecorse d'un arbre qui na pas encore pousser.
c'est quand il n'est plus rien que l'humain jailli,et qu'il vois pour la premire fois.
merci encore pour ce beau partage,j'espere qu'il touchera quelque personnes.


amicalemen
dodo
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Markosamo



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MessageSujet: Re: qui etait krishnamurti ?   Sam 5 Mar 2011 - 14:43

excellent personnage s'il en est ! le montage avec le discours de Kennedy et les images est sympathique.

dans les milieux ésotéristes vous entendrez peut-être dire que l'incarnation de Krishnamurti était bien préparée pour être le dernier Instructeur du monde de type Jésus ou Bouddha...s'il n'y avait pas eu les guerres mondiales ; les sectes n'auraient ni existées ni salis les traditions d'ashram, et il y aurait eu un renouveau plus "scolaire" dans un premier temps.Le 11 septembre n'aurait pas existé, et on serait déjà à visiter Vénus astralement^^le futur n'est pas que prédeterminé ! Krishnamurti a donc "redirigé" sa vie en étant ce qu'il est à son niveau, créant parfois des problèmes au début, puisque certaines personnes n'étaient réellement pas prêtes à abandonnner l'idée d'un maître dans leur croissance
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fr_ankh



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MessageSujet: Re: qui etait krishnamurti ?   Sam 5 Mar 2011 - 15:01

Merci à vous mais c'est surtout grâce au travail admirable du site http://nous-les-dieux.org que ceci peut se faire (le partage j'entends).

Leur définission de SurHumain
De nous-les-dieux.org.


Être humain accompli ayant acquis une conscience unitaire et donnant l’exemple d’une nouvelle manière de vivre pour l’humanité.
Il reconnaît le grand besoin d’unité, cet élément primordial qui permet l’établissement d’une véritable solidarité spirituelle, et qui comporte la discrimination, la compassion et le sacrifice de soi.
L’essence de son action est l’union de plusieurs pour réaliser un but unique et humanitaire, et non la prédominance d’un individu considéré comme un gourou ou un sauveur; il agit avec une conscience de groupe et donc avec empathie, intuition et amour, ce qui est le moteur de son activité philanthropique. Il manifeste un esprit de synthèse, une disposition à unir une diversité d’opinions et de caractères, la capacité de rassembler autour de lui les éléments les plus disparates et de les allier en un tout qui fonctionne pour le bien collectif.
Il a la capacité naturelle, rapide et compassionnelle de répondre à la souffrance, le pouvoir de comprendre facilement les principes, des intuitions rapides et de fines perceptions. Un esprit consciencieux, de la sensibilité, un sens aigu de la justice et un dévouement pour la vérité et la justice font partie de ses vertus, de même qu’un bonheur naturel, une intelligence contemplative, une passion prononcée d’apprendre, et un empressement à aider autrui.
Il est équipée de sens spéciaux, dont ceux de percevoir la nature des émotions et des pensées d’autrui, et ses facultés clairvoyantes et prescientes sont plus développés.

-----------------------------------------
Pour ce faire une idée du site voici les dernières nouvelles/nouveatés depuis le début février.


  • Jeudi 3 mars 2011: Le calendrier Maya (expliqué par Don James Boudreau) (plus de 10 heures de Vidéos 4 diaporamas) présentées par Don James Boudreau

  • Mardi 1er mars 2011: L’homme qui plantait des arbres (Vidéo) un film d'animation illustrant le récit de Jean Giono dit par Philippe Noiret

  • Lundi 28 février 2011: Spécial Investigation - Monde Arabe : L’Onde de Choc (Vidéo/Reportage) rediffusé en clair le samedi 26 février 2011 à 13h25 sur CANAL

  • Vendredi 25 février 2011: Le Processus de La Présence (Vidéos/Articles) par Michael Brown

  • Mercredi 23 février 2011: L’agitation dans les pays arabes va-t-elle prendre fin ? (Article documenté) par Carl Johan Calleman

  • Dimanche 20 février 2011: Denis Robert vient de Gagner contre Clearstream ! (Vidéo/Article) Film "Les Dissimulateurs" réalisé par Pascal Lorent et Denis Robert

  • Vendredi 18 février 2011: La création monétaire pour les nuls (que nous sommes) (Vidéo/Documentaire)

  • Jeudi 17 février 2011: Prêt à jeter : l’histoire méconnue de l’obsolescence programmée (Film/Vidéo/Documentaire) diffusé mardi 15 février 2011 à 20h43 sur Arte

  • Mercredi 16 février 2011: Le meilleur du film 8th Wonderland (Vidéo) re-montage vidéo du film 8th Wonderland réalisé par Nicolas Alberny et Jean Mach

  • Samedi 12 février 2011: Zeitgeist Moving Forward (Aller de l'avant dans l'Esprit du Temps) (Film/Documentaire) réalisé par Peter Joseph

  • Jeudi 10 février 2011: Homo Toxicus (Film/Documentaire) réalisé par Carole Poliquin (primé dans plusieurs festivals)

  • Mercredi 9 février 2011: Facebook : la pub vous suit à la trace ! (Vidéo/Reportage) réalisé par Jérôme Lévy (diffusé le 6 février 2011 dans l’émission Capital sur la chaîne M6)

  • Mardi 8 février 2011: Nos enfants nous accuseront (Film/Documentaire) réalisé par Jean-Paul Jaud

  • Samedi 5 février 2011: Qu’est-ce vraiment que Matrix ? (Article)

  • Mardi 2 février 2011: Statistiques d’accès à nous-les-dieux.org en janvier 2011

  • Lundi 1er février 2011: 4ème anniversaire de la naissance de nous-les-dieux.org (Article/Parcours de vie) par LeSurHumain
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Ced



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MessageSujet: Re: qui etait krishnamurti ?   Sam 5 Mar 2011 - 16:01

Je ne connaissai pas ce Krishnamurti, juqu'à maintenant merci !
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fr_ankh



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MessageSujet: Re: qui etait krishnamurti ?   Ven 11 Mar 2011 - 8:57

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fr_ankh



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MessageSujet: Re: qui etait krishnamurti ?   Ven 11 Mar 2011 - 9:55

Entretien avec Krishnamurti par Carlo Suarès


Voici un entretien exceptionnel réalisé par Carlo Suarès pour la revue Planète (n°14 / jan-fev 1964). Ce texte a été rédigé sur les notes prises au cours d’une semaine d’entretien qui ont eu lieu en français. Il a été lu et corrigé par
Krishnamurti lui-même. On peut y voir une mise au point d’une des pensée les plus originales qui soient, et , peut-être une sorte de testament spirituel.



Krishnamurti : Que me veulent-ils, vos amis de Planète ? Veulent-ils des faits réels, ou simplement de l’érudition ?
Pensent-ils que je leur apporterai des résultats de lectures ? Des conclusions ? Des opinions ? Des synthèses ? Des idées ?


Carlo Suarès : Ce n’est pas ce qu’ils veulent.Krishnamurti : Dites-leur que je n’ai rien lu, que je n’ai pas de références. Pour moi, il n’y a de mutation psychologique que lorsque cesse le processus additif.


Carlo Suarès : Vous venez de prononcer le mot de mutation. C’est un mot que l’on trouve souvent dans Planète. mais accompagné, en général, de l’idée que la métamorphose de ce monde moderne peut nous amener, comme naturellement, à un changement d’état intérieur, tandis que vous voulez une révolution totale et immédiate de la conscience, que ne peut provoquer aucune évolution.

Krishnamurti : Nous savons tous que notre époque est explosive, que les moyens de l’homme, demeurés à peu de chose près constants pendant des millénaires, sont tout à coup multipliés des millions de fois ; que les calculateurs électroniques, pour ne mentionner que cela, deviennent d’heure en heure plus fantastiques ; que demain on ira dans la Lune ou ailleurs ; que la biologie est en train de découvrir le mystère de la vie et même de créer la vie. Nous savons que les données les mieux établies de la science s’écroulent ; que tout est constamment remis en question et que les cerveaux sont contraints et forcés de se mettre en mouvement. Nous savons tout cela ; il n’est donc pas nécessaire de revenir sur cet aspect de notre époque. Dans la confusion actuelle, l’homme est à la recherche d’une sécurité matérielle qui ne peut être trouvée que par des connaissances technologiques. Les religions sont devenues des superstructures qui n’ont guère une réelle importance dans les affaires du monde, cependant que les questions fondamentales demeurent sans réponse : le Temps, la Douleur, la Peur...


Mutation, Religions, Peur...


Carlo Suarès: C’est là que nous pouvons entreprendre un débat. Je crois que de nombreux lecteurs de Planète vous diront ceci, puisqu’ils sont aussi d’accord pour constater que le milieu est en plein bouleversement : pourquoi, dès lors, ne. pas penser que ce formidable mouvement ne se produira pas en même temps dans nos cerveaux ?

Krishnamurti : . Nous pouvons, en effet, le penser. Mais est-ce cela que l’on peut appeler une mutation ? Avoir un cerveau électronique ? Le cerveau n’est pas toute la conscience.


Carlo Suarès : Il ne s’agit pas que du cerveau. Notre conscience s’élargit à la mesure de la planète, et ce qui se passe à l’autre bout du monde...

Krishnamurti : Oui, oui, ,j’ai compris...


Carlo Suarès : ... Les moines bouddhistes qui se font briller, les noirs d’Amérique...

Krishnamurti : Mais oui, mais oui, ils font partie de nous, et l’effroyable misère en Asie, et toutes les tyrannies partout, et la cruauté, et l’ambition, et l’avidité, et les innombrables conflits du monde ; nous sentons tout cela. Tout cela, c’est nous. Ayez tout cela totalement présent à l’esprit, et voyez à quelle extraordinaire profondeur doit se faire la mutation.


Carlo Suarès : Il y a en ce moment, en France, un courant de pensée qui, constatant que la complexité du milieu humain est devenue inextricable, souhaiterait que puisse se constituer une pensée humaine collective, capable de rassembler en une synthèse les fils épars de nos connaissances...

Krishnamurti : Quelles autres questions voyez-vous ?


Carlo Suarès : La question religieuse, naturellement. Peut-on prévoir une religion de l’avenir basée sur une meilleure connaissance du Cosmos et sur le sentiment que l’homme en fait partie ?

Krishnamurti : Et quoi encore ?


Carlo Suarès : On m’a chargé de vous demander ce que vous pensez du fait qu’au tréfonds de l’homme moderne, qu’il soit jeune ou vieux, il y a la peur...

Krishnamurti : Je vois. Si vous le voulez bien, nous allons nous mettre au travail... Mais êtes-vous sûr que Planète acceptera de publier tout ce que je dirai ?


Carlo Suarès : J’en ai l’assurance formelle. Pouvez-vous, en une phrase, me donner l’essentiel de ce que vous vous proposez de faire ?

Krishnamurti : Déconditionner la totalité de la conscience.


Carlo Suarès : Vous voulez dire que vous demandez à chacun de déconditionner l’absolue totalité de sa propre conscience ?
Permettez-moi de vous dire que ce qui déconcerte le plus, dans votre enseignement, c’est votre insistante affirmation que ce déconditionnement total de la conscience n’a besoin d’aucun temps.

Krishnamurti : Si c’était un processus évolutif, je ne l’appel rais pas mutation. Une mutation est un changement d’état brusque.


La mutation psychologique n’est pas ce que vous croyez


Carlo Suarès : Je n’imagine pas un "mutant", c’est-à-dire un homme changeant d’état de conscience, qui n’emporterait pas avec lui la résultante de tout le passé. L’homme modifie le milieu et le milieu le modifie...

Krishnamurti : Non : l’homme modifie le milieu et le milieu modifie telle partie de l’homme qui est branchée sur la modification du milieu, non l’homme tout entier, dans son extrême profondeur. Aucune pression extérieure ne peut faire cela : elle ne modifie que des parties superficielles de la conscience. Aucune analyse psychologique ne peut non plus provoquer la mutation car toute analyse se situe dans le champ de la durée. Et aucune expérience ne peut la provoquer, quelque exaltée et« spirituelle » qu’elle soit. Au contraire, plus elle apparaît comme une révélation, plus elle conditionne. Dans les deux premiers cas - modification psychologique produite par l’analyse ou introspection, et modification produite par une pression extérieure - l’individu ne subit aucune transformation profonde : il n’est que modifié, façonné, réajusté, de manière à être adapté au social.

Dans le troisième cas. modification amenée par une expérience dite spirituelle, soit conforme à une foi organisée, soit toute personnelle, l’individu est projeté dans l’évasion que lui dicte l’autorité de quelque symbole.

Dans tous les cas il y a action d’une force contraignante prenant appui sur une morale sociale, c’est-à-dire un état de contradiction et de conflits. Toute société est contradictoire en soi. Toute société exige des efforts de la part de ceux qui la constituent. Or
contradiction, conflit, effort, compétition sont des barrières qui empêchent toute mutation, car mutation veut dire liberté.


Carlo Suarès : D’où les évasions dans les symboles ?

Krishnamurti : II n’y a d’images symboliques que dans les parties inexplorées de la conscience. Même les mots ne sont que des symboles. Il faut crever les mots.


Carlo Suarès: Mais les théologies...

Krishnamurti : Laissons là les théologies. Toute pensée théologique manque de maturité.
Ne perdons pas le fil de notre entretien. Nous en étions à l’expérience, et nous disions que toute expérience est conditionnante.
En effet, toute expérience vécue - et je ne parle pas seulement de celles dites spirituelles - a nécessairement ses racines dans le passé.

Qu’il s’agisse de la réalité ou de mon voisin, ce que je reconnais implique une association avec du passé. Une expérience dite spirituelle est la réponse du passé à mon angoisse, à ma douleur, à ma peur, à mon espérance. Cette réponse est la projection d’une compensation à un état misérable. Ma conscience projette le contraire de ce qu’elle est, parce que je suis persuadé que ce contraire exalté et heureux est une réalité consolante. Ainsi, ma foi catholique ou bouddhiste construit et projette l’image de la Vierge ou du Bouddha, et ces fabrications éveillent une émotion intense dans ces mêmes couches de conscience inexplorées qui,
l’ayant fabriquée sans le savoir, la prennent pour la réalité. Les symboles, ou les mots, deviennent plus importants que la réalité. Ils
s’installent en tant que mémoire dans une conscience qui dit : « Je sais, car j’ai eu une expérience spirituelle. » Alors les mots et le conditionnement se vitalisent mutuellement dans le cercle vicieux d’un circuit fermé.


Carlo Suarès : Un phénomène d’induction ?

Krishnamurti : Oui. Le souvenir de l’émotion intense, du choc, de l’extase engendre une aspiration vers la répétition de l’expérience, et le symbole devient la suprême autorité intérieure, l’idéal vers lequel se tendent tous les efforts. Capter la vision devient un but ; y penser sans cesse et se discipliner , un moyen. Mais la pensée est cela même qui crée une distance entre l’individu tel qu’il est et le symbole ou l’idéal. Il n’y a de mutation possible que si l’on meurt à cette distance. La mutation n’est possible que lorsque toute expérience cesse totalement. L’homme qui ne vit plus aucune expérience est un homme éveillé. Mais voyez ce qui se passe partout : on recherche toujours des expériences plus profondes et plus vastes. On est persuadé que vivre des expériences, c’est vivre réellement. En fait, ce que l’on vit n’est pas la réalité, mais le symbole, le concept, l’idéal, le mot.

Nous vivons de mots. Si la vie dite spirituelle est un perpétuel conflit, c’est parce qu’on y émet la prétention de se nourrir de
concepts comme si, ayant faim, on pouvait se nourrir du mot « pain ». Nous vivons de mots et non de faits. Dans tous les phéno. mènes de la vie, qu’il s’agisse de la vie spirituelle, de la vie sexuelle, de l’organisation matérielle de nos affaires ou de nos loisirs, nous nous stimulons au moyen de mots. Les mots s’organisent en idées, en pensées et, sur ces stimulants, nous croyons vivre d’autant plus intensément que nous avons mieux su, grâce à eux, créer des distances entre la réalité (nous, tels que nous sommes) et un idéal (la projection du contraire de ce que nous sommes). Ainsi, nous tournons le dos à la mutation.
Mourez au temps, aux systèmes, aux mots


Carlo Suarès : Récapitulons. Tant qu’existe dans la conscience un conflit, quel qu’il soit, il n’y a pas mutation. Tant que domine sur nos pensées l’autorité de l’Église ou de l’État, il n’y a pas mutation. Tant que notre expérience personnelle s’érige en autorité intérieure, il n’y a pas mutation. Tant que l’éducation, le milieu social, la tradition, la culture, bref notre civilisation, avec tous ses rouages, nous conditionne, il n ’y a pas mutation. Tant qu’il y a adaptation, il n’y a pas mutation. Tant qu’il y a évasion, de quelque nature qu’elle soit, il n’y a pas mutation. Tant que je m’efforce vers une ascèse, tant que je crois à une révélation, tant que j’ai un idéal quel qu’il soit, il n’y a pas mutation. Tant que je cherche à me connaître en m’analysant psychologiquement, il n’y a pas mutation. Tant qu’il y a effort vers une mutation, il n’y a pas mutation. Tant qu’il y a image, symbole, ou des idées, ou même des mots, il n’y a pas mutation. En ai-je assez dit ? Non pas. Car, parvenu à ce point, je ne peux qu’être amené à ajouter : tant qu’il y a pensée, il n’y a pas mutation.

Krishnamurti : C’est exact.


Carlo Suarès : Alors, qu’est-ce que cette mutation dont vous parlez tout le temps ?

Krishnamurti : C’est une explosion totale à l’intérieur des couches inexplorées de la conscience, une explosion dans le germe ou, si vous voulez, dans la racine du conditionnement, une destruction de la durée.


Carlo Suarès : Mais la vie même est conditionnement. Comment peut-on détruire la durée et ne pas détruire la vie elle-même ?

Krishnamurti : Vous voulez réellement le savoir ?


Carlo Suarès : Oui.

Krishnamurti : Mourez à la Durée. Mourez à la conception total du Temps : au passé, au présent et au futur. Mourez aux systèmes, mourez aux symboles, mourez aux mots, car ce sont des facteurs de décomposition. Mourez à votre psychisme car c’est lui qui fabrique le Temps psychologique.


Ce Temps n’a aucune réalité.


Carlo Suarès : Et alors, que reste-t-il, si ce n’est le désespoir, l’angoisse, la peur d’une conscience ayant perdu tout point d’appui et jusqu’à la notion de sa propre identité ?

Krishnamurti : Si un homme me posait cette question ainsi, je lui répondrais qu’il n’a pas fait le voyage, qu’il a eu peur de passer sur l’autre rive. Qu’est-ce que la peur ?


Carlo Suarès : Ce que vous dites fait peur. Et je me demande si la conscience n’a pas, au plus profond d’elle-même, besoin de cette peur. Cela expliquerait pourquoi celle-ci est toujours entretenue, alimentée par les religions, qui sont censées être des refuges et des tranquillisants. Elles entretiennent la peur en empêchant la conscience de se percevoir telle qu’elle est. Elles interposent, entre la conscience et la réalité, l’écran des théologies.

Krishnamurti : Ce problème est à la fois profond et vaste. Abordons-le en le tâtant, pour ainsi dire, de divers côtés. La peur est Temps et Pensée. Nous donnons une continuité à la peur au moyen de la pensée, et au moyen de la pensée nous donnons une continuité au plaisir. Ce fait est simple : en pensant à l’objet de notre plaisir, nous conférons au plaisir une continuité, et nous faisons de même pour la peur, en pensant à l’objet de notre peur. Si j’ai peur de vous - ou de la mort, ou d’autre chose -, je pense à vous ou à la mort et j’entretiens ainsi la peur. Si, par contre, il nous arrive de rencontrer face à face l’objet de notre peur, celle-ci cesse.


Carlo Suarès : Comment cela ?

Krishnamurti : Je parle de la peur psychologique, non de la peur d’un danger physique que l’on cherche à écarter, ce qui est naturel. Considérez la peur de la mort. En quoi consiste-t-elle ? On divise la totalité du phénomène vital en vie et mort. La vie est connue et, de la mort, on ne sait rien. A-t-on peur de ce que l’on ne connaît pas ou, plutôt, a-t-on peur de perdre ce que l’on connaît ? Il est évident que vie et mort sont deux aspects d’un même phénomène. Si l’on cesse de les considérer comme deux phénomènes différents, il n’y a plus de conflit.


Carlo Suarès : Ne pouvons-nous pas nous poser la question de savoir ce qu’est la peur en soi ?

Krishnamurti : II n’y a pas de peur en soi. Il n’y a jamais que la peur de quelque chose.


La question de la mort


Carlo Suarès : Mais n’existe-t-il pas une peur fondamentale ?

Krishnamurti : Non. La peur est toujours la peur de quelque chose. Examinez la question très attentivement et vous le verrez. Toute peur, même inconsciente, est le résultat d’une pensée. La peur généralement répandue dans tous les domaines et la peur psychologique, à l’intérieur du moi, sont toujours la peur de ne pas être. De ne pas être ceci ou cela, ou de ne pas être tout court. La contradiction évidente entre le fait que tout ce qui existe est transitoire et la recherche d’une permanence psychologique, voilà l’origine de la peur. Pour être libéré de la peur, on doit explorer l’idée de permanence dans sa totalité. L ’homme qui n’a pas d’illusions n’a pas peur. Cela ne veut pas dire qu’il soit cynique, amer ou indifférent.


Carlo Suarès : Cela veut dire qu’il a vu que la structure psychologique sur laquelle il appuie la notion de son identité n’est pas réelle, qu’elle est verbale.

Krishnamurti : Ainsi, nous voici devant un des problèmes majeurs : la mort. Pour comprendre cette question, non pas verbalement mais en fait, je veux dire pour pénétrer en toute réalité le fait de la mort, on doit se débarrasser de tout concept, de toute spéculation, de toute croyance à son sujet, car toute idée que l’on peut avoir là-dessus est engendrée par la peur. Si nous sommes sans peur, vous et moi, nous pouvons poser correctement la question de la mort.
Nous ne nous demanderons pas ce qui arrive « après », mais nous explorerons la mort en tant que fait. Pour comprendre ce qu’est la mort, toute mendicité tâtonnante dans les ténèbres doit cesser. Sommes-nous, vous et moi, dans cette disposition d’esprit qui ne cherche pas à savoir ce qu’il y a « après la mort », mais qui se demande ce qu’est la mort ? Voyez-vous la différence ? Si l’on se demande ce qu’il y a « après », c’est parce que l’on ne se demande pas ce que c’est. Et sommes-nous en condition de nous poser cette question ? Peut-on réellement se demander ce qu’est la mort tant que l’on ne se demande pas ce qu’est la vie ? Et est-ce se demander ce qu’est la vie, tant qu’on a des notions, des idées, des théories au sujet de ce qu’elle est ? Quelle est la vie que nous connaissons ? Nous connaissons l’existence d’une conscience qui se débat sans cesse dans toutes sortes de conflits intérieurs et
extérieurs.

Déchirée dans ses contradictions, cette existence est contenue dans le cercle de ses exigences et de ses obligations, des plaisirs qu’elle recherche et des souffrances qu’elle fuit. Nous sommes entièrement absorbés par un vide intérieur que l’accumulation de possessions matérielles ou mentales ne peut jamais combler. Dans cet état, la question de ce qu’est la mort ne peut pas se poser, parce que la question de ce qu’est la vie ne se pose pas. L’existence que nous connaissons est-elle la vie ? De même, les explications : résurrection des morts, réincarnation, etc., proviennent-elles d’une connaissance de la mort ? Elles ne sont que des projections d’idées que l’on se fait au sujet du fragment d’existence que l’on appelle vie. Mourir à la structure psychologique avec laquelle on s’identifie ; mourir à chaque minute, à chaque journée, à chaque acte que l’on fait, mourir à l’immédiat du plaisir et à la durée de la peine, et savoir tout ce qui est impliqué dans ce mourir ; alors on est apte à poser la question : qu’est-ce que la mort ?

On ne discute pas avec la mort corporelle. Et pourtant, seuls ceux qui savent mourir d’instant en instant peuvent éviter l’entreprendre avec la mort un impossible dialogue. En cette mort perpétuelle est un perpétuel renouveau, une fraîcheur qui n’appartient pas au monde de la continuité dans la Durée. Ce mourir est création. Création est mort et amour.


Les églises ne peuvent rien


Carlo Suarès : J’ai des questions à vous poser au sujet de la religion. Les plus récentes des grandes religions sont tout de même à des époques où la Terre était un disque plat, où le soleil parcourait la voûte du ciel, etc. Jusqu’à une époque récente (Galilée n’est pas loin), elles imposaient par la violence une imagerie enfantine du Cosmos. Aujourd’hui, ne pouvant faire autrement, elles se mettent au pas de la science et se contentent d’avouer que leurs cosmogonies ne sont que symboliques. Mais elles proclament que, malgré cette capitulation, elles sont les dépositaires de vérités éternelles. Qu’en pensez-vous ?

Krishnamurti : Elles poursuivent leur propagande en vue de conquérir un pouvoir sur les consciences. Elles cherchent à s’emparer de l’enfance pour mieux la conditionner.

Les religions des Églises et celles des États proclament la nécessité de toutes les vertus, alors que leur Histoire n’est qu’une série de
violences, de terreurs, de tortures, de massacres inimaginables.


Carlo Suarès : Mais ne pensez-vous pas que les Églises aujourd’hui sont moins étroitement militantes ? Ne voyons-nous pas les chefs des plus grandes Églises déclarer que la fraternité humaine est plus importante que le détail des cultes ?

Krishnamurti : Si une déclaration de fraternité est plus importante que le culte, c’est que le culte a perdu de son importance aux yeux mêmes de ses pontifes. Ce prétendu universalisme n’est tout au plus qu’une tolérance. Etre tolérant, c’est à peine tolérer le voisin sous certaines conditions. Toute tolérance est intolérance, de même que la non-violence est violence.
En vérité, à notre époque, la religion, en tant que véritable communion de l’homme avec ce qui le dépasse, ne joue pas de rôle dans la marche des affaires humaines. Les organisations religieuses, par contre, sont des instruments politiques et économiques.


Carlo Suarès : Mais ces organisations religieuses ne peuvent-elles pas guider les hommes vers une réalité qui les dépasse ?

Krishnamurti : Non.


Qu’est-ce qu’un esprit libre ?


Carlo Suarès: Passons donc au sentiment religieux. L’homme moderne, qui vit consciemment dans l’univers d’Einstein et non plus dans celui d’Euclide, ne peut-il pas mieux communier avec la réalité de l’univers grâce à une conscience avertie et élargie d’une façon adéquate ?

Krishnamurti : Celui qui veut élargir sa conscience peut aussi bien choisir, parmi les psychodrogues, celle qui lui conviendra le mieux. Quant à mieux communier avec l’univers grâce à une accumulation d’informations et de connaissances scientifiques au sujet de l’atome ou des galaxies, autant dire qu’une immense érudition livresque, au sujet de l’amour, nous fait connaître l’amour. Et d’ailleurs votre homme ultra-moderne, si au courant des dernières découvertes scientifiques, aura-t-il pour autant mis le feu à son univers inconscient ?

Tant qu’une seule parcelle inconsciente subsistera en lui, il projettera une irréalité de symboles et de mots au moyen de laquelle il
aura l’illusion de communier avec quelque chose de supérieur.


Carlo Suarès : Ne pensez-vous pas, cependant, qu’une religion de l’avenir sur des bases scientifiques est possible ?

Krishnamurti : Pourquoi parle-t-on de religion d’avenir ? Voyons plutôt ce qu’est la vraie religion. Une religion organisée ne peut produire que des réformes sociales, des changements superficiels. Toute organisation religieuse se situe nécessairement à l’intérieur d’un cadre social. Je parle . d’une révolution religieuse qui ne peut avoir lieu qu’en dehors de la structure psychologique d’une société, quelle qu’elle soit. Un esprit vraiment religieux est dénué de toute peur, car il est libre de toutes les structures que les civilisations ont imposées au cours de millénaires. Un tel esprit est vide, en ce sens qu’il s’est vidé de toutes les influences du passé, collectif et personnel, ainsi que des pressions qu’exerce l’activité du présent qui crée le futur.


Carlo Suarès : Un tel esprit, du fait qu’il s’est vidé de son contenu qui en vérité le contenait, est extraordinairement libre...

Krishnamurti : Il est libre, vif et totalement silencieux. C’est le silence qui importe. C’est un état sans mesure. Alors seulement peut-on voir, mais non en tant qu’expérience, Cela qui n’a pas de nom, qui est au-delàde la pensée, qui est énergie sans cause.
A défaut de ce silence créateur, quoi que l’on fasse, il n’y aura sur terre ni fraternité ni paix, c’est-à-dire pas de vraie religion.


Carlo Suarès : Toutes les religions préconisent quelque forme de prière, quelque méthode de contemplation en vue
d’entrer en communion avec une réalité supérieure, dont le nom, Dieu, Atman, Cosmos, etc. varie. Par quel acte religieux procédez-vous ? Est-ce que vous priez ?

Krishnamurti: La répétition de mots sanctifiants calme un esprit agité en l’endormant.

La prière est un calmant qui permet de vivre à l’intérieur d’un enclos psychologique sans éprouver le besoin de le mettre en pièces, de le détruire. Le mécanisme de la prière, comme tous les mécanismes, donne des résultats mécaniques. Il n’existe pas de prière capable de transpercer l’ignorance de soi. Toute prière adressée à ce qui est illimité présuppose qu’un esprit limité sait où et comment atteindre l’illimité. Cela veut dire qu’il a des idées, des concepts, des croyances à ce sujet, et qu’il est pris dans tout un système d’explications, dans une prison mentale. Loin de libérer, la prière emprisonne. Or, la liberté est l’essence même de la religion, dans le vrai sens de ce mot.
Cette essentielle liberté est déniée par toutes les organisations religieuses, en dépit de ce qu’elles disent. Loin d’être un état de prière, la connaissance de soi est le début de la méditation. Ce n’est ni une accumulation de connaissances sur la psychologie, ni un
état de soumission dite religieuse, où l’on espère la grâce. C’est ce qui démolit les disciplines imposées par la Société ou l’Église. C’est un état d’attention et non une concentration sur quoi que ce soit de particulier. Le cerveau étant tranquille et silencieux observe le monde extérieur et ne projette plus aucune imagination ni aucune illusion. Pour observer le mouvement de la vie, il est aussi rapide qu’elle, actif et sans direction. Alors seulement, l’immesurable, l’intemporel, l’infini peut naître. C’est cela, la vraie religion.


Ce qui reste à éveiller


Carlo Suarès: Pensez-vous qu’une pensée collective, qu’une intelligence collective, ayant enregistré et synthétisé les récentes acquisitions de toutes les sciences, si elle pouvait se constituer, serait à même de guider l’humanité vers une saine évolution ?

Krishnamurti: Du char à bœufs à la fusée astronautique la progression est due à une certaine partie du cerveau.
Se développerait-elle, cette partie, encore des millions de fois, elle ne ferait pas avancer d’un pas le problème fondamental que se pose la conscience humaine à son propre sujet. Et elle se développera. Ce processus est irréversible et nécessaire. Mais il existe une autre partie du cerveau qui n’est pas éveillée et que nous pouvons vitaliser dès aujourd’hui. Cet éveil n’est pas une question de temps. C’est une explosion révolutionnaire qui, aux sources de toute chose, surgit et empêche que se cristallise, que se durcisse, par les dépôts du passé, une structure psychologique.
Cette lucidité aborde chaque problème au fur et à mesure qu’il se présente, et l’importance du problème devient secondaire. La liberté et la paix ne pourront s’instaurer dans le monde que si ce surgissement, qui est énergie sans cause, ni individuelle ni collective, est vivant.


(source)

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abcde



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MessageSujet: Re: qui etait krishnamurti ?   Sam 12 Mar 2011 - 16:43



C'est vrai que ca a beaucoup de sens ce qu'il dit. Pour avoir lu ces livres je peux dire que c'est d'un tout autre genre de ce qu'on peut trouver dans la spiritualité mielleuse et gentille.

Pour ceux qui commencent la lecture, je suggère de prendre son temps car ca secoue la conscience dans le bon sens... bronzé bronzé

Il ne faut pas confondre aussi avec un autre krishnamurti qu'on trouve sur youtube
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fr_ankh



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MessageSujet: Re: qui etait krishnamurti ?   Ven 18 Mar 2011 - 22:08




Au cours de nombreuses années de discussions avec des interlocuteurs venus de tous les horizons de la société, comme au cours de causeries publiques qui ont drainé des foules d'auditeurs partout dans le monde, Krishnamurti n'a cessé de souligner la nécessité de rentrer en soi-même, de se connaître soi-même, si l'on veut pouvoir comprendre les racines profondes des conflits communs à l'individu et à la société - car " nous sommes le monde ", et c'est donc notre chaos personnel qui est à la source du désordre général. Les extraits de causeries inédites présentés ici illustrent la vision intensément lucide grâce à laquelle Krishnamurti a su explorer et faire découvrir à tous la source originelle de sa vraie liberté, de sa vraie sagesse, de sa vraie vertu.
Une vision qui défie le temps.



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fr_ankh



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MessageSujet: Re: qui etait krishnamurti ?   Ven 18 Mar 2011 - 23:30



De l'amour et de la solitude est une fascinante enquête au cœur des rapports humains, où sont passés en revue nos liens relationnels - avec les autres, avec nous-même, avec la société. Krishnamurti parle de cette " vraie relation " qui, selon lui, ne peut éclore qu'avec la connaissance de soi et la prise de conscience de tous les facteurs de division qui isolent les uns des autres les individus et les groupes humains.
Seul le renoncement à l'ego pourra nous permettre de comprendre ce problème de la solitude, et d'aimer vraiment.

Qu’est-ce que l’amour ? La possession, le plaisir, la certitude de réciprocité ? Qu’appelons-nous « solitude », et pourquoi en souffrons-nous ?
En s’adressant aux auditoires les plus divers, en Inde, aux Etats-Unis ou en Angleterre, Jiddu Krishnamurti n’a cessé de revenir sur ces thèmes. Loin de nous imposer un système, et en procédant le plus souvent par questions, il nous conduit pas à pas sur le chemin d’une véritable émancipation. C’est en se libérant des blessures du passé, aussi bien que des satisfactions et des plaisirs que chacun de nous brûle de retrouver, que notre esprit peut reconquérir l’innocence et la disponibilité.
Alors seulement nous saurons quelle valeur et quelle place donner à la sexualité comme à l’amitié, à la tendresse comme à la connaissance. Et nous pourrons aimer vraiment
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De l'amour et de la solitude partie 1 sur 2


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mikafi05



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MessageSujet: Re: qui etait krishnamurti ?   Sam 19 Mar 2011 - 9:35

merci fr anck pour ce partage; je ne connaissait pas cet entretient passionnant Very Happy
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fr_ankh



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MessageSujet: Re: qui etait krishnamurti ?   Sam 19 Mar 2011 - 18:59

De rien mikafi05 et j'en ai 7 en tout que je vais placer ici dont celui-ci...

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Dernier journal Le journal que publia Krishnamurti en 1982 est l'une de ses œuvres les plus connues du grand public.
La dernière partie, présentée ici pour la première fois, a été enregistrée à Pine Cottage, sa maison de Californie. L'essentiel de sa philosophie se trouve dans ce recueil.Il introduit parfois un visiteur imaginaire ou un étudiant dont les questions vont lui permettre de préciser sa pensée et de prévenir nos objections.

Convaincu que la plupart des maux graves dont souffre l'homme naissent de son égocentrisme, du moi et de son besoin d'affirmer d'hypothétiques différences, Krishnamurti montre la voie de la sérénité : un esprit, une conscience globale sont nécessaires pour comprendre que nous sommes, chacun, l'humanité entière.

"Le monde est malade ", et tout homme en est responsable. L'auteur aborde les thèmes qui lui sont chers : les vertus du doute et la liberté de l'esprit, les rapports de la pensée et du temps, la méditation, l'intelligence de l'amour...

En poète, en marcheur infatigable, il livre les réflexions apaisantes que lui inspire l'observation de la nature, préparant le lecteur à s'accorder intuitivement à l'enseignement qui les prolonge.
Deux ans plus tard, Krishnamurti s'éteignait à Pine Cottage. >Plus d'informations



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MessageSujet: Re: qui etait krishnamurti ?   Mar 29 Mar 2011 - 19:40

Krishnamurti: Le Livre de la Méditation et de la Vie (livre audio)



Quinze ans après la mort de Krishnamurti, sa pensée demeure une référence dès lors qu'on parle de spiritualité et de méditation. Loin de prétendre à fonder une Église ou une secte, ce philosophe inclassable invite chacun de nous à prendre conscience des multiples conditionnements qui l'environnent (idéologies, croyances, modèles sociaux) afin de s'en dégager et de trouver en lui-même la source de sa liberté. Le Livre de la méditation et de la vie offre un ample panorama des thèmes les plus souvent abordés dans cet enseignement : la souffrance, le désir, l'amour, la mort.
Les chapitres de l'ouvrage correspondent aux mois de l'année et comportent chacun quatre thèmes de réflexion.
C'est la manière idéale de découvrir la pensée de Krishnamurti.

Le lien fileserve
: http://www.fileserve.com/file/z56DCwS

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MessageSujet: Re: qui etait krishnamurti ?   Ven 1 Avr 2011 - 16:17

Krishnamurti, le plus grand... extraordinaire enseignement pour libérer l'esprit de l'Homme de tout conditionnement...
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winipeg



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MessageSujet: Re: qui etait krishnamurti ?   Jeu 7 Avr 2011 - 9:46

On à tous le sentiment d’avoir perdu une mémoire primordiale, dans ce désert où la diversité se dilue dans l’horizon du temps.
Notre âme c’est elle égarée dans la somnolence de notre conscience ?
Dans l’émergence d’un moi tonitruant ?
Je me souviens de mon enfance, et des bons sentiments qui m’habités, que reste t’il de cette empreinte si ce n’est qu’un peu de nostalgie.
Quelle part octroyons-nous à la conscience dans nos agissements quotidiens
Ils sont dans une grande majorité conditionnés par un vortex psychologique, à l’inertie négative.
Les limites de notre compréhension, ne sont pas infranchissables, Krishnamurti en est la preuve.
Et derrière l’écran de notre vie, il y a vraisemblablement une réalité aussi vaste qui nous attend, un monde aussi inouï que celui qu’on modélise avec nos sens.


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fr_ankh



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MessageSujet: Re: qui etait krishnamurti ?   Mar 19 Avr 2011 - 17:50

Entretien avec Krishnamurti

// avril 18th, 2011 // Krishnamurti

On peut difficilement trouver plus inclassable que Krishnamurti, l’homme que l’on avait voulu transformer en « nouveau Christ » quand il était encore enfant et qui, prenant le large, refusa toute idéologie et toute Église au nom de la plus exigeante des libertés : celle qui nous débarrasserait radicalement de toute habitude et de toute prévision. Son leitmotiv était : « Liberons-nous du connu ! » Mission apparemment impossible : comment pourrait-on ne pas s’appuyer sur une quelconque croyance pour fonctionner ? Sa vie durant, multipliant les conférences, Krishnamurti développa une maïeutique qui eut le mérite de ne jamais imposer la moindre réponse, mais obligeait ses auditeurs à s’interroger sur le fait que nous vivons la plupart du temps sur des préjugés et des idées toutes faites.

Plus libertaire, tu meurs !


Voici un entretien exeptionel réalisé par Carlo Suarès pour la revue Planète (n°14 / jan-fev 1964). Ce texte a été rédigé sur les notes prises au cours d’une semaine d’entretien qui ont eu lieu en français. Il a été lu et corrigé par Krishnamurti lui-même. On peut y voir une mise au point d’une des pensée les plus originales qui soient, et , peut-être une sorte de testament spirituel.

Krishnamurti : Que me veulent-ils, vos amis de Planète ? Veulent-ils des faits réels, ou simplement de l’érudition ? Pensent-ils que je leur apporterai des résultats de lectures ? Des conclusions ? Des opinions ? Des synthèses ? Des idées ?

Carlos Suarès : Ce n’est pas ce qu’ils veulent.

Krishnamurti : Dites-leur que je n’ai rien lu, que je n’ai pas de références. Pour moi, il n’y a de mutation psychologique que lorsque cesse le processus additif.

Carlos Suarès : Vous venez de prononcer le mot de mutation. C’est un mot que l’on trouve souvent dans Planète. mais accompagné, en général, de l’idée que la métamorphose de ce monde moderne peut nous amener, comme naturellement, à un changement d’état intérieur, tandis que vous voulez une révolution totale et immédiate de la conscience, que ne peut provoquer aucune évolution.

Krishnamurti : Nous savons tous que notre époque est explosive, que les moyens de l’homme, demeurés à peu de chose près constants pendant des millénaires, sont tout à coup multipliés des millions de fois ; que les calculateurs électroniques, pour ne mentionner que cela, deviennent d’heure en heure plus fantastiques ; que demain on ira dans la Lune ou ailleurs ; que la biologie est en train de découvrir le mystère de la vie et même de créer la vie. Nous savons que les données les mieux établies de la science s’écroulent ; que tout est constamment remis en question et que les cerveaux sont contraints et forcés de se mettre en mouvement. Nous savons tout cela ; il n’est donc pas nécessaire de revenir sur cet aspect de notre époque. Dans la confusion actuelle, l’homme est à la recherche d’une sécurité matérielle qui ne peut être trouvée que par des connaissances technologiques. Les religions sont devenues des superstructures qui n’ont guère une réelle importance dans les affaires du monde, cependant que les questions fondamentales demeurent sans réponse : le Temps, la Douleur, la Peur…
Mutation, Religions, Peur…

Carlos Suarès : C’est là que nous pouvons entreprendre un débat. Je crois que de nombreux lecteurs de Planète vous diront ceci, puisqu’ils sont aussi d’accord pour constater que le milieu est en plein bouleversement : pourquoi, dès lors, ne. pas penser que ce formidable mouvement ne se produira pas en même temps dans nos cerveaux ?
LIRE LA SUITE





Krishnamurti : l’exigence d’inattendu

// avril 18th, 2011 // Krishnamurti


Extraits d’un article de Fabrice Hervieu-Wane et d’informations tirée du sitewww.krishnamurti-france.org

Krishnamurti (Jiddu est son nom de famille) naît en 1895 à Madanapalle en Andhra Pradesh dans le sud de l’Inde.

Il est le huitième d’une famille modeste de dix enfants. Prénommé en hommage au dieu Krishna, huitième enfant lui aussi, et selon une coutume de sa caste de brahmane, il est désormais connu sous son nom personnel. A l’école du village, il marque très tôt son refus des conditionnements et est considéré par ses professeurs comme un petit garçon rêveur passant son temps à observer la nature et manquant d’attention pour les matières scolaires. Après la mort de sa mère survenue alors qu’il a 10 ans, le père de Krishnamurti obtient un emploi au sein de la Société Théosophique pour subvenir aux besoins de sa famille. C’est à cette même époque, en 1909, que le jeune Krishnamurti fait la rencontre de Charles Leadbeater, un membre influent de la Théosophie, qui aurait reconnu en lui « une aura dépourvue d’égoïsme ».

De 1911 à 1922, l’éducation du jeune homme est donc progressivement prise en charge par la Société Théosophique qui le considère comme « l’instructeur du monde » qu’elle attendait de ses vœux depuis des années. Il est emmené en Europe, y intègre la culture occidentale. Mais, après plusieurs années de conférences prononcées au nom de cette tradition dans de nombreux pays, Krishnamurti se sent de plus en plus à l’étroit au sein du mouvement.

A partir de 1922, en Californie, il traverse une expérience spirituelle profonde, connaissant à la fois une forme d’illumination intérieure et le début d’une souffrance physique qu’il nomme “le processus”. « Il était en fait envahi par une sorte de conscience et d’énergie qui le faisaient craquer de toutes parts et le conduisaient parfois jusqu’à l’évanouissement. Il en a souffert toute sa vie et ne l’a jamais considéré comme le symptôme d’une maladie mais bien plutôt comme une nécessité », explique l’universitaire René Barbier. Cette crise correspondant à un dépouillement de la conscience de soi, modifie en tout point sa vision de l’existence. En 1929, il dissout l’Ordre de l’Etoile d’Orient, créé quelques années auparavant pour le mettre sur le devant de la scène mondiale, quitte définitivement la Théosophie et rend les biens qu’on lui avait donnés (restitution notamment d’une grande propriété avec un château aux donateurs). C’est le 3 août, à Ommen, aux Pays-Bas, qu’il provoque une grande confusion en prononçant son fameux discours devant trois mille membres : « Je maintiens que la vérité est un pays sans chemin et que vous ne pouvez l’approcher par une voie quelle qu’elle soit, ni par aucune religion, ni aucune secte ». Sa vie entière sera désormais consacrée, pendant plus de cinquante ans, à travers le monde entier, à l’écriture, à des conversations avec des personnalités diverses, notamment scientifiques, et surtout à des rencontres publiques internationales (les « causeries »). A 91 ans, en 1986, il meurt d’un cancer du pancréasn à Ojaï, en Californie, en ayant plus que quiconque fait l’expérience du statut de « citoyen du monde ». Ses entretiens et dialogues, son journal et ses lettres ont été rassemblés en plus de soixante volumes.
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Les écoles Krishnamurti

// avril 18th, 2011 // Krishnamurti

S’il se méfiait terriblement des croyances et des enthousiasmes idéologiques, qui aliènent si facilement la créature humaine et font le lit des totalitarismes d’où qu’ils viennent, Krishnamurti n’en resta pas pour autant coincé dans une vision exclusivement critique du monde. Il accepta de s’engager. Son engagement principal s’adressa aux enfants et aux jeunes : il fonda plusieurs écoles, en Angleterre, aux Etats-Unis et en Inde. « Ces écoles, disait-il, ont pour préoccupation de susciter l’apparition d’une nouvelle génération d’êtres humains, libres de toute action égocentrique. Aucun autre centre d’éducation ne s’en soucie, et c’est à nous autres, éducateurs, qu’incombe la tâche de susciter l’émergence d’un esprit sans conflit intérieur, et ainsi de mettre fin aux conflits dans le monde qui nous entoure… » Vingt ans après la mort du visionnaire, il serait intéressant que l’expérience de ces écoles profite à tous les pédagogues – au-delà des pionniers, privilégiés et anglo-saxons (une année scolaire coûte au minimum 10 000 euros) qui les ont inaugurées. Si Platon ou Rabelais vivaient à notre époque, nous serions intéressés de savoir comment ils organisent leurs écoles, nonobstant le caractère élitiste de l’entreprise : celle-ci pourrait être considérée comme un banc d’essai. Voici donc, très concrètement, les « fiches techniques » des écoles Krishnamurti.

Des objectifs révolutionnaires

Les objectifs de ces écoles ne peuvent être mieux définis que par Krishnamurti lui-même.

Voici donc tout d’abord des extraits de lettres qu’il écrivit aux écoles qu’il fonda :

« Comme je voudrais rester en contact avec toutes les écoles en Inde, avec celles de Brockwood Park en Angleterre, d’Oak Grove à Ojaï en Californie et de Wolf Lake au Canada, je me propose de leur adresser une lettre chaque quinzaine, et cela le plus longtemps possible. « L’épanouissement est quelque chose de vraiment important, sinon l’éducation devient simplement un processus mécanique orienté vers une carrière, une profession. Dans la société telle qu’elle existe actuellement il est inévitable de se préoccuper de carrière et de profession, mais si nous leur consacrons tous nos efforts, alors la liberté de s’épanouir s’étiolera peu à peu. Nous avons accordé bien trop d’importance aux examens et aux diplômes. Ce n’est pas là le but essentiel pour lequel ces écoles ont été fondées, ce qui ne veut pas dire que le niveau scolaire des élèves y sera moins bon. Au contraire, l’épanouissement du professeur et de l’élève, la carrière et la profession prendront leur juste place.

« Ces écoles existent essentiellement pour aider à la fois l’élève et l’éducateur à s’épanouir dans la bonté. Cela exige l’excellence dans le comportement, les actes et les relations.
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MessageSujet: Re: qui etait krishnamurti ?   Mer 25 Mai 2011 - 21:45

Personnage trés évolué dans sa compréhension de la conscience, une approche trés particulière qui vous amène tout droit dans vos profondeurs les plus inconnues!
Soyez trés attentif si vous abordez ses paroles, oubliez votre vas et viens mental, plus de passé pas de futur: une présence totale.
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MessageSujet: Re: qui etait krishnamurti ?   Aujourd'hui à 18:56

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qui etait krishnamurti ?

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