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 Voyage dans le coeur des hommes : Textes et poésies

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MessageSujet: Voyage dans le coeur des hommes : Textes et poésies   Jeu 13 Oct 2011 - 8:07

Maturité
Extrait du livre « Au-delà de la psychologie» d'Osho







Les qualités d’une personne mûre sont très étranges.
D’abord, elle n’est pas une personne, elle n’est plus un moi, elle a une présence, mais elle n’est pas une personne.
Ensuite, elle est plutôt comme un enfant…simple et innocente.
C’est pourquoi je dis que les qualités d’une personne mûre sont très étranges, parce que la maturité donne l’idée de quelqu’un qui a de l’expérience, qui a vieilli, pris de l’âge… Physiquement cette personne peut être vieille, mais spirituellement elle est un enfant innocent. Sa maturité n’est pas seulement l’expérience gagnée dans la vie ; elle ne serait alors pas un enfant et elle ne serait pas une présence non plus ; elle serait une personne expérimentée, avec beaucoup de connaissances, mais pas mature.
La maturité n’a aucun rapport avec vos expériences de vie.
Elle a quelque chose à voir avec votre voyage intérieur, avec les expériences intérieures.
Plus quelqu’un va profondément en lui-même, plus mature il est. Lorsqu’il a atteint le centre même de son être, il est parfaitement mature ; mais à cet instant-là, la personne disparaît, seule reste la présence.
Le moi disparaît, ne reste que le silence.
Le savoir disparaît, ne reste que l’innocence.



Selon moi, la maturité est un autre nom pour réalisation ; vous êtes arrivé à l’accomplissement de votre potentiel, c’est devenu réel. La graine a parcouru un long voyage et a fleuri.
La maturité a un parfum. Elle donne une beauté immense à l’individu. Elle donne l’intelligence, l’intelligence la plus pénétrante qui soit. La maturité rend cette personne rien d’autre qu’amour. Son action est amour, son inaction est amour ; sa vie est amour, sa mort est amour. Elle est juste une fleur d’amour.
L’occident a des définitions de maturité qui sont très infantiles. En occident, maturité veut dire que vous n’êtes plus innocent, que vous avez mûri par des expériences de vie, que vous ne pouvez pas être trompé facilement, que vous ne pouvez pas être exploité, que vous avez en vous quelque chose comme un roc solide, une protection, une sécurité.
Cette définition est très banale, très matérielle. Oui, dans le monde vous trouverez des gens mûrs de ce type. Mais la façon dont je considère la maturité est totalement différente, diamétralement opposée à cette définition. La maturité ne fera pas de vous un roc ; elle vous rendra si vulnérable, si doux, si simple.
Cela me rappelle une histoire…
Un voleur entra dans la hutte d’un maître. C’était une nuit de pleine lune et il y entra par erreur ; autrement qu’y a-t-il à trouver dans la maison d’un maître ? Le voleur regarda autour de lui et fut stupéfait de la trouver vide. Tout à coup il vit un homme s’approcher avec une bougie à la main.
L’homme lui dit: « Que cherches-tu dans le noir ? Pourquoi ne m’as-tu pas réveillé ? Je dormais juste près de la porte d’entrée et j’aurais pu te montrer toute la maison« . Et l’homme semblait si simple et si innocent, comme s’il ne pouvait pas concevoir que quelqu’un pouvait être un voleur.
Devant sa simplicité et son innocence, le voleur lui dit: « Peut-être ne savez-vous pas que je suis un voleur ? »
Le maître répondit: « Que m’importe, chacun doit être quelqu’un. Le fait est que j’ai vécu dans cette maison pendant trente ans et que je n’ai rien trouvé, alors cherchons ensemble ! Et si nous pouvons trouver quelque chose, nous serons partenaires. Je n’ai jamais trouvé rien dans cette maison ; elle est vide« .
Le voleur eut un peu peur, l’homme semble être étrange… ou bien il est fou ou bien… qui sait quel sorte d’homme est-ce ? Il voulut s’échapper, parce qu’il avait pris avec lui des objets de deux autres maisons, qu’il avait déposés à l’extérieur de la maison.
Le maître avait seulement une couverture; c’était tout ce qu’il avait et c’était une nuit froide, alors il dit au voleur: « Ne t’en va pas, ne m’insulte pas ainsi; sinon je ne serai jamais capable de me pardonner, qu’un pauvre homme soit venu chez moi au milieu de la nuit et ait dû repartir les mains vides. Prends juste cette couverture et ce sera bon, il fait si froid dehors. Je suis à l’intérieur de la maison; il fait plus chaud ici« .
Il couvrit le voleur avec sa couverture. Le voleur en perdait la tête ! Il dit: « Mais que faites-vous ? Je suis un voleur ! »
Le maître dit: « Ça ne fait rien, dans ce monde chacun doit être quelqu’un, doit faire quelque chose. Peut-être voles-tu; cela n’a pas d’importance, une profession est une profession. Fais-la simplement bien, avec toutes mes bénédictions, fais-la parfaitement, ne te fais pas attraper ; autrement tu auras des problèmes« .
Le voleur lui dit: « Vous êtes étrange, vous êtes nu et vous n’avez rien ! »
Le maître répondit: « Ne t’en fais pas, parce que je viens avec toi ! C’est seulement la couverture qui me retenait dans cette maison ; à part cela, dans cette maison il n’y a rien et la couverture je te l’ai donnée. Je viens avec toi, nous vivrons ensemble. On dirait que tu as beaucoup de choses; c’est une bonne association. Je t’ai donné mon tout. Tu peux me donner un petit peu; ce sera équitable« .
Le voleur n’en crut pas ses oreilles ! Il ne voulait que détaler au plus vite de cet endroit et de cet homme. Il dit: « Non, je ne peux pas vous prendre avec moi ! J’ai ma femme, j’ai mes enfants et mes voisins, que diront-ils ? « Tu nous amènes un homme nu ! »
Le maître soupira: « C’est juste, je ne te mettrai pas dans une situation embarrassante. Tu peux donc t’en aller, je resterai dans cette maison. »
Et comme le voleur s’en allait, le maître cria: « Hé! Reviens ! » Le voleur n’avait jamais entendu une voix si forte; elle entrait comme un couteau, il dû rebrousser chemin. Le maître lui dit: « Apprends quelques bonnes manières, je t’ai donné la couverture et tu ne m’as même pas remercié. Donc d’abord, remercies-moi; cela t’aidera beaucoup. Deuxièmement, tu as ouvert la porte lorsque tu es entré; alors refermes-la en sortant ! Ne peux-tu pas voir que la nuit est si froide et ne peux-tu pas voir que je t’ai donné la couverture et que je suis nu ? Être un voleur c’est bien, mais en ce qui concerne la courtoisie, je suis un homme difficile, je ne peux pas tolérer cette sorte de comportement. Dis merci ! »
Le voleur fut contraint de dire : « Merci, monsieur » ; il ferma la porte et s’enfuit. Il ne pouvait pas croire à ce qui venait de se passer ; il ne put fermer l’oeil de toute la nuit. À maintes reprises il se souvenait… jamais il n’avait entendu une voix si forte, un tel pouvoir et l’homme ne possédait rien !
Le jour suivant, il s’informa à la ronde et découvrit qu’il s’agissait d’un grand maître. Il s’était vraiment mal conduit face à lui ! C’était absolument laid d’aller chez ce pauvre homme ; il ne possédait rien du tout. Mais c’était un grand maître.
Le voleur se dit: « Je peux comprendre au moins cela; que c’est un homme d’une sorte très étrange. Toute ma vie je suis entré en contact avec des gens différents, du plus pauvre au plus riche, mais jamais … même lorsque je pense à lui, un frissonnement me traverse le corps.
Lorsqu’il m’a rappelé je ne pouvais plus m’enfuir. J’étais absolument libre, je pouvais prendre mes objets et partir en courant, mais je ne le pouvais pas, il y avait quelque chose dans sa voix qui m’a tiré en arrière« .
Quelques mois plus tard, le voleur fut arrêté et lors de son procès le juge lui demanda : « Pouvez-vous nommer une personne qui vous connaît dans cette région ? »
Le voleur répondit: « Oui, une personne me connaît… » et il nomma le maître.
Le juge dit: « Cela suffit; appelez le maître, son témoignage vaut celui de dix mille personnes. Ce qu’il dira de vous sera suffisant pour prononcer le jugement« .
Le maître fut convoqué et le juge lui demanda: « Connaissez-vous cet homme ? »
Le maître répondit: « Si je le connais ? Nous sommes des associés, c’est mon ami. Il m’a même fait une visite une fois au beau milieu de la nuit. Il faisait si froid que je lui ai donné ma couverture. Il l’utilise maintenant, vous pouvez le constater. Cette couverture est célèbre dans tout le pays; chacun sait que c’est la mienne« .
Le juge dit : « C’est votre ami ? Et… est-ce qu’il commet des vols ? »
Le maître dit: « Jamais ! Il ne pourrait jamais voler. C’est un tel gentleman que lorsque je lui ai donné ma couverture il m’a dit: « Merci, monsieur » et lorsqu’il est reparti de chez moi, il a silencieusement fermé les portes. C’est un monsieur très poli, très agréable« .
Le juge dit: « Si vous parlez de lui ainsi, alors toutes les preuves des témoins qui l’ont accusé d’être un voleur sont annulées. Il est libre« .
Le maître s’en alla et le voleur le suivit.
Le maître se retourna et demanda, « Que fais-tu ? Pourquoi me suis-tu ? »
Le voleur lui répondit: « Maintenant je ne peux jamais plus vous quitter. Vous m’avez appelé votre ami, vous m’avez appelé votre associé. Personne ne m’avait jamais donné aucun respect. Vous êtes la première personne qui a dit que je suis un monsieur, une personne agréable. Je vais m’asseoir à vos pieds et apprendre comment être comme vous. D’où avez-vous obtenu cette maturité, ce pouvoir, cette force, cette observation des choses d’une façon totalement différente des autres ? »
Le maître lui raconta: « Sais-tu comme je me suis senti mal cette nuit ? Tu étais parti ; il faisait si froid. Sans couverture, le sommeil était impossible. J’étais assis juste vers la fenêtre, et en voyant la pleine lune j’ai écrit ce poème: « Si j’étais assez riche, j’aurais donné cette lune parfaite à ce pauvre camarade, qui était venu dans l’obscurité pour chercher quelque chose dans la maison d’un pauvre homme. Je lui aurais donné la lune si j’avais été assez riche, mais je suis pauvre moi-même. Je te montrerai le poème, viens avec moi« .
Puis il rajouta en chemin: « Cette nuit-là j’ai pleuré, car les voleurs devraient quand même apprendre certaines choses. Au moins, ils devraient me faire savoir un jour ou deux à l’avance quand ils viendront voir un homme comme moi, comme ça on pourrait s’arranger et ils ne repartiraient pas les mains vides. Heureusement que tu t’es souvenu de moi au tribunal, parce que ces gaillards sont dangereux, ils auraient pu te maltraiter. Je t’avais offert cette nuit-là de venir chez toi et d’être des associés, mais tu avais refusé. Maintenant tu le veux… Il n’y a aucun problème, tu peux rester. Quoi que j’aie, je partagerai avec toi. Mais ce n’est pas matériel, c’est quelque chose d’invisible« .
Le voleur dit: « Cela je peux le ressentir; c’est quelque chose d’invisible. Mais vous avez sauvé ma vie et maintenant elle est à vous, faites ce que vous voulez en faire, je n’ai fait que la gaspiller. En vous voyant, en regardant dans vos yeux, une chose est certaine, vous pouvez me transformer. Je suis tombé amoureux de cela cette nuit-là« .
La maturité, selon moi, est un phénomène spirituel.


Dernière édition par LOU le Jeu 5 Avr 2012 - 5:37, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Voyage dans le coeur des hommes : Textes et poésies   Jeu 13 Oct 2011 - 17:51

Lou, merci, très bel article ! cheers
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MessageSujet: Re: Voyage dans le coeur des hommes : Textes et poésies   Ven 14 Oct 2011 - 7:54


j'avoue que j'aime beaucoup !!
merci à toi.............
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MessageSujet: Re: Voyage dans le coeur des hommes : Textes et poésies   Ven 14 Oct 2011 - 15:47

J'apprécie chaque fois de découvrir tout ce que tu postes, Lou alien
quelle douceur quelle sagesse
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MessageSujet: Re: Voyage dans le coeur des hommes : Textes et poésies   Ven 14 Oct 2011 - 20:46

Like a Star @ heaven merci Pascale_ c'est très gentil..........., on essaye de tendre vers............., mais il reste encore du chemin à faire .............!!!
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MessageSujet: Re: Voyage dans le coeur des hommes : Textes et poésies   Ven 14 Oct 2011 - 21:48


Fais ton chemin dame Lou ! Tu es sur la bonne voie, à mon humble avis. Car personne ne te sauvera non personne, que toi-même.

Puisque nous sommes dans la section philosophie humanisme spiritualité, ce forum, comme toutes les étapes de notre existence dans cette incarnation, sur cette terre, à cette époque, est un passage temporaire. D'où l'importance de faire son propre chemin.

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MessageSujet: Re: Voyage dans le coeur des hommes : Textes et poésies   Sam 15 Oct 2011 - 1:41

C'est bien là que la vérité se trouve ainsi que la force de chacun, comprendre que les attaques adverse sont une illusion, ça c'est la première partie, mais si je subit une attaque de quelque nature qu'elle soit c'est parce que je ne suis pas en fase avec moi meme puisque je créer ma réalité donc j'attire à moi ce que je suis (et pas ce que je veut (mental) ) ,si j'ai éliminer en moi tout conflits et bien je ne peut aucunement attiré dans ma réalité un conflit ou une attaque car j'attire ce que je suis, c'est à dire un etre sans conflit intérieur.


La réalité est à l'intérieur de chacun et cet intérieur s'extériorise et devient "réalité matériel".

Axe
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MessageSujet: Re: Voyage dans le coeur des hommes : Textes et poésies   Sam 15 Oct 2011 - 3:16

Merci Pascale_ : Car personne ne te sauvera non personne, que toi-même


j'aime beaucoup :

Ma plus belle évasion" de Michel Vaujour.



Je crois qu’on peut tout réussir, vraiment tout, si on est prêt à tout sacrifier, même, et surtout, ce que l’on croit être.

La pire des prisons est celle dans laquelle l'esprit peut s'enfermer, se figer.

On peut tout dépasser et même qu’on a tout à y gagner, à tout dépasser.

J’ai eu la chance d’être obligé d’aller plus loin que la norme. Et de tenir.

Et plus le chemin est dur et plus on finit par découvrir des forces au fond de soi, des forces dont on ignorait la présence. Des forces qu’on ignorerait d’ailleurs peut-être toujours, si on n’avait pas été obligé d’aller plus loin.

Michel Vaujour, beaucoup en on entendu parlé, ayant fait la une des journaux et des informations télévisées. Il a passé vingt-sept ans en prison, dont dix-sept en isolement total, dans les quartiers « Haute Sécurité », n’ayant jamais tuer, ni violer, ni profiter de quelque argent volé. Un destin. Un destin où il a fallu être enfermé pour se libérer.

Il en est sorti, en 2003, après une remise de peine de seize ans, profondément transformé, et a publié « Ma plus belle évasion », livre dans lequel il évoque sa transformation intérieure grâce au yoga et à la méditation.

Question : Comment vous êtes-vous retrouvé en prison ?

Michel Vaujour : Simplement, comme pour beaucoup de jeunes garçons avec une énergie anarchique : j'ai volé des voitures dans une ville de province grise où je m'ennuyais ferme, pour aller danser... J'ai été condamné bien au-delà de ce que j'aurais dû, à deux ans et demi de prison et cinq ans d'interdiction de séjour, ce qui était aberrant, une sorte d'exil. Peu après ma sortie, je me suis fait arrêter alors que je conduisais sans permis. Vue l'expérience que je venais d'avoir, je me suis sauvé. J'ai couru comme ça pendant trente ans, parce qu'à chaque fois qu'on m'arrêtait, je m'évadais ; et à chaque fois que j'étais repris, la peine était plus lourde. À 25 ans, j'avais déjà vingt-cinq ans de prison à faire ! Dans ma cellule du quartier de haute sécurité, j'ai découvert la solitude et le silence, 24 heures sur 24. Je ne parlais pas avec les surveillants.

Vous dites qu'alors, vous avez éradiqué toutes vos « faiblesses mentales ». De quelle manière avez-vous réussi à les dépasser ?

J'avais envie de mourir. Cet appel de la mort, je m'en suis servi comme dernier moyen pour m'en sortir. Il fallait contrôler cette impulsivité, cette non-maîtrise, qui m'avait amené jusque-là. J'ai découvert le yoga et je suis rentré dans un autre monde. Dans ma minuscule cellule, la lumière artificielle était omniprésente, j'étais cerné de béton et je ne voyais pas même le ciel. Un espace hors temps, hors tout. Le yoga s'engouffra dans le vide existentiel qu'était devenue ma vie et, au fil du temps, tout, absolument tout, devint yoga. De l'éveil, vers 5 h, jusqu'au coucher, je me vouais au yoga, comme d'autres en d'autres lieux de silence et de solitude se vouent à Dieu. Même en m'endormant, j'observais mon sommeil... Ce que j'ai compris dans le yoga, c'est que cette ascèse, à haute dose, et bien employée, permet de se sculpter soi-même. Vous devenez ainsi ce vers quoi vous tendez.

Vous dites souvent que « tout ce qui est vivant se transforme ». En quoi est-ce important d'en prendre conscience ?

Sans cela, on a tendance à se figer, à s'enfermer dans une image flatteuse de nous-même, alors que tout ce que nous sommes est impermanent. De petit deuil en petit deuil de ce que nous croyons être, vient l'acceptation profonde de cette loi de la transformation, qui nous permet d'accueillir pleinement ce qui nous est offert, d'accomplir totalement notre chemin d'humanité et de mourir en paix. La seule chose qui nous appartienne, c'est la vie. Au-delà, je ne sais pas. Mais le simple fait d'être vivant est le miracle. Vivre cela fait de chaque jour un acte de grâce. Je ne sais pas de quoi sera fait l'avenir pour moi, mais jamais je ne cracherai sur la vie. Je crois, par ailleurs, que quand l'homme croit vraiment en quelque chose, qu'il le vit de tout son cœur, de toute son âme, de toutes ses forces dans l'ascèse, l'éthique, alors le suggestif s'incarne en lui. C'est une sculpture qui n'a de fin qu'à l'instant du mourir.

En prison, vous étiez isolé, mais pas seul...

Jamais. Durant les cinq dernières années, j'ai entretenu une correspondance quotidienne de plusieurs heures avec une jeune visiteuse de prison, étudiante en droit à l'époque, qui est ensuite devenue ma femme. C'est elle qui m'a aussi permis de me remettre en question. Jusque-là, j'avais toujours vécu dans le rapport de force. Je ne m'étais jamais ouvert à qui que ce soit. J'ai commencé à échanger avec elle d'égal à égal et cela m'a amené à une véritable ouverture. À elle d'abord, puis le phénomène s'est élargi à tous. Elle m'a appris à dépasser ma petite personne, à sabrer mon ego. Sur le même principe de la transformation, j'ai détruit méthodiquement ce que j'avais construit précédemment, et ça m'a ouvert pleinement à la vie. Cette expérience m'a permis de comprendre que la pire des prisons est celle dans laquelle l'esprit peut s'enfermer, se figer et nous séparer du vivant, de la vie. S'évader de cette prison-là est la plus essentielle des évasions. Le lâcher-prise, l'acceptation profonde des différences, l'amour, en sont les clés.


merci à toi LOU


Dernière édition par LOU le Mar 17 Avr 2012 - 12:18, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: Voyage dans le coeur des hommes : Textes et poésies   Sam 15 Oct 2011 - 3:25

LOU, On touche à tes valeur personnelle parce qu en toi comme en moi il y a une partie de l'etre qui permet qu'une telle chose arrive


Tout est dans l'art de s'améliorer et de changer la vision que tu as de toi, ta réaliter s'ajustera en fonction de la vision que tu as de toi et de l'autorisation que tu t'offrira à ceux que cela n'arrive plus


Amicalement
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MessageSujet: Re: Voyage dans le coeur des hommes : Textes et poésies   Jeu 5 Avr 2012 - 4:56

Larmes de femme

Un petit garçon demanda à sa mère :
- Pourquoi pleures-tu ?
- Parce que je suis une femme, lui répondit-elle.
- Je ne comprends pas, dit-il.
Sa mère le prit dans ses bras et lui dit :
- Et jamais tu ne comprendras.

Plus tard le petit garçon demanda à son père :
- Pourquoi maman pleure-t-elle ? Je ne comprends pas !
- Toutes les femmes pleurent sans raison, fut tout ce que son père put lui dire.

Devenu adulte, il demanda à Dieu :
- Seigneur, pourquoi les femmes pleurent-elles aussi facilement ?

Et Dieu répondit :
- Quand j'ai fait la femme, elle devait être spéciale.
J'ai fait ses épaules assez fortes pour porter le poids du monde ;
et assez douces pour être confortables.
Je lui ai donné la force de donner la vie,
et celle d'accepter le rejet qui vient souvent de ses enfants.

« Je lui ai donné la force pour lui permettre de continuer quand tout le monde abandonne,
et celle de prendre soin de sa famille en dépit de la maladie et de la fatigue.
Je lui ai donne la sensibilité pour aimer ses enfants d'un amour inconditionnel,
même quand ces derniers l'ont blessée durement.

« Je lui ai donné la force de supporter son mari dans ses défauts
et de demeurer à ses côtés sans faiblir.
Et finalement je lui ai donné des larmes à verser quand elle en ressent le besoin.

« Tu vois mon fils, la beauté d'une femme n'est pas dans les vêtements qu'elle porte,
ni dans son visage, ou dans la façon de se coiffer les cheveux.
La beauté d'une femme réside dans ses yeux.
car c'est la porte d'entrée de son coeur - le lieu où réside l'amour.
Et c'est souvent par ses larmes que tu vois passer son coeur.

« Toutes les femmes sont belles,
et nous devons les encourager à s'aimer telles qu'elles sont
et à avoir une juste estime d'elles-mêmes. »

Anonyme

http://www.lespasseurs.com/


Dernière édition par LOU le Jeu 5 Avr 2012 - 21:12, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Voyage dans le coeur des hommes : Textes et poésies   Jeu 5 Avr 2012 - 5:03

Liberté" de Paul Eluard

Sur mes cahiers d'écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable sur la neige
J'écris ton nom


Sur toutes les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J'écris ton nom


Sur les images dorées
Sur les armes des guerriers
Sur la couronne des rois
J'écris ton nom


Sur la jungle et le désert
Sur les nids sur les genêts
Sur l'écho de mon enfance
J'écris ton nom


Sur les merveilles des nuits
Sur le pain blanc des journées
Sur les saisons fiancées
J'écris ton nom


Sur tous mes chiffons d'azur
Sur l'étang soleil moisi
Sur le lac lune vivante
J'écris ton nom


Sur les champs sur l'horizon
Sur les ailes des oiseaux
Et sur le moulin des ombres
J'écris ton nom


Sur chaque bouffée d'aurore
Sur la mer sur les bateaux
Sur la montagne démente
J'écris ton nom


Sur la mousse des nuages
Sur les sueurs de l'orage
Sur la pluie épaisse et fade
J'écris ton nom


Sur les formes scintillantes
Sur les cloches des couleurs
Sur la vérité physique
J'écris ton nom


Sur les sentiers éveillés
Sur les routes déployées
Sur les places qui débordent
J'écris ton nom

Sur la lampe qui s'allume
Sur la lampe qui s'éteint
Sur mes maisons réunies
J'écris ton nom


Sur le fruit coupé en deux
Dur miroir et de ma chambre
Sur mon lit coquille vide
J'écris ton nom


Sur mon chien gourmand et tendre
Sur ces oreilles dressées
Sur sa patte maladroite
J'écris ton nom


Sur le tremplin de ma porte
Sur les objets familiers
Sur le flot du feu béni
J'écris ton nom


Sur toute chair accordée
Sur le front de mes amis
Sur chaque main qui se tend
J'écris ton nom


Sur la vitre des surprises
Sur les lèvres attentives
Bien au-dessus du silence
J'écris ton nom


Sur mes refuges détruits
Sur mes phares écroulés
Sur les murs de mon ennui
J'écris ton nom


Sur l'absence sans désir
Sur la solitude nue
Sur les marches de la mort
J'écris ton nom


Sur la santé revenue
Sur le risque disparu
Sur l'espoir sans souvenir
J'écris ton nom


Et par le pouvoir d'un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer

Liberté

(1942) - Le poème "Liberté" de Paul Eluard fut largué par les avions de la RAF en milliers de tracts sur la France occupée.
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MessageSujet: Re: Voyage dans le coeur des hommes : Textes et poésies   Jeu 5 Avr 2012 - 5:06




"Pirouette, cacahuète..."
par Leo

Ses paupières se ferment.
A la façon des rideaux de fer, elles annoncent la fin de son rêve.
Devanture en berne, inéluctablement. Des gens pressés, un bus à prendre, ne pas être en retard pour le souper.
Les rues se sont vidées, laissant place au ballet inquiétant de spectres, enchaînés de leurs espoirs déchus.
Ses doux souvenirs lui reviennent en boulets de canons démâtant sa lutte intérieure.


Il se souvient des posters de super héros qui tapissaient sa chambre d’enfant, qui l’invitaient à l’exploit.
De ses jouets éparpillés, orphelins le temps d’une nuit de sa créativité débordante.
Emmitouflé dans sa couette, il comptait les pas de sa maman, traversant la chambrée sous les regards émus de ses fidèles peluches.
Elle les sondait d’un ton inquisiteur « mais où est donc passé mon petit garçon ? ».
Il était évident qu’ils ne le dénonceraient pas, les adultes sont parfois bien naïfs. Terré sous son armure douillette, il se les imaginait tout sourires, jubilant que sa cachette ne fût pas encore découverte…

Sa mère chantonnait alors avec douceur le compte à rebours qui signifiait que les investigations s’intensifiaient : « Il était un petit homme, pirouette, cacahuète. Il était un petit homme, qui avait une drôle de maison, qui avait une drôle de maison ! ».

A la fin de cette comptine qu’il affectionnait tout particulièrement, après que sa maman ait consulté madame l’armoire, peu loquace, et monsieur le coffre à jouet, bougon comme à son habitude, elle relevait la couette et y trouvait sa précieuse créature. Il lovait de ses petits bras le cou de sa mère, déterminé à faire le plein d’amour pour le long voyage qu’il allait entreprendre au pays des rêves.

« L’avenir t’appartient… », lui murmurait-elle au creux de l’oreille, avant de déposer sur son front ce baiser protecteur qui chassait toutes ses appréhensions. Quand sa mère se retirait à pas feutré, il se signait. Il collectait ce doux baiser sur son front « au nom de ma mère », puis le déposait sur son cœur : « de son fils », joignait ses mains « de notre saint esprit » et les embrassait « ainsi soit-il… ».

Seize années avaient passés et sa mère n’était plus. Foudroyée par le mâle, qui l’avait détruite à petit feu, puis chassé, lui. Il avait pensé à la rejoindre bien des fois mais la cruauté ne méritait pas aussi belle offrande. « L’avenir lui appartenait » se remémorait-il.

Une larme dégringole sur sa pommette en ce funeste anniversaire. Il se désagrège de tristesse sur sa couche. Les poings serrés, il remonte sa couverture comme un condamné s’agripperait à sa vie, puis se retourne comme le destin l’a fait voilà maintenant deux ans. A travers l’opercule, l’hiver ricane sous son nez, le fouette de tout son cynisme, le mord de ses incisives moqueuses, qui l’assaillent par milliers. Il délire encore un instant et s’endort, paisiblement.Une lumière bleutée le réveil, l’agitation alentours est à son comble. En contre-plongée, il distingue deux masses sombres qui s’abattent sur lui. Ils les esquivent à toute berzingue. Ils se croisent sans se remarquer. Apeuré il s’immobilise, les regarde s’agenouiller en gueulant comme des putois avant de se saisir d’une carte qu’ils décryptent…

Une voix lui confirme ce qu’il pressent désormais et qu’il contemple dubitatif « Ici Alpha Sierra, l’individu se prénomme Mathieu Drum, 21 ans,…
L’agent de police relâche la pression exercée sur son Talkie-walkie. Il ne peut s’empêcher de murmurer : un autre SDF… emporté par le froid dans sa maison en carton …

Mon histoire est terminée, pirouette, cacahuète.
Mon histoire est terminée, Messieurs, mesdames applaudissez.
Messieurs, mesdames applaudissez...
http://www.ipagination.com/com/documents/Leo/648f393440d45bae0ebed852619da507_pirouette__cacahu__te___m/index.php


Dernière édition par LOU le Jeu 5 Avr 2012 - 21:21, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Voyage dans le coeur des hommes : Textes et poésies   Jeu 5 Avr 2012 - 5:09

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MessageSujet: Re: Voyage dans le coeur des hommes : Textes et poésies   Jeu 5 Avr 2012 - 5:13



Amen, l’envers du décor : Jessica Hillout


En 2008, la photographe Jessica Hillout décide de partir photographier l’envers du décor de la coupe du monde. A travers sa très belle série "Amen", nous ne sommes plus sous les projecteurs ni dans les grands stades, mais nous découvrons les terrains de foots de fortunes, les balles aux multiples vies.
La phrase qui résume le mieux le projet Amen, est celle de Ian Brower que Jessica Hillout s’est appropriée "En Afrique le football n’est pas une religion mais il est tout ce qu’une religion devrait être."
Cette série nous avait énormément touché lors de sa parution dans le Magazine View et c’est pour cela que nous avons souhaité dans cette interview revenir sur un parcours sensible et une démarche atypique.
Pouvez-vous vous présenter et nous donnez votre parcours ?

Je suis née dans une famille nomade à Anvers d’un père anglais et d’une mère Belge. Dans ma jeunesse, j’ai habité dans de nombreux endroits extérieurs à l’Europe comme l’Afrique du sud, le Canada, Hong Kong, New York... Après le lycée, j’ai pris une année sabbatique puis j’ai étudié la photo en Angleterre où j’ai fait un bachelor de 3 ans.
Ce n’est qu’ensuite que j’ai habité en Belgique pour la première fois. C’est là que j’ai commencé à travailler dans la publicité. Au bout de deux ans, j’étais désemparée... Je gagnais bien ma vie mais j’avais l’impression de perdre le fil de ce pourquoi j’avais étudié la photographie. Je n’avais pas assez de temps pour me consacrer à des projets personnels, des projets qui expriment une certaine vision sur le monde.
Alors en 2002, j’ai acheté avec mon ami de l’époque, un vieux land cruiser et nous sommes partis vers la Mongolie. On a traversé l’Iran, l’Ouzbékistan, le Kazakhstan etc. Puis la voiture a été envoyée en Afrique du Sud et nous avons continué à cheval pour rejoindre la Chine par le désert de Gobie. Quelques mois plus tard on a pris un avion pour rejoindre notre voiture en Afrique du Sud et reprendre la route en direction du Nord à travers l’Afrique pour rentrer à Bruxelles. Nous sommes partis 18 mois.
Ce voyage m’a permis d’aller vers l’autre, de combattre ma peur de l’inconnu. Il m’a permis de me rendre compte que l’être humain est bon et même si nous ne parlons pas le même langage, par les yeux, et les expressions nous pouvons communiquer avec l’autre. C’est toutes ces r encontres qui m’ont permis de forger mon opinion sur les choses, de distinguer ce qui me touchait et ce qui m’inspirait. Ce voyage était de la nourriture pour les yeux qui inspirait mon âme.
Les grandes choses sont dans les petits détails !
Ce voyage sacralise ce qu’est mon travail aujourd’hui : un retour à l’essentiel. Ce sont les choses dépouillées qui contiennent la vie. Le vide contient la vie.
Le résultat en images est ‘Faces and Places’ une série de visages et de chambres vides. Cette série n’avait pas vraiment un fil rouge. Je me cherchais, je cherchais mes mots. Mes pensées étaient en train de mûrir tout doucement dans ma tête.
En 2007, vous réalisez à Madagascar une série intitulée « Imperfection » qui illustre bien votre démarche. Pouvez-vous nous en parler ?
Après ce premier voyage de 18 mois, j’ai travaillé pendant quelques années pour le rembourser. Puis je suis partie à Madagascar où je souhaitais travailler sur un projet concret. J’y ai passé 4 mois et j’ai mis quelques semaines à trouver l ’expression « Beautiful Imperfection ». J’avais envie de mettre le mot « Imperfection » en avant. Ce mot est bien souvent délaissé dans nos sociétés occidentales qui recherchent la perfection.
L’imperfection est intrinsèque à l’être humain. L’âme des choses est dans l’imperfection. J’ai exploré ce qui était banal, la beauté cachée. Moins tu possèdes de choses, plus ce que tu as devient précieux.
La photo aide les gens à voir ce qu’ils ne pourraient pas voir seul. Plus un détail ou un objet était dépouillé plus une énergie essentielle s’en dégageait. Je m’intéresse beaucoup à l’univers organique
Pour Imperfection et Amen, on peut retrouver l’essence de mon travail dans une citation de Alain de Botton :
« L’humanité peut être divisée en une minorité de personnes pouvant faire beaucoup avec peu et une majorité de personnes pouvant faire peu avec beaucoup ».
« Imperfection » a été exposée au Mois de la photo à Paris.
Vous menez un projet intitulé « Amen » depuis 2008 qui a abouti à un livre. Comment est née cette idée ?
Ma mère est peintre et mon père est graphic designer, j’ai toujours eu un énorme soutien de la part de ma famille. Quand je suis revenue de Madagascar, mon père ne comprenait pas que je n’arrive pas à exposer mon travail. Puis un soir de Noël en 2008, on parlait de la Coupe du Monde en Afrique du Sud qui allait être un événement important pour tout le continent.

C’est alors que l’idée est née de montrer ce qui se passait en dehors des grands stades, en dehors des projecteurs et de montrer comment le foot était essentiel pour le continent. Montrer l’envers de la coupe du monde. Le foot ne m’intéresse pas particulièrement mais je pensais qu’à travers le foot on pouvait montrer plein de choses comme la détermination, la débrouillardise, la force, la fierté, la dignité, l’ingéniosité.
Mon père avait quitté la pub et voulait faire ce qui l’intéressait. On a monté ce projet tous les deux.
Et comment s’est déroulé ce projet ?
J’avais un appareil, et mon carnet Logbook : c’est une façon de travailler, une sorte de cahier que je tiens depuis des années , c’est une carte de mon chemin, visuelle où je décris ce que je vis. Inspirations, frustrations, attentes, résultats, citations... C’est l’envers du décor.
J’ai décidé de faire un voyage à partir de l’Afrique du sud car c’est là où allait se dérouler la Coupe du Monde puis d’aller en Afrique de l’ouest. J’ai pris la voiture de mon père, une coccinelle et je suis partie avec un ami photographe qui travaillait sur un projet différent. J’ai fait 15 000 km, Afrique du sud, Lesotho, Mozambique et Malawi puis la route en Afrique de l’ouest, 10 000 km, Ghana, Togo, Bénin, Cote d’Ivoire, Burkina Faso et Niger .
C’était un projet indépendant, je n’ai pas contacté de sponsor à l’avance, car avec mon père on souhaitait que ce projet soit libre.
Quant à ma façon de travailler, je ne fais pas de reportage, je roule et dès que je vois un village qui a une bonne énergie, je m’arrête ! Je travaille au feeling. Je me balade, je parle aux gens : je vais demander où sont les terrains, les équipes et si je le sens bien, je m’arrête pendant une semaine pour photographier. Je trouve alors une personne qui comprend mon projet et avec qui le courant passe bien et qui m’accompagne comme un assistant pour poser des questions aux habitants.
Je ne payais personne d’autre que ce dernier mais je faisais des échanges de balles de foot avec les équipes que je photographiais. Finalement, j’ai passé 80% du temps à expliquer mon projet et 20% du temps à photographier.

http://www.afriqueinvisu.org/amen-l-envers-du-decor,572.ht


Dernière édition par LOU le Jeu 5 Avr 2012 - 21:23, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Voyage dans le coeur des hommes : Textes et poésies   Jeu 5 Avr 2012 - 5:19



LE CERCLE DES POÈTES DÉTENUS


En prison, quelques personnes écrivent et certaines d’entre elles choisissent l’écriture poétique.
Écrire permet d’exercer une forme de liberté ; la liberté d’assembler les mots, de maîtriser le rythme de la phrase alors même que l’on ne maîtrise plus le rythme de sa propre vie, cadencée par des horaires et des contraintes qui ne sont jamais choisies.

Ce site est né d’une rencontre avec des détenus de la prison de Fresnes. Chaque mercredi depuis 10 ans Jacques Yves Berard y anime des cercles de poésie. Chaque mercredi des hommes se donnent rendez vous pour lire les poèmes des autres ou en écrire soi-même.
Une façon parmi d’autres d’affirmer son humanité, de refuser le lent processus de dégradation qui accompagne l’incarcération.



L’arbre


Un arbre
Un trou de feuilles
Visible de près, de loin
Caché le nid d’oiseau
Des abeilles qui butinent
Abri de papillon
Un toit pour l’écureuil
Cabane d’enfant
Garde manger du pic
Support de gros champignons
Ombrelle pour l’animal
Racines sous terre
Que côtoie les vers de terre
L’arbre, la maison d’une société.

David Hotyat
http://lecercledespoetesdetenus.org/
[/center]


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MessageSujet: Re: Voyage dans le coeur des hommes : Textes et poésies   Jeu 5 Avr 2012 - 5:23



Mitakuye Oyasin
Une salutation des sioux Lakota est "Mitakuye Oyasin" c'est à dire au nom de toute ma parenté, ce qui sous entend que tout est relié et que tout ce qui est dans la nature et nous même sommes interdépendants...

”Depuis des centaines d’années, la terre souffre d’une destruction rapide de son équilibre et de sa beauté. Sa souffrance provient des civilisations dominées par les hommes qui ont complètement perdu leur équilibre spirituel. L’homme continue de regarder du côté de la politique, de l’économie et de la guerre pour résoudre les problèmes causés par la politique, l’économie et la guerre. Notre Mère, la Terre continuera de souffrir de notre façon de vivre déséquilibrée seulement jusqu’au moment où elle devra frapper, éliminer la vie humaine si nécessaire, se guérir, revenir à un état d’équilibre et recommencer. Certaines personnes croient que nous détruisons la planète. Cette croyance est un symptôme de l’orgueil démesuré de l’homme, de son “complexe de Dieu”. Nous avons abusé de notre pouvoir en nous détruisant nous même. Même si nous choisissons d’abuser de notre pouvoir en nous détruisant nous même, ma Mère la Terre survivra. Elle se guérira même si cela lui prend plusieurs milliers d’années pour se débarrasser de la saleté et des ravages de l’histoire humaine, ce n’est finalement qu’un temps très court à l’échelle de la vie de la planète Terre.Depuis les temps anciens, les Lakotas se sont toujours vus comme les gardiens de la Terre. Nous ne croyons pas que la Terre nous appartient, nous savons que nous appartenons à la Terre. Nous savons, et cela a toujours été une part de nos enseignements, que toute chose et que tout être dans leur nature sont duels, positif et négatif, masculin et féminin. Cette dualité est présente dans chaque forme d’existence, du plus simple atome à la plus grosse masse de matière de l’univers. Cette dualité existe aussi dans le Créateur. Nous connaissons le Créateur comme masculin et féminin mais nous avons pris l’habitude d’oublier la partie féminine du “Grand-Mystère”. Nous avons été si profondément influencés par la société en place que nous avons permis à nos tendances négatives d’aller de plus en plus loin dans le déséquilibre. Dans toutes les histoires des civilisations qui se sont engagées dans ces tendances et croyances de la société dominante, il y a des mythes, légendes et écritures religieuses qui décrivent Dieu comme purement masculin. Ils disent que Dieu a fait l’homme à son image et qu’ensuite il a fait la femme pour la donner à l’homme. Beaucoup de gens croient que se sont les femmes qui ont apporté le mal, la douleur et la souffrance de ce monde. Ils utilisent ceci comme une excuse non seulement pour dominer et contrôler la femme, mais aussi pour rabaisser tout ce qui est féminin en incluant bien sûr ma mère la Terre. Ceci a conduit la vie à un monde dirigé par le cerveau gauche. La société vénère les fonctions les plus masculines : mathématique, science, stratégie militaire. Elle accorde beaucoup moins d’importance aux aspects féminins tels que l’intuition, une éducation plaçant les enfants au dessus de toutes les autres priorités ainsi qu’un comportement harmonieux.

Il y a quelque vérités spirituelles de base que tous les peuples doivent suivre pour pouvoir diriger leur vie dans leur propre religion, leur propre chemin spirituel.

Ce qui est créé par Dieu est sacré. Tout ce qui est créé par l’homme ne l’est pas. La Terre a été créée par Dieu aussi elle est sacrée. Les frontières et les gouvernements ont été créés pour servir les intérêts des hommes, aussi ne sont-ils pas sacrés. Le plus haut et le plus noble peut être corrompu.

Le plus puissant et le plus fort peut devenir faible et tomber. L’homme peut les changer, les corrompre, les détruire et les reconstruire. La Terre de Dieu continue avec ou sans eux.

Les ressources et les richesses de cette Terre ont été créées par Dieu, elles sont sacrées. Les animaux, les plantes, les arbres, l’air, l’eau, sont tous créés par Dieu, ils sont sacrés. Les grands groupes, les systèmes économiques, la bourse, la complexité moderne et les structures politiques ont été faites par l’homme pour servir ses intérêts, ils ne sont pas sacrés. Une poignée de gens peut ainsi amasser des biens matériels pendant que beaucoup de gens souffrent. De grandes quantités de formes de vie disparaissent aussi à cause de ces mêmes personnes. Ils peuvent continuer sur les chemins de la destruction pour le pouvoir et le profit jusqu’à ce qu’eux-mêmes ne puissent plus survivre sur leur propre tas d’ordures laissant par la même occasion derrière eux une planète inhabitable pour les générations futures. La Terre de Dieu se purifiera et se guérira d’elle-même.

Ce n’est pas à nous de décider qu’une forme de vie est plus sacrée qu’une autre. Nous devons apprendre à vivre sans dépenser plus que ce dont nous avons besoin. Prendre la vie d’un animal n’est pas pire ou meilleur que de prendre la vie d’un arbre ou de n’importe qu’elle autre plante.

Chaque jour et chaque nuit, les gardiens de la tradition Lakota prient pour l’humanité, les animaux, les plantes, ceux qui sont dans le monde des esprits, la Terre, l’Eau, le Feu et l’Air. Nous prions pour les animaux quand nous les tuons pour la nourriture et pour manger leur viande. Nous prions pour les plantes quand nous les cueillons pour les cérémonies et les guérisons.
Nous, Lakotas, croyons que toute chose crée par Dieu est sacrée et en tant que partie de la Création nous sommes aussi “connectés". A chaque fois que nous prions, nous finissons nos prières par les mots “MITAKUYE OYASIN” (Nous sommes tous reliés). Avec cette petite phrase, nous prions pour toutes les choses.“

Chef Archie Fire Lame Deer


Dernière édition par LOU le Mar 17 Avr 2012 - 16:34, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: Voyage dans le coeur des hommes : Textes et poésies   Jeu 5 Avr 2012 - 5:24

Entretien de Pierre Rabhi avec Marc de Smedt




Comment se positionner par rapport aux catastrophes écologiques graves à venir sur notre planète ?

Pierre Rabhi : Je dirai en préambule que les catastrophes sont déjà là : il faut en effet se garder d'une vision restrictive à l'occidentale. Je trouve qu'il y a une planétarisation des phénomènes et les conditions climatiques n'épargneront ni le Nord, ni le Sud, elles ne vont pas être sélectives. Il y a comme un ultimatum qui nous est posé, de changer pour ne pas disparaître. Est-il perçu ? J'ai des doutes quand je vois l'accent mis par les sociétés sur des futilités au détriment des urgences globales. J'ai bien peur que les conséquences de nos inconséquences nous mènent à des crises majeures, à des apocalypses biologiques diverses. L'humain moderne est de moins en moins en contact avec les forces vives de la vie, et il est pour-tant complètement dépendant d'elles pour survivre. Que deviendrons-nous sans cette terre nourricière que nous saccageons ? Il faudrait en prendre conscience et véritablement ne plus considérer la nature comme une matière uniquement exploitable, mais comme une entité vivante à respecter : il faudrait même respiritualiser tous nos rapports avec la nature !

Comment faire ? Vous-même avez été élevé au Sahara dans la religion musulmane, jeune homme vous êtes devenu chrétien par choix, à vous écouter on vous dirait panthéiste...

Pierre Rabhi : Je n'ai plus d'appartenance religieuse, mais cela n'a pas aboli ma dimension spirituelle. Je dirais même que je n'ai jamais été aussi religieux depuis que je n'ai plus de religion. Une forme de mutation s'est faite en moi lors de mon retour à la terre ici, en Ardèche : durant des années cela a été très dur, totalement prenant. Et le questionnement de l'identité, du qui suis-je entre cet héritage ancestral du sud et l'adoption des valeurs du nord, est revenu me hanter avec puissance. J'ai donc décidé d'aborder une phase de libération de toutes ces pesanteurs et appartenances à une race, à une culture, à une religion.
C'est à la lecture de Krishnamurti que tout a basculé. Cet auteur a vécu d'ailleurs ce genre d'interrogation, tiraillé entre sa culture indienne et son éducation occidentale, et il s'en est libéré, débroussaillant le chemin pour d'autres. Il s'agit en fait de quoi ? D'émerger à soi-même en dehors de toute appartenance. Et c'est ce travail de libération que je me suis mis à faire grâce à la pensée raffinée que propose Krishnamurti pour comprendre les mécanismes de la personne et les conditionnements dont on a tellement de mal à sortir sans omettre cette difficulté que l'on a d'y voir clair et d'atteindre une forme de transparence mentale... Alors s'est amorcé le processus de mutation qui a fait que ma faiblesse, vécue comme une impasse, s'est dissipée jusqu'à un élargissement de la vision dans un champ spirituel dépassant les clivages traditionnels. Même ma vie de paysan est devenue un chemin initiatique, car je me suis rendu compte que l'esprit est partout. Ce n'est pas ailleurs, c'est ici et partout, tout est immergé dans un océan spirituel qui fonde la vie. À partir de cela, tout acte peut être sujet d'enchantement : qu'est-ce qui fait qu'une graine germe ? On peut reproduire les molécules de la graine, mais cela ne germera pas... D'une spiritualité avec configuration, je suis passé à une spiritualité sans configuration. Il faut apprendre à vivre l'indicible.

Quel fut le livre de Krishnamurti déclencheur ?

Pierre Rabhi : L'Éveil de l'intelligence, puis j'ai lu tous les autres. J'avais beaucoup lu de philosophes, mais n'avais jamais rencontré cette qualité de rigueur conduisant au fait que je suis responsable de moi-même et de mon destin. Cette mutation de la quarantaine m'a donné une énergie fantastique, qui m'a conduit à agir non plus seulement pour moi, mais pour les autres. Et pour en revenir à la crise dont nous parlions, c'est ce chemin d'éveil qui m'a conduit à expérimenter des possibles, des solutions nouvelles avec l'agriculture biologique. Pourquoi ne pas développer davantage ces solutions alternatives ? Il faut demander cela aux politiques, qui ne sont pas en phase et demeurent aveuglés par les lobbies de l'industrie chimique. Il faudrait qu'ils s'éveillent, enfin, eux aussi ! Polluer, c'est profaner, toutes les religions devraient le dire. La vie est un mystère magnifique, il y a une intelligence évidente derrière tout cela. Il serait donc temps de se rendre compte que nous faisons nous aussi partie intégrante de la vie et de la nature. La survie passera par le respect de celle-ci et par un autre rapport au monde.
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MessageSujet: Re: Voyage dans le coeur des hommes : Textes et poésies   Sam 18 Aoû 2012 - 11:55

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MessageSujet: Re: Voyage dans le coeur des hommes : Textes et poésies   Sam 25 Aoû 2012 - 10:35

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MessageSujet: Re: Voyage dans le coeur des hommes : Textes et poésies   Sam 25 Aoû 2012 - 13:13

lo-u a écrit:



Eveille-toi à l'Eternité : Nisargadatta Maharaj.



BONJOUR ,
Tout ce que je peux dire est que les indous entre eux ne sont pas des tendres,
et quand je vois la tête des hommes mises en photos, j'aurai plutôt un sentiment de fuite , je vois des yeux durs et cruels, sans tendresse et amour, qui ressemblent à ceux des possédés que j'ai pu reconnaître , bien sûr , il doit avoir des dons , mais pas ceux qui vont vers l'amour .
heureuse de ne pas l'avoir l'avoir connu , pas comme Krishnamurti ,
son visage est plus avenant et ses textes aussi !



bonne journée revoir
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louturquoise

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MessageSujet: Re: Voyage dans le coeur des hommes : Textes et poésies   Dim 23 Avr 2017 - 1:52

réponse sujet : Philippe De Villiers balance tout !


http://electra2zeiss.tonempire.net/t15814-philippe-de-villiers-balance-tout#172981














Bonjour laly, j'ai bu un verre à votre santé, si vous avez besoin d'une adresse pour du taf, ou si vous passez dans le coin, n'hésitez pas, ( je n'oublie jamais les adversaires de taille, je me trompe rarement sur la taille de celui que j'ai en face de moi !), surtout quand c'est puissant et là ce fut gigantesque, au-delà de ce que j'aurai pu imaginer, en tout cas, ce que je pensais, s'est révélé exacte, à la virgule près, c'est incroyable pour moi encore aujourd'hui, une méga préparation qui m'a servie dans la vie réelle.

je terminerai par la philosophie d'un proche dans son jeune âge :

" Je suis allé me promener dans les bois, il y avait trois arbres, ceux-ci correspondaient à trois personnes qui se sont acharnés sur moi, il y a eu une forte tempête et lorsque, je suis retourné à cet endroit, les trois arbres étaient tombés tous seuls...",

Ce qui s'est révélé vrai par la suite, , c'est une philosophie de vie comme une autre, je n'ai pas besoin de vous en dire plus, je crois que tout a été dit en amont il y a quelques années et que vous êtes en mesure de lire entre les lignes, en tout cas, je vous le souhaite, moi je le fus !




Bien à vous, grâce à Dieu !

louturquoise






Ce que signifie réellement  : "présenter l'autre joue"



Conférence improvisée
donnée par Omraam Mikhaël Aïvanhov en 1963

Il est dit dans les Évangiles: "Si quelqu'un te frappe sur une joue, présente-lui aussi l'autre." Que les chrétiens me pardonnent, mais ce que je dirai au sujet de cette phrase dépasse tout ce qu'ils peuvent imaginer, et l'avenir prouvera que mon interprétation est véridique. Car certains préceptes, qui étaient bons dans le passé, ne peuvent plus être bons et efficaces pour le présent ni pour l'avenir.

Les paroles de Jésus ne signifient pas qu'on doive toujours rester passif devant les insultes et les mauvais traitements, toujours accepter, se soumettre, supporter et, à la fin, disparaître... Il se peut qu'on les ait comprises de cette façon, mais moi je vous prouverai que ce n'était pas ce qu'il voulait dire. Être passif, soumis, se laisser massacrer, bien sûr, quand vous n'avez pas la lumière, c'est tout ce qui vous reste à faire. Mais cette morale des gens faibles et ignorants ne doit pas durer éternellement. Il n'est nulle part écrit que les spiritualistes, les sages, les Initiés, les Fils de Dieu, doivent rester éternellement soumis, esclaves, battus, massacrés pour laisser toujours triompher les imbéciles et les méchants. Pour le moment, c'est comme ça, parce que les humains ont perdu leur étincelle divine, ils ont perdu la force solaire, le feu, la chaleur, la lumière, la vie, et puisqu'ils les ont perdus, ils sont obligatoirement battus et maltraités.

Il a été dit : "Vous êtes le sel de la terre, et si le sel perd sa saveur, il n'est bon qu'à être foulé aux pieds." Eh oui, si vous perdez votre saveur, vous serez foulés aux pieds par les humains jusqu'à ce que vous la récupériez de nouveau. Il n'a pas été décrété qu'on doive toujours être foulé aux pieds, mais puisqu'on s'est éloigné de Dieu, on a perdu ses pouvoirs, et, bien sûr, maintenant, on est à la merci de tous les gens violents et malhonnêtes.

A l'époque où Jésus parlait, les humains devaient développer des vertus et des qualités sur lesquelles on n'avait pas insisté jusque-là: l'indulgence, la clémence, la miséricorde... A cette époque régnait seulement la loi de justice: oeil pour oeil, dent pour dent. Donc, la nouvelle morale qu'apportait le Christ devait encourager les humains à développer les qualités du coeur. Au lieu de toujours répondre avec des moyens grossiers: la pierre, le couteau, l'épée, ils devaient répondre avec des moyens plus nobles, plus élevés: l'humilité, l'amour, la patience, la grandeur d'âme. Voilà le sens des paroles du Christ. Oui, mais ce qu'il a dit pour cette époque ne doit pas être considéré comme valable pour l'éternité. Il vient de nouveau pour dire: "Maintenant, comprenez-moi bien, il y a encore une conduite meilleure. Lorsque vous subissez une injustice, vous devez riposter avec une telle intelligence, une telle force de caractère, un tel savoir, une telle lumière, une telle chaleur que votre ennemi sera complètement bouleversé, aveuglé, foudroyé. Foudroyé, c'est-à-dire, transformé! Pas anéanti, pas tué, non, régénéré! Au lieu de le tuer, vous le vivifiez, c'est-à-dire vous l'amenez vers Dieu. Si vous êtes capable de faire cela, vous êtes un véritable héros, un véritable Fils de Dieu."

Pourquoi se laisser toujours stupidement anéantir et faire triompher ses ennemis? Il ne faut pas tuer les gens, il ne faut pas leur faire de mal, mais il ne faut pas non plus accepter la situation d'éternel vaincu. Il faut savoir se défendre en devenant comme le soleil: projeter une telle lumière que, même lorsque les gens veulent vous attaquer avec leurs armes stupides et cruelles, ils soient éblouis, aveuglés. Oui, vous les aveuglez, et ensuite vous leur ouvrez les yeux comme le Christ l'a fait avec Saül sur le chemin de Damas quand il allait massacrer les chrétiens: une projection de lumière, et ça y est, aveuglé! Et Saül est devenu Paul. Supposons que vous arriviez à paralyser les gens pour quelques minutes, comme ça... et ensuite vous les rétablissez, est-ce qu'ils continueront encore à vous massacrer?... Donc, la nouvelle philosophie, mes chers frères et soeurs, ce n'est plus de rester faibles, à la merci de gens violents et cruels, mais de devenir comme le soleil pour qu'ils ne puissent plus ni vous salir ni vous atteindre, et quand ils s'approchent, vous les fondez comme de la cire.

Si les humains n'ont pas encore cette possibilité lumineuse, c'est qu'ils n'y ont jamais pensé. Ils ont embrassé la faiblesse, ils se sont réfugiés dans des philosophies stupides en tendant l'autre joue. Eh bien, vous pouvez tendre toutes les joues que vous voulez, cela ne servira à rien, vous ne changerez pas vos ennemis, ils continueront à vous donner des gifles, et à la fin ils vous assassineront. Maintenant il faut comprendre différemment. L'autre joue, c'est l'autre côté, l'autre côté de vous-même, le côté de l'esprit, de la puissance, de la lumière. Jésus a montré l'autre côté à ses ennemis, il leur a dit: "Vous êtes capables d'emprisonner le corps physique, vous êtes capables de le crucifier, mais je vous montrerai l'autre côté, sublime, indestructible, et je reconstruirai mon temple en trois jours. Voilà, vous pouvez frapper! "Il a montré l'autre côté, et toute la terre a été bouleversée. Il a montré le côté divin, pas le côté terrestre, et il est ressuscité!"

Les chrétiens, les spiritualistes ont encore beaucoup à apprendre et à comprendre, et au lieu de se laisser toujours massacrer par les forces des ténèbres, par des philosophies matérialistes, ils doivent s'unir. Ils disent toujours "Amen, amen", ils acceptent... Non, il faut qu'ils s'unissent, car ils ont toutes les possibilités de transformer le monde, de rétablir le Royaume de Dieu sur la terre. Ce n'est plus le moment de dire que Jésus nous a enseigné à tendre l'autre joue, à devenir des martyrs. Dans le passé, oui, on ne pouvait pas faire autrement, parce qu'on n'était pas encore assez développé pour pouvoir riposter de façon sublime et divine, mais plus maintenant.

Maintenant, il y a des possibilités pour montrer la puissance de l'esprit à travers son savoir, à travers son amour, à travers ses gestes, son comportement. Et c'est cela la véritable force - pourquoi rester faible, maladif, poltron, pour se montrer chrétien? Eh bien, si c'est cela l'idéal de la chrétienté, moi, je suis le premier à dire que jamais le mal ne sera extirpé de la terre avec ces faibles et ces ignorants-là! Il faut être fort, puissant, dynamique, actif, impétueux, violent même, mais évidemment pas de la façon dont on le comprend dans le plan physique. Le christianisme mal compris n'apporte rien. Le véritable christianisme, c'est d'être armé, mais armé avec d'autres armes, bien sûr, et, quand on vous attaque, de montrer l'autre côté. Cet autre côté, c'est un côté armé, ce n'est pas un côté faible. Mais on n'a jamais expliqué ce qu'est cet "autre côté".

Voilà, mes chers frères et soeurs, ce qui n'était pas bien compris dans le passé sera maintenant compris, éclairé; et on ajoutera même beaucoup d'autres vérités nouvelles, parce que rien n'est stagnant, tout bouge, tout évolue. Et d'ailleurs Jésus l'a montré: il a donné une nouvelle morale qui n'était pas celle de Moïse. A plusieurs reprises dans les Évangiles, il répète: "11 a été dit... mais moi je vous dis... " Par exemple: "Il a été dit: tu ne tueras point, et celui qui aura tué sera passible de jugement. Mais moi je vous dis: quiconque se met en colère contre son frère, sera passible de jugement." Et aussi: "Il a été dit: tu ne commettras pas d'adultère. Mais moi je vous dis: quiconque jette sur une femme un regard de convoitise a déjà commis l'adultère avec elle dans son coeur"... "Il a été dit: tu ne parjureras point, mais tu t'acquitteras envers le Seigneur de tes serments. Mais moi je vous dis de ne point jurer du tout"... "Il a été dit: tu aimeras ton prochain et tu haïras ton ennemi. Mais moi je vous dis: aimez vos ennemis et priez pour ceux qui vous persécutent afin que vous soyez les fils de votre Père qui est dans les Cieux."

Donc, vous voyez, la morale qu'a apportée Jésus n'était plus la morale donnée par Moïse. Et maintenant, pourquoi ne pas donner encore une nouvelle morale, encore meilleure? Les chrétiens seront vexés parce qu'ils ne veulent pas qu'il y ait autre chose après Jésus. D'après eux, on ne peut plus rien ajouter. Et supposons que c'est le Christ luimême qui vienne ajouter encore d'autres notions, parce que tout évolue... Est-ce que les chrétiens peuvent l'empêcher? Et les retardataires, ceux qui se sont cristallisés seront dépassés. Nous sommes pour l'évolution, pour quelque chose d'encore plus grand, pour la nouvelle vie, pour la nouvelle religion qui sera propagée dans le monde, la vraie religion du Christ qui n'a pas encore pu être réalisée.

Tant que les hommes étaient des primitifs, que pouvait-on leur faire comprendre? Il fallait, tout d'abord, leur apprendre au moins la justice. Et Moïse a été envoyé pour leur apprendre la justice. Ensuite, le Ciel a envoyé Jésus pour apporter l'amour, le pardon. Oui, mais on ne doit pas non plus s'arrêter là, il y a encore un degré supérieur, car, en réalité, pardonner ne résoud pas le problème. Et si, par exemple, quelqu'un vient pour vous battre, est-il défendu d'être plus fort que lui, de le prendre par une jambe, le soulever et lui dire: "Alors, tu veux que je te projette par terre?" Mais vous ne le projetez pas, vous le replacez doucement sur ses pieds. Est-ce que ce n'est pas mieux?

Qu'est-ce que ce christianisme où il faut tout le temps être battu et massacré? Non, il faut être plus fort que son ennemi. Par un geste, par un regard, par une vibration divine vous lui faites sentir votre supériorité. Alors il se sent petit, tellement petit, qu'il vous dit: "Je t'en prie, laisse-moi la vie. - Ah bon, mon vieux, tu as compris?" Vous le laissez et il prend ses jambes à son cou. Est-ce que ce n'est pas mieux? Eh si, c'est mieux, mes chers frères et soeurs, mais on n'a encore jamais eu l'ambition de le souhaiter. Et maintenant c'est cette ambition que je veux vous donner, mes chers frères et soeurs. Quand vous la réaliserez, c'est une autre question. Mais au moins ayez ce désir, car vous ne ferez rien dans le monde en étant toujours passifs, conciliants, faibles, vulnérables.

Désormais, il n'y aura plus de martyrs. Les martyrs ont donné ce qu'il fallait, ils ont accompli leur mission. D'ailleurs, s'ils ont subi le martyre, c'était surtout pour liquider plus rapidement leurs dettes, leurs transgressions du passé. Mais une fois libres, est-ce qu'ils doivent toujours être des martyrs? Non. Et dans l'avenir certains êtres seront tellement forts qu'ils endormiront à distance les personnes mal intentionnées qui s'approcheront pour leur nuire. Vous direz: "Mais vous allez très loin, vous allez très loin ..." Oui, bien sûr, le temps vient d'amener les gens très loin, parce que, pour le moment, ils sont sur un chemin sans issue.

Si vous trouvez que ce que je vous dis vous dépasse, eh bien, restez là où vous êtes, ce sera pour d'autres qui sont plus héroïques et qui souhaitent être forts, puissants, éclairés, et ne pas se laisser comme ça embarquer par les ténèbres. Ces gens-là, quand ils sont assaillis, ils luttent, ils ne se laissent pas complètement envahir en pensant qu'ils doivent tout supporter parce que "c'est la volonté de Dieu", car à ce moment-là, ce sont les ténèbres qui se réjouissent, elles disent: "Oh, ces chrétiens, ils sont magnifiques, il y a de quoi se régaler avec eux!" Et voilà comment les chrétiens se préparent à nourrir les esprits ténébreux! On dirait qu'ils ne pensent qu'à ça. Bon, bon, qu'ils les nourrissent, je n'ai rien contre s'ils veulent encore les nourrir. Mais un vrai chrétien, quand les ténèbres s'approchent, projette la lumière, il se défend. Et cette lumière chasse les ténèbres. Voilà un vrai chrétien!

Certains diront: "Mais il ne faut pas lutter, il est écrit qu'on ne doit pas lutter contre le mal." Bien sûr, vous ne devez pas lutter contre le mal dans le domaine qui est le sien, parce que là, il est très puissant et vous serez vaincus. Mais allez plus haut, au-dessus de lui, et de là jetez-lui du feu, des projectiles... vous verrez qu'il s'enfuira. L'homme a aussi une forteresse avec des canons, avec des mitrailleuses qui crachent du feu, et c'est le domaine de la lumière. Donc, qui vous empêche à ce moment-là de braquer tous ces engins sur vos ennemis et de projeter la lumière? Vous ne les tuez pas, vous ne leur faites pas de mal, vous les transformez. Vous en avez le droit, quand même... Eh bien, non, on se dit qu'il faut se montrer chrétien, c'est-à-dire qu'il faut se laisser martyriser, parce qu'il paraît qu'on ne doit pas répondre aux offenses. Mais c'était dit seulement de ne pas répondre de la même façon.

Pourquoi faudrait-il tuer un ennemi qui vient vous tuer? Paralysez-le, aveuglez-le, endormez-le, mais arrivez à le convaincre. Il y a des petites pièces de théâtre comme ça, des comédies où l'on voit une personne pleine de mauvaises intentions qui se prépare à nuire à toute une famille; mais voilà quelqu'un qui vient et qui l'embobine tellement par des paroles, des petites questions, que l'autre est complètement ligoté, paralysé. Eh oui, parce qu'il était plus intelligent. Donc, il faut se défendre; pas par les mêmes moyens, bien sûr, mais par d'autres moyens qui sont formidables, mais auxquels on n'a jamais recours parce qu'on ne croit pas à leur efficacité, on ne soupçonne même pas leur existence.



La chrétienté pataugera éternellement tant qu'elle n'aura pas compris comment travailler avec les moyens divins. Et d'ailleurs, puisqu'elle a laissé le soleil de côté, puisqu'elle ne l'a pas apprécié, cela prouve qu'elle n'a pas encore les moyens suffisants pour vaincre le mal. Mais le jour où les chrétiens reconnaîtront qu'ils ont abandonné le soleil, qu'ils l'ont dédaigné, ils s'humilieront, et le soleil leur donnera son pardon; ils seront alors tout-puissants, et c'en sera fini du mal sur la terre. Tant que les chrétiens ne reconnaîtront pas que le soleil est une porte pour aller vers Dieu, ils resteront faibles. Ils auront beau prier et donner des fumées là-bas dans les églises avec l'encens, rien ne s'arrangera, il y aura toujours le même désordre dans le monde, le même chaos, les mêmes dévastations. Mais le jour où ils reconnaîtront que le soleil est une porte, l'image visible de Dieu, ils iront beaucoup plus facilement vers lui. Alors voilà, mes chers frères et soeurs, l'avenir est aux audacieux, à ceux qui luttent et qui marchent d'après les lois de la nature divine. C'est eux qui auront tôt ou tard le dernier mot. Il ne faut pas croire, sous prétexte que dans le passé les choses étaient telles ou telles, qu'elles le resteront éternellement.

Maintenant, je vous raconterai une histoire. C'était en Bulgarie, un instituteur très intelligent, très sensé, mais qui n'était pas très fort physiquement. Un jour où il se trouvait comme ça, sur la place du village, avec d'autres jeunes gens, il y avait là un gaillard, très costaud, mais un peu bébête qui n'était pas d'accord avec ce qu'il disait, et ils se mirent à discuter... A la fin, quand le gaillard vit que l'instituteur le dépassait par ses arguments, son intelligence, il s'est emporté, il lui a donné deux gifles, et l'instituteur s'est effondré. Bien sûr, tous les autres garçons riaient, applaudissaient, parce que c'était un costaud, et la force, c'est quelque chose, quand même! Le pauvre instituteur est retourné chez lui, mais alors triste, malheureux, pendant que tous les autres là-bas riaient, se moquaient. Et voilà qu'en rentrant il voit que la vache avait mis bas un petit veau très mignon: il s'est penché vers lui pour le caresser, puis il l'a soulevé dans ses bras et il a oublié un peu son chagrin. Le lendemain et les jours suivants, de nouveau il est allé caresser le petit veau et le soulever...

Cela a duré longtemps comme ça, plusieurs mois, si bien que le veau était déjà en train de devenir un bœuf et l'instituteur allait toujours le soulever. Un jour, quand il s'est aperçu combien sa musculature s'était améliorée... il est allé trouver l'autre, là-bas, le gaillard qui était toujours en train de plastronner sur la place devant ses copains. Il se présente et dit: "Est-ce que tu me reconnais? - Oh! Oh! si je te reconnais, c'est toi qui as reçu la raclée!" Mais l'instituteur se penche, le prend par le mollet et le soulève en disant: "Fais ta prière, je vais te jeter par terre et il ne restera pas une trace de toi. - Ah, pardonne-moi, laisse-moi la vie, je regrette de t'avoir giflé!... - Bon, bon, si c'est comme ça, ça va", et il le redescend gentiment. L'autre prit ses jambes à son cou, pendant que tous les garçons applaudissaient et se réjouissaient. Et l'instituteur retourna chez lui content, fier, vainqueur. Alors vous voyez, mes chers frères et soeurs, il ne faut jamais se laisser vaincre, piétiner, écraser, parce que ça n'améliore pas les gens, ils continuent à abuser de leurs forces et ils ne deviennent pas meilleurs. Quand vous êtes tellement doux et gentil, les gens se disent: "Il est faible, c'est bien, on va pouvoir abuser de lui."

Le Seigneur demande de nous la force, l'intelligence, la lumière, la puissance... Donc, si vous voulez vaincre vos difficultés, vos ennemis, vous devez vous exercer: trouvez un petit veau... oui, un petit veau quelque part dans votre tête, et allez le soulever chaque jour, ainsi vous deviendrez tellement fort, tellement lumineux, tellement puissant que vous pourrez ensuite soulever vos ennemis en leur disant: "Faites vos prières, sinon il ne restera rien de vous! " Vous ne les tuerez pas, vous ne les blesserez pas, on ne pourra donc rien vous reprocher. Voilà la vraie philosophie: vous ne tuez pas les gens, vous les aidez, et ils deviennent sages, raisonnables, attentifs. Vous leur donnez une leçon magistrale. Il ne faut pas se cacher derrière la faiblesse, la faiblesse ne vous sauvera jamais, ni la bêtise, ni la paresse. Vous devez méditer, chercher, vous exercer, et quand vous serez tellement lumineux, chaleureux, comme le soleil... alors, qui pourra venir toucher le soleil sans se brûler? Tout le monde restera loin, on n'osera plus s'approcher, parce que vous êtes brûlant, vous êtes du feu et des flammes, symboliquement parlant. Devant la puissance spirituelle, on est toujours obligé de capituler.

Vous direz: "Oui, mais quand un ennemi voit que vous tendez l'autre joue, il demande pardon ..." Figurez-vous, il ne se repent pas du tout, il continue à vous battre de mieux en mieux. Il faut suivre simplement l'exemple de cet instituteur qui allait chaque jour soulever le petit veau. C'est un exemple idéal, unique. Vous vous exercez jour et nuit, des années, et ensuite vous allez trouver vos ennemis, et vous leur dites: "Alors, est-ce que vous me reconnaissez? Vous allez voir." Et devant votre force, votre lumière, ils comprennent que pendant qu'ils s'endormaient sur leurs lauriers, vous étiez en train de devenir formidable...

Regardez comment agit la mère: l'enfant n'écoute pas et il fait même tout le contraire de ce qu'elle lui demande; alors elle lui montre tout d'abord un côté; c'est-à-dire qu'elle lui donne des explications et elle pleure même un peu devant lui; mais l'enfant continue à n'en faire qu'à sa tête, alors voilà la fessée, et l'enfant tout de suite comprend. Est-ce qu'elle l'a tué? Non, mais par l'autre côté, la force, elle est arrivée à lui faire comprendre. D'instinct, elle procède divinement.

Il y a deux côtés, il y en a même trois, quatre, cinq ou dix, ce n'est pas la peine de les énumérer, mais disons deux côtés: la bonté et la puissance, et il faut savoir les utiliser. Quand vous vous sentez triste, découragé, angoissé, ce sont souvent des esprits indésirables qui vous harcèlent, comme des mouches, des guêpes, des moustiques, des serpents... Alors, est-ce que c'est la bonté que vous devez manifester en les laissant vous envahir et se régaler? Eh non, c'est le moment de montrer votre puissance, votre force, votre lumière, par des paroles, des gestes, et ça y est, vous leur avez donné une bonne leçon. On peut le faire chaque jour. Pourquoi rester comme ça à souffrir et à pleurer? Manifestez l'autre côté, la force, la volonté, c'est-à-dire chassez-les, ne traînez pas comme ça des pensées et des sentiments qui vous angoissent, qui vous tuent.

Est-ce clair maintenant? Cela contredit un peu vos idées traditionnelles, n'est-ce pas? Mais ça ne fait rien, du moment que c'est utile et efficace... Il faut prendre tout ce qui est le meilleur au lieu de traîner éternellement des points de vue et des attitudes qui ne sont pas tellement efficaces. Pour le moment vous serez choqués, bien sûr, mais plus tard, vous serez obligés d'accepter cette nouvelle conception, de vouloir devenir plus forts, encore plus forts, toujours plus forts -, sans tuer, sans détruire, sans massacrer, mais forts, formidablement forts: par la lumière!

Donc, vous aussi, vous devez vous exercer. Il n'y a que ça, l'exercice. Un jour, quand la guerre éclatera et qu'il faudra se battre avec les forces des ténèbres, est-ce que vous serez préparés? Tout d'abord, tâchez de vaincre les petits ennemis intérieurs, terrassez-les, ne vous laissez pas toujours faire en disant: "Nous sommes chrétiens, il ne faut pas se battre." Mon Dieu, quels drôles de chrétiens! Mais les chrétiens, ce sont des chevaliers, des combattants, c'est l'armée du Christ, ils doivent être bien armés. Pourquoi au Moyen Âge a-t-on créé tellement d'ordres de chevalerie? Tout simplement parce qu'un chrétien véritable est le contraire d'un être chétif: il se bat avec la lumière, avec la force de l'esprit.

Omraam Mikhaël Aïvanhov
Le Bonfin, France, le 12 septembre 1963
Les lois de la morale cosmique, Oeuvres complètes, © Éditions Prosveta

www.prosveta.com
Conférence improvisée
donnée par Omraam Mikhaël Aïvanhov en 1963

http://electra2zeiss.tonempire.net/t4750-ce-que-signifie-reellement-presenter-l-autre-joue



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MessageSujet: Re: Voyage dans le coeur des hommes : Textes et poésies   Dim 23 Avr 2017 - 3:16

Simone Weil


Simone Weil est née le 4 février 1909 à Paris. Sa pensée et son combat s’exprime sous bien des formes d’écriture : poésie, théâtre, essais philosophiques, historiques, traductions du grec ancien, articles politiques, syndicaux, polémiques, méditations métaphysiques, considérations mystiques, lettres ...
Bachelière à 16 ans, elle luttait pour la paix et les droits de l’homme. Elève d’Alain, auditrice des congrès de mathématiques (auprès de son frère André Weil, du groupe Bourbaki, son jumeau en esprit), révoltée par l’injustice, par les privilèges de la transmission du savoir, elle enseigna dans des écoles sociales. Engagée syndicale, professeur agrégée de philosophie à 22 ans, elle distribua ses premiers traitements aux mineurs. Militante pour l’Europe d’Aristide Briand, dénonçant l’accession d’Hitler dès janvier 1933, secourant les réfugiés antinazis Allemands, militante de la gauche révolutionnaire, amie de Souvarine, disant ses reproches à Trotski hébergé chez son père, présente à Contre-attaque, ouvrière d’usine, brigadiste dans la guerre d’Espagne, révoquée par Vichy parce que « rouge et juive », elle s’impliqua dans les cercles philosophiques, littéraires, chrétiens et humanitaires à Marseille. Ses parents l’entraînèrent dans leur exil à New York. Là, en août 1942, elle n’eut de cesse d’y réclamer son départ pour combattre avec ceux de la France Libre. Elle partit pour Londres en novembre 1942, s’épuisa au travail, s’oublia par compassion pour les victimes de la guerre et des horreurs nazies, et mourut le 24 août 1943, à 34 ans. Le combat qui la consumait était d’ordre métaphysique.

Rétive à toute autorité - elle ne sera jamais membre du Parti communiste ni de l’Eglise, elle ne se laisse pas embrigader. Elle passe au crible, critique les grands principes de l’existence : travail, démocratie, droits de l’homme, religion, modernité. C’est même le sens de sa vie de se méfier de toute idéologie autoritaire.
En 1941, en se référant à la Condition ouvrière, rédigée en 1935 :


«Une seule chose rend supportable la monotonie, c’est la lumière d’éternité, c’est la beauté.»


Simone Weil fait le constat d'un profond déracinement de la France. Les causes essentielles en sont la course à l'argent et le manque d'éducation.

"L'argent détruit les racines partout où il pénètre".  

L'éducation actuelle, pour Simone Weil, est source de déracinement.

"La culture s'est développée dans un milieu très restreint, séparé du monde... Elle est fragmentée par la spécialisation."

L'instruction n'évoque pas les conceptions concernant la destinée humaine, la variation des constellations...
On peut se sentir cultivé sans avoir les moindres notions sur ces sujets, sans être relié à l'Univers.
Or l'univers est source d'une morale universelle :

"Quelque chose de mystérieux dans cet univers est complice de ceux qui n'aiment que le bien."

Un système qui pense que seuls sont intelligents ceux qui exercent un travail intellectuel est un "système profondément malade.
Le déracinement est une grave maladie morale qui débouche sur l'irresponsabilité et l'idolâtrie. Ce sont les sources du totalitarisme et du nazisme allemand. Simone Weil encourage à retenir les leçons de l'histoire.

La tâche essentielle est de recréer des racines. Tout prend sa source dans le sacré et tout y converge.
Dans L'Enracinement, elle développe une déclaration, non pas des droits mais des devoirs de l'homme envers l'homme. Elle montre ainsi une rupture avec l'idéologie des droits de l'homme de 1789.



Une nouvelle civilisation, plus humaine, respectant véritablement l'être humain ne peut naître que s'il existe une ferme volonté collective de faire le bien. Cette vie morale est indissociable de la liberté.

"Au-dessus des institutions destinées à protéger le droit, les personnes, les libertés démocratiques, il faut en inventer d'autres destinées à discerner et à abolir tout ce qui, dans la vie contemporaine, écrase les âmes sous l'injustice, le mensonge et la laideur."



« Ce qu’on appelle aujourd’hui instruire les masses, c’est prendre cette culture moderne, élaborée dans un milieu tellement fermé, tellement taré, tellement indifférent à la vérité, en ôter tout ce qu’elle peut encore contenir d’or pur, opération qu’on nomme vulgarisation, et enfourner le résidu tel quel dans la mémoire des malheureux qui désirent apprendre, comme on donne la becquée à des oiseaux. »

L’école reproduit en somme le fonctionnement capitaliste :
« Les examens exercent sur la jeunesse des écoles le même pouvoir que les sous sur les ouvriers qui travaillent aux pièces. »
Piétinant sa mission éducative première qui est celle de donner goût et désir d’apprendre, l’institution se consacre désormais au culte de la performance creusant, voire pire, rendant légitimes les inégalités qu’elle visait a priori à suspendre

Simone Weil : vérité, justice et bien public contre les partis politiques

https://philitt.fr/2014/05/29/simone-weil-verite-justice-et-bien-public-contre-les-partis-politiques/

http://classiques.uqac.ca/classiques/weil_simone/enracinement/weil_Enracinement.pdf

http://classiques.uqac.ca/classiques/weil_simone/attente_de_dieu/attente_de_dieu_1966.pdf

http://classiques.uqac.ca/classiques/weil_simone/condition_ouvriere/la_condition_ouvriere.pdf

http://classiques.uqac.ca/classiques/weil_simone/connaissance_surnaturelle/connaissance_surnaturelle.pdf

http://classiques.uqac.ca/classiques/weil_simone/pesanteur_et_grace/pesanteur_et_grace.pdf

« Il y a des gens pour qui tout ce qui rapproche Dieu d’eux-mêmes est bienfaisant. Pour moi, c’est tout ce qui l’éloigne. Entre moi et lui, l’épaisseur de l’univers-et celle de la croix-s’y ajoute. »

Cette conception interroge de façon presque agressive notre éventuel rapport à Dieu, et en tous cas notre rapport à un principe unificateur du monde. La bienfaisance du lien avec Dieu paraîtrait effectivement d’abord comme étant un sentiment de proximité avec lui ; Simone Weil vient renverser cette conception convenue, montrant ainsi que l’intérêt d’un rapport à Dieu, d’une foi, réside justement dans son questionnement. C’est peut-être au moment où on remet le plus en cause sa foi qu’on la vit réellement. La distance que l’on assume entre soi et Dieu est ce qui révèle l’amour de celui-ci, et ce qui le permet du même coup, pour Simone Weil.









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MessageSujet: Re: Voyage dans le coeur des hommes : Textes et poésies   Sam 29 Avr 2017 - 2:14

Le mouvement zapatiste.









Les zapatistes ont défié la modernité néolibérale en 1994, aujourd'hui, ils semblent passés de mode, les grands médias n’en parlent plus, au point que l’on pourrait, les croire disparus.
Leur expérience  témoigne de la viabilité des idées et des pratiques d’émancipation anti-autoritaire.


Le mur et la brèche : Premières notes sur la méthode zapatiste : : http://lavoiedujaguar.net/Le-mur-et-la-breche-Premieres


En haut, les murs, en bas (et à gauche), les brèches
lundi 10 avril 2017, par SCI Marcos & Galeano, SCI Moisés


La tempête sur notre chemin :

Pour nous femmes et hommes des peuples originaires zapatistes, la tempête, la guerre, dure depuis des siècles. Elle est arrivée sur nos terres avec la fumisterie de la civilisation et de la religion dominantes. En ce temps-là, l’épée et la croix ont fait couler le sang des nôtres.

Avec le temps, l’épée s’est modernisée et la croix a été détrônée par la religion du capital, mais on a continué à demander notre sang comme offrande au nouveau dieu : l’argent.

Nous avons résisté. Nous avons toujours résisté. Nos rebellions ont été supplantées par la dispute entre les uns et les autres pour le Pouvoir. Les uns et les autres, toujours en haut, nous ont demandé de lutter et de mourir pour les servir, ont exigé de nous l’obéissance et la soumission, sous le mensonge de nous libérer. Comme ceux qu’ils disaient et qu’ils disent combattre, ils sont venus et ils viennent nous diriger. Il y a eu ainsi de prétendues indépendances et de fausses révolutions, passées et à venir. Ceux d’en haut se sont remplacés et continuent à le faire depuis lors, pour mal gouverner ou pour aspirer à le faire. Et dans les calendriers passés et présents, leur proposition continue d’être la même : que nous, femmes et hommes, mettions notre sang ; tandis que eux dirigent, ou simulent diriger.

Et auparavant, tout comme maintenant, eux oublient que nous n’oublions pas.

Et la femme, toujours en bas, hier et aujourd’hui. Même dans ce que collectivement nous fûmes et que nous sommes.

Mais les calendriers n’ont pas seulement apporté douleur et mort pour nos peuples. En étendant sa domination, le Pouvoir a créé de nouvelles fraternités dans la disgrâce. Nous avons alors vu l’ouvrier et le paysan ne faire qu’un avec notre douleur, et être écrasés sous les quatre roues du wagon mortel du Capital.

À mesure que le Pouvoir avançait avec le temps, l’en-bas a grandi encore et encore, élargissant la base sur laquelle le Pouvoir est Pouvoir. Nous avons alors vu se joindre des professeurs, des étudiants, des artisans et des petits commerçants, des gens des professions libérales, les etcétéras avec des noms différents mais les mêmes tristesses.

Cela n’a pas suffi. Le Pouvoir est un espace d’exclusion, de discrimination, de sélection. Et donc les différences ont été pourchassées ouvertement. La couleur, la race, le credo religieux, la préférence sexuelle ont été expulsés du paradis promis, vu que l’enfer était leur maison de toujours.

Ont suivi la jeunesse, l’enfance, la vieillesse. Le Pouvoir a converti ainsi les calendriers en motif de persécution. Tout ce qui est en bas est coupable : pour être femme, pour être enfant, pour être jeune, pour être adulte, pour être ancien·ne, pour être humain·e.

Mais l’exploitation, la spoliation, la répression et la discrimination s’élargissant, le Pouvoir a aussi agrandi les résistances… et les rébellions.

Nous avons vu en ce temps, et maintenant, se lever le regard de beaucoup, hommes, femmes, autres. Différents, mais semblables dans la rage et l’insoumission.

Le Pouvoir sait qu’il n’est ce qu’il est qu’aux dépens de ceux qui travaillent. Il en a besoin.

À chaque rébellion, il a répondu et il répond en achetant ou en trompant les plus faibles, en enfermant et assassinant les autres. Il n’a pas peur de leurs exigences, c’est leur exemple qui lui fait horreur.

Ça n’a pas suffi. Après avoir dominé des nations, le pouvoir du Capital a cherché à mettre l’humanité entière sous son joug pesant.

Ça n’a pas été suffisant non plus. Le Capital prétend maintenant gérer la nature, l’apprivoiser, la domestiquer et l’exploiter. C’est-à-dire la détruire.

Toujours par la guerre, dans son avancée destructrice le Capital, le Pouvoir, a démoli les premiers fiefs et les premiers règnes. Et sur leurs ruines il a édifié des nations.

Ensuite il a dévasté les nations, et sur leurs débris il a érigé un nouvel ordre mondial : un grand marché.

Le monde entier s’est converti en un immense entrepôt de marchandises. Tout se vend et s’achète : les eaux, les vents, la terre, les plantes et les animaux, les gouvernements, la connaissance, les loisirs, le désir, l’amour, la haine, les gens.

Mais dans le grand marché du Capital, il n’y a pas que les marchandises qui s’échangent. La « liberté économique » est seulement un mirage qui simule l’accord mutuel entre qui vend et qui achète. En réalité, le marché se fonde sur la spoliation et l’exploitation. L’échange est donc celui des impunités. La justice se transforme en une grotesque caricature, et dans sa balance l’argent pèse toujours plus que la vérité. Et la stabilité de cette tragédie appelée capitalisme dépend de la répression et du mépris.

Mais ça n’a pas suffi non plus. Dominer dans le monde matériel n’est pas possible, si on n’en domine pas les idées. L’imposition par les religions s’est approfondie et a atteint les arts et les sciences. Comme la mode pour les vêtements ont surgi et surgissent des philosophies et des croyances. Les sciences et les arts ont cessé d’être le trait distinctif de l’humain et se sont rangées dans les rayons du supermarché mondial. La connaissance est devenue propriété privée, tout comme le loisir et le plaisir.

Le Capital, de cette manière, s’est consolidé en une grande broyeuse mécanique qui n’utilise plus seulement l’humanité entière comme matière première pour produire des marchandises, mais aussi les connaissances, les arts… et la nature.

La destruction de la planète, les millions de déplacés, la hausse du crime, le chômage, la misère, la fragilité des gouvernements, les guerres à venir, ce ne sont pas les produits des excès du Capital ou d’une gestion erronée d’un système qui a promis ordre, progrès, paix et prospérité.

Non, toutes ces disgrâces son l’essence même du système. Ce sont d’elles qu’il s’alimente, c’est à leurs frais qu’il grandit.

La destruction et la mort sont le combustible de la grande machine du Capital.

Et ils ont été, ils sont et ils seront inutiles, les efforts pour « rationaliser » son fonctionnement, pour l’« humaniser ». L’irrationnel et l’inhumain sont ses pièces centrales. Il n’y a pas d’arrangement possible. Il n’y en a pas eu auparavant. Et ce n’est pas non plus possible maintenant d’atténuer son cours criminel.

L’unique façon d’arrêter la machine c’est de la détruire.

Dans la guerre mondiale actuelle, la dispute est entre le système et l’humanité.

C’est pour ça que la lutte anticapitaliste est une lutte pour l’humanité.

Ceux qui prétendent encore « arranger » ou « sauver » le système, en réalité nous proposent le suicide massif, global, comme sacrifice posthume au Pouvoir.

Mais à l’intérieur du système il n’y a pas de solution.

Et ne suffisent plus ni l’horreur, ni la condamnation, ni la résignation, ni l’espoir de se dire que le pire est passé et que les choses ne pourront que s’améliorer.

Non. Ce qui est sûr c’est que ça va devenir pire.

C’est pour ces raisons, plus celles que chacun rajoute au vu de ses calendriers et ses géographies particulières, qu’il faut résister, qu’il faut se rebeller, qu’il faut dire « non », qu’il faut lutter, qu’il faut s’organiser.

C’est pour ça qu’il faut faire se lever le vent d’en bas avec résistance et rébellion, avec organisation.

C’est seulement ainsi que nous pourrons survivre. Seulement ainsi qu’il sera possible de vivre.

Et seulement alors, comme le fut notre parole il y a vingt-cinq ans, nous pourrons voir que…

« Quand cessera la tempête, quand la pluie et le feu laisseront une fois de plus en paix la terre, le monde ne sera plus le monde, mais quelque chose de meilleur. »





La guerre et les murs dehors et dedans

Si avant, la souffrance causée par la guerre était patrimoine exclusif de l’en-bas mondial, maintenant elle agrandit ses calamités.

Sur chaque coin de la planète la haine et le mépris prétendent détruire des familles, des communautés entières, des nations, des continents. Il n’est désormais plus nécessaire d’avoir commis un délit ou d’être présumé criminel, il suffit juste d’être suspecté d’être humain.

Provoqué par l’avarice du grand argent, le cauchemar actuel prétend le faire payer à ceux qui en souffrent. Les frontières ne sont plus seulement des lignes en pointillés sur les cartes et aux postes de douane, maintenant ce sont des murailles de militaires et de policiers, de ciment et de briques, de lois et de persécutions. Dans tout le monde d’en haut la chasse de l’être humain augmente, et culmine en compétitions clandestines : gagne celui qui le plus expulse, enferme confine, assassine.

Comme nous ne cessons de le dire depuis plus de vingt ans, la globalisation néolibérale n’a pas amené le surgissement de la communauté planétaire, mais la fragmentation et la dissolution desdits « États-nations ». Nous avons appelé alors, et maintenant encore, ce processus avec le nom qui le décrit au mieux : « guerre mondiale » (la quatrième, selon nous).

La seule chose qui s’est mondialisée a été le marché et, avec lui, la guerre.

Pour ceux qui font fonctionner les machines et font naître la terre, les frontières ont été et continuent d’être ce qu’elles ont toujours été : des prisons.

Notre affirmation a provoqué alors, il y a deux décennies de cela, des sourires moqueurs dans l’intelligentsia internationale enchaînée à de vieux dogmes caducs. Et ceux-là mêmes, aujourd’hui bégayent face à une réalité frénétique et, ou bien essayent de vieilles recettes, ou bien adoptent l’idée à la mode qui, après toute une complexe élaboration théorique, cache la seule chose véritable : ils n’ont pas la moindre idée de ce qu’il se passe, ni de ce qui arrive, ni de ce qui a précédé le cauchemar actuel.

Ils se plaignent. La pensée d’en haut leur a promis un monde sans frontières, et le résultat est une planète gavée de recoins chauvinistes.

Le monde ne s’est pas transformé en une gigantesque mégalopole sans frontières, mais en une grande mer secouée par une tempête qui n’a aucun antécédent de similaire magnitude. À l’intérieur, des millions de déplacés (qui sont, avec fracas médiatique, rassemblés sous le nom de « migrants ») naufragent dans de petits bateaux, avec l’espoir d’être sauvés par le gigantesque navire du grand Capital.

Mais, non seulement il ne le fera pas ; lui, le grand Capital, est le principal responsable de la tempête qui menace déjà l’existence de l’humanité entière.

Sous le déguisement maladroit du nationalisme fasciste, les temps de l’obscurantisme le plus rétrograde reviennent réclamer attentions et privilèges. Fatigué de gouverner dans l’ombre, le grand Capital démonte les mensonges de la « citoyenneté » et de « l’égalité » face à la loi et au marché.

Le drapeau de « liberté, égalité et fraternité » avec lequel le capitalisme a revêtu son passage en système dominant dans le monde n’est déjà plus qu’un torchon sale et jeté à la poubelle de l’histoire d’en haut.

Au final le système se dévoile et montre son vrai visage et sa véritable vocation. « La guerre toujours, la guerre partout », murmure l’emblème du superbe navire qui navigue sur une mer de merde et de sang. C’est l’argent, pas l’intelligence artificielle, qui combat l’humanité dans la bataille décisive : celle de la survie.

Personne n’est à l’abri. Ni l’ingénu capitaliste national, qui rêvait des bienfaits que lui offrait l’ouverture des marchés mondiaux, ni la classe moyenne conservatrice, survivant entre le rêve d’être puissante et la réalité d’être troupeau du berger de service.

Sans parler de la classe laborieuse de la campagne et de la ville, aux conditions plus difficiles encore, si cela est possible.

Et, pour compléter l’image apocalyptique, des millions de déplacés et de migrants se heurtant aux frontières devenues subitement aussi réelles que les murs qu’à chaque pas mettent en travers les gouvernements et les criminels. Dans la géographie mondiale des médias et des réseaux sociaux, les déplacés, fantômes errants sans nom ni visage, ne sont à peine qu’un numéro statistique qui change de localisation.

Le calendrier ? À peine un jour après la promesse de la fin de l’histoire, de la déclaration solennelle de la suprématie d’un système qui autoriserait le bien-être à celui qui travaille, de la victoire sur « l’ennemi communiste » qui prétendait restreindre la liberté, imposer des dictatures et générer de la pauvreté, de l’éternité promise qui annulerait toutes les généalogies. Le même calendrier qui annonçait à peine hier que l’histoire mondiale commençait tout juste. Et il en ressort que non, que tout cela n’était que le prélude du plus effrayant cauchemar.

Le capitalisme comme système mondial s’effondre et, désespérés, les grands capitaines ne trouvent pas vers où aller. C’est pour cela qu’ils s’en retournent à leurs tanières d’origine.

Ils offrent l’impossible : le salut local contre le naufrage mondial. Et les fadaises se vendent bien parmi une classe moyenne qui s’estompe parmi ceux d’en bas en matière de revenus, mais qui prétend suppléer ses carences économiques avec des refrains de race, de credo, de couleur et de sexe. Le salut d’en haut est anglo-saxon, blanc, croyant et masculin.

Et maintenant, ceux qui vivaient des miettes de la table des grands capitaux regardent, désespérés, comment contre eux aussi se dressent les murs. Et, le comble, prétendent diriger l’opposition à cette politique guerrière. C’est ainsi que nous voyons la droite intellectuelle faire de grands gestes de contrariété et tenter des protestations timides et ridicules. Parce que non, la globalisation n’a pas été le triomphe de la liberté. C’était et c’est l’étape actuelle de la tyrannie et de l’esclavage.

Les nations n’en sont déjà plus, bien que leurs gouvernements respectifs ne s’en soient pas encore aperçus. Leurs drapeaux et leurs emblèmes nationaux paraissent pâles et ternis. Détruits par la globalisation d’en haut, infectés par le parasite du Capital, la corruption étant leur unique signe d’identité, avec une hâte maladroite les gouvernements nationaux tentent de se protéger d’eux-mêmes et de tenter la reconstruction impossible de ce qu’ils furent un jour.

Dans le compartiment étanche de ses murailles et de ses douanes, le système drogue la moyenne sociale avec l’opium d’un nationalisme réactionnaire et nostalgique, avec la xénophobie, le racisme, le sexisme et l’homophobie comme horizon de salut.

Les frontières se multiplient au sein de chaque territoire, au-delà de celles peintes sur les cartes. Également et, surtout, celles que soulèvent la corruption et le crime faits gouvernement.

La prospérité postmoderne n’était rien d’autre qu’un ballon gonflé par le capital financier. Et la réalité est venu le faire éclater : des millions de déplacés par la grande guerre remplissent les terres et les mers, s’accumulent aux postes de douane et avancent en ouvrant des brèches dans les murs déjà bâtis ou sur le point de l’être. Auparavant encouragés par le grand Capital, les fondamentalismes rencontrent une terre fertile pour leurs propositions d’unification : « De la terreur naîtra une seule pensée, la nôtre. » Après avoir été alimentée par les dollars, la bête du terrorisme menace la maison de son créateur.

Et, tout autant dans l’Union américaine qu’en Europe de l’Ouest ou dans la Russie néo-tsariste, la bête se replie sur elle-même et tente de se protéger. C’est là (mais pas seulement) qu’elle porte à la gloire la stupidité et l’ignorance les plus crasses et, par le biais de ses figures de gouvernants, synthétise sa proposition : « Revenons au passé. »

Mais non, l’Amérique ne retrouvera pas sa grandeur. Jamais plus. Ni le système tout entier dans son ensemble. Qu’importe ce que fassent ceux d’en haut. Le système est déjà arrivé au point de non-retour.

Depuis les montagnes du Sud-Est mexicain, sous-commandant insurgé Moisés , sous-commandant insurgé Galeano
Mexique, 14 février (aussi jour de nos mort·e·s) 2017.

Source et traduction : Enlace Zapatista

http://www.lavoiedujaguar.net/En-haut-les-murs-en-bas-et-a












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