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 La dette publique française haute comme l’Arc de Triomphe

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geoff78

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MessageSujet: La dette publique française haute comme l’Arc de Triomphe    Lun 24 Oct 2011 - 13:50

La dette publique française haute comme l’Arc de Triomphe


Alors que l’Assemblée commence à examiner le budget 2012 et que Moody’s menace le triple A français, Slate vous montre à quoi correspond visuellement la dette française sous forme de billets de 100 euros.


L’Assemblée nationale débute, mardi 18 octobre, l’examen du projet de budget 2012, dont l’objectif est de ramener le déficit de 5,7% à 4,5% du PIB grâce notamment à des mesures fiscales ciblées, ce qui n’empêcherait néanmoins pas la dette publique de monter à 87,4% du PIB l’an prochain. Un examen qui survient alors que l’agence Moody’s a annoncé, lundi, qu’elle pourrait revoir dans trois mois la perspective « stable » attribuée à la note « triple A » de la dette française. A l’occasion de ce débat budgétaire, Slate vous propose une visualisation de la dette française en billets de 100 euros afin de donner une idée concrète de ce qu’elle représente, en reprenant l’idée du site Kleptocracy, qui a réalisé une infographie similaire pour la dette américaine.



100 €. En circulation dans la zone euro depuis 2002. Fait une poussée d’acné juvénile depuis 2010 à la suite d’un abus de feta. Bonus culture : l’édifice représenté sur le billet est de style baroque-rococo —il y a un style différent par billet— et il n’y a pas de « s » à « euro » sur les billets car les règles d’accord diffèrent selon les pays utilisant cette devise.



10.000 €. Avec cette liasse, on peut s’acheter une voiture, s’offrir une bonne opération de chirurgie esthétique ou un luxueux appartement de 1 m2 dans le Ier arrondissement de Paris. Cette somme représente également presque le double de la moyenne mondiale du Revenu national brut par tête (un peu plus de 6.600 euros en 2010 selon les chiffres de la Banque mondiale).



1.000.000 €. Cela correspond à ce que toucherait en salaires un Français qui gagnerait 2.000 euros net par mois tout au long de sa carrière ; au salaire fixe annuel du PDG d’EDF, Henri Proglio ; ou à ce que rapporte un prix Nobel (officiellement payé en couronnes suédoises), quelle que soit la discipline. 30.000 Français déclarent un revenu annuel supérieur à cette somme.



100.000.000 €. Une somme qui forme une palette de 1,5m x 1,2m x 1,1m. Un tas de billets qui arrive à hauteur de la poitrine, celle, par exemple, qui permet au footballeur Cristiano Ronaldo de contrôler un ballon. Ce qui tombe bien, puisqu’avec cette somme on peut se l’offrir, et peut-être même recevoir 6 millions d’euros de monnaie du Real Madrid, qui l’a acheté 94 millions en 2009, un record. En espérant que le club ne fasse pas le rendu en pièces rouges de 1 centime d’euro, car il y en aurait pour 1.380 tonnes...



1.000.000.000 €. Empilée en dix palettes, cette somme peut tenir dans un camion. Elle sert aussi d’unité de compte à pas mal d’évènements de la vie économique, des comptes des grandes entreprises aux budgets des ministères : le chiffre d’affaires annuel de BNP Paribas c’est 44 camions, les dépenses annuelles de l’Etat (hors charge de la dette) 276 camions… En France, moins de cinquante personnes détiennent une fortune professionnelle supérieure à cette somme, dont Liliane Bettencourt qui, selon la brigade financière, aurait justement lâché un camion à François-Marie Banier.



1.000.000.000.000 €. Moins de quinze pays dans le monde ont une production de richesse annuelle (PIB) supérieure à cette somme, dont la France. Une France qui a aussi, depuis 2003, une dette publique supérieure à ce montant.



Toujours en alignant des palettes de cent millions d’euros de taille identique, cette somme peut tenir, en laissant un peu de marge, sur la pelouse du Stade de France à Saint-Denis (120 m sur 75 m), et déborde si on l’entasse sur la surface qu’occupe un Airbus A380 de version « intermédiaire »

(73 m sur 80 m). Mais si on a beaucoup de terrain disponible, on peut l’utiliser pour acheter 3.700 A380 (ce qui risque d’être compliqué vu que seulement 57 exemplaires ont été livrés à ce jour) ou construire 2.700 stades de France (qui risquent de mettre longtemps avant de voir tous une finale de Coupe du monde).



1.693.000.000.000 €. C’est le montant de la dette publique française à la fin juin 2011, selon les chiffres publiés par l’Insee le 30 septembre : à titre de comparaison, en montants actualisés (c’est à dire en tenant compte de l’inflation), elle était de 110 milliards en 1981, 385 milliards en 1991 et 853 milliards en 2001. En l’empilant, toujours en palettes de 100 millions d’euros, on atteint les dimensions de l’Arc de Triomphe de l’Etoile, qui fait 50 mètres de hauteur, 45 de largeur et 22 de profondeur. La prochaine fois que vous passerez devant en voiture, vous pourrez dire que vous avez vu la dette française…



17.000.000.000.000 € ou 256.000.000.000.000 €. Le gouvernement a prévenu que la dette allait augmenter en 2012 de 85,5% à 87,4% du PIB. La France peut d’ores et déjà se fixer de grandes ambitions, comme celle de remplir de dette l’équivalent de la Tour Montparnasse : 336.000 mètres cube, soit 17.000 milliards en billets de cent euros. Si le rythme d’évolution de la dette depuis dix ans ( 7,1% de hausse en moyenne chaque année) se poursuit, il faudra attendre l’année 2045. En revanche, pas sûr que nous voyions de notre vivant une somme de dette qui remplirait un parallélépipède contenant la Tour Eiffel (plus de 5 millions de mètres cubes de volume en tenant compte de la surface au sol et de sa hauteur au sommet) : pour cela, il faudrait près de 256.000 milliards d’euros de dette et attendre, au rythme actuel, l’année 2085…


Source : http://www.slate.fr/story/45173/visualisation-dette-francaise-billets-cent-euros

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MessageSujet: Re: La dette publique française haute comme l’Arc de Triomphe    Lun 24 Oct 2011 - 13:57

Mais non mon ami, l'argent c'est du papier toilette, des chiffres dans un ordi , l'économie c'est un vaste jeu de Monopoly mis en oeuvre par une bande de schizophrènes qui se prennent pour Dieu.
Un immense jeu de rôle.

Moi je me suis détachée des chiffres, pas des nombres mais des chiffres lol!

( tu comprendras j'en suis sûre).

Nanette
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tino76000

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MessageSujet: Re: La dette publique française haute comme l’Arc de Triomphe    Lun 24 Oct 2011 - 16:38

si tu le fais en billet de 10 20 ou 5 c est énorme
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geoff78

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MessageSujet: Re: La dette publique française haute comme l’Arc de Triomphe    Dim 15 Jan 2012 - 13:08

Les 50 plus gros détenteurs de dette française


PARIS, 28 décembre (Reuters) - Voici une liste des 50 plus gros
détenteurs de dette souveraine française, selon les données Thomson Reuters
eMAXX.

Cette liste ne comprend pas les institutions comme les banques centrales,
qui n'ont pas à signaler leur portefeuille aux régulateurs.


Société Pays

1 AXA Investment Managers Paris France

2 Allianz Global Investors France SA France

3 MMA Finance France

4 CM-CIC Asset Management France

5 BNP Paribas Asset Management SAS France

6 CNP Assurances France

7 Amundi France

8 Covéa Finance SAS France

9 Matmut France
10 AEGON Investment Management B.V. Pays-Bas
11 Fideuram Asset Management Irlande
12 Pioneer Investment Management Irlande
13 Groupama Asset Management France
14 Pacific Investment Management Co. Etats-Unis
15 Suravenir France
16 Natixis Assurances France
17 Swiss Life (France) France
18 MAAF France
19 Natixis Asset Management France
20 Eurizon Capital SA Luxembourg
21 UBS Global Asset Management Suisse
22 Standard Life Investments Ltd Royaume-Uni
23 MACSF France
24 Lyxor Asset Management France
25 Crédit Suisse Asset Management Suisse
26 State Street Global Advisors UK Ltd Royaume-Uni
27 Monceau Assurances France
28 BNP Paribas Investment Partners Royaume-Uni
29 Union Investment Privatfonds GmbH Allemagne
30 BlackRock Global Investors Royaume-Uni
31 Malakoff Médéric France
32 Dexia Asset Management Belgium SA Belgique
33 Scottish Widows Investment Royaume-Uni

Partnership
34 La Banque Postale Asset Management France
35 ING Investment Management B.V. Pays-Bas
36 ING Investment Management Belgium Belgique
37 Kokusai Asset Management Co Ltd Japon
38 Pioneer Investments Austria GmbH Autriche
39 MACIF Gestion France
40 ERSTE-SPARINVEST Autriche
41 Deka Investment GmbH Allemagne
42 Vanguard Group Inc, The Etats-Unis
43 DWS Investment GmbH Allemagne
44 La Française des Placements France

Investissements
45 Legal & General Asset Management France

(France)
46 Insight Investment Management Royaume-Uni
47 Halbis Capital Management (France) France
48 KBC Asset Management SA (Luxembourg) Luxembourg
49 JPMorgan Asset Management (UK) Ltd Royaume-Uni
50 BNP Paribas Luxembourg SA Luxembourg

(Leigh Thomas, Jean-Baptiste Vey pour le service français)


Source : http://fr.reuters.com/article/companyNews/idFRL5E7N51QI20111228
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MessageSujet: Re: La dette publique française haute comme l’Arc de Triomphe    Lun 16 Jan 2012 - 1:34

Pour que la France s'en sorte:

Pour sortir de la dette , c'est vendre les pays et territoire d'outre-mer, c'est faire un cotat de permis de travail pour les etrangers de toutes horizon sans distinction sans preference.

c'est privatise tous les domaines publiques , sauf tresor publique et la police.

L'interdiction aux etrangers d'ouvrir un commerce , il peuvent mais seulement en partenariat avec un francais de souche. et ce Francais detient 51% des parts.

cela peut choquer certain, mais en Asie c'est comme cela et personne ne s'en plaint
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Ghost

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MessageSujet: Re: La dette publique française haute comme l’Arc de Triomphe    Lun 16 Jan 2012 - 1:41

Citation :
L'interdiction aux etrangers d'ouvrir un commerce , il peuvent mais seulement en partenariat avec un francais de souche. et ce Francais detient 51% des parts.

cela peut choquer certain, mais en Asie c'est comme cela et personne ne s'en plaint

Biensur que ça se fait labas (japon etc...), mais ici c'est impossible de faire ca. On va directe au droit de l'homme et on crie au racisme.
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lolo-69

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MessageSujet: Re: La dette publique française haute comme l’Arc de Triomphe    Lun 16 Jan 2012 - 5:34

Rappel aux grands naÏfs qui croiraient à ces conneries que l'on veut nous faire gober:


Les dix stratégies de manipulation de masses


Le linguiste nord-américain Noam Chomsky a élaboré une liste des « Dix Stratégies de Manipulation » à travers les média. Nous la reproduisons ici. Elle détaille l'éventail, depuis la stratégie de la distraction, en passant par la stratégie de la dégradation jusqu'à maintenir le public dans l'ignorance et la médiocrité.



1. La stratégie de la diversion :
Élément primordial du contrôle social, la stratégie de la diversion consiste à détourner l’attention du public des problèmes importants et des mutations décidées par les élites politiques et économiques, grâce à un déluge continuel de distractions et d’informations insignifiantes.
La stratégie de la diversion est également indispensable pour empêcher le public de s’intéresser aux connaissances essentielles, dans les domaines de la science, de l’économie, de la psychologie, de la neurobiologie, et de la cybernétique.

Garder l’attention du public distraite, loin des véritables problèmes sociaux, captivée par des sujets sans importance réelle. Garder le public occupé, occupé, occupé, sans aucun temps pour penser ; de retour à la ferme avec les autres animaux.

2. Créer des problèmes, puis offrir des solutions :
Cette méthode est aussi appelée « problème-réaction-solution ». On crée d’abord un problème, une « situation » prévue pour susciter une certaine réaction du public, afin que celui-ci soit lui-même demandeur des mesures qu’on souhaite lui faire accepter. Par exemple : laisser se développer la violence urbaine, ou organiser des attentats sanglants, afin que le public soit demandeur de lois sécuritaires au détriment de la liberté. Ou encore : créer une crise économique pour faire accepter comme un mal nécessaire le recul des droits sociaux et le démantèlement des services publics.

3. La stratégie du dégradé :
Pour faire accepter une mesure inacceptable, il suffit de l’appliquer progressivement, en « dégradé », sur une durée de 10 ans. C’est de cette façon que des conditions socio-économiques radicalement nouvelles ont été imposées durant les années 1980 à 1990. Chômage massif, précarité, flexibilité, délocalisations, salaires n’assurant plus un revenu décent, autant de changements qui auraient provoqué une révolution si ils avaient été appliqués brutalement.

4. La stratégie du différé :
Une autre façon de faire accepter une décision impopulaire est de la présenter comme « douloureuse mais nécessaire », en obtenant l’accord du public dans le présent pour une application dans le futur. Il est toujours plus facile d’accepter un sacrifice futur qu’un sacrifice immédiat. D’abord parce que l’effort n’est pas à fournir tout de suite. Ensuite parce que le public a toujours tendance à espérer naïvement que « tout ira mieux demain » et que le sacrifice demandé pourra être évité. Enfin, cela laisse du temps au public pour s’habituer à l’idée du changement et l’accepter avec résignation lorsque le moment sera venu. Exemple récent : le passage à l’Euro et la perte de la souveraineté monétaire et économique ont été acceptés par les pays Européens en 1994-95 pour une application en 2001. Autre exemple : les accords multilatéraux du FTAA que les USA ont imposé en 2001 aux pays du continent américain pourtant réticents, en concédant une application différée à 2005.

5. S’adresser au public comme à des enfants en bas-age :
La plupart des publicités destinées au grand-public utilisent un discours, des arguments, des personnages, et un ton particulièrement infantilisants, souvent proche du débilitant, comme si le spectateur était un enfant en bas-age ou un handicapé mental. Exemple typique : la campagne TV française pour le passage à l’Euro ( »les jours euro »). Plus on cherchera à tromper le spectateur, plus on adoptera un ton infantilisant. Pourquoi ?


Si on s’adresse à une personne comme si elle était âgée de 12 ans, alors, en raison de la suggestibilité, elle aura, avec une certaine probabilité, une réponse ou une réaction aussi dénuée de sens critique que celles d’une personne de 12 ans.

6. Faire appel à l’émotionnel plutôt qu’à la réflexion :
Faire appel à l’émotionnel est une technique classique pour court-circuiter l’analyse rationnelle, et donc le sens critique des individus. De plus, l’utilisation du registre émotionnel permet d’ouvrir la porte d’accès à l’inconscient pour y implanter des idées, des désirs, des peurs, des pulsions, ou des comportements…

7. Maintenir le public dans l’ignorance et la bêtise :
Faire en sorte que le public soit incapable de comprendre les technologies et les méthodes utilisées pour son contrôle et son esclavage.
La qualité de l’éducation donnée aux classes inférieures doit être de la plus pauvre sorte, de telle sorte que le fossé de l’ignorance qui isole les classes inférieures des classes supérieures soit et demeure incompréhensible par les classes inférieures. Extrait de « Armes silencieuses pour guerres tranquilles »

8. Encourager le public à se complaire dans la médiocrité
Encourager le public à trouver « cool » le fait d’être bête, vulgaire, et inculte…

9. Remplacer la révolte par la culpabilité :
Faire croire à l’individu qu’il est coupable de son malheur, à cause de l’insuffisance de son intelligence, de ses capacités, ou de ses efforts. Ainsi, au lieu de se révolter contre le système économique, l’individu s’auto-dévalue et culpabilise, ce qui engendre un état dépressif dont l’un des effets est l’inhibition de l’action. Et sans action, pas de révolution !…

10. Connaître les individus mieux qu’ils ne se connaissent eux-mêmes :
Au cours des 50 dernières années, les progrès fulgurants de la science ont creusé un fossé croissant entre les connaissances du public et celles détenues et utilisées par les élites dirigeantes. Grâce à la biologie, la neurobiologie, et la psychologie appliquée, le « système » est parvenu à une connaissance avancée de l’être humain, à la fois physiquement et psychologiquement. Le système en est arrivé à mieux connaître l’individu moyen que celui-ci ne se connaît lui-même. Cela signifie que dans la majorité des cas, le système détient un plus grand contrôle et un plus grand pouvoir sur les individus que les individus eux-mêmes.


Fin de citation.
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claude.c31

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MessageSujet: Re: La dette publique française haute comme l’Arc de Triomphe    Lun 16 Jan 2012 - 20:59


Tu es mon petit yoda préférer …

Et tu as très bien résumé la situation
Bravo ___

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geoff78

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MessageSujet: Re: La dette publique française haute comme l’Arc de Triomphe    Lun 23 Jan 2012 - 14:35

La dette de la France, un secret bancaire ?


Qui détient la dette de la France ? Cette question, chaque contribuable français est en droit de se la poser. Ses impôts ne servent-ils pas à payer en partie les intérêts de la dette ? Or, si l’on dispose des quelques informations générales, savoir en détail qui détient les créances françaises et pour quel montant relève du secret extrêmement bien gardé. L’opacité est totale et couverte par la loi. Enquête.



1 317 milliards d’euros. Tel est le montant, fin 2011, de la dette de l’État français. Qui sont ses créanciers ? La dette est-elle concentrée entre quelques richissimes mains ? Ou répartie entre une multitude de petits épargnants, du détenteur d’une assurance vie en Picardie au retraité du Minnesota qui vit des dividendes versés par son fonds de pension ? Les prêteurs sont-ils des spéculateurs, prêts à tout pour faire monter les taux d’intérêt, ou des investisseurs tranquilles ?

« Le savoir permettrait de mesurer les conséquences potentielles d’un défaut de paiement, même partiel. Et de ne pas se retrouver dans une situation de spoliation de petits épargnants », explique Thomas Coutrot, économiste et coprésident d’Attac (Association pour la taxation des transactions financières et pour l’action citoyenne). Les banques européennes, et françaises, qui ont bénéficié avant Noël d’un beau cadeau de la Banque centrale européenne – un prêt à 1 % sur plus de 450 milliards d’euros – pour les inciter à acheter de la dette européenne, jouent-elles le jeu ? Pour tenter de répondre à toutes ces questions, il faut suivre le parcours d’un bon ou d’une obligation du Trésor.

42,5 milliards d’euros d’intérêts versés à des inconnus ?

Pour se financer, l’État émet des titres financiers que des investisseurs achètent. Plusieurs types de titres, avec chacun leur échéance et leur taux d’intérêt, sont régulièrement proposés à la vente [1]. C’est l’Agence France Trésor (AFT) qui gère leur mise aux enchères (adjudication). Vingt grandes banques agréées, les « spécialistes en valeur du Trésor » (« SVT », de BNP Paribas à Goldman Sachs, en passant par Natixis, la Deutsche Bank ou la Société générale), sont chargées de les écouler sur les marchés financiers. Elles savent donc à qui elles revendent éventuellement ces titres. Ensuite, obligations et bons du Trésor circulent sur les marchés, mais son détenteur final perçoit chaque année ses intérêts. Ceux-ci totalisaient 42,5 milliards d’euros – la charge de la dette – en 2010. En théorie, on devrait donc savoir à qui ils sont versés.

Sur le site de l’AFT, le citoyen curieux apprend juste que 66 % des détenteurs de la dette sont des « non-résidents ». « En gros, un tiers de la dette est détenu par des investisseurs français, un tiers au sein de la zone euro, et un tiers à l’étranger, en dehors de la zone euro », précise Tân Le Quang, responsable de la communication au sein de l’agence. Problème : « Les non-résidents peuvent être de faux non-résidents, des Français détenteurs d’un portefeuille d’obligations via un paradis fiscal », objecte Michel Husson, de l’Institut de recherches économiques et sociales (Ires). « Un investisseur saoudien, qui détient de la dette française car il a investi dans un fonds d’investissement à Londres, est comptabilisé comme un investisseur britannique », complète Patrick Artus, économiste à la banque Natixis [2] « Les trois plus gros détenteurs de la dette française sont le Luxembourg, les îles Caïmans et le Royaume-Uni », lance-t-il. Les Îles Caïmans, un paradis fiscal des Caraïbes autant peuplé que Châteauroux (44 000 âmes), pourrait donc ainsi faire basculer le destin des Français ?

La dette, un secret d’État ?

Les enquêtes réalisées par l’Agence France Trésor auprès de ses vingt banques partenaires permettent d’en savoir un peu plus sur les gros acheteurs : principalement des banques centrales, des fonds souverains, des assureurs, des banques commerciales et des fonds de pension. Ce que confirme la base de données financières eMAXX, mise en place par Thomson et l’agence de presse Reuters, qui publient régulièrement la liste « des 50 plus gros détenteurs de dette souveraine française » (hors banques centrales). Nous y retrouvons des assureurs (Axa, Allianz…), des mutuelles (MMA, MAAF, Groupama…), des banques (BNP-Paribas, La Banque postale, ING…) et une multitude de fonds d’investissement, principalement européens. Nous n’en saurons pas davantage : « Ce sont les banques qui voient les flux, pas nous. Les investisseurs en dette souveraine n’ont pas l’obligation de dévoiler leur position », confie Tân Le Quang. Mais pourquoi est-il impossible de savoir qui détient quoi et combien ?

C’est pourtant simple : cette absence de transparence est inscrite dans la loi. « Les textes actuellement en vigueur [3] n’autorisent les conservateurs d’instruments financiers (…) à communiquer aux émetteurs la liste de leurs détenteurs finaux qu’aux seuls émetteurs d’actions, de bons de souscription d’actions ou d’instruments de taux donnant immédiatement ou à terme accès au capital. Par conséquent, l’Agence France Trésor (AFT) ne peut pas identifier précisément les détenteurs [des obligations et bons du Trésor] », répond, en 2010, le ministère de l’Économie et des Finances à un sénateur trop curieux. Traduction : si les entreprises ont le droit de savoir qui sont leurs actionnaires, il est interdit à l’État français de connaître ses créanciers. La dette, un secret bancaire ?

Opacité généralisée

Face à cette opacité, « nous soupçonnons une extrême concentration, confie Thomas Coutrot. On pourrait très bien disposer d’informations statistiques sur la concentration des portefeuilles et la nature de ceux qui les détiennent ». Des chercheurs suisses ont récemment révélé que 147 multinationales, tout en se contrôlant elles-mêmes, possèdent 40 % de la valeur économique et financière des dizaines de milliers de multinationales du monde entier (lire notre article). Il serait étonnant qu’il n’en soit pas ainsi pour les dettes souveraines. Selon les données présentées par la Banque des règlements internationaux (BRI), un organisme géré par 58 banques centrales nationales, les banques étrangères possédaient en juin dernier 13 % de la dette de l’État français. Soit 176 milliards d’euros, dont plus des deux tiers sont entre les mains de banques britanniques, japonaises, allemandes, états-uniennes et suisses. Mais il ne s’agit que d’un euro sur dix empruntés.

Il est pourtant tout à fait possible, en théorie, d’en savoir plus. C’est la société Euroclear France [4], un organisme boursier privé, qui est « le dépositaire central des titres français ». Elle sert d’intermédiaire entre la Banque de France et les détenteurs de titres du Trésor pour leur verser leurs intérêts ou leur pécule quand l’emprunt arrive à échéance. Un peu comme la chambre de compensation Clearstream sert, au Luxembourg, de « péage » entre les transactions financières. Euroclear France sait donc parfaitement qui détient combien à quel moment. Mais la loi l’autorise à ne pas rendre publiques ces données. Pourtant, ce sont bien les citoyens qui paient la charge de la dette.

Notes

[1]
Leur échéance de remboursement s’étale d’un à cinquante ans. Leur taux
varie entre 1 % et 4 %. Plus l’échéance de remboursement est lointaine,
plus le taux est élevé.


[2] Le Monde du 23 juin 2011.


[3]
Notamment l’article L. 228-2 du code de commerce, décret d’application
n° 2002-803 du 3 mai 2002 publié au Journal officiel du 5 mai 2002, et
l’article L. 212-4 du code monétaire et financier relatif à la
nominativité obligatoire


[4] Ancienne Société interprofessionnelle pour la compensation des valeurs mobilières (Sicovam).



Source : http://www.bastamag.net/article2041.html
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MessageSujet: Re: La dette publique française haute comme l’Arc de Triomphe    Jeu 9 Fév 2012 - 16:06

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